Né le 14 avril 1959 à Paris, Michel Alibo s'est imposé au fil des décennies comme l'un des pionniers mondiaux de la basse fusion, créant un pont stylistique indéfectible entre le jazz, les musiques antillaises et les rythmes du continent africain. Musicien de formation essentiellement autodidacte, il a perfectionné son approche instrumentale en s'imprégnant de diverses cultures musicales dès son plus jeune âge, soutenu sporadiquement par le guitariste Frank Curier.
Sa trajectoire professionnelle, entamée de manière fulgurante à l'âge de 16 ans, a été définitivement orientée par une tournée fondatrice en Afrique. C'est au contact direct des scènes locales, particulièrement au Cameroun, qu'il a assimilé les structures rythmiques complexes du makossa et du makassi. Ces éléments deviendront les pierres angulaires de son jeu, unanimement salué pour ses "grooves puissants" et son assise rythmique inébranlable. L'innovation conceptuelle majeure d'Alibo réside dans ce qu'il a lui-même théorisé sous le nom d'"Alibo-Bass Machine". Cette philosophie de jeu vise à injecter des inflexions résolument funk et jazzy dans les polyrythmies africaines, le zouk antillais, et plus tardivement, les traditions musicales d'Afrique du Nord.
Cette approche syncrétique a trouvé son aboutissement le plus spectaculaire au sein de Sixun, groupe phare du jazz-fusion européen dont il est membre fondateur. Sa participation à l'enregistrement des onze albums de la formation témoigne d'une recherche harmonique et rythmique constante, repoussant les limites de l'interaction entre la basse et la batterie. En parallèle, Michel Alibo a été un acteur crucial de l'évolution de la musique antillaise moderne. En 1988, il cofonde le groupe SAKIYO, une initiative visant spécifiquement à moderniser le zouk en lui apportant une sophistication issue du jazz-fusion, redéfinissant ainsi les standards de production et d'arrangement de ce genre.
Son insatiable curiosité l'a également mené à intégrer le projet Sakésho en 2005, aux côtés d'Andy Narell, Jean Philippe Fanfant et Mario Canonge, avec lesquels il enregistre l'album We Want You To Say. Par la suite, il rejoint le groupe IFRIKYA, sous l'impulsion du batteur Karim Ziad, explorant la confluence du jazz et des univers musicaux du Maghreb. Sur le plan discographique, la présence d'Alibo transcende les étiquettes. Il a accompagné des géants de la musique africaine tels que Manu Dibango (tournées et enregistrements), Salif Keïta (notamment sur l'album révolutionnaire Soro), Sam Fan Thomas, Abeti, Touré Kunda et Angélique Kidjo. Dans le domaine du jazz, il a croisé le fer avec Eddy Louiss, Antoine Hervé et Nguyên Lê. Sa versatilité lui a même permis de devenir un pilier de la scène variété et urbaine française, enregistrant avec Michel Jonasz, MC Solaar, Bisso Na Bisso et Les Nubians, démontrant que la basse électrique, entre ses mains, est un idiome universel.
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