Né(e)s un 27 août ! Bon anniversaire à...
Né John Voorhis Bogert III à Ridgefield, dans le New Jersey, fils unique d'un couple d'employés de banque, il grandit dans une banlieue tranquille qui ne laissait rien présager du vacarme qu'il allait produire. Diplômé de la Ridgefield Memorial High School en 1963, il adopte le surnom de Tim en 1965, au moment précis où sa carrière de musicien professionnel démarre pour de bon. Deux ans plus tard, il fonde Vanilla Fudge avec le batteur Carmine Appice, l'organiste Mark Stein et le guitariste Vince Martell. Le groupe invente une formule qui fera date : ralentir des tubes soul et pop jusqu'à l'hallucination, les gonfler d'orgue Hammond et de basse saturée, transformer « You Keep Me Hangin' On » des Supremes en cathédrale psychédélique. Sur cinq albums entre 1967 et 1970, Bogert impose une conception de la basse rock alors inédite : un jeu en avant, mélodique, mobile, qui refuse le rôle d'accompagnateur et dialogue d'égal à égal avec le guitariste. Il est l'un des tout premiers à faire passer une Fender Precision par une distorsion assumée, à user du glissando, du vibrato et de l'accord de basse comme d'armes expressives, et à chanter en même temps avec une voix haut perchée et puissante. Sa complicité rythmique avec Carmine Appice devient légendaire au point que les deux hommes ne se sépareront plus vraiment : après Vanilla Fudge, ils fondent Cactus en 1970, quatuor de hard rock brut souvent décrit comme le chaînon manquant entre le blues-rock américain et le heavy metal à venir. En 1972, Jeff Beck les rejoint pour former Beck, Bogert & Appice, power trio dont l'album éponyme de 1973 et le légendaire live japonais restent des références absolues de la virtuosité collective. Le groupe implose en 1974, mais Bogert poursuit une carrière de musicien recherché, passant par Boxer, Bobby and the Midnites aux côtés de Bob Weir, et une multitude de sessions. À partir de 1981, il enseigne au Musicians Institute de Hollywood, où il forme des générations entières de bassistes et théorise ce qu'il avait inventé d'instinct. Le Hollywood RockWalk le distingue en 1999. Billy Sheehan, l'un de ses héritiers les plus démonstratifs, l'a désigné comme « probablement la plus grande influence sur mon jeu de basse ». Un accident de moto en 2009 met un terme à ses tournées, mais il continue d'enregistrer jusqu'en 2014, notamment avec le projet Hollywood Monsters. Il meurt d'un cancer le 13 janvier 2021, à 76 ans, laissant derrière lui une conception de l'instrument que le rock n'a plus jamais abandonnée.