Né Douglas Campbell Thomson le 24 mars 1951 à Glasgow, en Écosse (et élevé dans le quartier de Rutherglen), Dougie Thomson est mondialement célèbre pour avoir été le bassiste de la formation britannique culte Supertramp, du début de leur envolée artistique en 1972 jusqu'à leur première scission majeure en 1988.
La carrière professionnelle de Thomson débute à l'été 1969 avec le groupe de Glasgow The Beings, avant de rejoindre en septembre 1971 l'ensemble jazz-blues The Alan Bown Set. C'est au sein de cette formation qu'il croise la route du saxophoniste John Helliwell, jetant les bases d'une collaboration future. En février 1972, il auditionne pour Supertramp, un groupe alors en pleine refonte après l'échec commercial de ses premiers opus. D'abord recruté comme musicien de session temporaire pour assurer des concerts, son intégration stylistique est d'une telle évidence qu'il est intronisé membre permanent en 1973. Fait révélateur de son esprit d'entreprise, c'est Thomson qui persuadera son ancien camarade John Helliwell de rejoindre le groupe, finalisant ainsi le line-up classique de Supertramp. En outre, aux côtés du manager Dave Margereson, Thomson s'impliquera lourdement dans la gestion commerciale (l'aspect comptable et business) de l'entreprise colossale qu'allait devenir le groupe.
Sur le plan de l'histoire du rock, Thomson a gravé ses lignes de basse sur l'intégralité des chefs-d'œuvre de la période dorée de Supertramp : Crime of the Century (1974), Crisis? What Crisis? (1975), Even in the Quietest Moments... (1977), le monstre de ventes Breakfast in America (1979) (sur la pochette arrière duquel il apparaît lisant le journal Glasgow Herald), Paris (1980), ...Famous Last Words... (1982), et Brother Where You Bound (1985).
Stylistiquement, le son de Dougie Thomson se définit par une épaisseur organique, une chaleur médium et une dimension presque dramatique, privilégiant la justesse émotionnelle de la note (le pocket groove) à la virtuosité ostentatoire. Supertramp était un groupe dominé par les claviers des deux compositeurs antinomiques, Rick Davies et Roger Hodgson, avec une omniprésence absolue du piano électrique Wurlitzer. Les fréquences générées par le Wurlitzer empiètent largement sur le bas-médium. Pour contourner ce problème de masque acoustique, Thomson a développé un style fondé sur des extensions mélodiques subtiles et des unissons puissants qui soulignaient l'architecture de la chanson (comme sur "Bloody Well Right" ou "The Meaning"). Influencé par la mélancolie mélodique d'un Paul McCartney et admiratif de la technicité révolutionnaire de Jaco Pastorius (qu'il a personnellement rencontré), Thomson possédait la rare capacité d'être à la fois effacé et indispensable.
Organologiquement, l'évolution du son de Thomson reflète l'ingénierie luthérienne des années 70. Pour transpercer le mixage du groupe en studio et en concert, il a progressivement délaissé les basses passives traditionnelles. S'il a utilisé la Fender Jazz Bass, il a marqué l'esthétique du groupe avec la Rickenbacker 4001 (pour son mordant et son claquant caractéristiques du rock progressif), et surtout avec les créations actives de Leo Fender : la célèbre Music Man StingRay (dotée d'un préamplificateur intégré délivrant des graves massifs et des aigus cristallins), la G&L L-2000, ainsi qu'une imposante Yamaha BB-1000.
À la suite de la séparation du groupe en 1988, refusant de cautionner les directions ultérieures prises dans un climat de litiges entre les membres fondateurs, Dougie Thomson a définitivement rangé sa basse (avouant avec humour lors d'une interview en 1998 avoir perdu toutes les callosités de ses doigts). Il a fondé Trinity Publishing, s'investissant avec succès dans l'édition musicale et le conseil en management d'artistes à Chicago, Illinois.
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