Kim Deal - Pixies, The Breeders (1961)
Kimberley Ann Deal est une figure incontournable de la basse et du rock alternatif, née à Dayton dans l'Ohio. Elle a grandi dans un environnement musical riche, apprenant très tôt la guitare acoustique avec sa sœur jumelle Kelley, avant de se tourner vers la basse de manière presque fortuite. Son parcours prend un tournant décisif en janvier 1986 lorsqu'elle répond à une petite annonce dans le journal Boston Phoenix cherchant un bassiste influencé par Hüsker Dü, exigeant expressément de n'avoir « aucune technique » (no chops). Bien qu'elle soit principalement guitariste à l'époque, elle emprunte la basse Aria Pro II Cardinal de sa sœur pour l'audition et rejoint ainsi les Pixies sous le pseudonyme initial de Mrs. John Murphy. Son jeu de basse au médiator — utilisant spécifiquement des plectres Dunlop verts ornés d'une petite tortue — produit des lignes mélodiques simples, lourdes et redoutablement efficaces. Ces lignes de basse sont devenues la colonne vertébrale du son de la formation bostonienne sur des albums cultes comme Surfer Rosa et Doolittle. Sur le plan matériel, elle s'est d'abord illustrée sur une Fender Precision Reissue de 1962, qui apportait un son particulièrement granuleux, avant d'adopter une Music Man StingRay active, puis une Gibson Thunderbird. Parallèlement à son travail historique au sein des Pixies, elle a fondé The Breeders en 1989, s'illustrant cette fois en tant que chanteuse, guitariste et compositrice de premier plan, propulsant le groupe vers un succès mondial retentissant au début des années 90. Son approche minimaliste, organique et au service exclusif de la chanson a profondément influencé toute une génération de bassistes de la scène rock indépendante.
Tom Fowler - The Mothers of Invention, It's A Beautiful Day (1951 - 2024)
Thomas William Fowler était un bassiste américain d'une immense virtuosité, originaire de Salt Lake City dans l'Utah, issu d'une illustre famille de musiciens et d'éducateurs de jazz. Ayant commencé son apprentissage par le violon à l'âge de six ans avant de passer à la contrebasse à l'âge de treize ans, puis à la basse électrique à seize ans, il s'est forgé une technique irréprochable lui permettant de naviguer avec une aisance déconcertante entre le rock progressif, le jazz fusion et le rhythm and blues. Sa carrière décolle véritablement au début des années 1970 lorsqu'il intègre le groupe de rock psychédélique It's A Beautiful Day, mais c'est son recrutement par Frank Zappa au sein des Mothers of Invention entre 1973 et 1975 qui va asseoir sa légende auprès des musiciens. Sur des albums complexes, denses et exigeants tels que Over-Nite Sensation, Apostrophe (') et le monumental album live Roxy & Elsewhere, ses lignes de basse intriquées et son sens du groove implacable démontrent une maîtrise technique hors du commun face aux partitions redoutables de Zappa. Après cette période charnière, Tom Fowler est devenu un musicien de studio et de scène extrêmement prisé de la scène jazz-rock. Il a accompagné des pointures comme le violoniste français Jean-Luc Ponty sur l'album Imaginary Voyage, le claviériste George Duke, ou encore la légende Ray Charles avec qui il a abondamment tourné en tant que bassiste principal pendant près de dix ans. Tom Fowler a exploré les confins de l'harmonie et de la fusion instrumentale toute sa vie, laissant une empreinte indélébile dans l'histoire de la basse électrique.
Guy Pedersen - Martial Solal Trio, Baden Powell (1930 - 2005)
Guy Eugène Hilarion Pedersen, originaire de Grand-Fort-Philippe dans le Nord de la France, demeure l'un des contrebassistes européens les plus prolifiques et les plus respectés de la scène jazz et de l'illustration musicale du vingtième siècle. Issu d'une famille de musiciens populaires et de violoneux, il s'impose très vite sur la scène parisienne d'après-guerre. Avec ses contemporains Pierre Michelot et Michel Gaudry, il devient l'accompagnateur rythmique de prédilection pour les plus grands solistes internationaux de passage en France ou dans les studios d'enregistrement. Dès les années 1950 et 1960, son assise rythmique inébranlable et la rondeur chaude de sa sonorité lui permettent d'enregistrer et de croiser le fer avec des légendes telles que Dexter Gordon, Stéphane Grappelli, Baden Powell, et de former un trio d'anthologie avec le brillant pianiste Martial Solal. Outre son impressionnante carrière de sideman en jazz, Pedersen a exercé une influence colossale dans le domaine de la musique de film et de l'illustration sonore, composant et enregistrant pour les prestigieux catalogues Tele Music et Montparnasse 2000. C'est dans ce cadre que son talent de compositeur s'est durablement ancré dans la mémoire collective francophone, puisqu'il a composé le célèbre générique de l'émission télévisée française Thalassa en 1980. Bien qu'un grave accident cardiaque en 1977 l'ait contraint à s'éloigner des scènes pour se reconvertir en antiquaire, ses lignes de basse légendaires continuent d'être étudiées et régulièrement échantillonnées par les producteurs de musiques urbaines et électroniques actuels.
Rick Price - The Move, Wizzard (1944 - 2022)
Richard Gordon Price, natif de Birmingham en Angleterre, fut un bassiste et chanteur essentiel au cœur de la florissante scène pop et rock britannique de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix. Inspiré au milieu des années cinquante par l'énergie du rock and roll américain et les disques d'artistes tels que Buddy Holly ou Eddie Cochran, il fait ses premières armes dans diverses formations locales des Midlands, développant un jeu de basse mélodique très solide, doublé d'une excellente oreille pour les harmonies vocales. Il accède à une véritable notoriété nationale lorsqu'il rejoint The Move en 1969 pour pallier le départ du bassiste Trevor Burton. Au sein de cette formation phare, il apporte une fondation rythmique déterminante et participe activement aux intenses tournées du groupe. Lors de la transition de The Move vers le projet novateur Electric Light Orchestra (ELO), Price enregistre des lignes de basse pour les premières sessions studio, bien que ces pistes n'aient finalement pas été conservées dans le mixage final du tout premier album du groupe en 1971. Après son départ, il forme la formation Mongrel puis s'associe de nouveau avec son ancien collègue Roy Wood pour co-fonder Wizzard. C'est avec cette extravagante machine du courant glam rock qu'il connaît son apogée commercial en 1973, en dominant les classements britanniques avec des hymnes retentissants comme See My Baby Jive ou le classique hivernal I Wish It Could Be Christmas Everyday. Musicien curieux et passionné, il a continué à évoluer au sein de différents ensembles, maîtrisant également la guitare pedal steel, jusqu'à la fin de sa carrière.
Pablo Elorza - Pablo Elorza Orchestra (1982)
Pablo Elorza est un bassiste, contrebassiste, arrangeur, auteur et éducateur argentin originaire de Villa María dans la province de Córdoba, dont la riche carrière illustre la vitalité du jazz fusion et des musiques du monde sud-américaines contemporaines. Initié à la musique par son frère à la fin des années 1990, il entreprend des études approfondies de basse électrique et de musiques populaires. Rapidement reconnu pour sa maîtrise technique pointue et sa grande adaptabilité stylistique, il devient un musicien de session et d'enregistrement de premier plan en Argentine dès 2004. Il met ses basses au service d'une multitude d'artistes couvrant un spectre stylistique très large, incluant le rock, la pop, le folk, le funk, et les répertoires folkloriques argentins. Profondément soucieux de redéfinir et d'étendre le rôle de la basse électrique moderne, il développe une carrière solo audacieuse. Il publie notamment un ouvrage didactique très respecté aux États-Unis, 5 Etudes for Electric Bass, et sort des albums sous son propre nom, comme EPTrío - Vol1 en 2010. Son ambition d'entremêler la tradition des grandes formations jazz et la basse électrique culmine avec la création du Pablo Elorza Orchestra. Ce grand ensemble réunit d'éminents musiciens de jazz argentins pour interpréter ses propres compositions et arrangements complexes, immortalisés en 2012 sur l'album Jardín Japonés.
Giuseppe D'Amico - Orchestra Sinfonica di Sanremo (1983)
Giuseppe D'Amico, né à Potenza dans le sud de l'Italie, est un contrebassiste classique et compositeur qui s'est imposé par sa recherche constante de l'excellence académique au sein des grandes phalanges orchestrales européennes. Après avoir brillamment obtenu son diplôme de contrebasse au Conservatoire de Potenza en 2007, il a perfectionné son art sous la tutelle de figures magistrales comme Franco Petracchi à l'Accademia Musicale Chigiana de Sienne ainsi qu'à l'Académie Walter Stauffer de Crémone. Son archeterie de haut vol et sa précision intonative lui valent d'être nommé premier et deuxième contrebassiste de l'Orchestre Symphonique de Sanremo à partir de 2015. Au fil des années, il consolide son rayonnement professionnel en collaborant activement avec les pupitres du Teatro Petruzzelli de Bari et s'illustre en tant que premier contrebassiste pour l'Orchestra 131 de Potenza. L'étendue de sa carrière dépasse largement l'Italie puisqu'il a occupé la scène de la Philharmonie de Berlin, de l'Académie Franz Liszt à Budapest et s'est produit en Amérique du Sud lors de résidences artistiques. Pédagogue profondément engagé dans la transmission des techniques du répertoire pour contrebasse moderne, Giuseppe D'Amico dispense régulièrement des classes de maître à l'international et édite des monographies discographiques exigeantes, contribuant ainsi activement au rayonnement mondial et contemporain de son instrument.
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