Aujourd'hui, John Lamb, Le Pilier de Duke Ellington (1933-)

Publié le 29 novembre 2025 à 15:32

Tenir la baraque derrière le piano de Duke Ellington. C'est la tâche herculéenne qu'a relevée John Lamb, né un 29 novembre 1933. Durant trois années cruciales (1964-1967), ce natif de Floride a injecté une dose de modernité et de puissance tellurique dans l'un des plus grands orchestres de l'histoire du jazz. Mais saviez-vous que ce géant de la contrebasse a commencé sa carrière... au tuba?

L'histoire de John Lamb est celle d'une transmutation. Tubiste de formation, il passe à la contrebasse presque par hasard lors de son service militaire. De son premier instrument, il a gardé une approche unique : pour Lamb, chaque note doit avoir du poids, du souffle. Il ne pince pas simplement les cordes ; il projette le son comme un soufflant. Cela donne à son jeu une assise, une rondeur et une précision d'attaque qui sont devenues sa signature.

Si vous cherchez la masterclass ultime de John Lamb, mettez votre casque et lancez le titre "Ad Lib on Nippon" de l'album The Far East Suite. C'est son moment de gloire. Le morceau s'ouvre sur un solo de basse magistral. Lamb commence à l'archet (arco) avec une gravité poignante, avant de passer à un pizzicato véloce, dialoguant d'égal à égal avec le Duke. Il ne se contente pas d'accompagner ; il tisse des mélodies, utilise tout le manche, et prouve que la contrebasse peut être aussi expressive qu'un saxophone. Sa capacité à "swinguer" tout en naviguant dans les structures complexes d'Ellington est tout simplement bluffante.

Contrairement à beaucoup qui s'accrochent aux projecteurs jusqu'à l'épuisement, Lamb a choisi de quitter la route pour se consacrer à l'enseignement en Floride. Il a formé des générations de musiciens (dont le célèbre Alphonso Johnson!), transmettant non seulement sa technique, mais sa philosophie de l'humilité et du travail.

À 90 ans passés, John Lamb joue toujours. Il est la définition vivante du "Pocket Player" : celui qui ne joue jamais une note de trop, mais dont chaque intervention est indispensable. Pour tout bassiste qui veut comprendre comment faire "tourner" un orchestre, John Lamb est la bible.

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