Aujourd'hui, le monde du Metal extrême marque une pause pour saluer l'un de ses pères fondateurs. Le 15 janvier 1963 naissait Conrad Thomas Lant, plus connu sous le pseudonyme de Cronos. Leader, chanteur et surtout bassiste emblématique de Venom, il a non seulement inventé le terme "Black Metal", mais il a aussi redéfini l'usage de la basse dans le rock lourd.
Pour nous, bassistes, Cronos représente bien plus qu'une imagerie occulte ou des paroles provocatrices. Il incarne une approche brute, physique et sans concession de l'instrument. Retour sur la carrière d'un musicien qui a transformé la basse en une arme de destruction massive.
L'histoire de Cronos avec la basse commence par un coup du sort. À l'origine, Conrad Lant rejoint le groupe Guillotine (qui deviendra Venom) en tant que guitariste. Cependant, en 1979, quelques jours seulement avant un concert important dans une église, le bassiste d'origine quitte la formation.
Plutôt que d'annuler, Cronos s'empare de la basse. Ce changement "temporaire" deviendra permanent. Peu de temps après, le départ du chanteur Clive Archer lui permet de prendre également le micro. Le trio infernal — Cronos (basse/chant), Mantas (guitare) et Abaddon (batterie) — est né, prêt à choquer la Grande-Bretagne des années Thatcher avec un son plus sale, plus rapide et plus sombre que tout ce qui existait alors.
Si l'on devait résumer le style de Cronos en deux mots, ce serait "Bulldozer Bass". À une époque où les bassistes de Heavy Metal cherchaient souvent la précision chirurgicale (comme Steve Harris) ou le groove bluesy (comme Geezer Butler), Cronos a choisi une troisième voie : la distorsion totale et le volume maximum.
Jouant quasi exclusivement au médiator avec une attaque agressive, Cronos utilise la basse non pas comme un soutien mélodique, mais comme une extension de la section rythmique tout en doublant les riffs de guitare pour créer un mur de son impénétrable. Sur des albums cultes comme Welcome to Hell (1981) et Black Metal (1982), le son de basse est souvent indiscernable de la guitare tant il est saturé.
Peu de gens le savent, mais Cronos est un passionné de technique. Il a expérimenté avec des basses fretless (ou semi-fretless) pour obtenir des glissements sonores plus inquiétants. Sa formation de graphiste l'a également aidé à concevoir l'esthétique du groupe, prouvant que derrière le chaos se cache un esprit créatif très structuré.
Pour obtenir ce son cataclysmique, Cronos a toujours privilégié des instruments robustes capables de supporter ses performances physiques. Voici un récapitulatif de son arsenal :
| Équipement / Instrument | Description et Particularités |
|---|---|
| Aria Pro II SB-1000 | La basse la plus iconique. Modèle japonais réputé pour sa solidité et son sustain exceptionnel. Utilisée durant les années d'or de Venom. |
| The Behemoth | Modèle customisé par le luthier "Bass Professor". Instrument massif monté avec des cordes de piano pour un son tellurique. |
| Fernandes Tremor | Modèles récents souvent modifiés (frettes supérieures retirées) pour faciliter ses jeux chromatiques rapides. |
| Effets & Distorsion | Utilisation du préampli Tech 21 SansAmp Bass Driver couplé à une pédale de guitare Boss MT-2 Metal Zone pour un grain sale. |
Lorsqu'on écoute les premiers albums de Metallica, Slayer ou Mayhem, l'ombre de Cronos plane sur chaque note. Il a prouvé qu'un bassiste pouvait être le leader charismatique d'un groupe extrême, imposant sa présence autant par son jeu que par son attitude.
Aujourd'hui, à 63 ans, Conrad Lant continue de tourner avec Venom, prouvant que l'énergie du punk-metal est intemporelle. Il reste ce musicien qui, un jour de 1979, a décidé que la basse ne devait plus simplement "accompagner", mais devait écraser tout sur son passage.
Joyeux anniversaire, Cronos ! Que le Bulldozer continue de gronder.
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