Cornelius Claudio Kreusch — For My Father
Le pianiste allemand reprend l'une de ses pièces les plus intimes dans le studio de Stefan Redtenbacher, aux portes de Londres. Un hommage filial joué 100 % live, avec à la basse le maître des lieux, qui cosigne aussi la production. Elle figurait en deuxième plage de Highwire, l'album en duo enregistré avec le guitariste Joscho Stephan et paru en février 2025, sur lequel le pianiste revisitait les compositions les plus importantes et les plus personnelles de sa carrière. La revoici vingt mois plus tard dans une tout autre configuration : un quartet piano, basse, batterie et percussions, filmé et enregistré intégralement en live pour les Masterlink Sessions. Le parcours de Kreusch a de quoi intriguer. Premières leçons de piano à cinq ans auprès de sa mère, la pianiste classique Dorothée Kreusch-Jacob, découverte du jazz vers dix ans, puis Berklee, la Manhattan School of Music, l'enseignement de Mal Waldron et de Jaki Byard, et près de vingt ans à New York. Son CV aligne Herbie Hancock, Salif Keïta, Kenny Garrett, Greg Osby ou Terri Lyne Carrington. Mais ce qui nous concerne, c'est l'impressionnante galerie de bassistes qui jalonne sa discographie : Anthony Cox, compagnon de route depuis Black Mud Sound au milieu des années 1990, Richard Bona, James Genus, Zaf Zapha, Nate McBride. Un pianiste qui a toujours pris grand soin de ce qui se passe sous sa main gauche.