Suzi Quatro - The Pleasure Seekers, Suzi Quatro (1950 - )
Une icône du glam rock qui a propulsé la basse sur le devant de la scène.
Susan Kay Quatro, véritable pionnière du rock, a brisé les plafonds de verre en devenant la première femme bassiste à acquérir le statut de rock star internationale. Née à Détroit dans une famille de musiciens, elle fait ses premières armes au sein des Pleasure Seekers, un groupe entièrement féminin fondé avec ses sœurs, avant de s'imposer en solo au Royaume-Uni durant l'ère du glam rock. Armée de son emblématique Fender Precision Bass de 1957 que son père lui avait offerte, Suzi Quatro a développé un jeu au médiator percussif et agressif, posant un groove lourd qui a redéfini la place de l'instrument dans le hard rock des années 1970. Loin de se contenter d'un rôle d'accompagnement, elle a placé la basse au centre de l'attention, couplant ses lignes rythmiques incisives avec une présence vocale rugissante sur des tubes planétaires comme "Can the Can" ou "Devil Gate Drive". Son influence est colossale, ayant pavé la voie pour des générations de musiciennes de Joan Jett à The Runaways, tout en s'illustrant également à la télévision, notamment avec son rôle de la bassiste Leather Tuscadero dans la série Happy Days. Son approche de l'instrument reste une référence pour son efficacité brute et son énergie indomptable.
Mike Gordon - Phish (1965 - )
Pilier rythmique et mélodique de l'un des groupes d'improvisation les plus célèbres au monde.
Membre fondateur de la formation américaine Phish, Mike Gordon est un bassiste dont le style singulier a profondément marqué la scène du jam rock. Né dans le Massachusetts, il a développé une approche de la basse qui fusionne le bluegrass, le funk, le rock progressif et le jazz, créant des lignes d'une grande complexité harmonique. Connu pour son utilisation d'instruments pointus, notamment ses basses Modulus Quantum à cinq cordes dotées de manches en fibre de carbone, il obtient un son d'une clarté redoutable, capable de percer les mix les plus chargés en direct. Mike Gordon se distingue par son jeu au médiator atypique combiné à des techniques de slap non conventionnelles, ce qui lui permet d'ancrer solidement les jams tentaculaires de son groupe tout en dialoguant de manière télépathique avec les autres musiciens. En plus de sa virtuosité technique, il est un explorateur sonore invétéré, intégrant une myriade d'effets comme des filtres d'enveloppe et des octavers pour transformer son instrument en une véritable machine texturale, tout en menant en parallèle une carrière solo florissante en tant que compositeur et réalisateur.
Dave Alexander - The Stooges (1947 - 1975)
L'architecte de la lourdeur rythmique qui a posé les fondations du mouvement punk.
Figure tragique mais essentielle de la naissance du courant proto-punk, Dave Alexander a été le bassiste originel et l'un des fondateurs des Stooges aux côtés d'Iggy Pop et des frères Asheton. Originaire du Michigan, il a abordé la basse en autodidacte, ce qui lui a permis de développer un style instinctif, dépourvu des fioritures techniques de l'époque pour se concentrer sur une efficacité pure, répétitive et brutale. Ses lignes de basse, lourdes, lancinantes et souvent jouées sur une Fender Precision, ont fourni l'ossature rythmique indispensable sur laquelle se construisait le chaos sonore et théâtral du groupe. Alexander a été un contributeur majeur aux arrangements des deux premiers albums fondateurs de la formation, The Stooges et Fun House, forgeant des riffs hypnotiques qui ont défini des hymnes comme "I Wanna Be Your Dog" ou "1969". Son approche rythmique minimaliste a prouvé que l'attitude et l'ancrage direct primaient sur la virtuosité académique. Ses graves problèmes d'addiction ont malheureusement conduit à son renvoi du groupe en 1970, et il s'est éteint prématurément d'un œdème pulmonaire lié à l'alcoolisme à l'âge de 27 ans, laissant derrière lui un héritage fondamental pour l'histoire du rock.
Roger Arntzen - In the Country, Chrome Hill, Ballrogg (1976 - )
Un explorateur des sonorités acoustiques dans le jazz européen contemporain.
Contrebassiste norvégien de premier plan, Roger Arntzen est une figure incontournable de la scène jazz et de la musique improvisée en Europe. Évoluant au sein de la fertile mouvance scandinave, il s'est d'abord illustré avec le trio avec piano In the Country, où son jeu apporte à la fois une profondeur harmonique boisée et un lyrisme très caractéristique de l'esthétique nordique. Formé à l'Académie norvégienne de musique, Arntzen maîtrise une palette sonore extrêmement vaste, utilisant son instrument non seulement pour asseoir le tempo, mais aussi comme une voix mélodique à part entière. Ses techniques d'archet minutieuses et son pizzicato riche en harmoniques lui permettent de naviguer avec aisance entre le jazz moderne, le post-rock atmosphérique et l'improvisation libre. Très demandé en tant que collaborateur, il s'est produit avec de nombreux artistes de la scène avant-gardiste internationale, démontrant une approche texturale de la contrebasse où le silence et l'espace sont tout aussi importants que les notes jouées.
Carl Pruitt - Bill Doggett Combo, Cootie Williams (1918 - 1977)
Musicien de l'ombre mais sideman prolifique et respecté, Carl Pruitt a été un contrebassiste de jazz et de rhythm and blues dont la carrière a traversé des décennies cruciales de l'évolution de la musique afro-américaine. Né en Alabama, Pruitt a fait partie intégrante de la scène musicale effervescente d'après-guerre, accompagnant des légendes comme Cootie Williams, Woody Herman, ou encore le fameux groupe de Bill Doggett. À une époque où la contrebasse acoustique devait rivaliser avec des sections de cuivres puissantes et, plus tard, avec les premiers instruments amplifiés, son jeu se caractérisait par un tempo d'une solidité à toute épreuve et un "walking bass" puissant et rebondissant. Il a contribué à asseoir le groove de nombreux enregistrements qui ont fait la transition entre le swing des big bands et les petites formations de R&B nerveux qui préfiguraient le rock 'n' roll. Son habilité à fournir une pulsation rythmique inébranlable et chaleureuse a fait de lui l'un des piliers des studios d'enregistrement new-yorkais, témoignant de l'importance cruciale des contrebassistes de sa génération qui ont façonné le socle de la musique populaire moderne avant l'avènement massif de la basse électrique.
Antonella Mazza - David Hallyday, Massimo Ranieri (1974 - )
Une rythmique polyvalente et très prisée de la scène pop et jazz européenne.
Bassiste et contrebassiste professionnelle d'origine italienne, Antonella Mazza s'est taillé une solide réputation internationale grâce à sa polyvalence exceptionnelle et son groove sophistiqué. Que ce soit à la basse électrique pour des tournées pop-rock de grande envergure ou à la contrebasse dans des contextes plus intimes et jazz, elle fait preuve d'une technique irréprochable et d'une grande sensibilité musicale. Établie en France, elle a notamment accompagné des artistes majeurs de la variété et de la pop européenne, dont David Hallyday, apportant une fondation rythmique à la fois moderne et organique à leurs répertoires. Antonella se distingue par sa capacité à s'adapter à des esthétiques très variées, passant du slap percussif au jeu feutré aux doigts, tout en accordant une attention méticuleuse au choix de son matériel pour sculpter son identité sonore. En parallèle de sa riche carrière sur scène et en studio, elle est une pédagogue passionnée, partageant son expertise de l'instrument au sein de divers conservatoires et écoles de musiques actuelles en France, contribuant ainsi à former la nouvelle génération avec une approche mêlant exigence théorique et réalité du métier de musicien de session.
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