Klaus Flouride - Dead Kennedys, The Woodsmen (1949)
Geoffrey Lyall, universellement connu sous son nom de scène Klaus Flouride, est une figure fondatrice et emblématique du mouvement punk hardcore américain, né à Détroit dans le Michigan. Plongé dès la prime enfance dans un environnement musical d'une immense richesse grâce à des parents mélomanes et un père clarinettiste de jazz, il développe très tôt une fascination obsessionnelle pour les disques et la composition. Il s'essaye d'abord à la guitare classique et au surf rock dans sa jeunesse avant de se tourner vers les fréquences graves de la basse électrique lors de son déménagement à Boston à la fin des années 1960. Son destin prend un tournant historique lorsqu'il s'installe à San Francisco en 1977. En répondant à une simple petite annonce placée dans un magazine musical par le guitariste East Bay Ray, il cofonde les légendaires Dead Kennedys. Contrairement à l'approche souvent rudimentaire des bassistes punk de l'époque, le jeu de Klaus Flouride est sophistiqué, rapide, truffé de lignes mélodiques indépendantes et profondément influencé par le jazz et la surf music. Armé de sa célèbre Fender Jazz Bass de 1966 bleu métallisé branchée sur des amplificateurs redoutables, il est le cœur palpitant d'hymnes ravageurs, participant activement à la composition et aux chœurs. Après la séparation houleuse du groupe en 1986, il ne quitte jamais le milieu de la musique indépendante : il sort plusieurs albums solos expérimentaux, devient producteur en studio pour de multiples artistes alternatifs, et finit par remonter sur scène lors des diverses reformations des Dead Kennedys au début des années 2000, confirmant son statut d'icône indéboulonnable de la contre-culture.
Dann Glenn - Artiste solo, Eleven Eleven Orchestra (1950)
Né aux États-Unis, Dann Glenn est un bassiste, compositeur symphonique et multi-instrumentiste à la croisée des genres, s'étant illustré de manière virtuose dans le jazz fusion, le rock progressif et la musique orchestrale contemporaine. Son parcours personnel est profondément marqué par un engagement lors de la guerre du Viêt Nam au sein de la célèbre 101e division aéroportée, une expérience d'une violence inouïe où il fut blessé, ce qui retarda de plusieurs années son entrée dans la sphère professionnelle musicale. À son retour, animé d'une détermination nouvelle, il s'immerge corps et âme dans l'étude acharnée de la basse électrique et a le privilège inouï d'être formé par le pionnier du jazz Monk Montgomery. Ce mentorat d'exception lui permet de forger une approche technique avant-gardiste. Décrit par ses pairs comme un génie musical iconoclaste et un ami intime de la légende Jaco Pastorius, Dann Glenn développe un style de jeu extrêmement expressif, caractérisé par l'utilisation audacieuse de l'harmonie, des signatures rythmiques d'une grande complexité et un phrasé mélodique éblouissant. Ne se contentant pas de briller au sein de formations de jazz électrique, il repousse drastiquement les limites de son instrument de prédilection en embrassant la composition symphonique classique. Il est aujourd'hui l'auteur de plusieurs symphonies grandioses et a même fondé son propre label, NightVision Records, pour protéger son indépendance artistique. Refusant catégoriquement les compromis commerciaux, cet architecte sonore respecté a collaboré avec des pointures comme Freddie Hubbard ou Jeff Berlin, imposant la basse comme une voix soliste majestueuse.
Michel Alibo - Sixun, Sakiyo, Manu Dibango (1960)
Michel Alibo est un contrebassiste et bassiste martiniquais d'exception, considéré comme un véritable pilier de la scène jazz-rock fusion et des musiques du monde à l'échelle internationale. Ayant la musique chevillée au corps depuis son plus jeune âge, il apprend l'instrument de manière totalement autodidacte en observant son frère guitariste, s'imprégnant avec avidité des rythmes foisonnants de la Caraïbe, des cadences africaines et des harmonies latines. Cette immense richesse culturelle lui permet de développer un groove organique, percussif et immédiatement identifiable. C'est au cours des bouillonnantes années 1980 que sa renommée explose littéralement lorsqu'il participe à la fondation de Sixun, un groupe de jazz-rock mythique créé aux côtés de musiciens de génie comme le batteur Paco Séry et le guitariste Louis Winsberg. Leurs compositions, métissages audacieux de polyrythmies complexes et de fulgurances mélodiques, propulsent Michel Alibo sous les projecteurs, révélant au grand public sa technique de slap dévastatrice et son sens du placement infaillible. Extrêmement prolifique, il crée en parallèle le groupe Sakiyo, marquant d'une pierre blanche l'histoire et l'évolution du zouk moderne. Sideman de luxe et musicien de studio adulé, son immense polyvalence l'amène à enregistrer et à fouler les scènes du monde entier avec des légendes incontestées telles que Manu Dibango, Salif Keita, Eddy Louiss ou encore Touré Kunda. Connu pour son sourire communicatif et sa générosité de jeu, il demeure une référence absolue pour des milliers de bassistes cherchant à allier la rigueur du jazz à l'âme des musiques traditionnelles.
Jeff Howell - Foghat, The Outlaws, Savoy Brown (1961 - 2022)
Jeffrey Leonard Howell était un bassiste américain au parcours aussi dense que fascinant, reconnu par ses pairs pour son amour indéfectible du blues traditionnel et sa maîtrise parfaite des codes du rock sudiste. Ayant initialement fait ses premières armes en tant que guitariste, il finit par transposer son feeling harmonique exceptionnel sur les quatre cordes de la basse, forgeant un style de jeu au groove lourd, terrien et d'une précision diabolique. Sa redoutable efficacité musicale et sa solidité en live lui ouvrent les portes de formations légendaires : il devient un membre clé de Foghat à la fin des années 1980, contribuant à redynamiser la section rythmique du groupe lors de tournées marathons et sur plusieurs enregistrements studio. Grand amateur de jams improvisées, il intègre par la suite le groupe de rock sudiste The Outlaws au début de la décennie 1990, soutenant avec une aisance déconcertante le célèbre "Guitar Army" du groupe grâce à des lignes de basse mouvantes et toujours parfaitement synchronisées avec la batterie. Artiste infatigable et humble, Jeff Howell a également prêté son talent inné au mythique groupe de blues rock britannique Savoy Brown, tout en s'investissant dans d'innombrables projets parallèles comme Once an Outlaw ou en publiant des albums solos introspectifs aux accents de blues acoustique louisianais. Tragiquement emporté par de multiples complications cardiaques et rénales au printemps 2022, il laisse le souvenir d'un musicien de l'ombre au dévouement absolu, dont chaque note jouée respirait l'authenticité et la passion pure du rock 'n' roll américain.
Sven Pipien - The Black Crowes, The Magpie Salute, Mary My Hope (1967)
Né à Hanovre, en Allemagne de l'Ouest, Sven Pipien est un bassiste au parcours transatlantique qui a laissé une empreinte indélébile et boueuse dans le paysage du rock sudiste et du roots rock moderne. Après avoir émigré aux États-Unis avec sa famille alors qu'il n'était encore qu'un adolescent, il pose ses valises à Atlanta en Géorgie, où il s'imprègne instantanément de la chaleur et de l'effervescence de la vibrante scène musicale locale. C'est dans ce terreau fertile qu'il lance sa carrière professionnelle en tant que membre fondateur du groupe de rock alternatif Mary My Hope à la fin des années 1980, démontrant déjà une capacité rare à fournir une assise rythmique à la fois hypnotique et dynamique. Sa véritable consécration internationale survient en 1997 lorsqu'il est appelé pour remplacer Johnny Colt au sein de The Black Crowes. Son approche très charnelle, lourdement teintée de soul, de blues et de funk, s'accouple avec une perfection presque alchimique aux riffs incandescents et aux compositions organiques des frères Robinson. Malgré les luttes d'ego internes, les nombreux hiatus et les incessantes tempêtes qui secouent l'histoire du groupe, Sven Pipien parvient à s'imposer comme le ciment sonore irremplaçable de la formation, tant par son jeu de basse fluide que par ses chœurs essentiels. Lors des longues pauses de la formation mère, il continue d'explorer de nouvelles textures au sein de The Magpie Salute, épaulant le guitariste Rich Robinson dans des jams psychédéliques d'une grande beauté, et prouvant que son art de la basse repose avant tout sur l'écoute et l'émotion.
Patrick Dahlheimer - Live, The Gracious Few (1971)
Originaire de la petite ville industrielle de York, en Pennsylvanie, Patrick Dahlheimer est le bassiste historique du groupe de rock alternatif américain Live, une formation emblématique qui a profondément marqué la bande-son de la décennie des années 1990 avec une série de succès planétaires. Se passionnant très tôt pour l'impact physique du rythme, il forme un premier groupe au collège avec ses amis d'enfance, un noyau dur de musiciens qui survivra à plusieurs changements de noms et d'esthétiques avant de se cristalliser définitivement sous le nom de Live. Contrairement à de nombreux bassistes de la scène grunge et alternative qui se contentent de doubler les lignes de guitare, le jeu de Patrick Dahlheimer se distingue par une indépendance mélodique frappante, intégrant des syncopes funk et des lignes motrices très claires, héritées de ses influences post-punk. Cette approche lumineuse culmine sur l'album multi-platine monumental "Throwing Copper", où sa Fender Precision tisse une toile grave, ronde et profondément émotive, portant à bout de bras les envolées lyriques du chanteur Ed Kowalczyk. Tout au long de la carrière massive et des multiples tournées mondiales du groupe, sa complicité fusionnelle avec le batteur Chad Gracey instaure l'une des sections rythmiques les plus fiables de sa génération. Lors de la suspension temporaire des activités de Live au début des années 2010, il refuse l'inactivité et cofonde le supergroupe The Gracious Few, explorant alors des sonorités plus agressives et hard rock, avant de reprendre finalement sa place légitime au sein du groupe de son enfance pour le plus grand bonheur d'une immense communauté de fans.
Don Clark - Demon Hunter, Training for Utopia (1975)
Donald Christopher Clark, originaire de Californie, est un bassiste et guitariste rythmique majeur de la bouillonnante scène metal alternative et chrétienne américaine, s'étant illustré par une approche sonore d'une lourdeur dévastatrice. Il entame son ascension musicale durant la fin des années 1990 en cofondant avec son frère Ryan le groupe de metalcore avant-gardiste Training for Utopia, avec lequel il se fait remarquer en explorant des structures agressives, dissonantes et totalement affranchies des conventions du genre. Mais c'est au tournant du millénaire, en l'an 2000, que sa carrière musicale prend sa dimension la plus colossale lorsqu'il forme Demon Hunter, un projet ambitieux qui devient en quelques années le joyau incontesté du label Solid State Records. À la basse comme à la guitare, Don Clark est l'architecte du mur de son sombre, martial et intensément mélodique qui fait la renommée internationale du groupe. Son approche de l'instrument est radicale : elle privilégie la puissance brute, la précision chirurgicale de l'attaque des cordes et un verrouillage rythmique absolu pour soutenir l'intensité dramatique des compositions. Artiste polyvalent et surdoué, il mène en parallèle de sa vie de musicien une brillante carrière de directeur artistique, fondant les très respectés studios de design Asterik Studio et Invisible Creature. Son immense talent de graphiste lui a d'ailleurs valu de prestigieuses nominations aux Grammy Awards pour la conception de pochettes d'albums emblématiques. En 2009, face à la croissance exponentielle de son activité de designer et mû par le désir de privilégier sa vie familiale, il décide de se retirer sereinement de Demon Hunter, laissant en héritage des lignes de basse titanesques gravées dans le marbre du metal moderne.
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