Aujourd'hui, Ashley Ingram, l'âme de la Brit-Funk (1960–)

Publié le 27 novembre 2025 à 16:27

Ashley Ingram, né le 27 novembre 1960 à Northampton (Royaume-Uni), représente l'élégance et la sophistication de la basse des années 80. Cofondateur du trio Imagination avec le chanteur Leee John et le batteur Errol Kennedy, Ingram a été l'architecte sonore d'un style qui a défini une époque : la "Brit-Funk" ou post-disco.   

Issu d'une famille d'origine jamaïcaine, Ingram a fait ses classes dans les églises gospel, un terrain d'apprentissage crucial pour développer son sens de l'harmonie et du "call and response" (appel et réponse). Multi-instrumentiste (il jouait aussi de la guitare et du piano), il a approché la basse non seulement comme un instrument rythmique, mais comme un outil de composition mélodique. Après la séparation d'Imagination, il a confirmé son talent de compositeur en co-écrivant le tube planétaire "You Gotta Be" pour la chanteuse Des'ree, prouvant que son sens du groove servait avant tout la chanson.   

L'apport d'Ingram à la basse est indissociable de la révolution technologique du début des années 80. À cette époque, les synthétiseurs de basse (Moog, Roland) commençaient à remplacer les bassistes traditionnels dans la musique de danse. Ingram a choisi de ne pas lutter, mais de fusionner.

Le son d'Imagination est souvent qualifié de "slinky" (sinueux, félin). Ingram épurait ses lignes à l'extrême.   

Analyse de "Just An Illusion" : La ligne de basse de ce tube est mythique. Elle est répétitive, hypnotique, et jouée avec une précision métronomique. Ingram utilise souvent un son de basse fretless (sans frettes) ou un synthé-basse doublé, créant un glissando caractéristique qui donne cette sensation de "flottement" spatial. C'est une basse qui ne "cogne" pas comme le funk des années 70, mais qui "ronronne" et enveloppe le spectre sonore.   

Contrairement aux démonstrations pyrotechniques de Mark King (Level 42) à la même époque, le slap d'Ingram était décoratif et sensuel. Il utilisait le tiré (pop) pour accentuer les temps faibles, ajoutant une brillance percussive qui tranchait avec les nappes de synthétiseurs sombres.  

Ingram composait les chansons à partir de la ligne de basse. Sur "Body Talk", la basse est littéralement le chant principal pendant les parties instrumentales. Elle porte la mélodie, libérant le chanteur Leee John pour ses falsettos aériens.

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