Dorian Heartsong, du métal indus à l'héritage de Led Zeppelin (1968-)

Publié le 27 janvier 2026 à 07:54

En ce 27 janvier, nous souhaitons un très joyeux anniversaire à Dorian Heartsong, un bassiste dont la carrière illustre parfaitement l'évolution du rock américain de ces trente dernières années. Connu pour sa polyvalence remarquable et son sens du groove inébranlable, Heartsong a su passer des costumes de scène futuristes du métal industriel aux scènes les plus prestigieuses du monde en rendant hommage à l'une des plus grandes sections rythmiques de l'histoire. Retour sur le parcours d'un musicien qui a fait vibrer les cordes de sa basse sur plusieurs générations de tubes.

Des Fondations Solides à l'Explosion Industrielle

Le parcours de Dorian Heartsong commence bien loin des projecteurs d'Hollywood, par une formation rigoureuse qui allait devenir le socle de sa longévité. Diplômé du prestigieux Berklee College of Music en écriture et performance, il possède un bagage théorique qui lui permet de comprendre la musique bien au-delà de son instrument. Cette éducation formelle contraste étonnamment avec le projet qui l'a révélé au grand public au début des années 1990 : Powerman 5000.

Sous le pseudonyme de "Dorian 27", il a tenu la basse pour ce groupe emblématique de la scène métal industriel de Boston de 1991 à 2001. C'est durant cette période que Heartsong a défini une partie de son identité sonore. Son jeu sur des albums cultes comme Tonight the Stars Revolt! (1999) est caractérisé par une précision métronomique et un son lourd, souvent saturé, qui devait "locker" parfaitement avec les boucles électroniques et la frappe puissante du batteur Al Pahanish Jr. Des titres comme "When Worlds Collide" ou "Nobody's Real" témoignent de sa capacité à créer des lignes de basse qui ne sont pas seulement un soutien, mais une force motrice, propulsant les morceaux avec une énergie cinétique irrésistible qui a contribué à faire de l'album un succès de platine.

L'Homme de l'Ombre et le Compositeur

Après son départ de Powerman 5000 au début des années 2000, Heartsong n'a pas ralenti la cadence, bien au contraire. Il a troqué l'esthétique science-fiction pour une carrière de musicien de session et de compositeur respecté. Sa versatilité l'a amené à travailler avec des artistes aux horizons très variés, allant du guitariste virtuose Vinnie Moore au mélange rap-rock acoustique d'Everlast.

Cette période a également révélé ses talents de compositeur pour l'image. En collaboration avec Stevie Salas, il a composé la musique du film indépendant Live Free or Die, qui a remporté un prix au festival SXSW en 2006. Cette expérience dans la musique de film souligne une facette souvent méconnue des bassistes : une oreille attentive à l'ambiance, à la texture et à la narration sonore, des qualités qui enrichissent inévitablement son jeu de scène. Il a prouvé qu'il pouvait sortir du rôle traditionnel du bassiste de rock pour devenir un architecte sonore complet.

Gardien du Temple avec Jason Bonham

Le chapitre le plus récent et peut-être le plus prestigieux de sa carrière a débuté en 2011, lorsqu'il a rejoint le Jason Bonham's Led Zeppelin Evening (JBLZE). Intégrer ce groupe n'est pas une mince affaire : il ne s'agit pas d'un simple "tribute band", mais d'une formation dirigée par le fils du légendaire John Bonham, avec pour mission de célébrer l'héritage sacré de Led Zeppelin avec une authenticité absolue.

Dans ce rôle, Dorian Heartsong a la lourde tâche d'endosser les parties de John Paul Jones, un musicien réputé pour sa complexité, son goût exquis et sa capacité à naviguer entre la basse, les claviers et la mandoline. Heartsong relève ce défi avec une maîtrise impressionnante. Sur scène, on le voit non seulement assurer les lignes de basse mythiques de "Ramble On" ou "The Lemon Song" avec un groove qui respecte l'original tout en y insufflant sa propre énergie, mais aussi s'emparer de la mandoline pour des moments plus acoustiques. Sa complicité rythmique avec Jason Bonham est le cœur battant du groupe, recréant cette alchimie si particulière qui faisait la magie de Led Zeppelin.

Le Son Heartsong : Matériel et Philosophie

Pour les passionnés de matériel qui lisent Gravebasse.com, le son de Dorian est une étude intéressante en soi. S'il a souvent été associé à la Music Man StingRay durant ses années Powerman 5000 pour son attaque perçante et ses médiums agressifs, son arsenal s'est diversifié avec le temps. Il utilise régulièrement des Fender Jazz Bass pour obtenir ce grondement vintage nécessaire au répertoire de Led Zeppelin, tout en conservant une chaîne de signal moderne qui garantit une clarté impeccable dans les mixages denses. Il est également un adepte de l'enregistrement numérique de haute qualité, utilisant souvent des interfaces UAD Apollo pour capturer ses lignes avec une fidélité studio, même en déplacement.

Dorian Heartsong célèbre aujourd'hui ses 58 ans, et son parcours nous rappelle que la basse est un instrument de caméléon. Qu'il fasse trembler les murs avec des riffs de métal industriel ou qu'il tisse les harmonies subtiles d'un classique du rock des années 70, il reste au service de la musique. En cet anniversaire, nous saluons un musicien qui a su évoluer sans jamais perdre le groove. Joyeux anniversaire, Dorian !

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