En ce 17 janvier, le monde de la musique célèbre l'anniversaire d'une artiste dont le groove est indissociable d'une profonde humanité. Née en 1975 à Tiassalé, en Côte d'Ivoire, Joyce Tape s'est imposée comme une figure incontournable du « Blues africain », une esthétique où la basse électrique rencontre les traditions ancestrales.
Issue d'une famille de griots, de cultivateurs et de commerçants, Joyce est initiée au chant dès son plus âge par sa mère. Cependant, son parcours académique l'oriente d'abord vers les arts visuels. À 15 ans, elle intègre le lycée d'enseignement artistique des Beaux-Arts d'Abidjan, où elle se spécialise dans la photographie.
C'est parallèlement à ses études d'art qu'elle fait une rencontre déterminante avec son instrument de prédilection : la guitare basse. Elle fait ses armes au sein de l'Orchestre National de la Marine d'Abidjan, une école de rigueur et de discipline qui forgera son jeu solide et sa compréhension du rythme.
Avant de se consacrer entièrement à la musique, Joyce Tape mène une carrière de photographe engagée. Son diplôme en poche, elle parcourt la Côte d'Ivoire pour documenter la vie des paysans du cacao. En 2001, elle s'installe en France pour exposer son travail, témoignant des difficultés sociales à travers son objectif. Mais l'appel de la musique est trop fort. Après avoir collaboré avec des artistes comme Aldebert (sur le titre L’Homme Songe en 2006), elle décide de reprendre sa basse pour porter ses propres messages.
Le style de Joyce Tape est un mélange de tradition ivoirienne et d'influences occidentales. Sa carrière prend un tournant décisif en 2012 lors de sa rencontre avec le bluesman malien Boubacar Traoré. Ensemble, ils lancent le projet « Dongri-Niman », une initiative culturelle visant à diffuser le blues et la culture africaine à travers des concerts et des interventions scolaires.
Elle collaborera plus tard avec d'autres géants, tels que Vieux Farka Touré au Mali ou le maître Gnawa Abdellah El Gourd au Maroc, prouvant que la basse peut être le pont entre les différentes cultures du continent.
| Année | Album | Description / Particularité |
|---|---|---|
| 2008 | Mogobé | Premier album qui pose les bases de son univers métissé. |
| 2012 | Hélène | Hommage à sa mère disparue, où l'émotion transparaît dans chaque ligne de basse. |
| 2015 | Niman | Signifiant « la musique va plus loin que les mots », marque sa collaboration avec Boubacar Traoré. |
| 2021 | Wlouha - Je Revis ! | Célébration de la rencontre humaine (Mali, Maroc, France) avec des invités comme Vieux Farka Touré. |
En tant que bassiste, Joyce Tape privilégie un jeu qui sert avant tout la mélodie et le texte. Dans ses formations (souvent en duo, trio ou quartet), elle occupe une place centrale, assurant à la fois le socle rythmique et le chant lead. Son approche du blues n'est pas une simple imitation du delta blues américain, mais une réappropriation des rythmes africains, rappelant que les racines de cette musique plongent profondément dans le sol qu'elle a arpenté toute sa jeunesse.
Aujourd'hui, installée en France mais toujours connectée à ses racines, elle continue de transmettre sa passion à travers des festivals comme Cognac Blues Passions ou via son association Benkadi.
Joyeux 51e anniversaire, Joyce Tape !
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