Do, ré, mi, fa, sol, la, si, do : tout le monde l’a chantée un jour à l’école. Sur une basse, cette petite échelle de sept notes devient autre chose : une carte du manche, une clé de lecture des accords et le point de départ de la plupart des lignes que vous jouerez. Sur Basse en Ligne, Pascal lui consacre une leçon complète, guidée par une idée qui nous plaît beaucoup : savoir ce que l’on joue compte davantage que le jouer vite. Le tuto du jour reprend cette approche et l’accompagne de six exercices maison, du premier doigté jusqu’à une vraie mélodie.
| EN BREF... Source : Basse en Ligne, « Comment travailler la gamme majeure à la basse quand on débute ? », leçon gratuite de Pascal, avec pistes audio. Matériel : votre basse, un métronome et votre voix : vous allez parler en jouant. Durée : 15 minutes par jour, pendant une à deux semaines. Objectif : jouer la gamme de do majeur en nommant chaque note et chaque degré, la retrouver ailleurs sur le manche et la transposer. |
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Sept notes, et une huitième pour boucler la boucle
La gamme de do majeur aligne sept notes différentes : do, ré, mi, fa, sol, la, si. On y ajoute presque toujours une huitième, le do suivant, une octave plus haut. Ce n’est pas une nouvelle note mais la même, en plus aigu, qui referme le cycle. Après elle, tout recommence : ré, mi, fa, et ainsi de suite.
La note de départ s’appelle la tonique, et c’est elle qui donne son nom à la gamme. Partir d’un do ne suffit pourtant pas à jouer une gamme de do majeur : il faut aussi respecter l’écart précis qui sépare chaque note de la suivante. Nous y viendrons, c’est même le secret de toute l’affaire.
Une parenthèse de vocabulaire d’abord, indispensable dès que vous ouvrirez une grille d’accords ou une tablature trouvée en ligne. Les musiciens anglo-saxons, et avec eux la plupart des partitions de musiques actuelles, désignent les notes par des lettres :
| Nom français | Do | Ré | Mi | Fa | Sol | La | Si |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Lettre | C | D | E | F | G | A | B |
La série commence à la note la, qui devient A. C’est pour cela que les cordes de votre basse s’appellent E, A, D et G : mi, la, ré et sol, de la plus grave à la plus aiguë. Vous croiserez ces lettres dans nos tablatures.
La forme de base : un doigt par case
Commençons par le doigté, celui que vous retrouverez dans d’innombrables méthodes. Placez la main gauche en position II : l’index au-dessus de la case 2, le majeur sur la 3, l’annulaire sur la 4, l’auriculaire sur la 5. Un doigt par case, et la main ne bouge plus. La tonique se trouve sur la corde de La, case 3, sous le majeur. De là, la gamme grimpe sur trois cordes jusqu’au do aigu, case 5 de la corde de Sol.
La forme de base de do majeur, en position II.
Dans nos tablatures, chaque ligne représente une corde, G en haut pour la corde de Sol, E en bas pour la corde de Mi, et le chiffre posé dessus indique la case à jouer. Au-dessus, en doré, le doigt de la main gauche. En dessous, la durée : une hampe pleine pour une noire, une demi-hampe pour une blanche. Puis viennent le nom de la note et son degré. Les toniques sont en doré.
Exercice 1 · La forme de base : do majeur sur une octave, en noires.
Côté main droite, alternez l’index et le majeur sans jamais jouer deux notes de suite avec le même doigt, changements de corde compris. Si ce geste n’est pas encore installé, notre tuto sur l’attaque aux doigts vous attend. Réglez le métronome à 60 BPM, une note par clic, et ne gagnez 5 BPM que lorsque la gamme passe trois fois de suite sans accroc. Pascal fait travailler la gamme sur une piste d’accompagnement à 80 BPM : un bon objectif pour la première semaine.
Et maintenant, le cœur de la méthode : parlez. Dites le nom de chaque note à voix haute au moment où vous la jouez, en montant comme en descendant. L’exercice paraît scolaire, il est redoutablement efficace, parce qu’il soude l’oreille, les doigts et le nom des notes. Pascal y ajoute une règle que nous faisons nôtre : à la moindre hésitation, on s’arrête, on retrouve la note sur le manche, et l’on repart de cette note-là, pas du début.
Des noms aux numéros : les degrés
Chaque note de la gamme occupe une place numérotée de 1 à 8 : c’est son degré. Le do est le premier degré, le ré le deuxième, et ainsi de suite jusqu’au do aigu, à la fois huitième degré et premier du cycle suivant. Les degrés portent aussi un nom, que vous croiserez dans les livres de théorie :
| Degré | En do majeur | Nom du degré | Écart depuis la tonique |
|---|---|---|---|
| 1 | Do | Tonique | unisson |
| 2 | Ré | Sus-tonique | seconde majeure |
| 3 | Mi | Médiante | tierce majeure |
| 4 | Fa | Sous-dominante | quarte juste |
| 5 | Sol | Dominante | quinte juste |
| 6 | La | Sus-dominante | sixte majeure |
| 7 | Si | Sensible | septième majeure |
| 8 | Do | Tonique (octave) | octave |
Pourquoi s’encombrer de numéros quand on connaît déjà le nom des notes ? Parce que les numéros, eux, ne changent pas d’une tonalité à l’autre. En do majeur, la tierce est un mi ; en ré majeur, un fa dièse ; en sol majeur, un si. C’est pourtant toujours la tierce, et elle sonne toujours de la même façon par rapport à sa tonique. Penser en degrés, c’est penser en relations plutôt qu’en noms, et c’est exactement ce que fait un bassiste qui accompagne.
À Nashville, les musiciens de studio en ont fait un système. Depuis la fin des années 1950, ils écrivent leurs grilles d’accords en chiffres plutôt qu’en lettres : c’est le Nashville Number System, imaginé par Neal Matthews Jr., chanteur des Jordanaires, le groupe vocal qui accompagnait Elvis Presley, puis adapté aux sections rythmiques par Charlie McCoy au début des années 1960. Une grille « 1, 4, 5 » se joue dans n’importe quelle tonalité : il suffit de savoir où se trouvent les degrés.
Rejouez l’exercice 1 en annonçant cette fois les numéros : un, deux, trois, jusqu’à huit, puis sept, six, jusqu’à un. C’est le deuxième exercice de la leçon de Pascal, et il demande un petit effort de concentration. Ensuite, alternez : un tour en noms, un tour en numéros.
Une note, plusieurs adresses
Sur une basse, la même note se trouve souvent à plusieurs endroits. Le do de la case 3 sur la corde de La est exactement le même que celui de la case 8 sur la corde de Mi : même hauteur, à la vibration près. Le mi de la case 2 sur la corde de Ré se retrouve case 7 sur la corde de La. Et le la de la case 5 sur la corde de Mi n’est autre que la corde de La jouée à vide, ce qui vous sert d’ailleurs à accorder votre instrument.
Toutes les notes de do majeur entre la case 0 et la case 12.
L’exercice 2 reprend la gamme de l’exercice 1 note pour note, à la même hauteur, mais avec la tonique sur la corde de Mi, case 8. Le doigté ne change pas : le majeur sur la tonique, un doigt par case, cette fois en position VII. Enchaînez les deux exercices et tendez l’oreille : les notes sont identiques, le son ne l’est pas tout à fait. Sur des cordes plus grosses, jouées plus haut sur le manche, la gamme sonne plus ronde et plus sombre. Choisir l’adresse d’une note, c’est aussi choisir un timbre.
Exercice 2 · Une note, deux adresses : le même do majeur depuis la case 8 de la corde de Mi.
Méfiez-vous en revanche des homonymes. La corde de Mi à vide et la case 2 de la corde de Ré portent toutes deux le nom de mi, mais elles ne sonnent pas pareil : la seconde est une octave au-dessus de la première. Même nom, hauteur différente. Quand on cherche une autre adresse pour une note, c’est la hauteur qui compte, pas seulement le nom.
La formule : ton, ton, demi-ton
Sur une basse, mesurer l’écart entre deux notes est un jeu d’enfant. D’une case à la case voisine, vous montez d’un demi-ton ; en sautant une case, d’un ton. Toutes les gammes majeures reposent sur la même succession d’écarts : ton, ton, demi-ton, ton, ton, ton, demi-ton.
Dans la gamme de do, les deux demi-tons tombent entre mi et fa, puis entre si et do. Ce sont les deux seuls endroits où deux notes voisines ne sont séparées que d’une case. Si vous avez un clavier sous la main, regardez-le : ce sont précisément les deux paires de touches blanches sans touche noire entre elles. Un moyen mnémotechnique qui ne vous quittera plus : mi-fa, si-do.
L’exercice 3 rend la formule visible. Toute la gamme s’y joue sur la seule corde de La, de la case 3 à la case 15 : vos doigts avancent par sauts de deux cases, sauf à deux endroits où ils ne progressent que d’une. C’est l’exercice le moins confortable du tuto, et le plus révélateur. Jouez-le une fois en regardant le manche, une fois les yeux fermés pour sentir les écarts. Le doigté est libre : glissez avec l’index et le majeur, ou l’annulaire, comme cela vient.
Exercice 3 · Tons et demi-tons : do majeur sur la seule corde de La.
Transposer : même forme, autre tonalité
Voici la bonne nouvelle du jour : la forme de l’exercice 1 n’est pas « la gamme de do ». C’est la gamme majeure, tout court. Comme elle contient la formule ton, ton, demi-ton, il suffit de la déplacer pour changer de tonalité. Posez le majeur sur la case 3 de la corde de Mi, sur un sol, et jouez exactement le même dessin : sol, la, si, do, ré, mi, fa dièse, sol. Voilà la gamme de sol majeur et son unique altération, le fa dièse, case 4 de la corde de Ré.
Exercice 4 · Transposer : la même forme donne sol majeur depuis la case 3 de la corde de Mi.
Même opération depuis la case 5 de la corde de La : la forme vous donne ré majeur, avec ses deux dièses, fa dièse et do dièse. Vous n’avez rien appris de nouveau avec les doigts, et vous connaissez déjà trois gammes. Seule condition : poser la forme au bon endroit. Décalée d’une case, elle donne toujours une gamme majeure, mais plus celle que vous visiez. C’est la tonique qui commande.
De la gamme à la ligne de basse
Soyons honnêtes : aucune ligne de basse digne de ce nom ne se contente de monter et de descendre une gamme. Pascal le rappelle lui aussi, le choix des notes dépend des accords, du rythme, de la mélodie et du style. La gamme est un réservoir, pas une ligne. Mais c’est dans ce réservoir que dorment les accords.
Prenez les degrés 1, 3 et 5 de la gamme de do : do, mi, sol. Joués ensemble, ils forment l’accord de do majeur, noté C. Faites la même chose à partir du quatrième degré, fa, la, do, et vous obtenez l’accord de F ; à partir du cinquième, sol, si, ré, celui de G. Ces trois accords, bâtis sur les degrés 1, 4 et 5, suffisent à accompagner une quantité invraisemblable de morceaux, du blues au rock’n’roll.
L’exercice 5 transforme cette idée en ligne de basse. Sur la grille C, F, G, C, chaque mesure joue la fondamentale, la tierce, la quinte, puis de nouveau la tierce de l’accord en cours. La rangée « Accord » sous la tablature donne le rôle de chaque note dans l’accord, et non plus dans la gamme. Remarquez que la main ne quitte jamais la position II : tout était déjà sous vos doigts. Seul le sol de la mesure 3, case 3 de la corde de Mi, descend sous la tonique de la gamme.
Exercice 5 · De la gamme à la ligne de basse : arpèges sur C, F, G, C.
Une vraie mélodie : l’Ode à la joie
Dernière étape, la plus gratifiante : jouer de la musique. Le thème de l’Ode à la joie, tiré du finale de la Neuvième Symphonie de Beethoven, créée à Vienne en 1824, n’utilise que cinq notes de la gamme de do : do, ré, mi, fa et sol. Il tombe donc entièrement sous les doigts dans la forme de base, et vous le connaissez forcément : c’est l’hymne européen, adopté par le Conseil de l’Europe en 1972, puis par l’Union européenne en 1985.
Deux détails rythmiques à soigner, aux mesures 4 et 8. La noire pointée, la hampe suivie d’un point, dure un temps et demi ; la croche qui la suit, la hampe à crochet, un demi-temps. Comptez « un-et, deux-et » : la noire pointée tient sur « un-et-deux », la croche tombe sur le « et » du deuxième temps. Démarrez autour de 60 BPM en donnant à chaque note la même durée et le même volume, puis accélérez par paliers.
Exercice 6 · L’Ode à la joie, en do majeur, dans la forme de base.
Pascal, lui, conclut sa leçon sur un extrait d’une Invention à deux voix de Jean-Sébastien Bach, proposé à 80 puis à 160 BPM avec ses pistes audio. Une fois l’Ode à la joie en place, c’est la suite logique, et elle vous attend sur Basse en Ligne. Comme il le souligne, le but n’est pas d’atteindre 160 BPM coûte que coûte : un tempo lent joué juste vaut mieux qu’un tempo rapide approximatif.
| LE COUP DE POUCE GRAVEBASSE |
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| La note mystère. Quand l’exercice 1 passe sans accroc, fermez les yeux, posez un doigt au hasard sur une note de la forme et jouez-la. Annoncez son nom et son degré, puis redescendez la gamme jusqu’à la tonique en nommant chaque note au passage. Ouvrez les yeux pour vérifier. Cinq notes mystère par séance suffisent, et quand le do majeur ne vous résiste plus, recommencez en sol majeur. Vous reliez ainsi le doigt, le son, le nom et la fonction de chaque note. |
Votre séance de 15 minutes
| Durée | Au programme |
|---|---|
| 3 min | Exercice 1 en disant le nom des notes, à 60 BPM puis plus vite. |
| 2 min | Exercice 1 en annonçant les degrés. |
| 2 min | Exercice 2, puis exercice 1 : comparez le son. |
| 2 min | Exercice 3, les yeux ouverts puis fermés. |
| 3 min | Exercices 4 et 5 : transposer, puis arpéger. |
| 3 min | Exercice 6 : l’Ode à la joie, en entier, en mesure. |
PRÊT POUR LA SUITE ?
Cochez chaque case avant de passer à une autre gamme :
☐ Je joue l’exercice 1 à 90 BPM sans m’arrêter et sans regarder le manche.
☐ Je dis le nom de chaque note avant de la jouer, en montant comme en descendant.
☐ Je réponds sans chercher : la tierce de do ? La quinte ? (mi, sol)
☐ Je trouve un do, un mi et un sol à deux endroits différents du manche.
☐ Je joue sol majeur sans regarder la tablature.
☐ Je joue l’Ode à la joie d’un bout à l’autre, sans casser le tempo.
La leçon complète de Pascal
Ce tuto reprend l’approche de Pascal, pas sa leçon mot pour mot. Sur Basse en Ligne, vous trouverez en plus ses schémas de doigté, plusieurs pistes d’accompagnement, dont une basse et batterie à 80 BPM, et l’extrait de Bach à deux tempos. La leçon est gratuite et fait partie de ses cours pour débutants : allez y faire un tour, et profitez-en pour parcourir le reste du site.
Pour aller plus loin
- La leçon source : « Comment travailler la gamme majeure à la basse quand on débute ? », Pascal, Basse en Ligne (mise à jour le 14 octobre 2026).
- Sur gravebasse : notre tuto « L’attaque aux doigts : deux doigts, un pouce et beaucoup de silence », pour la main droite.
- Nos outils gratuits : le métronome Rythmix et l’accordeur chromatique gravebasse.
- La Basse Révélée, la théorie musicale expliquée aux bassistes autodidactes, pour aller plus loin que la gamme majeure (prochainement disponible sur gravebasse.com)
- La fiche PDF de ce tuto, à imprimer et à poser sur le pupitre.
Leçon originale : Pascal, Basse en Ligne. Adaptation française, texte et exercices : gravebasse.com.
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