En ce 25 janvier, Calum Hood, le bassiste emblématique de 5 Seconds of Summer, fête ses trente ans. Pour beaucoup de puristes, l'association entre un groupe issu de la vague teen-pop et la "vraie" pratique instrumentale a longtemps semblé antinomique. Pourtant, ignorer le travail de Calum Hood serait une erreur de jugement, tant il a contribué à remettre la quatre-cordes au centre de la scène pour toute une nouvelle génération. Loin des clichés du musicien de studio effacé, l'Australien a su imposer un style, une attitude et, surtout, un son qui mérite que l'on s'y attarde.
L'histoire de Calum Hood est celle d'une transition réussie entre l'énergie adolescente du garage rock et la maîtrise des scènes de stade. Originaire de Sydney, il ne s'est pas contenté d'être une simple silhouette en arrière-plan. Dès les débuts du groupe, son approche de l'instrument a été marquée par une influence punk-rock indéniable. Il a grandi en écoutant Green Day et Blink-182, et cela s'entend dès ses premières lignes de basse. Là où d'autres auraient opté pour la facilité, Hood a très tôt adopté le jeu au médiator, favorisant une attaque franche et percussive qui est devenue sa signature sonore. Cette technique, souvent sous-estimée, demande une endurance physique redoutable, surtout pour tenir la cadence sur des morceaux aux tempos élevés typiques de leur répertoire.
Sur le plan purement technique, l'évolution du musicien est palpable au fil de la discographie du groupe. Si les premiers albums mettaient en avant des lignes directes, souvent doublées par les guitares pour épaissir le son, la maturité a permis à Calum Hood d'explorer l'espace rythmique avec plus de finesse. Sa complicité avec le batteur Ashton Irwin est devenue le moteur rugissant de la formation. Il a su développer ce sens du "pocket", cette capacité à se caler millimétré sur la grosse caisse tout en laissant respirer les mélodies vocales. C'est un bassiste qui comprend que son rôle est avant tout de servir la chanson, privilégiant l'efficacité harmonique à la démonstration technique gratuite, une leçon de sobriété que bien des bassistes aguerris mettent des années à assimiler.
Côté matériel, le parcours de Calum Hood est un véritable pèlerinage pour les amateurs de la marque Fender. S'il a pu être aperçu avec des modèles Music Man à ses débuts, il est devenu au fil des années un ambassadeur inconditionnel de la Precision Bass. Son choix se porte quasi systématiquement sur des instruments ayant vécu, ou du moins en ayant l'apparence. Il affectionne particulièrement les finitions "Relic" et les basses qui portent les stigmates des tournées. Ce choix n'est pas qu'esthétique ; la configuration micro de la Precision Bass, avec son split-coil légendaire, lui offre ce médium grognant qui perce le mix sans écraser les fréquences des guitares. C’est ce timbre rond, chaud mais défini, qui ancre la musique de 5 Seconds of Summer dans une réalité rock, même lorsque les productions virent vers la pop plus synthétique.
L'impact de Calum Hood dépasse cependant la simple exécution musicale. En tant que figure de proue d'un groupe au succès planétaire, il a accompli ce que peu de bassistes réussissent à faire : rendre l'instrument cool aux yeux du grand public. Combien de jeunes musiciens ont acheté leur première basse Squier ou Fender après avoir vu Hood arpenter la scène, basse sur les genoux, médiator en main ? Il incarne une modernité décomplexée, prouvant que l'on peut être un chanteur compétent et un compositeur prolifique tout en tenant la baraque rythmique. Il a brisé l'image du bassiste statique pour en faire un élément central du spectacle visuel et sonore.
À trente ans, Calum Hood entre dans une nouvelle phase de sa carrière. Il n'est plus le jeune prodige de la pop-punk australienne, mais un musicien confirmé, riche d'une expérience scénique colossale. Son jeu s'est densifié, son son s'est affirmé, et sa fidélité à l'esprit du rock reste intacte. Pour nous, bassistes, son anniversaire est l'occasion de saluer non seulement une carrière impressionnante, mais aussi un ambassadeur vital pour notre instrument. Il rappelle que la basse est le cœur battant du groupe, capable de faire vibrer les stades et d'inspirer des vocations, une note fondamentale à la fois. Joyeux anniversaire à ce pilier de la scène moderne qui, espérons-le, continuera de faire gronder les fréquences basses pour les décennies à venir.
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