Aujourd'hui, le monde du rock progressif américain célèbre une figure incontournable de la basse. Billy Greer, connu principalement pour son incroyable longévité au sein du groupe légendaire Kansas, fête aujourd'hui son anniversaire. Retraçant un parcours qui l'a mené des petites scènes du Tennessee aux plus grands stades du monde, cet article rend hommage à un musicien complet, à la fois bassiste solide et chanteur exceptionnel, qui a su marquer de son empreinte l'histoire du rock FM et progressif.
William Paul Greer, de son nom complet, est né le 26 janvier 1952 à Surgoinsville, dans le Tennessee. Toujours parmi nous et profitant d'une retraite bien méritée depuis peu, Billy Greer n'est donc pas décédé, contrairement à certaines rumeurs qui peuvent parfois circuler sur les musiciens de sa génération. Il a grandi dans le sud des États-Unis, imprégné par la culture musicale riche de cette région. Ses premières influences ne sont pourtant pas uniquement américaines, car c'est la "British Invasion" et plus particulièrement les Beatles qui lui donnent l'envie de saisir un instrument. Si son frère se tourne vers la batterie, Billy choisit la basse, un instrument qui deviendra le prolongement de sa personnalité musicale.
La carrière de Billy Greer prend un tournant décisif au début des années 1980 à Atlanta. C'est là qu'il croise la route de Steve Walsh, le chanteur emblématique de Kansas, qui venait alors de quitter son groupe d'origine. Cette rencontre scelle le début d'une collaboration fructueuse. Walsh recrute Greer pour son nouveau projet nommé Streets. Bien que ce groupe n'ait eu qu'une existence éphémère avec deux albums au compteur, 1st en 1983 et Crimes in Mind en 1985, il a permis à Greer de prouver qu'il était bien plus qu'un simple accompagnateur. Sa capacité à soutenir des harmonies vocales complexes tout en assurant des lignes de basse dynamiques a immédiatement séduit Walsh.
L'aventure Kansas : Une fidélité de près de 40 ans
Lorsque Kansas se reforme en 1985, Steve Walsh insiste pour que Billy Greer rejoigne l'aventure, remplaçant ainsi le bassiste originel Dave Hope. Ce qui ne devait être qu'un nouveau chapitre s'est transformé en l'œuvre d'une vie. Billy Greer fait ses débuts avec le groupe sur l'album Power en 1986, apportant un son plus moderne et incisif, typique du rock mélodique de cette décennie.
Contrairement à de nombreux musiciens qui ne font que passer dans les formations historiques, Greer s'est imposé comme un pilier inébranlable de Kansas. Il a traversé les décennies, les changements de mode et les remaniements de personnel. Sa présence scénique, souvent endossant le rôle de maître de cérémonie (MC) lors des concerts, a créé un lien privilégié avec le public. Musicalement, il a su respecter les partitions complexes du rock progressif tout en y injectant son propre groove. Il est resté fidèle au poste jusqu'à son départ officiel en septembre 2024, après 39 années de bons et loyaux services, laissant derrière lui un héritage colossal au sein de la formation.
Seventh Key et autres projets
L'appétit musical de Billy Greer ne s'est jamais limité à Kansas. Désireux de s'exprimer davantage en tant que chanteur principal et compositeur, il fonde au début des années 2000 son propre projet, Seventh Key. Retrouvant son complice de l'époque Streets, le guitariste Mike Slamer, Greer y explore un hard rock mélodique où sa voix puissante et rocailleuse prend le devant de la scène. Des albums comme The Raging Fire ou I Will Survive témoignent de son talent d'écriture.
En parallèle, il a également participé au projet Native Window en 2009, une formation "spin-off" de Kansas sans Steve Walsh, montrant encore une fois sa capacité à se réinventer avec ses collègues de longue date Phil Ehart et Richard Williams.
Pour les techniciens et amateurs de matériel qui lisent notre blog, le son de Billy Greer se caractérise par une rondeur chaude alliée à une attaque précise, nécessaire pour percer dans les mixages denses de Kansas où claviers et violons occupent beaucoup d'espace. Fidèle utilisateur de basses Spector et plus tard de modèles équipés de micros Bartolini, il a toujours privilégié un équipement fiable capable de supporter les tournées marathon. Son jeu au médiator, souvent percussif, lui permettait de doubler les riffs de guitare avec une précision métronomique, tout en assurant les chœurs dans des registres souvent très aigus, une prouesse physique que peu de bassistes parviennent à maintenir sur la durée.
En ce jour anniversaire, nous saluons la carrière d'un "sideman" devenu légende, qui a prouvé que la basse n'est pas seulement un instrument de fond, mais bien la charpente sur laquelle repose l'édifice du rock.
Bon anniversaire, Mr. Greer !
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