Steve Priest, la basse de The Sweet (1948-2020)

Publié le 23 février 2026 à 06:29

En ce 23 février, les passionnés de rock se doivent de célébrer la naissance d'une icône absolue du mouvement glam. Né à cette date en 1948, Stephen Norman Priest, universellement connu sous le nom de Steve Priest, a redéfini la place et le rôle du bassiste au sein d'une formation rock. Membre fondateur du légendaire groupe The Sweet, il n'était pas seulement le socle rythmique inébranlable de la formation, mais aussi son âme rebelle, son image la plus provocatrice et l'une de ses voix les plus reconnaissables. Décédé en juin 2020, il laisse derrière lui un héritage colossal qui résonne encore profondément dans le hard rock et le heavy metal contemporains. Toute l'équipe de gravebasse.com tenait à lui rendre l'hommage qu'il mérite en ce jour d'anniversaire.

Originaire de Hayes dans le Middlesex en Angleterre, le jeune Steve a très tôt été happé par le virus de la musique. Bricoleur, passionné et débrouillard, il fabrique lui-même sa toute première guitare basse durant son adolescence avec l'aide de son père. Fortement influencé par des pionniers du manche comme Jet Harris des Shadows, ainsi que par l'énergie brute et contestataire des Rolling Stones et des Who, il commence à forger son identité musicale dans les clubs locaux au début des années soixante. Cette période formatrice intense lui permet de développer un jeu au médiator extrêmement incisif, une attaque franche et agressive qui deviendra par la suite sa véritable marque de fabrique.

La grande aventure débute réellement en 1968 lorsqu'il est invité à rejoindre le chanteur Brian Connolly et le batteur Mick Tucker pour former ce qui deviendra rapidement The Sweet. Avec l'arrivée décisive du guitariste Andy Scott en 1970, le quatuor classique est enfin scellé. Si leurs débuts discographiques sont d'abord marqués par une pop bubblegum très orchestrée par les faiseurs de tubes Nicky Chinn et Mike Chapman, le groupe aspire très vite à durcir considérablement son ton. Sous la surface brillante de ces succès planétaires se cachait en réalité un redoutable groupe de hard rock. Steve Priest était l'un des moteurs principaux de cette transition, poussant le son de sa basse vers des territoires beaucoup plus agressifs, saturés et riches en fréquences médiums, jetant ainsi un pont inattendu et brillant entre la pop acidulée et les prémices du heavy metal.

Au-delà de ses lignes de basse mémorables et motrices sur des hymnes intemporels comme "Ballroom Blitz", "Fox on the Run" ou "Block Buster!", Steve Priest captivait systématiquement le public par une présence scénique totalement outrancière et théâtrale. Il arborait des maquillages lourds et des costumes extravagants, poussant l'esthétique camp et androgyne à son paroxysme absolu. Ses apparitions télévisées, notamment dans la célèbre émission Top of the Pops, sont entrées dans la légende, choquant parfois l'establishment britannique tout en fascinant toute une génération de jeunes musiciens. Son apport ne s'arrêtait d'ailleurs pas à l'image visuelle ou à son instrument : ses chœurs particulièrement aigus et ses interventions vocales théâtrales, souvent livrées avec une moue sardonique face caméra, constituaient une signature indissociable du son global de The Sweet.

Pour les lecteurs de gravebasse.com, le matériel utilisé par Steve Priest reste tout aussi fascinant que son approche du jeu. Tout au long de l'âge d'or du groupe dans les années soixante-dix, on a pu le voir manier diverses basses qui ont toutes contribué à sculpter son attaque perçante si particulière. S'il a très souvent utilisé des Fender Precision Bass, parfois lourdement personnalisées et repeintes pour s'accorder parfaitement à ses tenues de scène flamboyantes, il est également célèbre pour son utilisation de la Rickenbacker 4001, l'instrument roi du rock de l'époque pour percer efficacement n'importe quel mix. Les puristes et les amateurs d'instruments vintage se souviendront aussi de ses apparitions hautement iconiques avec une Danelectro Longhorn, une basse au look asymétrique et atypique qui complétait à la perfection son extravagance visuelle globale.

Après le départ douloureux de Brian Connolly à la fin des années soixante-dix, Steve Priest a courageusement repris le flambeau du chant principal, prouvant une fois de plus son immense polyvalence et son dévouement au groupe. Plus tard, définitivement installé aux États-Unis, il a continué sans relâche à faire vivre la musique de The Sweet en tournant avec sa propre mouture de la formation jusqu'à ses dernières années. En célébrant aujourd'hui la date de sa naissance, nous saluons bien plus qu'un bassiste de grand talent. Nous honorons un véritable pionnier audacieux qui a prouvé avec brio que la basse pouvait être un instrument de tout premier plan, tant par l'impact sonore que par l'attitude scénique, et dont l'influence scandaleusement glamour brillera à jamais dans la grande histoire du rock.

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