Kelly Halliburton, le coeur punk de Portland (1971-)

Publié le 17 janvier 2026 à 10:39

Aujourd'hui, le 17 janvier 2026, la scène rock indépendante et punk célèbre les 55 ans d'une figure incontournable : Kelly Michael Halliburton. Pour tout amateur de basse au jeu franc, brut et sans artifice, le nom de Halliburton résonne comme une référence du DIY (Do It Yourself) américain.

Né en 1971 à Portland, Oregon, Kelly Halliburton n'est pas seulement un bassiste ; c'est un gardien de l'éthique punk, un multi-instrumentiste accompli et un pilier de la scène musicale du Nord-Ouest Pacifique.

L'histoire de Kelly avec la musique commence bien avant ses premiers groupes. Son père, Jerry Halliburton, jouait déjà dans les années 70 avec une légende locale, Fred Cole, au sein d'une formation éphémère nommée Albatross. Kelly a grandi avec cet héritage : il se souvient avoir vu des flyers des groupes de Fred Cole sur le frigo familial dès son plus âge.

Cette connexion organique avec la famille Cole (Fred et Toody) allait plus tard définir une grande partie de sa trajectoire musicale, faisant de lui l'héritier spirituel de l'esprit de Dead Moon.

Kelly Halliburton s'est d'abord forgé un nom dans la scène hardcore et crust punk la plus radicale. Dès le début des années 90, il est membre de Resist, avec qui il effectue ses premières tournées européennes. En 1995, il fonde Detestation, un groupe de hardcore/crust mené par un chant féminin puissant, qui deviendra culte dans l'underground mondial.

Son approche de la basse durant cette époque se définit par une attaque au médiator particulièrement agressive, délivrant un jeu rapide et percutant indispensable à l'énergie punk. Pour s'imposer face au mur de guitares saturées propre au hardcore, il privilégie un son distordu et tranchant. Cette solidité infaillible fait de lui l'ancre rythmique de formations comme Severed Head of State ou P.R.O.B.L.E.M.S., où il stabilise avec brio ce que l'on pourrait qualifier de chaos organisé.

Une facette fascinante de sa carrière, bien que votre blog se concentre sur la basse, est son passage à la batterie pour Pierced Arrows. Lorsque Fred et Toody Cole (de Dead Moon) ont cherché un batteur pour leur nouveau projet en 2006, ils se sont tournés vers Kelly.

Fred Cole aimait raconter que lorsqu'il a proposé le poste à Kelly, Toody était sceptique : "Fred, tu rêves, c'est un bassiste de punk hardcore !". Kelly n'avait pas touché une batterie depuis des années, mais il a accepté le défi, prouvant sa versatilité rythmique. Pendant près de dix ans, il a soutenu les lignes de basse légendaires de Toody Cole, apprenant énormément sur la structure des chansons rock'n'roll traditionnelles.

Après des décennies de punk et de garage rock, Kelly a opéré un virage stylistique surprenant mais cohérent avec la chanteuse Jenny Connors. Ensemble, ils ont fondé Jenny Don’t and the Spurs.

Avec ce projet, la basse de Kelly change radicalement de texture pour adopter un style plus rond, proche du « Western Twang ». Il délaisse la saturation habituelle pour une esthétique country-western, tout en conservant l'énergie punk qui l'anime depuis ses débuts. Aux prémices du groupe, Kelly privilégiait d'ailleurs souvent une basse acoustique pour obtenir un son plus dépouillé et mobile. Son jeu se fait plus spatial et précis, offrant une assise mélodique qui laisse respirer la voix de Jenny tout en garantissant ce « drive » soutenu et caractéristique du cowpunk.

Kelly Halliburton est un puriste du son "direct". On le voit souvent avec des instruments robustes capables de supporter les rigueurs des tournées mondiales intensives. Que ce soit sur ses Fender Precision Bass ou ses configurations plus spécifiques pour le punk, il privilégie la fiabilité.

Son approche est indissociable de son métier : il a travaillé dans la construction pendant 20 ans, gérant sa propre entreprise tout en tournant à travers le globe. Cette rigueur se ressent dans son jeu : rien n'est superflu, chaque note est là pour construire la structure de la chanson.

À 55 ans, Kelly Halliburton continue de parcourir le monde, que ce soit avec les Spurs ou lors de collaborations avec ses anciens compères (il tourne encore régulièrement avec Toody Cole). Il incarne ce bassiste qui ne cherche pas la lumière des projecteurs, mais sans qui le mur du son s'effondrerait.

Joyeux anniversaire à ce pilier de la basse DIY !

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