Aujourd’hui, et si nous parlions d'une figure discrète mais essentielle de la scène rock alternative moderne. Brian MacDonald, bassiste du groupe PVRIS, fête aujourd'hui ses 33 ans. Souvent aperçu dans l'ombre de la charismatique Lynn Gunn, MacDonald a su traverser les époques et les changements de style radicaux de sa formation, passant du post-hardcore nerveux des débuts à la pop synthétique sophistiquée qui remplit aujourd'hui les salles du monde entier. Pour les amateurs de fréquences basses et de gros son, son parcours est un exemple fascinant d'adaptation et de maîtrise de l'instrument au service de la chanson.
Des racines de Lowell aux scènes mondiales
Né le 15 février 1993 dans le Massachusetts, Brian MacDonald a grandi dans la ville de Lowell, un berceau industriel qui a vu naître une scène musicale locale bouillonnante. C'est dans ce contexte qu'il rejoint ce qui s'appelait alors "Paris" en 2012, un projet qui allait rapidement devoir changer de nom pour devenir PVRIS (prononcé "Paris") pour des raisons légales. Dès les premiers jours, MacDonald s'impose comme un pilier de la section rythmique. À l'époque, le son du groupe est brut, énergique, flirtant avec le post-hardcore, ce qui demande un jeu de basse agressif et précis.
Le succès fulgurant de leur premier album, White Noise en 2014, propulse le groupe sur le devant de la scène internationale. MacDonald se retrouve alors embarqué dans le tourbillon des tournées incessantes, notamment le célèbre Warped Tour, où la résilience des musiciens et de leur matériel est mise à rude épreuve. Contrairement à de nombreux bassistes de sa génération qui cherchent à multiplier les notes, Brian a toujours privilégié l'efficacité et le service du morceau, une qualité qui deviendra cruciale à mesure que la musique de PVRIS évoluera vers des textures plus électroniques.
Une évolution technique et sonore
L'aspect le plus intéressant de la carrière de MacDonald pour nous, bassistes, est sans doute son adaptation au virage stylistique du groupe. Avec les albums All We Know of Heaven, All We Need of Hell (2017) et Use Me (2020), PVRIS a progressivement délaissé les guitares saturées pour des synthétiseurs atmosphériques et des beats programmés. Là où d'autres auraient pu se sentir mis au placard, Brian MacDonald a su redéfinir son rôle. Il a intégré des claviers à son set de scène, alternant entre sa basse électrique et les synthétiseurs Korg ou les pads de déclenchement.
Son jeu de basse s'est épuré, devenant plus lourd et plus profond pour rivaliser avec les sub-basses électroniques. Il est devenu le garant de l'aspect organique du groupe en live. Alors que Lynn Gunn prenait de plus en plus le contrôle créatif en studio, gérant souvent l'enregistrement de tous les instruments, Brian est resté l'élément indispensable de l'expérience scénique, apportant cette présence physique et ce "growl" que seule une vraie basse peut offrir face à un public.
Dans l'arsenal du bassiste
Côté matériel, Brian MacDonald est un fervent amateur de la marque Fender, bien qu'il ait commencé, comme beaucoup, par expérimenter. On l'a vu à ses débuts avec des modèles Music Man Stingray, réputés pour leur attaque tranchante idéale pour le rock plus lourd. Cependant, il a rapidement trouvé sa voix avec la Fender Precision Bass. Son modèle de prédilection a longtemps été une Precision noire personnalisée avec un manche en érable, qu'il apprécie pour sa simplicité et sa capacité à percer le mix sans artifice. Il a également utilisé une Fender Jazz Bass blanche, notamment pour son confort de jeu, mais revient toujours à la robustesse de la Precision pour le live.
Pour ce qui est de l'amplification, MacDonald a suivi la tendance moderne du "tout numérique" pour les tournées. Après avoir écumé les scènes avec des têtes Ampeg SVT-4PRO et des énormes baffles 8x10 — le standard de l'industrie pour le rock — il a opéré une transition vers le système Kemper Profiler. Ce choix pragmatique lui permet de conserver le grain de ses amplis à lampes favoris tout en voyageant léger et en garantissant un son constant soir après soir, quelle que soit la salle. C'est une configuration de plus en plus courante chez les musiciens professionnels qui doivent gérer des productions complexes où le son de basse doit cohabiter précisément avec des séquences électroniques.
Une particularité de son setup réside dans les cordes et l'accordage. Sur les premiers albums, le groupe jouait souvent accordé très bas, en Drop C. Pour maintenir une tension correcte et un son percutant sans "frise" excessive, MacDonald n'hésitait pas à monter des tirants de cordes impressionnants, allant jusqu'au 135 pour la corde la plus grave. Cela transformait son instrument en véritable machine de guerre, nécessitant une main droite puissante et une attaque franche, souvent au médiator, pour conserver de la définition dans les fréquences graves.
Un avenir en mouvement
Aujourd'hui, alors que PVRIS continue de se métamorphoser, parfois réduit à la vision solo de Lynn Gunn en studio, Brian MacDonald demeure une figure rassurante pour les fans de la première heure. Il incarne cette loyauté et cette constance qui font les grands rythciens. Qu'il tienne une basse électrique ou qu'il soit derrière un clavier, il reste au service de la musique avec une humilité qui force le respect.
Toute l'équipe de GraveBasse.com lui souhaite un excellent anniversaire et de nombreuses années de groove à venir.
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