Bootsy Collins - James Brown, Parliament-Funkadelic, Bootsy's Rubber Band (1951 - )
William Earl Collins voit le jour à Cincinnati, dans l'Ohio, et c'est sa mère qui lui donne le surnom qui allait faire le tour du monde, simplement parce qu'il « avait une tête de Bootsy ». Avec son frère aîné, le guitariste Phelps « Catfish » Collins, il fonde en 1968 The Pacemakers, aux côtés de Frankie « Kash » Waddy et de Philippé Wynne. En mars 1970, lorsque la quasi-totalité des musiciens de James Brown claquent la porte pour une histoire de salaire, le Parrain du soul embauche ces jeunes gens qui deviennent les premiers J.B.'s. L'aventure ne dure que onze mois, mais elle est fondatrice : Get Up (I Feel Like Being a) Sex Machine, Super Bad, Soul Power, Talkin' Loud and Sayin' Nothing ou l'instrumental The Grunt, l'un des morceaux les plus samplés de l'histoire, portent sa signature rythmique. James Brown, figure paternelle exigeante, lui inculque l'obsession du premier temps, « the one », qui deviendra la clé de voûte de son jeu. Bootsy rejoint ensuite la galaxie Parliament-Funkadelic de George Clinton, puis lance en 1976 Bootsy's Rubber Band, dont l'album Bootsy? Player of the Year (1978) se hisse en tête des ventes R&B avec le single Bootzilla. Lunettes en étoile, costumes pailletés, alter ego extravagants comme Casper the Funky Ghost ou Bootzilla et célèbre « space bass » en forme d'étoile : il invente un personnage aussi spectaculaire que sa basse est profonde, ronde et bondissante, souvent nourrie d'effets d'enveloppe. Après Ultra Wave (1980), il signe un retour remarqué en 1988 avec What's Bootsy Doin'?, entame une longue complicité avec le producteur Bill Laswell, joue avec Herbie Hancock, Keith Richards ou au sein du projet Praxis aux côtés de Buckethead, et prête sa voix à Groove Is in the Heart de Deee-Lite (1990) puis à Weapon of Choice de Fatboy Slim (2000). Intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en 1997 avec ses compagnons de Parliament-Funkadelic et classé quatrième plus grand bassiste de tous les temps par Rolling Stone en 2020, il renonce en 2019 à jouer sur scène pour raisons de santé, sans quitter le studio ni le rôle de mentor. C'est lui qui baptise Silk Sonic, le duo de Bruno Mars et Anderson .Paak, dont il est le narrateur sur l'album de 2021, et ses mémoires, Funked Around, Found Out, sont annoncées pour 2027.
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Saturnino - Jovanotti (1969 - )
Saturnino Celani, que toute l'Italie appelle simplement Saturnino, naît à Ascoli Piceno et commence la musique par le violon, dont la rigueur classique irrigue encore son jeu. C'est à quatorze ans qu'il découvre la basse électrique et multiplie les groupes locaux, jusqu'au groupe hardcore punk Dictatrista en 1985. Le tournant survient en 1991 dans un studio milanais, où il rencontre Jovanotti : il devient son bassiste et l'un de ses compositeurs attitrés, cosignant des chansons devenues des classiques de la pop italienne comme Serenata Rap, Penso positivo, L'ombelico del mondo, Mezzogiorno, Il più grande spettacolo dopo il Big Bang ou Baciami ancora, écrite pour le film de Gabriele Muccino et couronnée du David di Donatello de la meilleure chanson originale. En 1995, il publie son premier album solo, Testa di basso, sur lequel il joue aussi de la guitare et de la batterie, suivi de Zelig, de Clima et du live SaTournino. Producteur, il signe en 1997 le premier disque du pianiste Giovanni Allevi, 13 dita, s'amuse à jouer les dénicheurs de talents dans Jolly Blu, le film des 883, et participe en 1999 à Il mio nome è mai più aux côtés de Jovanotti, Ligabue et Piero Pelù. Sa discographie de musicien de studio est impressionnante : Franco Battiato, Pino Daniele, Luca Carboni, Max Pezzali, Mietta, Fiorello, Roy Paci ou le saxophoniste Michael « Patches » Stewart ont fait appel à lui. Son style, qui mêle funk, jazz et rock, alterne avec la même aisance jeu aux doigts et médiator, ce dernier ayant pris le dessus au fil des années. Parmi ses influences, il cite Jaco Pastorius, Flea, Sting, James Jamerson, Pino Palladino, Mark King, Peter Hook ou John Taylor, mais aussi Bernard Edwards et Bootsy Collins, né comme lui un 26 octobre. Longtemps fidèle à une Ken Smith six cordes et à une Sadowsky cinq cordes, il collabore depuis 1998 avec le luthier milanais Noah Guitars. Animateur de l'émission Guerrieri sur La7 en 2013, il a publié en 2015 son autobiographie, sobrement intitulée Testa di basso.
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Jeroen van Veen - Within Temptation (1974 - )
Jeroen van Veen appartient au noyau fondateur de Within Temptation, l'un des groupes qui ont porté le metal symphonique néerlandais sur les plus grandes scènes du monde. Il fait d'abord ses armes au sein de The Circle, aux côtés du guitariste Robert Westerholt et de Michiel Papenhove. Lorsque Westerholt quitte la formation, il fonde avec sa compagne, la chanteuse Sharon den Adel, un groupe de doom metal baptisé The Portal, dans lequel il emmène ses anciens camarades : van Veen à la basse, Papenhove à la guitare, Martijn Westerholt aux claviers. Au printemps 1996, l'aventure prend le nom de Within Temptation, et c'est lui qui, à la mi-mai, entre le premier en studio pour poser les lignes de basse des cinq premiers morceaux de ce qui deviendra Enter (1997), album encore ancré dans le metal gothique. La percée arrive en 2001 avec Ice Queen, extrait de Mother Earth, numéro deux des ventes aux Pays-Bas, puis The Silent Force (2004) et The Heart of Everything (2007) atteignent la première place nationale et ouvrent au groupe les portes de l'Europe et de l'Amérique. Dans un son où orchestrations, chœurs et guitares saturées se disputent l'espace, sa basse joue un rôle d'ancrage discret mais essentiel, épaississant les riffs et soudant la section rythmique aux arrangements symphoniques. Il participe à Black Symphony (2008), enregistré en public avec le Metropole Orkest, à la parenthèse acoustique An Acoustic Night at the Theatre (2009), puis à l'évolution du groupe vers des territoires plus variés avec The Unforgiving (2011), projet transmédia mêlant album, bande dessinée et courts métrages, Hydra (2014), Resist (2019), qui flirte avec l'industriel et l'électro, et Bleed Out (2023), plus frontal. Récompensé à cinq reprises par le Conamus Exportprijs, distinction néerlandaise saluant le rayonnement international, et fort de plusieurs millions d'albums vendus, Within Temptation tourne toujours, et Jeroen van Veen en reste l'une des pierres angulaires, comme l'a encore montré le passage du groupe au Hellfest en juin 2025.
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J.D. Pinkus - Butthole Surfers, Melvins, Daddy Longhead (1967 - )
Jeffrey David Pinkus, que tout le monde appelle J.D., entre en 1985 dans le cirque psychédélique des Butthole Surfers, le groupe texan le plus imprévisible de l'underground américain. Aux côtés du chanteur Gibby Haynes et du guitariste Paul Leary, il traverse la période la plus créative et la plus chaotique de la formation, de Locust Abortion Technician (1987) à Hairway to Steven (1988), du live Double Live et de l'EP Widowermaker (1989) à piouhgd (1991) et Independent Worm Saloon (1993). Sa basse lourde, poisseuse et hypnotique sert de fil conducteur à des morceaux qui flirtent avec le noise, le punk et l'acide, tandis qu'en 1990 il signe avec Haynes Digital Dump, unique album des Jackofficers, projet de house psychédélique. Il quitte les Butthole Surfers en 1994 pour se consacrer à Daddy Longhead, trio d'Austin qu'il a monté avec le guitariste Jimbo Young et le batteur Rey Washam, et qui durera une dizaine d'années, avant d'enchaîner les projets : Skinny Leonard, Areola 51, des disques avec Helios Creed, des concerts avec Danny Barnes des Bad Livers ou encore Honky, dont il est le leader, et des sessions hebdomadaires à Austin au sein du collectif Guit Down Syndrome. Il retrouve les Butthole Surfers lors de leur reformation de 2009. En 2013, pour la tournée des trente ans des Melvins, il remplace au pied levé le bassiste Jared Warren, parti en congé paternité, tout en assurant la première partie avec Honky. Le courant passe si bien avec Buzz Osborne et Dale Crover qu'il devient membre à part entière : il tourne en 2014 pour Hold It In, album auquel participe aussi Paul Leary, joue sur Basses Loaded (2016), puis partage en 2018 l'affiche de Pinkus Abortion Technician, disque des Melvins à deux bassistes avec Steven McDonald de Redd Kross, pour lequel il signe ou cosigne quatre titres. Musicien insaisissable, il a même publié la même année Keep on the Grass, un album solo entièrement enregistré au banjo.
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Atsuko Watanabe - Princess Princess (1964 - )
Née à Minamata, dans la préfecture de Kumamoto, et élevée dans celle de Chiba, Atsuko Watanabe est la bassiste et la leader historique de Princess Princess, le groupe qui a ouvert la voie aux formations rock entièrement féminines au Japon. Tout commence en 1983, lorsqu'elle réussit l'audition organisée par la maison de disques TDK Records parmi quelque mille quatre cents candidates. Sous le nom d'Akasaka Komachi, les cinq musiciennes sont logées ensemble près de deux ans à Nishi-Nippori, dans la banlieue de Tokyo, pour forger leur son. Après un passage sous le nom de Julian Mama, le groupe fait ses débuts discographiques en 1986 avec le maxi Kiss de Crime, puis devient Princess Princess. À force de concerts dans des salles minuscules, le succès finit par arriver : Here We Are et Let's Get Crazy (1988) les installent, et en janvier 1989 elles deviennent le premier groupe féminin à se produire au Nippon Budokan. L'année 1989 est celle du triomphe : Diamonds se classe numéro un et devient le premier single CD à dépasser le million d'exemplaires au Japon, Sekai de Ichiban Atsui Natsu le rejoint au sommet et l'album Lovers prend la tête des ventes, avant Oh Yeah!, Julian et Kiss. Pilier calme et fédérateur, Atsuko Watanabe joue d'abord une Fender Jazz Bass rouge, puis adopte à l'été 1988 une Spector NS-2 en finition naturelle qui reste sa basse principale, et utilise aussi une Greco en forme de A, l'initiale de son prénom. Après la séparation de 1996, elle se tourne vers la transmission : vice-directrice puis, depuis octobre 2021, directrice de la Tokyo School of Music & Dance, elle a aussi publié une méthode de basse rock. En 2012, après le séisme et le tsunami du Tōhoku, elle reforme Princess Princess le temps d'une année : les concerts de soutien rassemblent environ cinq cents millions de yens de dons, qui financent notamment la salle Sendai PIT, inaugurée par le groupe le 11 mars 2016. La même année, elle ouvre à Ichihara un centre d'accompagnement pour enfants, Dia Kids, consacrant désormais son énergie à la musique comme à l'éducation.
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Sérgio Magrão - 14 Bis, O Terço (1950 - )
Francisco Sérgio de Souza Medeiros, devenu Sérgio Magrão pour la scène, naît à Rio de Janeiro et s'impose dans les années 1970 comme l'un des bassistes et chanteurs majeurs du rock brésilien. Au milieu de la décennie, il rejoint O Terço, pionnier du rock progressif au Brésil, aux côtés du guitariste Sérgio Hinds, du batteur Luiz Moreno et de Cezar de Mercês, puis du claviériste Flávio Venturini. En 1975, cette formation grave Criaturas da Noite, considéré comme l'un des sommets du rock progressif brésilien, qui s'ouvre sur sa basse pulsée dans Hey Amigo, devenu l'un des grands classiques du groupe, avant Casa Encantada (1976). À la fin de 1979, il quitte O Terço avec Flávio Venturini pour fonder à Belo Horizonte, avec Cláudio Venturini, Hely Rodrigues et Vermelho, le groupe 14 Bis, dont il est le seul membre à ne pas être originaire du Minas Gerais. Parrainé par Milton Nascimento, qui produit son premier album pour EMI, le groupe marie l'héritage des Beatles, de Yes ou de Pink Floyd à la poésie du Clube da Esquina. Les succès s'enchaînent : Canção da América sur 14 Bis (1979), puis 14 Bis II (1980) et Caçador de Mim, chanson que Sérgio Magrão a coécrite avec Luiz Carlos Sá, du duo Sá & Guarabyra, et que la reprise de Milton Nascimento a rendue si célèbre que beaucoup lui en attribuent encore la paternité. Espelho das Águas (1981), Além Paraíso (1982) et son hymne Linda Juventude, A Idade da Luz (1983) et Todo Azul do Mar, A Nave Vai (1985), puis Sete (1987), avec la collaboration de Renato Russo sur Mais uma Vez, jalonnent l'âge d'or d'un groupe devenu emblématique du rock brésilien des années 1980. Fidèle au poste, Sérgio Magrão tient la basse et assure les voix de 14 Bis depuis sa fondation, tout en retrouvant ponctuellement ses anciens complices d'O Terço lors de concerts de retrouvailles consacrés au répertoire des années 1970.
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Ole Marius Sandberg - Skomsork, Mandala, Trøen/Arnesen Kvartett (1975 - )
Bassiste et contrebassiste norvégien, Ole Marius Sandberg incarne la polyvalence des musiciens formés dans l'excellent réseau des écoles de jazz scandinaves. Après la filière musique du lycée de Mosjøen, dans le nord du pays, puis une année consacrée au jazz à la Sund Folkehøgskole, il obtient en 1999 son diplôme de la section jazz du conservatoire de Trondheim, véritable pépinière du jazz norvégien, avant de compléter sa formation par un cursus de pédagogie musicale à l'Académie Grieg de Bergen entre 2006 et 2008. Dès ses années d'études, il joue au sein de formations comme Mandala, dont l'album paraît en 2002, First Edition ou Skomsork, l'orchestre du pianiste et arrangeur Erlend Skomsvoll, dont le disque est nommé aux Spellemann en 2004, et croise des musiciens comme le pianiste Jan Gunnar Hoff. On l'entend aussi dans le trio d'Olav Kallhovd, sur Into the Dream (2005), et sur Variasjoner (2006) de Skomsvoll. Très actif sur la scène de Bergen, il mène une double vie de jazzman et de musicien de scène très demandé : il travaille pour le théâtre au Den Nationale Scene et accompagne nombre de figures de la chanson norvégienne, du poète et chanteur Odd Børretzen à Jan Eggum, en passant par Herborg Kråkevik, Nathalie Nordnes, Christine Sandtorv, Helene Bøksle ou Christina Bjordal, dont il joue sur Brighter Days (2006) et Warrior of Light (2009). En 2013, il publie son premier album sous son nom, Or Better Still. On le retrouve depuis sur les scènes de festivals, que ce soit en 2017 au festival Jazz på Jølst avec le projet Vargtime, aux côtés de l'auteur de romans policiers Gunnar Staalesen, ou en 2019 à l'Oslo Jazzfestival au sein du Trøen/Arnesen Kvartett, où sa sonorité boisée et son sens de l'espace font merveille.
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