Juin 2026

DENNER – E Gloar Ar Baradoz (Meidosem Records, 2026)

Il y a dans le titre de ce cinquième album une citation du Kantik Ar Baradoz, cantique breton du paradis : « berr gavan an amzer, hag ar poanioù dister / o soñjal deiz ha noz, e gloar ar baradoz » — le temps paraît court et les peines légères quand on pense jour et nuit à la gloire du paradis. On ne pouvait trouver épigraphe plus juste pour un disque qui, malgré ses couleurs sombres et ses racines dans la coldwave la plus austère, traverse par moments quelque chose qui ressemble à de la lumière. Une renaissance, pas une compilation Gilles Le Guen, le chanteur et âme de DENNER, l'annonce sans ambiguïté dans la présentation du disque : E Gloar Ar Baradoz n'est ni un best-of ni une rétrospective. C'est la refondation d'un groupe. Formé à New York en 2010 et depuis ancré à Rennes, DENNER sort ici son cinquième album dans une configuration inédite, avec deux musiciens qui apportent un poids de légende : Pierre Corneau à la basse (Marc Seberg, KaS Product Reload) et Tons aux synthétiseurs et aux arrangements (St. Lô). Le projet réunit donc sous une même bannière des trajectoires essentielles de la new wave et de la coldwave françaises. L'album traverse les deux premiers chapitres de la discographie de DENNER — les couleurs shoegaze-wave de Nouvelle Bretagne et le romantisme européen de Drifting Canticles — pour en tirer quelque chose de nouveau : une énergie, une légèreté amère, une joie crépusculaire. La formule semble paradoxale. Elle fonctionne. Pierre Corneau : une basse qui a de la mémoire Pour les lecteurs de GraveBasse, le nom de Pierre Corneau n'est pas inconnu — nous lui avions consacré une interview à l'occasion de son travail avec KaS Product Reload. Sa basse est une signature : jeu au médiator, attaque franche, lignes qui soutiennent sans envahir. Dans l'univers de Marc Seberg, elle avait contribué à forger ce son que les amateurs britanniques avaient qualifié de « French Joy Division ». Ici, il retrouve ce rôle d'architecte discret du bas du spectre, laissant au chant et aux synthés tout l'espace dramatique nécessaire. Le tracklisting L'album se déploie sur 12 titres en version CD (10 sur vinyl, avec Refuelled et 1982 en bonus) : Drifting Canticles She Radiates Darkness Ultima Thulé Inner Voices (feat. Philippe Pascal) Speak Low Refuelled (bonus CD) 1982 (bonus CD) I Will Remain in the Light Shades & Parasols Turbulence Heart and Soul In Limbo Le disque s'ouvre sur une tension lente et s'achève dans un suspens qui ne se résout pas vraiment — et c'est voulu. Entre les deux, Inner Voices constitue le moment le plus bouleversant : enregistrée avec Philippe Pascal (Marquis de Sade, Marc Seberg), disparu en septembre 2019, la pièce prend une dimension testamentaire que le groupe assume pleinement, hommage à une voix qui appartient au panthéon de la chanson sombre française. Le contraste avec l'élan de I Will Remain in the Light est saisissant — deux façons d'envisager la perte, l'une dans la douleur retenue, l'autre dans une résolution presque lumineuse. La reprise de Heart and Soul de Joy Division est l'autre point fort du disque : le groupe ne cherche pas à rivaliser avec l'original mais à l'habiter autrement, avec la distance et l'affect propres à DENNER. E Gloar Ar Baradoz est un disque qui prend son temps et le vôtre. Il ne séduit pas à la première écoute par des accroches immédiates mais par une atmosphère qui s'installe, des basses qui résonnent après que la musique s'est tue, et cette conviction sincère que la cold wave n'a pas encore dit son dernier mot. Avec Pierre Corneau comme complice de scène et d'enregistrement, DENNER offre au genre une production soignée et une profondeur de champ qu'on lui accorde rarement. À écouter si vous aimez : Marquis de Sade, Marc Seberg, The Chameleons, Echo & the Bunnymen, Joy Division. 📀 E Gloar Ar Baradoz — Meidosem Records (réf. SEA028LP / CD) — sorti le 29 mai 2026 🔗 denner.bandcamp.com

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Mai 2026

Ben Vanderwal – Lugano (feat. Harry Mitchell, Karl Florison & Ben Vanderwal) — Biophilia Records, 2026

Sorti aujourd'hui sur le label australien Biophilia Records, Lugano est une œuvre d'une cohérence rare, portée par un trio piano-basse-batterie au diapason parfait. Ben Vanderwal (batterie), Harry Mitchell (piano) et Karl Florison (contrebasse) — habitués à se retrouver sur scène et en studio — y ajoutent les textures ambiantes à la guitare de Theo Carbo pour enrichir l'espace sonore sans jamais l'encombrer. Le disque s'articule en douze pièces numérotées en chiffres romains, mais l'intention est claire dès la note de présentation : il s'agit d'une forme étendue unique, conçue pour être vécue d'une traite. Les morceaux s'enchaînent et se fondent les uns dans les autres, dessinant une architecture fluide qui tient davantage du poème symphonique que du simple recueil de compositions. Capté en direct dans un auditorium classique, sans chicanes ni casques, la prise de son laisse l'acoustique de la salle s'exprimer pleinement. L'ambiance du lieu ne sert pas de décor — elle devient un instrument à part entière. "Simple songs for a complicated world" : la formule résume bien l'esprit de l'album. Une sobriété apparente qui dissimule une profondeur musicale réelle, où la contrebasse de Florison assure un ancrage chaleureux, jamais démonstratif, au service d'une musique qui respire et prend son temps. Un beau disque de jazz de chambre, à écouter au casque, lumières tamisées.

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Primus - A Handful of Nuggs

Dix ans après The Desaturating Seven, on commençait à se demander si Primus referait un jour parler de lui en studio. C'est désormais chose faite : le trio californien vient de lâcher sans prévenir un EP quatre titres baptisé "A Handful of Nuggs", disponible en streaming depuis le 14 mai et annoncé en vinyle 12" pour le 22 juillet via ATO Records. Au centre de l'opération, un inédit qui fait déjà jaser : "The Ol' Grizz". "The Ol' Grizz" n'est pas qu'un single de transition : c'est aussi le premier vrai enregistrement studio à officialiser l'arrivée de John Hoffman derrière les fûts, le batteur de Shreveport sorti vainqueur en 2025 du désormais célèbre Interstellar Drum Derby (plus de 6 100 candidats départagés après le départ-choc de Tim Alexander en 2024). Et le résultat sonne comme un manifeste : ligne de basse roulante et tordue façon Sailing the Seas of Cheese, esthétique mutant country-funk-metal, breaks atmosphériques en milieu de morceau pour rappeler la maturité plus prog des dernières livraisons. Le morceau raconte les déboires d'un chercheur d'or face à un grizzly — clin d'œil direct à la nouvelle marotte de Les Claypool, qui révélait récemment dans Bass Magazine avoir acheté une vieille mine hydraulique dans les montagnes pour y prospecter avec son fils et ses amis. D'où le titre de l'EP. Et au cas où le doute subsistait, un showcase de basse en milieu de morceau vient rappeler que Claypool, à 62 ans, n'a strictement rien perdu de sa main droite : slap ravageur, harmoniques tordues, glissés impossibles. Du Primus pur jus, sans nostalgie de façade. Et après ? Cet EP est présenté par le groupe comme un avant-goût du dixième album studio, attendu pour 2027. En attendant, Claypool entame une saison chargée : la tournée nord-américaine Claypool Gold, qui réunit ses trois projets (Primus, The Claypool Lennon Delirium et les Fearless Flying Frog Brigade) a démarré le 20 mai à Reno. Une tournée européenne suivra cet été, avec un coup d'envoi à Milan le 31 juillet et plusieurs dates au Royaume-Uni en août. À surveiller de très près pour les fans de quatre cordes — et pour tous ceux qui pensaient que le slap excentrique avait fait son temps.

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MonoNeon, George Clinton & Grandma Liz - Tha Dumb Stuff

MonoNeon convoque George Clinton (et Grandma Liz) sur « Tha Dumb Stuff » L'inclassable MonoNeon continue d'écrire son propre chapitre dans la grande histoire du funk mutant. Le bassiste de Memphis vient de dévoiler « Tha Dumb Stuff », un nouveau morceau où il s'entoure de deux invités pour le moins contrastés : la légende George Clinton, parrain absolu de la galaxie P-Funk, et sa propre grand-mère, Grandma Liz, fidèle complice vocale de plusieurs de ses projets récents. Le titre n'est pas tout à fait neuf : les prises originales remontent à 2022, captées dans le studio de George Clinton à Tallahassee, en Floride. MonoNeon est ensuite revenu sur ces bandes pour les reconstruire dans un tout autre espace sonore, transformant un jam d'atelier en pièce produite, sculptée et étrangement domestique. Le résultat sonne à la fois fait-maison et cosmique, fidèle à cette esthétique du bricolage funk poussé jusqu'à l'absurde que MonoNeon défend album après album. L'intégralité de la production est signée Dywane Thomas Jr. lui-même : chant, basse — toujours sa basse pitchée, déformée, en lévitation hors des conventions —, claviers et synthés bancals qui donnent au morceau sa personnalité magnétique et bizarre. À la batterie, TaRon Lockett apporte un groove lourd et pourtant fuyant, tandis que Trey Lewd vient élargir l'atmosphère hypnotique aux chœurs. Avec « Tha Dumb Stuff », MonoNeon prolonge sa connexion profonde avec l'univers P-Funk, sans jamais se laisser enfermer dans la révérence. La présence de George Clinton agit ici comme une caution spirituelle plus que comme un featuring marketing : sa voix s'intègre à la mécanique tordue du morceau, entre soul du Sud, minimalisme expérimental et humour décalé. Le couplet de Grandma Liz, lui, ramène l'ensemble vers une chaleur très domestique — comme une réunion de famille filtrée à travers un synthétiseur cassé. C'est exactement là que MonoNeon est imbattable : dans cette zone où le funk redevient une affaire de quartier, de cuisine et d'église baptiste, sans jamais cesser de regarder vers l'espace. À écouter sans modération — et de préférence fort.

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Goose – Electric Brixton, London, UK

Trois jours seulement après le concert, Goose dépose sur sa page Bandcamp l'enregistrement soundboard de la première de ses deux soirées londoniennes à l'Electric Brixton — coup d'envoi d'une tournée européenne en neuf dates, seconde incursion outre-Atlantique du quatuor du Connecticut depuis 2023. Pour les amateurs de jam contemporaine et, surtout, pour ceux qui guettent Trevor Weekz, c'est une captation de premier ordre. Dès Animal, le bassiste pose ce qui fait sa signature : un placement souple, légèrement en arrière du temps, et une rondeur de son qui laisse respirer le double front guitare-claviers de Rick Mitarotonda et Peter Anspach. The Whales étire la trame, Your Direction tend la corde, et la reprise de Mas Que Nada (Sergio Mendes) bascule la fin de premier set dans une bossa élargie où Weekz module entre walking discret et appuis funk — ce mélange « boogie tranquille » que Bass Magazine lui prête à raison. Dustin Hoffman et Turned Clouds referment la première partie en mode pocket profond. Le deuxième set est la pièce maîtresse du disque. So Ready relance la machine, puis Big Modern! — semée de teases de Duel of the Fates (le thème de John Williams) glissés par Anspach et Mitarotonda — enchaîne en segue sur un Creatures > How It Ends > Turn On Your Love Light (Bobby « Blue » Bland, popularisé chez les jambands par le Grateful Dead). Sur cette dernière, inachevée, Peter Anspach lâche un tease de Rhapsody In Blue qui en dit long sur l'humeur du moment. Weekz y tient le gouvernail avec cette autorité tranquille qui caractérise son rôle dans le groupe : peu de notes superflues, beaucoup de groove utile.

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Malcolm Strachan – Look On The Bright Side (Haggis Records, 2026)

Troisième album solo du trompettiste écossais Malcolm Strachan, Look On The Bright Side sort le 22 mai 2026 sur Haggis Records et confirme la trajectoire d'un musicien décidément à l'aise dans les eaux chaudes du soul-jazz. Après About Time (2020), hommage à l'esprit Blue Note, et Point Of No Return (2023), tourné vers l'ère CTI, ce nouvel opus s'ouvre davantage : grooves latins, touches d'Afrobeat et cordes cinématiques cohabitent sans jamais perdre le fil d'une positivité revendiquée. Sept titres construits autour du feeling plus que de la structure, avec quelques sommets évidents : Quest For Love et sa couleur dancefloor assumée, portée par la voix de Tanja Daese (Lucinda Slim) ; The Eclipse, incursion plus aventureuse mêlant Afrobeat et soul des seventies ; ou encore Leave It All Behind, lumineux et libérateur. Du côté de la rythmique, c'est Sam Quintana à la contrebasse qui retient l'attention. Nouvelle recrue dans l'entourage de Strachan, il apporte une assise acoustique précieuse à l'ensemble, ancrant les arrangements dans un ancrage organique que l'album revendique pleinement. Sa contrebasse dialogue naturellement avec la section rythmique et donne aux tempos latins comme aux ballades un supplément de chaleur et de profondeur. Aux côtés du percussionniste de session Steve Forman — vétéran des studios de Lee Ritenour, Al Jarreau et George Duke — Quintana contribue à faire de cette rythmique l'un des atouts discrets mais essentiels du disque. Un album solaire, bien taillé, qui ravira les amateurs de Freddie Hubbard, Donald Byrd ou du Cannonball Adderley Quintet.

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David J, Tracks From the Attic Revisited

Co-fondateur de Bauhaus et Love and Rockets, David J avait surpris en 2024 avec Tracks From the Attic, un triple album de démos exhumées sur quatre décennies. Ce Revisited, sorti ce 22 mai 2026, en constitue la suite naturelle et la métamorphose : dix titres retravaillés en studio, avec ensemble, après que certaines de ces maquettes eurent insisté pour être réentendues. La démarche est celle d'un artiste qui s'observe à distance — abordant son propre matériau « comme s'il produisait un autre artiste ». Les arrangements ont parfois radicalement transformé les originaux ; les paroles ont été retouchées là où elles pouvaient résonner dans les années 2020. Le résultat oscille entre post-punk crépusculaire hérité de la new wave, country classique feutré et romantisme à la Nick Drake — un spectre stylistique qui a toujours caractérisé David J en solo, loin de l'ombre de Bauhaus. Là où le premier volume invitait à observer un jeune songwriter en construction, ce Revisited met en scène l'artiste accompli, maître de l'épure. Comme il le dit lui-même : les démos étaient des graines laissées en jachère. Elles ont finalement fleuri.

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Colin Edwin & Robert Jürjendal – The Weight of a Shadow (2023 – enfin disponible sur Bandcamp)

Ex-Bassiste de Porcupine Tree et explorateur sonore infatigable, Colin Edwin n'a jamais cantonné sa basse à un rôle d'accompagnement. The Weight of a Shadow, second volet de sa collaboration avec le guitariste estonien Robert Jürjendal, confirme cette posture : c'est lui qui ouvre le bal sur « Barely Visible », basse fretless en avant, harmoniques suspendues, quelque part entre Jaco Pastorius et la mélancolie nordique des productions ECM. L'album déploie en douze titres une matière instrumentale qui oscille entre ambient minimaliste, post-rock atmosphérique et expérimentation progressive. Edwin y manie tour à tour basse frettée, fretless, contrebasse, E-bow et programmations ; Jürjendal répond à la guitare électrique, à la 12 cordes et à l'U8 Touch Guitar — une panoplie qui dit bien l'ambition de la chose. L'enregistrement capte une acoustique rare : les reverbs naturelles du studio d'Aaviku Farmstead, au cœur de la campagne estonienne, donnent au disque une respiration que les salles insonorisées n'auraient pas autorisée. On retient « Soul Blizzard » et ses mélodies proches de l'univers de Porcupine Tree, le blues glitché de « Shadow Ritual », ou encore l'épure hypnotique de « The Grid ». Un album qui se mérite à l'écoute répétée et qui révèle, au fil des passes, une cohérence et une profondeur que la première écoute tend à masquer. À écouter et à acquérir sur Bandcamp : colinedwin.bandcamp.com

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Bakithi Kumalo — What You Hear Is What You See (Ropeadope, 2021)

Il y a des noms qui méritent d'être rappelés régulièrement. Bakithi Kumalo en fait partie. Né à Soweto, ce bassiste sud-africain a posé sa ligne de basse au cœur de l'un des albums les plus marquants de la pop mondiale — Graceland de Paul Simon (1985) — avant de s'installer à New York et de devenir l'une des signatures les plus recherchées de la scène internationale. Cinq Grammy, un classement parmi les 50 meilleurs bassistes du monde par Bass Player Magazine, des collaborations avec Herbie Hancock, Hugh Masekela, Joan Baez ou encore la Tedeschi Trucks Band : le CV parle de lui-même. What You Hear Is What You See, sorti en octobre 2021 sur le label Ropeadope et co-produit avec Maxfeld Gast, est un album solo qui s'offre comme une déclaration d'identité. En dix titres, Kumalo tisse sa cosmologie musicale propre : les rythmes zoulou et la chaleur de l'Afrique du Sud rencontrent le groove funky new-yorkais, la soul et des touches de jazz contemporain. Des morceaux comme Zululand Nation ou Nomvula portent une fierté culturelle affirmée, tandis que Desert Walk ou Peaceful Water laissent la basse chanter avec une sobriété désarmante. Ce qui frappe chez Kumalo, c'est la même chose qui a séduit Paul Simon quarante ans plus tôt : un sens mélodique hors-norme, une pulsation organique qui ne cherche jamais à en imposer. La basse n'accompagne pas — elle raconte. Un disque à (re)découvrir, et un bassiste à ne plus jamais oublier.

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Les Claypool, The Great Parrot-Ox and the Golden Egg of Empathy

Trois ans après avoir refermé la parenthèse de la Fearless Flying Frog Brigade, Les Claypool et Sean Ono Lennon reviennent en Delirium mode avec leur troisième album — et de loin le plus ambitieux. Quatorze titres, un concept-album à part entière fondé sur la « théorie du trombone », ce célèbre postulat de la philosophie de l'IA qui imagine une machine chargée de produire des trombones au maximum de son efficacité... jusqu'à convertir en métal toute matière vivante. Bienvenue à Cliptopia. Claypool et Lennon ont joué quasiment chaque note eux-mêmes, se partageant la batterie au fil des titres — ce qui donne à l'ensemble une cohérence sonique rare pour un double album aussi fouillé. La tension entre les lignes de basse musculaires et massives de Claypool et les arrangements mélodiques soignés de Lennon constitue le véritable moteur du disque, oscillant entre prog psychédélique, rock opéra absurde et quelques instants de grâce pop inattendue — notamment sur The Golden Egg of Empathy, en compagnie de WILLOW. Des titres comme WAP (What a Predicament), The Golden Egg of Empathy et Melody of Entropy s'imposent comme de véritables gemmes prog-pop capables de voler de leurs propres ailes, indépendamment du récit. Enregistré au Rancho Relaxo de Claypool en Sonoma County et au studio The Farm de Lennon dans l'État de New York, l'album bénéficie d'une production charnue, organique, fidèle à l'esthétique de la maison. L'édition physique — double vinyle en gatefold avec une bande dessinée de 24 pages illustrée par Rich Ragsdale — pousse encore plus loin la logique d'œuvre totale. Pour les amateurs de Primus, d'Oysterhead ou de prog mutant en général : l'un des disques les plus fous et les plus cohérents de l'année.

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The Masterlink Sessions Collective & friends – The Masterlink Instrumental Sessions | Volume Two

Trois titres, trois instantanés de musique vivante : c'est la promesse tenue par ce second volume instrumental de la plateforme britannique Masterlink Sessions, fondée par le bassiste et producteur Stefan Redtenbacher, James Welch (ingénieur son) et le vidéaste Leo Mansell, au cœur des studios Masterlink dans le Surrey. Le principe est immuable : des musiciens dans la même pièce, les caméras qui tournent, et la musique qui commande. Le collectif — dont le groupe-maison est Redtenbacher's Funkestra — réunit ici trois formations distinctes autour d'un Hammond qui règne en maître absolu sur l'EP. No Future Blues ouvre le bal avec Chris Booth et la Funkestra dans un blues à l'ancienne, charnu et direct. Nurgles, composition originale de Liam Dunachie (claviers régulier de la maison), installe un boogaloo insistant et hypnotique, le Hammond dessinant à la fois la ligne harmonique et l'arc dynamique du morceau, tandis que la section rythmique de Luke Harris (batterie) et Karl Vanden Bossche (percussions) verrouille le tout avec une précision organique. Enfin, Hard Times — arrangement d'un thème de Joni Mitchell signé Dave Limina et Ross Stanley — offre la configuration rarissime de deux Hammond en simultané : un médium swing gospel-soul où les deux organistes, fidèles aux techniques de basse main gauche et de pédales, se répondent avec une complicité évidente. Court mais dense, ce Volume Two est un condensé de jazz-funk et de soul instrumentale enregistré live, sans filet, et ça s'entend à chaque mesure.

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Goose, Torero

Le quatuor du Connecticut n'a pas traîné. Après les sorties enchaînées d'Everything Must Go et Chain Yer Dragon en 2025, Goose revient avec un son indie rock élargi aux synthés néon d'inspiration eighties, rythmiques en béton armé et refrains qui cherchent les étoiles. Torero en est l'un des avant-postes les plus taillés. Dévoilée en live première mondiale lors du festival Viva El Gonzo à San José del Cabo en mai 2025, la chanson avait alors conclu le premier set dans une montée de tension digne d'une corrida. Aujourd'hui sortie en single officiel, elle confirme ce que les fans pressentaient depuis les gradins : Goose sait construire un morceau autant qu'il sait l'embraser sur scène. Rick Mitarotonda résume l'esprit du projet : « faire le electric slide dans l'allée du supermarché entre les Pop-Tarts et les Frosted Flakes — hyper-connecté, perdu dans la sauce digitale et plutôt bien dans ses baskets. » Torero porte cette énergie paradoxale : une forme pop irréprochable qui laisse toujours une porte entrebâillée vers l'impro, vers l'accident heureux. Le morceau figure sur BIG MODERN!, attendu le 12 juin 2026 via No Coincidence Records. L'album s'annonce comme le chapitre le plus ambitieux du groupe — et Torero, avec sa charge électrique contenue, en est peut-être la pièce maîtresse.

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Colin Bass – Dream #1

Figure tutélaire du rock progressif britannique, Colin Bass est bassiste et chanteur de Camel depuis 1979. Avec ce single tiré de son journal de rêves — c'est exactement ainsi qu'il le présente, "Notes from the dream journal" —, il livre une pièce intimiste et planante, enregistrée entre son studio gallois (Wild End Studio) et Berlin (Kartini Studio).

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Avril 2026

Aja Monet – Elsewhere (feat. Meshell Ndegeocello & Georgia Anne Muldrow)

Le 25 mars 2026, la poète afro-surréaliste Aja Monet dévoilait Elsewhere, premier single extrait de son second album The Color of Rain, attendu pour le 22 mai. Une naissance aussi soudaine qu'essentielle : le morceau a été composé et enregistré en studio trois jours seulement après la disparition de Sly Stone, en guise d'hommage au géant de la funk.

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Mars 2026

Funky Times, Smashed Funktato

L'effervescence de la scène funk moderne ne semble pas vouloir retomber, et Funky Times se place une nouvelle fois au centre de cette dynamique avec leur dernier single, "Smashed Funktato". Fidèle à sa réputation de "machine à groove" ultra-vitaminée, le collectif revient avec une proposition qui ne se contente pas de faire taper du pied, mais qui s'impose comme une véritable étude de cas pour tout bassiste en quête de précision chirurgicale. Ce morceau, enrichi par la présence du guitariste Nicklas Myhre, marque une étape supplémentaire dans l’évolution sonore du groupe, alliant l'humour caractéristique de leur identité visuelle à une rigueur technique qui frise l'insolence.

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Bjorn Meyer, Convergence

Neuf ans après le séminal Provenance, le bassiste suédois Bjorn Meyer revient chez ECM avec Convergence, une œuvre qui confirme son statut d'architecte du silence et de la résonance. Pour les habitués de Gravebasse, Meyer est cet instrumentiste hors norme qui a su marier l'exigence du jazz contemporain aux textures envoûtantes de la musique orientale aux côtés d'Anouar Brahem, ou au minimalisme organique du groupe Ronin de Nik Bärtsch. Avec ce second opus en solo, il délaisse toute velléité de démonstration technique pour se concentrer sur l'essence même de son instrument : la vibration d'une corde dans un espace donné.

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Funky Times, Appreciation Song

Le groupe de funk allemand le plus énergique du moment est de retour. Avec "Appreciation Song", Funky Times nous offre un titre "feel-good" ; ils nous livrent une belle vue de mise en place rythmique où la basse, une fois de plus, occupe le trône.

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Lars Danielsson, Liberetto V : Échomyr

Le célèbre bassiste et compositeur suédois Lars Danielsson revient avec un nouvel opus de sa série Liberetto, un projet initié en 2012 qui a conquis le public par son mélange unique de jazz, de musique classique et de folk.Composé en collaboration avec ses fidèles partenaires, cet album est le fruit d'une confiance et d'une amitié solides, ainsi que d'un dialogue musical constant au sein de Liberetto. Des moments solos intimistes aux enregistrements spontanés en prise directe, en passant par des compositions d'ensemble lyriques, la musique oscille entre réflexion, joie, spiritualité et espoir discret – des histoires profondément personnelles mises en musique, en rythme et en communion.

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Redtenbacher’s Funkestra, Truffle Shuffle (Masterlink Sessions)

Ce morceau original de jazz-funk fusion à la guitare figurera sur l'album collaboratif « The Exchange » de Carter Arrington et Funkestra.Cet album instrumental, véritable feu d'artifice de virtuosité à la guitare, célèbre les collaborations musicales enrichissantes que le guitariste américain Carter Arrington a tissées durant son séjour au Royaume-Uni. De retour à Austin, au Texas, il a invité ses amis guitaristes britanniques préférés à participer à cet opus. « Truffle Shuffle », avec la participation du guitariste d'Incognito, Charlie Allen, est tout simplement captivant !

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Gold Leader, Gold Leader

Gold Leader présente son premier album éponyme, sorti chez Color Red. Ce sextet jazz-funk réunit une pléiade de musiciens talentueux et funky de Denver, ayant collaboré avec des groupes tels que ManyColors, Mama Magnolia et Magic Beans. Fort de plusieurs singles sortis chez Color Red, Gold Leader signe un album marquant, véritable concentré de confiance et de créativité, fruit d'une écoute collective. Enregistré au More Noise Studio, le studio du claviériste Eric Luba, et coproduit par Luba et le batteur Will Trask, cet album est imprégné d'énergie collective. Chaque morceau a débuté comme une esquisse partagée entre un ou deux membres du groupe, avant d'être développé, enrichi et peaufiné par l'ensemble des musiciens.

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Angine de Poitrine, Vol. II

Le duo québécois Angine De Poitrine (originaire du Saguenay) vient de lâcher Vol. II, un nouvel opus qui s'abat sur la scène noise rock et expérimentale avec la délicatesse d'un bloc de béton. Pour les lecteurs de gravebasse.com, l'intérêt d'une telle sortie réside évidemment dans la place centrale qu'y occupe la section rythmique et dans l'approche hors-norme de l'instrument. Dans cette formation atypique, pas de bassiste traditionnel : c'est armé d'un instrument hybride microtonal à double manche (guitare et basse) que Khn de Poitrine maintient l'édifice debout. Jonglant entre les registres avec une aisance déconcertante, sa section grave agit comme la véritable colonne vertébrale d'un monstre prêt à dérailler à chaque instant.

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Elefant Talk, The Hidden Ones

Le duo basse-batterie stoner rock français frappe encore un grand coup. Avec la sortie de son nouveau single, "The Hidden Ones", Elefant Talk prouve une fois de plus qu'une simple quatre cordes (à 8 cordes), lorsqu'elle est bien sculptée et poussée dans ses retranchements, suffit à ériger un mur de son monumental. Plongée au cœur d'un groove pachydermique et dissection du matériel qui fait rugir cette nouvelle pépite lourde à souhait.

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Peter Gabriel, "What Lies Ahead (Bright-Side Mix)

Peter Gabriel continue d'égrener ses pépites avec la parution de la version studio tant attendue de "What Lies Ahead", un titre que les fans assidus connaissent bien puisqu'il a été rodé sur scène dès la tournée Back to Front en 2014, puis revisité lors du récent i/o The Tour. Mais sur GraveBasse.com, ce qui nous fait vibrer, c'est ce qui se passe dans le bas du spectre. Et avec le duo historique Gabriel / Levin, nous sommes rarement déçus.

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Février 2026

Karl Clews – Elements Vol. 3: A Tribute to Level 42

S'attaquer au répertoire de Level 42, c’est un peu comme s’attaquer à l’Everest pour tout bassiste qui se respecte. Entre la précision chirurgicale de la main droite de Mark King, son sens du groove implacable et ses lignes mélodiques devenues cultes, le défi est intéressant. Pourtant, avec ce troisième volet de sa série Elements, le bassiste et arrangeur Karl Clews ne se contente pas de rendre hommage : il réinterprète, avec une virtuosité et une musicalité bluffantes.

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Donny Benét – Il Basso

L'annonce d'un nouvel album de Donny Benét est toujours un petit événement. Mais avec un titre comme Il Basso, le multi-instrumentiste australien ne laisse aucune place au doute, cet opus est une déclaration d'amour frontale à notre instrument de prédilection. Là où ses précédents succès comme Mr Experience jouaient sur un équilibre entre synth-pop vocale et funk kitsch, Il Basso prend le virage de l'instrumental pur et c'est un pur régal. "School’s Out" est sous l'influence de Paul Jackson (The Headhunters). Le slap est percutant, le placement est millimétré, et Donny nous rappelle qu'avant d'être un personnage de scène, il est un technicien hors pair formé au jazz. Le titre "Bernard’s Boogie" est un hommage vibrant à Bernard Edwards (Chic). On y retrouve cette ligne de basse "forward-leaning", une Precision Bass qui claque avec ce son mat et percutant si caractéristique des cordes filées plat (La Bella, la marque fétiche de Donny).

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Thundercat, Distracted

Six ans. C’est le temps qu’il aura fallu patienter depuis le triomphe de It Is What It Is pour que Stephen Bruner, plus connu sous le nom de scène Thundercat, daigne enfin redescendre sur Terre avec un nouvel opus sous le bras. Intitulé Distracted, ce cinquième album studio prévu pour le printemps chez Brainfeeder s’annonce déjà comme la sortie incontournable de l’année pour tout bassiste qui se respecte. Si le virtuose californien nous avait habitués à une fusion cosmique entre jazz, funk et R&B, ce nouveau chapitre semble marquer une évolution vers une production encore plus léchée, fruit d’une collaboration étroite avec le super-producteur Greg Kurstin. S'il y a déjà trois morceaux à l'écoute, la sortie complète de l'album est annoncée pour le 3 avril 2026. On a hâte :-)

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Peter Gabriel, Put the Bucket Down (Bright-Side Mix)

"Put The Bucket Down" (Bright-Side Mix) qui s'inscrit dans la continuité du projet i/o, est mixé ici par Mark "Spike" Stent. Le morceau se déploie sur près de sept minutes et propose une structure dense et mouvante, typique des explorations récentes de Gabriel. L'ambiance générale oscille entre une tension rythmique initiale et des passages plus oniriques.

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Janvier 2026

Galliano, Unreliable Memories Of Contested Conversations

Il aura fallu attendre près de trois décennies pour entendre le retour des rois de l'acid jazz. Galliano, collectif phare de la scène londonienne des années 90, sort enfin de son silence avec Unreliable Memories Of Contested Conversations. Les grooves restent organiques, c'est une excellente nouvelle, car le groupe n'a rien perdu de sa superbe rythmique. McKone, fidèle à sa Fender Jazz Bass, reforme son duo télépathique avec le batteur Crispin Taylor. Dès les premières mesures, on sent cette alchimie typique du son "Talkin' Loud" : c'est précis, c'est chaud, et ça groove sévère. L'album navigue entre funk urbain, soul cinématique et spoken word militant porté par Rob Gallagher. Mais tendez l'oreille sur des titres comme "Circles Going Round The Sun" ou "Jazz". La basse y est ronde, avec ce grain médium typique qui permet de percer le mix sans écraser les claviers de Ski Oakenfull. Sur les morceaux plus dub comme "In The Brakes", McKone démontre toute sa maîtrise de l'espace, jouant sur les silences et les contre-temps, laissant la note durer juste ce qu'il faut pour faire vibrer les caissons.

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Jannick Top, Utopic Sporadic Orchestra

Rarissime trace d'une soirée, organisée lors du Festival "Nancy Jazz Pulsations"en octobre 1975, l'Utopic Sporadic Orchestra constitua l'opportunité pour Jannick Top d'apparaitre enfin en tant que leader d'une grande formation, et de proposer publiquement son oeuvre maitresse des années 70, "De Futura". Oeuvre culte, on la retrouve encore ces dernières années au répertoire de groupes underground japonais, De Futura apparait ici sous une forme orchestrale particulièrement développée grâce à une formation de dix huit musiciens et chanteurs.

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Stephen Jay, Off Bass

Il y a les techniciens de l'ombre et les leaders charismatiques. Et puis, il y a Stephen Jay. Si son nom vous est familier, c'est probablement parce qu'il tient la baraque (et les fréquences basses) derrière le légendaire "Weird Al" Yankovic depuis le début des années 80. Mais réduire Stephen Jay à ce rôle d'accompagnateur de luxe serait une erreur monumentale.

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Euan Burton, Occurrences

L'album "Occurrences" du contrebassiste écossais Euan Burton est à découvrir ou redécouvrir comme une bouffée d'air frais. Ici, la contrebasse ne cherche pas à voler la vedette à chaque mesure, mais elle dirige tout l'édifice avec une autorité calme et une musicalité exemplaire.

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Eric Serra, Space Projekt U.M.O.

Après les profondeurs du Grand Bleu, l'emblématique Eric Serra met le cap sur les étoiles avec son nouvel album "Space Projekt U.M.O.". Véritable ovni musical conçu en Dolby Atmos, ce disque place la basse au cœur d'un voyage vers la Station Spatiale Internationale (ISS).

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Vulfmon, Deg

Deg s’affirme comme l’une des sorties les plus enthousiasmantes de la scène funk/nu-funk indépendante récente. Jack Stratton, fidèle à sa créativité éclectique, façonne un album riche en styles, riffs et couleurs sonores — tout en conservant cette atmosphère ludique et artisanale qui caractérise sa musique.

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Peter Gabriel, Been Undone (Dark-Side Mix)

Been Undone s’inscrit dans la continuité du Gabriel des dernières années : un artiste débarrassé de toute pression commerciale, qui privilégie la nuance, la respiration et le détail. Les rythmiques, jamais frontales, avancent par touches subtiles, tandis que les couches synthétiques évoquent autant la technologie contemporaine que l’organique. Rien n’est démonstratif, tout est suggéré, nous laissant le soin de combler les silences et d’interpréter les ombres.

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Nick Beggs, Wal-Mart

Avec Wal-Mart, Nick Beggs livre un disque profondément intime, presque confidentiel, qui s’inscrit à contre-courant de toute logique de démonstration ou de carrière. L’album ne cherche ni l’esbroufe ni la reconnaissance immédiate ; il s’écoute comme une conversation intérieure, un journal sonore façonné autour d’un instrument chargé d’histoire et d’affect : la mythique basse Wal qu’il utilisait à l’époque de Kajagoogoo, retrouvée après plusieurs décennies de disparition. Ce retour n’a rien de nostalgique au sens facile du terme ; il agit plutôt comme un déclencheur émotionnel, une matière première à partir de laquelle Beggs compose un univers personnel, libre et résolument contemporain.

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Décembre 2025

John Scofield, Dave Holland, Memories of Home

Avec Memories of Home, John Scofield et Dave Holland livrent un disque d’une rare profondeur, publié sur le label ECM Records, qui s’inscrit pleinement dans l’esthétique contemplative et exigeante de la maison munichoise. Plus qu’une simple rencontre entre deux légendes du jazz moderne, l’album se présente comme un dialogue intime, presque confidentiel, entre guitare et contrebasse, où chaque note semble chargée de mémoire, de vécu et de silence.

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Rafael Enciso, Crossfade

Avec Crossfade, Rafael Enciso signe un album profondément contemporain, à la croisée des esthétiques jazz, fusion et musiques instrumentales actuelles, où la basse ne se contente jamais d’un rôle de soutien mais devient le véritable moteur narratif du projet. Dès les premières mesures, l’auditeur comprend que le titre de l’album n’est pas anodin : Crossfade évoque ce fondu permanent entre les styles, les climats et les intentions, sans rupture brutale, mais avec une élégance de chaque instant.

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George Porter Jr, Live at the 2025 New Orleans Jazz & Heritage Festival

Ce qui frappe également, c’est la vitalité intacte du musicien. En 2025, George Porter Jr. joue avec une intensité qui ferait pâlir bien des bassistes plus jeunes. Mais cette énergie n’est pas brute : elle est canalisée par des décennies d’expérience. Le groove est profond, enraciné, presque tellurique. On a parfois l’impression que la basse ne vient pas seulement de l’instrument, mais directement du sol de la Louisiane, comme si Porter se contentait de traduire une pulsation préexistante.

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Incognito, Music. Magic. Ironic.

Incognito revient en force pour les fêtes de fin d’année avec Music. Magic. Ironic., une œuvre aussi chaleureuse qu’invigorante, marquant le 20ᵉ chapitre de l’une des formations les plus emblématiques de la scène jazz-funk et soul britannique. 

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Adam Ben Ezra, Heavy Drops

Avec Heavy Drops, Adam Ben Ezra confirme qu’il est aujourd’hui l’un des contrebassistes les plus singuliers et créatifs de la scène internationale. Ce nouvel album s’inscrit dans la continuité de son travail précédent tout en marquant une étape supplémentaire dans l’affirmation de son langage personnel. Plus qu’un simple disque de jazz contemporain, Heavy Drops se présente comme une exploration sonore où la contrebasse devient un instrument total, capable de porter à elle seule groove, mélodie et architecture rythmique.

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Sarah Murcia, Eyeballing

Avec Eyeballing, Sarah Murcia signe un album qui ne ressemble à aucun autre : un quartet inattendu (contrebasse, saxophones, tuba, piano/é-drums) explore des terrains où l’improvisation, le chant parlé, la pop décadrée et les grooves obliques se mêlent en une musique à la fois instinctive et hautement réfléchie. 

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This I Owe, Swallow

Le travail des athéniens de This I Owe brille dans cet espace carré où la vulnérabilité rencontre la force intérieure. Chaque note, chaque silence, semble intentionnel. Le morceau ne cherche pas à épater par des prouesses techniques, mais plutôt à nous captiver par la pureté de son expression.

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Henri Texier, Healing Songs

Avec Healing Songs, Henri Texier ne signe pas simplement un nouvel album : il propose une œuvre de réconciliation. Réconciliation avec le temps qui passe, avec une mémoire musicale riche de plusieurs décennies, mais aussi avec un monde fragilisé, en quête d’apaisement. À l’écoute de ce disque, on comprend très vite que le titre n’est ni un slogan ni une posture. Ces « chants de guérison » sont avant tout une démarche intime, presque spirituelle, portée par l’un des grands architectes du jazz européen.

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