Bakithi Kumalo — What You Hear Is What You See (Ropeadope, 2021)
Voilà une brève chronique pour gravebasse.com : Bakithi Kumalo — What You Hear Is What You See (Ropeadope, 2021) Il y a des noms qui méritent d'être rappelés régulièrement. Bakithi Kumalo en fait partie. Né à Soweto, ce bassiste sud-africain a posé sa ligne de basse au cœur de l'un des albums les plus marquants de la pop mondiale — Graceland de Paul Simon (1985) — avant de s'installer à New York et de devenir l'une des signatures les plus recherchées de la scène internationale. Cinq Grammy, un classement parmi les 50 meilleurs bassistes du monde par Bass Player Magazine, des collaborations avec Herbie Hancock, Hugh Masekela, Joan Baez ou encore la Tedeschi Trucks Band : le CV parle de lui-même. What You Hear Is What You See, sorti en octobre 2021 sur le label Ropeadope et co-produit avec Maxfeld Gast, est un album solo qui s'offre comme une déclaration d'identité. En dix titres, Kumalo tisse sa cosmologie musicale propre : les rythmes zoulou et la chaleur de l'Afrique du Sud rencontrent le groove funky new-yorkais, la soul et des touches de jazz contemporain. Des morceaux comme Zululand Nation ou Nomvula portent une fierté culturelle affirmée, tandis que Desert Walk ou Peaceful Water laissent la basse chanter avec une sobriété désarmante. Ce qui frappe chez Kumalo, c'est la même chose qui a séduit Paul Simon quarante ans plus tôt : un sens mélodique hors-norme, une pulsation organique qui ne cherche jamais à en imposer. La basse n'accompagne pas — elle raconte. Un disque à (re)découvrir, et un bassiste à ne plus jamais oublier.