Souvenir, Bob Babbitt la basse Motown de l'ombre (1937-2012)

Publié le 27 novembre 2025 à 15:25

Aujourd'hui, gravebasse.com célèbre la naissance d'un géant. Né le 26 novembre 1937, Bob Babbitt (de son vrai nom Robert Kreinar) n'est peut-être pas un nom que le grand public reconnaît instantanément, mais ses lignes de basse sont gravées dans l'inconscient collectif de la planète. Membre des mythiques Funk Brothers, il est la fondation rythmique sur laquelle reposent des chefs-d'œuvre de Stevie Wonder, Marvin Gaye et The Spinners.

Venu de la contrebasse classique et élevé dans les rythmes de la musique tzigane à Pittsburgh, Babbitt a atterri à Detroit pour devenir l'un des rares musiciens blancs à s'imposer au cœur de la machine Motown. Si James Jamerson est le père spirituel de la basse moderne, Babbitt en est le pilier inébranlable. Son style? Plus "assis", plus sombre, et d'une précision métronomique.

C'est lui que l'on entend sur l'hypnotique "Inner City Blues" de Marvin Gaye. Ce son sourd, percussif, presque étouffé? C'est la signature Babbitt : une Fender Precision, des cordes filées plat (Flatwounds) La Bella qui n'étaient presque jamais changées, et souvent, une simple éponge coincée sous les cordes au niveau du chevalet pour tuer la résonance.

Mais le sommet de sa carrière reste sans doute le morceau instrumental "Scorpio" de Dennis Coffey (1971). À une époque où les solos de basse étaient rares à la radio, Babbitt balance une séquence de doubles croches furieuse qui servira de test d'entrée pour tous les bassistes de Detroit pendant des années.

Après l'ère Motown, il a migré vers Philadelphie pour définir le son "Philly Soul" (MFSB), prouvant qu'il pouvait passer du Funk brut au Disco orchestral avec une aisance déconcertante. Disparu en 2012, Bob Babbitt reste le modèle absolu du musicien de studio : au service de la chanson, toujours dans la poche, éternellement indispensable.

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