Maarja Kivi, de l'Estonie à Hollywood (2000-)

Publié le 18 janvier 2026 à 06:58

Le 18 janvier 2026 marque une étape importante pour l’une des figures les plus emblématiques de la scène rock balte : Maarja Kivi fête ses 40 ans. Pour les lecteurs de notre blog, Maarja n’est pas seulement une voix puissante ; elle est avant tout une bassiste qui a su briser les codes du "girl band" pour s'imposer dans l'univers exigeant du hard rock californien.

Retour sur le parcours d'une musicienne qui a fait de sa quatre-cordes une arme d'émancipation.

Née à Tallinn en 1986, Maarja Kivi explose sur la scène internationale au début des années 2000 avec le groupe Vanilla Ninja. À l’époque, le quatuor estonien bouscule les charts européens avec un mélange inédit de pop et de guitares saturées.

Ce qui distinguait Maarja dans cette formation, c’est qu'elle n'était pas qu'une simple chanteuse de devanture. Elle assurait la fondation rythmique du groupe avec sa basse, apportant une épaisseur sonore qui manquait à beaucoup de productions pop de l’époque. Des titres comme Tough Enough ou When the Indians Cry ont marqué toute une génération, mais Maarja aspirait déjà à un son plus organique, plus "heavy".

En 2004, Maarja quitte Vanilla Ninja pour entamer une carrière solo qui va radicalement changer d'orientation. En déménageant à Los Angeles, elle se réinvente sous le nom de Marya Roxx. Elle délaisse alors la pop pour plonger tête la première dans le hard rock et le metal.

Pour un bassiste, cette période est la plus intéressante. Elle s'entoure de légendes pour enregistrer son premier EP, 21?!, puis son album Payback Time. Imaginez la scène : Maarja à la basse et au chant, collaborant avec le producteur Kevin Shirley (connu pour son travail avec Iron Maiden et Dream Theater) et des musiciens de studio de la trempe de Derek Sherinian ou Vinny Appice.

Sur scène, son jeu devient plus agressif, plus physique. Elle ne se contente plus de suivre la grosse caisse ; elle cherche le "growl", ce grognement typique des basses rock qui soutiennent des murs de guitares.

À ses débuts et durant une grande partie de sa carrière rock, Maarja a été fidèle à la Fender Precision Bass. C'est le choix logique pour son style : un micro simple, un son percutant et une fiabilité à toute épreuve. Elle utilise souvent des modèles avec une touche en érable pour obtenir ce claquant nécessaire afin de percer dans le mix à travers les distorsions de guitare.

En passant au projet Marya Roxx, on a pu l'apercevoir avec des instruments plus typés "Boutique" ou modifiés. Elle privilégie des réglages où les médiums sont mis en avant, souvent couplés à une légère saturation (overdrive) pour donner de la texture à ses lignes de basse.

Si la pop demandait parfois de la rondeur, son virage hard rock l'a vue adopter un jeu au médiator très incisif, essentiel pour la précision rythmique sur les tempos rapides. Sa technique de main droite est exemplaire de régularité, un trait de caractère qu'elle a conservé de sa formation musicale rigoureuse en Estonie (elle a également étudié le saxophone).

Aujourd'hui, à 40 ans, Maarja Kivi (qui est revenue à son nom de naissance pour ses projets récents) reste une icône en Estonie et une référence pour les jeunes femmes souhaitant s'emparer d'une basse. Elle a prouvé qu'on pouvait commencer dans une production commerciale et finir par enregistrer avec les plus grands noms du rock mondial grâce à une crédibilité acquise instrument en main.

Elle incarne cette philosophie que nous défendons souvent sur ce blog : la basse n'est pas qu'un instrument d'accompagnement, c'est le cœur battant de l'identité d'un artiste.

Joyeux anniversaire, Maarja !

Et vous, quel est votre titre préféré où la basse de Maarja Kivi se fait particulièrement entendre ? Dites-le nous en commentaire !

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