Certains parcours ne s’éloignent jamais vraiment de la musique, même quand l’instrument reste au placard. Celui d’Alain Claudel en est un bel exemple. Venu à la musique à 18 ans avec une guitare classique, il passe à la basse presque par hasard : le groupe que montent ses copains compte déjà deux guitaristes. Il ne la lâchera plus. Viennent ensuite les années de bal, où l’on enchaîne musette, variété et rock, jusqu’à glisser un titre d’Ange entre deux valses. Puis la basse est mise de côté pendant dix-huit ans, le temps d’une carrière de représentant en instruments et matériel de musique. Sur les routes de France, il fait découvrir aux magasins les amplis Ampeg, Trace Elliot ou SWR, les basses Warwick et Vigier. Aujourd’hui retraité, il tient la basse au sein de Rock In Peace, formation bisontine qui revisite les grands titres rock des années 70 à 90.
C’est pourtant une autre casquette qui nous amène à lui. Passionné d’internet de longue date, et lassé comme beaucoup des publicités et des contacts « parasites » des réseaux sociaux, Alain vient de lancer Ziklink.fr. Cette plateforme gratuite est pensée exclusivement pour les musiciens, quels que soient leur style et leur région, des départements d’Outre-mer jusqu’à la Belgique, au Luxembourg et à la Suisse. On peut s’y faire connaître et échanger avec d’autres musiciens. On peut aussi y croiser ceux qui font vivre la pratique au quotidien : professeurs, luthiers, techniciens du son. En complément, pro.ziklink.fr met à disposition des groupes des outils de gestion : agenda des concerts et répétitions, dossier de presse, plan de scène, fiche technique. Le service propose une formule gratuite à vie et des options payantes à petit prix.
Rencontre avec un bassiste autodidacte, converti aux basses Jet et au ToneX Board, pour qui la qualité des rapports humains compte autant que le son.
Bonjour Alain, tu es l'heureux créateur d’un site qui vient d’ouvrir ses portes Ziklink.fr, est-ce que tu peux m’en dire un peu plus sur son contenu ?
Bonjour Davy. Ziklink.fr est une plateforme qui donne la possibilité à tous les musiciens, de tous styles, de toutes régions (y compris les départements d’Outre Mer et même maintenant nos voisins francophones de Belgique, Luxembourg ou Suisse) de se faire connaître, de communiquer avec les autres musiciens mais aussi avec d’autres professions comme les enseignants de la Musique, les luthiers, les techniciens du son, etc… tous ceux qui peuvent être utiles à la pratique de la musique
Comment t’es venue l’idée de te lancer dans la création de ce site ?
Comme beaucoup, j’utilise les réseaux sociaux et je ne prétends pas remettre en cause leur existence, mais il faut avouer qu’on y est submergés de contacts “parasites”, de publicités inopportunes et bien qu’ils restent un moyen de communication privilégié pour les musiciens, je voulais qu’on se retrouve entre musiciens exclusivement, et comme je suis depuis toujours un passionné d’internet et que j’ai du temps (je suis retraité) je me suis lancé dans la création de Ziklink.
Tu insistes sur la gratuité des services de Ziklink, est-ce que cela perdurera ?
Tout à fait ! C’était un des postulats de mon projet et ça ne changera pas. Pour ceux qui veulent aller plus loin, j’ai créé aussi un service annexe et indépendant de Ziklink qui s’appelle pro.ziklink.fr qui fournit aux musiciens tout un tas d’outils de gestion de leur activité (agenda des concerts, de répétitions), de communication avec les prestataires ou organisateurs (dossier de presse, plan de scène, fiche technique), etc…
Ce service est gratuit (à vie) avec des possibilités limitées mais propose des services payants (pas cher!!!) avec des fonctions quasi illimitées.
Tu es musicien et de surcroît bassiste, si on revenait à la genèse de ta carrière ? A quel âge et comment es-tu arrivé à la musique et à la basse ?
Aie, ça remonte loin !!! A l’age de 18 ans mes parents m’ont offert une guitare classique parce que j’avais des copains qui gratouillaient et que ça m’attirait. Je n’ai jamais pris aucun cours, en dehors des heures de musique et solfège au lycée, ce qui fait que mes connaissances dans ce domaine sont très limitées. Je ne suis pas lecteur par exemple.
Je suis venu à la basse, considérée à l’époque par certains comme “secondaire”, à la faveur d’un projet de mes potes de monter un groupe. Il y avait déjà 2 “gratteux” alors j’ai décidé d’empoigner la basse… et ça m’a beaucoup plu, je n’ai jamais arrêté. Ma “carrière” (si on peut employer ce terme) a débuté comme ça!
Quelles sont tes influences ?
Le premier disque que l’on m’a offert c’était “Satisfaction” des Rolling Stones. Ça a été mes premières influences et puis bien sûr les Beatles… Ensuite avec l’âge je me suis intéressé à des groupes différents comme Emerson Lake and Palmer ou Jethro Tull dont je suis devenu un fan absolu (c’est toujours le cas aujourd’hui), etc…
Tu n’as jamais voulu embrasser une carrière professionnelle ?
Non. En fait quelques temps après la formation du groupe avec mes potes, des musiciens de bal (hé oui) que je connaissais m’ont proposé de les rejoindre et à partir de là, j’ai dû aborder des styles de musique différents, jusqu'au musette ou la variété. Ceci dit on n' abandonnait pas non plus le rock sous les bals montés. Un souvenir me revient : on avait joué un titre du groupe Ange (Tout feu tout flamme).
Après 4 ans de ce parcours (j’avais un “vrai” boulot en dehors, il faut bien vivre), les aléas de la vie ont fait que j’ai arrêté durant 18 ans parce que j’avais trouvé un boulot passionnant qui me gardait dans le monde de la musique : je suis devenu commercial (à l’époque on disait représentant) en instruments, matériels de musique et accessoires. Je visitais du lundi au vendredi, les magasins de musique à travers la moitié de la France et je n’avais plus de temps pour jouer.
Et si on parlait un peu de ton matériel ? Basses, Amplis, Effets ? Quel son tu recherches avec ?
Dans la première partie de mon parcours évoqué plus haut, je jouais sur une Précision Bass Fender sur un ampli allemand que je trouvais fabuleux à l’époque, un Dynacord. Terrible, puissant et…pesant un âne mort!!!
Puis après, quand j’ai repris j’ai eu des combos (plus facile à porter) Ampeg, Trace Elliot et un SWR… En fait j’étais bien placé pour apprécier ces amplis car durant ma carrière de représentant j’ai eu le plaisir de les vendre à mes clients. Côté basses, j’ai représenté Warwick et les Vigier (big up à Patrice Vigier qui a été mon patron durant quelques années)
Pour répondre à ta question concernant mon matériel aujourd’hui, hé bien, j’ai vendu récemment une Fender Dimension Bass remplacée par une Jet 5 cordes et une Jet 4 cordes. Ces basses conçues en Europe et fabriquées en Chine m’ont totalement scotché quand je les ai essayées et alors le prix !!! (aux environs de 450 euros la 5 cordes).
Pour l’ampli j’ai un combo Mark Bass mais je ne le sors presque jamais depuis que j’ai découvert les pédales et modélisateurs IK Multimedia ToneX. Mon dernier achat, le nouveau ToneX Board qui réunit tout ce que j’attendais. J’y retrouve des sons Ampeg, Aguilar, Mark Bass, etc… Mais je dois dire qu’il est souvent réglé sur un preset Ampeg SVT 4 avec cabinet 8 hp. Et puis alors, le plaisir pour le transport et l’installation (direct dans la console et un sondier m’a demandé récemment comment j’obtenais ce son alors que je n’avais pas d’ampli derrière moi…
Est-ce que ta ou tes basses ont une histoire pour toi ?
Pas spécialement ! Je garde cependant un souvenir nostalgique de ma première Precision (probablement parce que c’était ma première vraie basse).
Aujourd’hui, tu joues encore ? Quand quel(s) groupe(s) ?
Oui je joue encore. Depuis 3 ans, après plusieurs expériences malheureuses dans d’autre groupes, en raison de rapports humains décevants) je joue avec ROCK IN PEACE, un groupe bisontin qui reprend les grands titres rock des années 70 - 80 -90’s. On s’entend à merveille (ce que je privilégie maintenant) et on s’éclate…
Si tu devais donner un conseil à un jeune qui commence la basse ?! Lequel lui donnerais-tu ?
J’avoue que je ne me sens pas légitime pour donner des conseils à un jeune.
Tout ce que je me contenterais de faire c’est de l’encourager à choisir la basse, de prendre des cours si possible et de bien choisir les gens avec lesquels il va jouer. Personnellement comme je l’ai dit plus haut, je privilégie la qualité des rapports humains. Chaque fois que j’ai joué avec des gens avec qui ça ne passait pas humainement, j’ai toujours été mauvais comme musicien.
Ajouter un commentaire
Commentaires