En ce 17 janvier, la communauté des bassistes et les passionnés de metal extrême célèbrent ce qui aurait été le 58e anniversaire de Scott Clendenin. Bien que son nom soit parfois éclipsé par les géants comme Steve DiGiorgio dans la chronologie de Chuck Schuldiner, Clendenin occupe une place pivot et singulière dans l'histoire du metal technique.
Disparu prématurément le 24 mars 2015 à l'âge de 47 ans, il reste l'homme qui a ancré la basse sur l'ultime chef-d'œuvre de Death : The Sound of Perseverance. Pour votre blog dédié à la quatre cordes, nous revenons sur le parcours, la technique et le matériel de ce musicien au jeu de fer.
Né en 1968 à Titusville en Floride, Scott Clendenin évolue dans le creuset fertile de la scène death metal floridienne des années 90. Sa rencontre avec Chuck Schuldiner se fait par l'intermédiaire du batteur Chris Williams. À cette époque, Chuck souhaite s'éloigner de la brutalité pure de Death pour explorer un metal plus mélodique et progressif avec son projet Control Denied.
Clendenin intègre les premières répétitions de Control Denied dès 1996. Cependant, en raison d'obligations contractuelles, Chuck doit sortir un dernier album sous le nom de Death avant de lancer son nouveau projet. Scott Clendenin se retrouve alors propulsé au poste de bassiste pour ce qui deviendra l'album testament de la formation : The Sound of Perseverance (1998).
Prendre la suite de musiciens comme Steve DiGiorgio ou Kelly Conlon n'était pas une mince affaire. Pourtant, Clendenin a su imposer une signature sonore radicalement différente, plus percutante et "rock" dans son attaque.
Contrairement à la fluidité jazz de DiGiorgio, Clendenin privilégiait une attaque franche au médiator. Ce choix permettait de définir les notes avec une précision extrême au milieu des riffs frénétiques de Shannon Hamm et des lignes de batterie complexes de Richard Christy. Sur des titres comme Scavenger of Human Sorrow, la basse ne se contente pas de suivre la guitare ; elle claque, elle gronde et elle souligne les changements de signatures rythmiques (passant du 9/8 au 6/8 avec une aisance déconcertante).
L'album est principalement enregistré en Ré standard (D Standard). Le son de Scott sur ce disque est caractérisé par un haut-médium très présent et des basses "creusées" (scooped), offrant une clarté nécessaire pour percer dans un mixage très dense.
Un fait souvent méconnu : Scott Clendenin n'était pas seulement bassiste. On peut l'entendre à la guitare acoustique sur le légendaire morceau instrumental Voice of the Soul, prouvant sa versatilité et sa sensibilité musicale au-delà de la puissance du death metal.
Pour les lecteurs de votre blog, voici un récapitulatif des outils qui ont forgé le son de Clendenin :
| Type | Modèle / Marque | Détails & Usage |
|---|---|---|
| Basses | Ibanez SR-05 (5 cordes) | Sa basse principale pour les tournées de 1998 (ex: Dynamo Open Air). |
| B.C. Rich Mockingbird | Forme iconique qu'il a arborée à plusieurs reprises sur scène. | |
| Rickenbacker 4003 | Utilisée pour son "growl" caractéristique, idéale avec un jeu au médiator. | |
| Amplification | Ampeg SVT-Classic & SVT-810E | Tête à lampes et baffle 8x10 pour un rendu massif et physique. |
| Effets | Chorus léger | Utilisé avec parcimonie sur les solos ou sections mélodiques. |
Après la sortie de The Sound of Perseverance, Clendenin continue avec Chuck pour les premières sessions de Control Denied. Bien que Steve DiGiorgio soit finalement revenu pour enregistrer les parties de basse de l'album The Fragile Art of Existence, Clendenin reste crédité et présent sur de nombreuses démos et lors de la genèse des morceaux.
Après la mort de Chuck Schuldiner en 2001, Scott s'est fait plus discret, luttant contre des problèmes de santé chroniques. Cependant, il est revenu sur le devant de la scène en 2012 et 2013 pour participer aux tournées hommage Death To All (DTA), permettant à une nouvelle génération de fans de découvrir son jeu sur scène.
Le décès de Scott Clendenin en 2015 a marqué la fin d'une époque. Eric Greif, l'ancien manager de Death, l'avait décrit comme un "musicien talentueux et un homme d'une grande gentillesse".
Aujourd'hui, l'écoute de The Sound of Perseverance suffit à comprendre son importance. Scott n'a pas seulement "joué de la basse" ; il a apporté une rigueur et une agressivité contrôlée qui ont permis à l'ultime vision de Chuck Schuldiner de prendre vie. Pour tout bassiste de metal, son travail sur des morceaux comme Spirit Crusher reste une leçon de mise en place et de gestion de l'énergie.
Bon anniversaire, Scott. Ton "perseverance" résonne encore dans nos amplis.
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