Jim Parris, la contrebasse de Carmel (1957-)

Publié le 13 janvier 2026 à 06:16

Moins médiatisé que ses homologues américains, Jim Parris (né le 13 janvier 1957) est pourtant une figure clé de la scène musicale britannique des années 80. Bassiste co-fondateur du groupe Carmel, il a contribué à définir le son de Manchester bien avant l'explosion de l'Acid House ou de la Britpop. Parris est un coloriste. Son jeu, souvent exécuté sur une contrebasse électrique, mélange la soul, le jazz, le gospel et des influences africaines profondes, créant un écrin sophistiqué pour la voix puissante de Carmel McCourt.

La Genèse de Carmel (1981-1990)

Étudiant à la Manchester Polytechnic, Jim Parris rencontre la chanteuse Carmel McCourt et le batteur Gerry Darby (son cousin) au début des années 80. Alors que Manchester est dominée par la New Wave froide et synthétique de Joy Division, le trio Carmel propose une alternative organique et chaude. Leur premier single, "Storm" (1982), atteint le sommet des charts indépendants. Parris ne se contente pas de jouer de la basse ; il co-écrit la majorité des titres et participe activement à la production. L'album The Drum Is Everything (1984) et surtout The Falling (1986) connaissent un succès immense en Europe, particulièrement en France où le groupe acquiert un statut culte avec le tube "Sally".

L'Intellectuel du Rythme

Après les années de succès commercial, Parris a continué à explorer la musique sous un angle plus académique et anthropologique. Passionné par les polyrythmies africaines, il a entrepris des recherches approfondies qui l'ont mené à obtenir un Doctorat (PhD) à l'Université de Central Lancashire en 2021. Sa thèse porte sur l'art et l'esthétique traditionnels africains. Cette démarche intellectuelle nourrit son jeu de basse, qui privilégie la répétition hypnotique et la transe (héritage des musiques rituelles) plutôt que la complexité harmonique occidentale. Il collabore également au projet Nzi Dada avec l'artiste camerounais Xumo Nounjio, fusionnant basse électrique et percussions ancestrales.   

Dans la configuration en trio de Carmel (souvent sans guitare), la basse de Parris a la lourde responsabilité de combler tout l'espace harmonique.

Parris est l'un des rares bassistes pop des années 80 à utiliser une contrebasse électrique verticale sur scène. Cela donne au groupe une signature visuelle forte et un son unique : une attaque boisée, un sustain court ("thump") et une rondeur qui enveloppe la voix.

Sur des titres comme "More More More", sa ligne de basse est le véritable "hook" (crochet) de la chanson. Il utilise fréquemment des doubles-stops (accords) et des arpèges dans le registre aigu pour simuler une guitare rythmique, tout en conservant une assise basse solide.

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