Bona Penda Nya Yuma Elolo, devenu Richard Bona, naît à Minta, au Cameroun, au sein d'une famille de musiciens : son grand-père est griot et percussionniste, sa mère chanteuse. Il joue du balafon dès quatre ans, chante à l'église de son village à cinq et, faute de moyens, fabrique lui-même ses premiers instruments, dont une guitare de fortune. Installé à Douala, il écume les clubs de la ville et monte un premier orchestre pour un club de jazz tenu par un Français, qui lui fait découvrir le jazz et surtout Jaco Pastorius. C'est la révélation qui le fait basculer vers la basse électrique, sur les traces aussi de ses aînés camerounais Jean Dikoto et Vicky Edimo. À vingt-deux ans, il part étudier la musique à Düsseldorf, puis s'installe en France, où il devient l'un des bassistes les plus demandés de la scène parisienne, aux côtés de Manu Dibango, Salif Keita, Didier Lockwood ou Jacques Higelin, sur l'album duquel, Aux héros de la voltige (1994), il joue basse, contrebasse et synthé basse. En 1995, privé du renouvellement de son titre de séjour, il quitte la France et rebondit à New York, où Harry Belafonte l'engage dans son orchestre, avant d'en faire en 1998 le directeur musical de sa tournée européenne. Le voilà aux côtés de Joe Zawinul, de Larry Coryell, des frères Brecker, de Mike Stern, de George Benson, de Branford Marsalis, de Chaka Khan ou de Bobby McFerrin. Son premier album solo, Scenes from My Life (1999), révèle un chanteur à la voix aérienne autant qu'un bassiste virtuose, et Reverence (2001) accueille Pat Metheny et Michael Brecker. En 2002, il rejoint le Pat Metheny Group pour l'album Speaking of Now et sa tournée mondiale, où il tient la basse, chante et joue de la guitare et des percussions. Suivent Munia: The Tale (2003), Tiki (2005), enregistré au Brésil avec Djavan et nommé aux Grammy Awards, le live Bona Makes You Sweat (2008), Bonafied (2013) ou Heritage (2016), virage afro-cubain avec le groupe Mandekan Cubano sur le label de Quincy Jones. Lauréat des Victoires du jazz en 2004 et du Grand prix jazz de la Sacem en 2012, ancien professeur à l'université de New York, il a aussi tenu à Manhattan le club Bonafide, et n'hésite pas à prendre position, comme avec son single Ngarbuh (2020), écrit après un massacre de civils dans son pays natal.