Jamie Stewart, la genèse de The Cult (1964-)

Publié le 31 janvier 2026 à 06:48

Aujourd'hui, toute l'équipe de Gravebasse souhaite un excellent anniversaire à une figure emblématique du rock britannique : Jamie Stewart. Aujourd'hui âgé de 62 ans, ce musicien discret mais essentiel a façonné l'identité sonore de l'un des groupes les plus influents des années 80, The Cult. Si Ian Astbury apportait le mysticisme et Billy Duffy le riff, c'est bien Stewart qui ancrait le tout avec une solidité à toute épreuve, naviguant avec aisance entre le post-punk gothique des débuts et le hard rock stadium des années de gloire. Retour sur le parcours d'un bassiste qui a su quitter la scène au sommet.

Des origines classiques au post-punk

Né James Alec Stewart le 31 janvier 1964 à Harrow, dans la banlieue londonienne, Jamie baigne dès son plus jeune âge dans un environnement artistique exigeant. Fils d'une danseuse de l'International Ballet et d'un violoniste du London Symphony Orchestra, il hérite d'une rigueur musicale qui tranchera plus tard avec l'attitude rock'n'roll débridée de ses futurs comparses. Pourtant, c'est vers la guitare qu'il se tourne initialement, faisant ses premières armes au sein du groupe Ritual au début des années 80.

Le destin frappe à sa porte en 1983 lorsque Ray Mondo, batteur de Ritual, rejoint un nouveau projet formé par Ian Astbury et Billy Duffy : Death Cult. Le groupe cherche un bassiste. Bien que guitariste de formation, Stewart saisit l'opportunité, passe l'audition et s'empare de la quatre-cordes. Cette transition forcée de la guitare à la basse s'avérera être sa plus grande force. N'ayant pas les réflexes scolaires d'un bassiste traditionnel, il développe un jeu mélodique et rythmique qui sert la chanson avant tout, une qualité qui deviendra la marque de fabrique de la section rythmique de The Cult.

L'Ascension : De Dreamtime à Sonic Temple

La carrière de Stewart au sein de The Cult est un sans-faute discographique. Il est présent sur les quatre albums majeurs qui ont défini la trajectoire du groupe. Sur Dreamtime (1984) et Love (1985), son jeu est empreint des sonorités cold wave et gothiques de l'époque. Sa ligne de basse sur le tube planétaire "She Sells Sanctuary" reste un modèle du genre : une pulsation hypnotique, jouée avec une précision métronomique, qui porte le morceau tout en laissant l'espace nécessaire aux effets de guitare de Duffy.

Le virage s'opère radicalement en 1987 avec l'album Electric, produit par Rick Rubin. Le groupe délaisse les atmosphères éthérées pour un son brut, inspiré d'AC/DC et de Led Zeppelin. Jamie Stewart adapte son jeu en conséquence. Fini les subtilités post-punk, place à l'efficacité du rock pur et dur. Il ancre des titres comme "Love Removal Machine" et "Lil' Devil" avec une attaque franche et un groove dépouillé. Cette capacité à évoluer sans perdre son identité prouve son intelligence musicale. Il atteint son apogée commercial avec Sonic Temple en 1989, où il assure non seulement la basse mais aussi certaines parties de claviers, démontrant sa polyvalence.

Le Matériel : La quête du son juste

Pour les puristes de Gravebasse, le son de Jamie Stewart est une référence de clarté et de puissance. Durant les premières années "gothiques", il est souvent associé à la Music Man StingRay, dont le grain actif et perçant convenait parfaitement aux ambiances chargées de chorus de l'époque Love. C'est cette basse qui lui permettait de percer le mix dense créé par les nappes de guitares de Billy Duffy.

Lors de la transition vers le hard rock sur Electric et Sonic Temple, on l'a vu se tourner davantage vers des classiques indémodables comme la Fender Precision Bass et la Fender Jazz Bass, cherchant la rondeur et le "growl" passif typique du rock classique. Son approche du matériel était pragmatique : pas d'effets superflus, juste une connexion directe avec l'ampli pour soutenir la fondation du morceau. Il est intéressant de noter qu'il n'a jamais complètement abandonné la guitare, apparaissant même à la rythmique (sur une Gibson Les Paul) dans le clip de "Wild Flower", laissant temporairement la basse à un autre pour les besoins de la vidéo.

Le Départ et l'après-musique

En 1990, au sommet de la gloire de The Cult, Jamie Stewart prend une décision qui surprendra beaucoup de fans : il quitte le groupe. Fatigué par les tensions internes légendaires entre Astbury et Duffy, et désireux de fonder une famille et de voir grandir sa fille, il choisit la stabilité. C'est une sortie digne et sans esclandre, rare dans le milieu.

Après son départ, il ne raccroche pas immédiatement. Il s'installe au Canada et travaille dans la production musicale, collaborant notamment avec Adrian Smith d'Iron Maiden sur le projet Psycho Motel. Cependant, il finit par s'éloigner de l'industrie musicale pour se reconvertir avec succès dans le design d'interface et l'informatique, prouvant qu'il y a une vie après le rock'n'roll.

L'Héritage

Bien qu'il soit resté longtemps loin des projecteurs, Jamie Stewart n'a jamais été oublié par les fans. Ses lignes de basse sont l'épine dorsale des morceaux les plus aimés du groupe. Il a d'ailleurs offert de beaux cadeaux aux nostalgiques en rejoignant ses anciens comparses sur scène pour quelques apparitions exceptionnelles lors des tournées anniversaires de l'album Electric en 2013, et plus récemment pour la reformation de Death Cult en novembre 2023.

Aujourd'hui, alors qu'il souffle ses 62 bougies, nous célébrons non seulement le bassiste, mais aussi l'homme qui a su apporter l'équilibre nécessaire à l'un des groupes les plus volatils de l'histoire du rock. Joyeux anniversaire, Jamie !

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