Ce 29 janvier, nous souhaitons un très joyeux anniversaire à Michael Joseph Hachey, plus connu sous le nom de Mikey Hachey. Bassiste au parcours aussi éclectique qu'énergique, il incarne parfaitement cette catégorie de musiciens capables de passer des scènes survoltées du ska-punk aux exigences millimétrées des grandes productions de Las Vegas. Retour sur la carrière et le matériel d'un grooveur tout-terrain qui a su faire vibrer aussi bien les fosses de concerts que les théâtres de prestige.
Des débuts sur les chapeaux de roue avec Suburban Legends
Originaire du comté d'Orange en Californie, Mikey Hachey s'est d'abord fait un nom au sein de la scène ska locale. C'est en novembre 2004 qu'il rejoint officiellement Suburban Legends, remplaçant Chris Maurer. Ce groupe, fer de lance de la troisième vague ska, était réputé pour ses performances scéniques théâtrales et ses chorégraphies synchronisées, un exercice périlleux pour tout instrumentiste. Hachey n'a pas seulement tenu la baraque rythmique ; il a apporté une présence scénique indéniable et des lignes de basse mélangeant l'urgence du punk à la rondeur du disco et du funk.
Durant son mandat principal avec le groupe, qui s'est étendu jusqu'en 2010, il a participé à l'élaboration d'un son festif mais techniquement solide. Même après son départ officiel pour poursuivre d'autres opportunités, son empreinte est restée audible puisqu'il a enregistré la basse sur la majeure partie de l'album Day Job sorti en 2012. Sa capacité à verrouiller le groove avec le batteur Derek Lee Rock a été un élément central de l'identité sonore du groupe durant cette décennie, prouvant qu'on peut allier technicité et divertissement pur.
L'exigence de Las Vegas : Du Cirque du Soleil au Million Dollar Quartet
Si le ska a révélé son énergie, c'est à Las Vegas que Mikey Hachey a confirmé sa polyvalence professionnelle. Il a intégré la machinerie complexe du Cirque du Soleil en tant que bassiste pour le spectacle Viva Elvis à l'Aria Resort & Casino. Ce poste demandait une rigueur absolue : dans un spectacle de cette envergure, où chaque note doit se caler sur des acrobaties et des signaux visuels précis, il n'y a pas de place pour l'improvisation hasardeuse.
Lorsque le rideau est tombé sur Viva Elvis, Hachey n'a pas quitté le Strip pour autant. Il a rejoint la production de Million Dollar Quartet au Harrah’s, un spectacle hommage aux légendes du rock'n'roll (Elvis, Johnny Cash, Jerry Lee Lewis et Carl Perkins). Ce rôle a exigé de lui une maîtrise parfaite du vocabulaire rockabilly et du slap à la contrebasse, démontrant qu'il était aussi à l'aise sur une basse électrique que sur une contrebasse acoustique traditionnelle, un atout majeur pour tout bassiste professionnel aujourd'hui.
Explorations mélodiques et projets actuels
Loin de se cantonner au rôle d'accompagnateur, Mikey explore également des textures plus mélodiques avec son duo instrumental pop, String Puppies. Ce projet met en lumière une autre facette de son jeu, plus nuancée et arrangée, où la basse ne se contente plus de soutenir l'harmonie mais dialogue véritablement avec les autres instruments. C'est la preuve qu'un musicien de session peut conserver une créativité personnelle forte en parallèle de ses contrats commerciaux.
Le coin du matos : Une approche hybride
Pour les lecteurs de Gravebasse avides de détails techniques, le son de Mikey Hachey se caractérise par une grande adaptabilité. On le voit régulièrement avec une Fender Precision Bass, souvent une réédition 1963, qui lui fournit ce grondement médium caractéristique nécessaire pour percer dans un mix chargé de cuivres ou de guitares saturées. Il utilise ce standard de l'industrie pour son attaque franche et son sustain naturel, idéal pour le rock et le funk.
Cependant, son arsenal ne s'arrête pas là. Hachey est aussi un adepte de la basse fretless, utilisant notamment des modèles du luthier Tom Clement, comme la #320, qui lui permet d'obtenir ce "mwah" chantant pour des passages plus expressifs. Pour ses incursions dans le rockabilly et les sonorités vintage, il s'est tourné vers des instruments comme la Blast Cult 32, une basse au design unique qui bridge le monde de l'électrique et de la contrebasse, souvent montée avec des cordes à filet plat (flatwounds) pour un "thump" sourd et percussif. Côté amplification, il a souvent fait confiance à Aguilar, une marque prisée pour sa transparence et sa capacité à restituer fidèlement les nuances de jeu, que ce soit en slap ou au doigt.
En somme, Mikey Hachey est l'exemple type du bassiste moderne : capable de lire la musique, de s'adapter à des styles radicalement opposés, de maîtriser l'électrique comme la contrebasse, tout en gardant un pied dans la création originale. Joyeux anniversaire à ce maître du groove qui continue de faire vibrer les scènes, de la Californie au Nevada !
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