Andy Hummel, l'étoile de Big Star parti trop vite (1951-2010)

Publié le 26 janvier 2026 à 09:48

Le monde de la musique, et plus particulièrement la communauté des bassistes, se souvient d'une figure essentielle mais souvent méconnue de l'histoire du rock américain. John Andrew Hummel, né le 26 janvier 1951 à Valley Forge en Pennsylvanie, aurait fêté son anniversaire aujourd'hui. Bassiste fondateur du groupe culte Big Star, il a contribué à définir les codes de la Power Pop, un genre qui allait influencer des décennies de musiciens, de R.E.M. aux Replacements. Bien que sa carrière musicale professionnelle ait été relativement courte, l'empreinte laissée par ses lignes de basse et ses compositions reste indélébile.

Andy Hummel grandit à Memphis, dans le Tennessee, un creuset musical bouillonnant. C’est là, au lycée, qu’il tisse des liens avec ceux qui deviendront ses futurs partenaires musicaux. Initialement pianiste, il se tourne vers la basse à l'adolescence, un choix qui s'avérera décisif pour la sonorité de ses futurs projets. Son instrument de prédilection deviendra la Fender Precision Bass, avec laquelle il sculptera le son rond et mélodique caractéristique des premiers albums de Big Star. Avant la formation officielle du groupe, il joue déjà avec le guitariste Chris Bell et le batteur Jody Stephens. L'arrivée d'Alex Chilton, l'ex-chanteur des Box Tops, vient sceller le destin du quatuor en 1971. Ensemble, ils créent une musique qui mêle l'énergie brute du rock garage à des harmonies vocales dignes des Beatles.

Le style de jeu d'Hummel se distingue par une approche à la fois solide et inventive. Loin de se contenter de doubler les fondamentales, ses lignes de basse servent de contrepoint mélodique aux guitares étincelantes de Bell et Chilton. Sur l'album mythique #1 Record sorti en 1972, son jeu ancre les morceaux tout en leur donnant une dynamique pop irrésistible. Il ne se limite d'ailleurs pas à son rôle d'instrumentiste ; Hummel participe activement à l'écriture et au chant. On lui doit notamment la composition de "The India Song" et une contribution majeure sur des titres comme "Life is White" ou le classique "In The Street", dont la ligne de basse entraînante est devenue un modèle du genre.

Cependant, l'histoire de Big Star est celle d'un succès critique inversement proportionnel à ses ventes, plombé par des problèmes de distribution. Après le départ de Chris Bell, Andy Hummel reste pour l'enregistrement du deuxième album, Radio City (1974). Sur cet opus, son rôle s'étoffe encore davantage, notamment avec la chanson "Way Out West" qu'il écrit et chante. Pourtant, lassé par les déboires commerciaux du groupe et les tensions internes, il prend une décision radicale et rare dans le milieu du rock : il quitte le groupe et l'industrie musicale en 1974, juste avant la fin de l'aventure Big Star classique.

Contrairement à beaucoup de ses contemporains qui s'accrochent aux rêves de gloire, Andy Hummel choisit la stabilité. Il reprend ses études et entame une carrière réussie dans l'ingénierie aéronautique chez Lockheed Martin, tournant le dos à la scène pendant plus de trente ans. Ce n'est que bien plus tard, alors que Big Star acquiert enfin son statut de groupe légendaire, qu'il réapparaît occasionnellement lors d'événements commémoratifs, bien qu'il décline l'offre de rejoindre la reformation du groupe dans les années 90, préférant laisser sa place tout en donnant sa bénédiction.

Le destin frappera tragiquement le groupe en 2010. Quelques mois seulement après le décès soudain d'Alex Chilton, Andy Hummel s'éteint le 19 juillet 2010 à Weatherford, au Texas, des suites d'un cancer. Il avait 59 ans. Sa disparition marque la fin définitive de la section rythmique originelle d'une des formations les plus influentes de l'Amérique. Aujourd'hui, on retient d'Andy Hummel non seulement son jeu de basse précis et chantant, mais aussi l'élégance d'un musicien qui a su créer de l'art intemporel avant de choisir une vie d'anonymat, prouvant que l'impact d'un artiste ne se mesure pas à la durée de sa carrière sous les projecteurs, mais à la résonance de son œuvre à travers le temps.

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