The Diasonics – Devio
Il y a des notes de pochette qui résument tout un projet. Celle de Devio donne la liste du matériel : un synthétiseur soviétique, un orgue italien, une basse et un piano électrique allemands, une guitare japonaise, six micros soviétiques, un magnétophone japonais 8 pistes et cinq musiciens dans la même pièce. Pas de mention de logiciel, pas de promesse de mixage « immersif ». Juste du bois, des lampes, de la bande et des gens qui jouent ensemble. Les Diasonics ne sont pas des nouveaux venus. Formé à Moscou en 2019, le quintette a sorti Origin of Forms en 2022, enregistré sur un Otari MX-5050 MK III dans son propre studio Magnetone, puis Ornithology à l'automne 2025. Le groupe appelle sa musique le « hussar funk » : du deep funk instrumental coloré de mélodies d'Europe de l'Est, de psychédélisme et d'une esthétique de bande originale des années 1970. Rare groove, funk brut, mélodies sensuelles et dramatiques : leur propre devise dit bien la couleur. L'intérêt est surtout du côté de Maksim Brusov. Dans ce type de formation, la basse n'a pas de pédalier ni d'effets derrière lesquels se cacher. Elle doit tenir le groove avec la batterie d'Anton Moskvin et les percussions d'Alexander Shingaling, laisser de l'espace à la guitare de Daniil Lutsenko et aux claviers de Kamil Gazizov, et sonner juste dès la prise, puisque la bande pardonne peu. C'est la vieille école du jeu en live dans une pièce, où la place de chaque note compte plus que la quantité. Devio ne dure qu'un titre, mais c'est une bonne porte d'entrée pour qui aime le funk cinématographique fait à l'ancienne, sans nostalgie de façade.