À une heure de Budapest, sur les bords du Danube, Balázs Mihályi façonne depuis plus de trente ans des basses qui pensent d'abord en acousticien. Portrait d'un atelier discret, devenu une référence de la lutherie basse d'Europe centrale.
Derrière ce nom latin Blasius se cache un homme, Mihályi Balázs — Balázs Mihályi dans l'ordre occidental —, bassiste avant d'être luthier, fils de menuisier, et artisan d'une conviction simple : une basse électrique doit d'abord fonctionner comme un instrument acoustique. Les micros et le préampli viennent après. Le bois, lui, ne ment pas.
La devise de la maison, Soul in Wood, pourrait passer pour un slogan de catalogue. En se penchant sur les instruments, on découvre qu'elle résume au contraire une méthode de travail très concrète : sélection et empilement des essences, géométrie de manche, jonction profonde, électronique conçue pour préserver la voix naturelle de l'instrument plutôt que pour la fabriquer.
Un bassiste par accident, un luthier par nécessité
Comme beaucoup de bassistes, Balázs Mihályi est arrivé à l'instrument par la porte de service. Il apprenait la guitare lorsque son groupe s'est retrouvé sans bassiste. Il achète alors une basse bon marché, et c'est le coup de foudre. Cette première basse devient aussi son premier chantier : un modèle maladroitement converti en fretless, dont il retire les restes de frettes, comble les fentes avec du bois, ponce et refinit la touche. Sans le savoir, il vient de signer sa première intervention de luthier.
Le terrain était favorable. Son père est menuisier, et le jeune Balázs grandit avec un atelier de travail du bois entièrement équipé à portée de main. Parallèlement, il étudie la basse pendant de longues années, avec une figure tutélaire évidente : Jaco Pastorius. On comprend mieux, à la lumière de cette double influence — l'établi paternel et le fretless de Jaco —, la place qu'occupent dans son travail la résonance du bois et la sensation sous les doigts.
Avant qu'Internet ne mette toute l'information du monde à portée de clic, la veille technologique se faisait en car. Balázs et ses compagnons se rendent régulièrement aux grands salons allemands, à commencer par le Musikmesse de Francfort. Ils y étudient les grandes marques internationales, rapportent des sacs entiers de catalogues, et c'est à partir de ces documents que Balázs construit sa toute première basse. Une histoire typique de la lutherie d'Europe de l'Est des années 1980 et 1990 : peu d'accès aux pièces et aux plans, beaucoup d'ingéniosité.
Le luthier cite volontiers les musiciens qui l'ont accompagné et inspiré sur ce chemin : Pál Vasvári, György Szappanos, Béla Lattmann, Berci Temesi et Attila Fehérvári. Autant de noms de la scène hongroise dont les exigences ont façonné l'artisan.
L'époque RÉ
Le premier chapitre professionnel s'écrit dans les années 1990, aux côtés de Zoltán Szőke-Tasi, sous la marque RÉ. Les deux hommes construisent guitares et basses pour de nombreux musiciens. Après la disparition de Zoltán, Balázs traverse une période de réflexion avant de lancer sa propre enseigne.
2008 : naissance de Blasius
Le nom est tout trouvé : Blasius est la forme latine de Balázs (l'équivalent de notre Blaise). Les premiers instruments sous cette marque voient le jour en 2008, et dès 2010–2011 la jeune marque expose au Musikmesse de Francfort — retour symbolique dans le salon où tout avait commencé, cette fois de l'autre côté du stand.
L'atelier est installé à Nyergesújfalu, petite ville du comitat de Komárom-Esztergom, sur la rive hongroise du Danube, entre Budapest et Győr. Selon l'atelier lui-même, plusieurs centaines d'instruments en sont sortis en plus de trois décennies d'activité, chacun nourrissant l'expérience du suivant.
repères
- Fondateur : Balázs Mihályi (Mihályi Balázs)
- Années 1990 : guitares et basses sous la marque RÉ, avec Zoltán Szőke-Tasi
- 2008 : premiers instruments Blasius
- 2010–2011 : présence au Musikmesse de Francfort
- 2017 : début de la collaboration avec Tamás Kőrös, qui aboutira au modèle KT en 2023
- Atelier : Nyergesújfalu, Hongrie
- Spécialité : basses électriques sur mesure, 4, 5 et 6 cordes
Une équipe, ou un homme ?
En 2019, le magazine britannique Bass Player présentait Blasius comme un trio de luthiers et donnait la parole à un certain Péter Gáspá, qui disait fabriquer des basses depuis une trentaine d'années. Le site actuel de la marque, lui, raconte une histoire entièrement centrée sur Balázs Mihályi, désigné comme fondateur et maître luthier, et c'est son nom qui apparaît comme responsable de l'entreprise. Les orthographes des noms dans l'article de 2019 semblent par ailleurs approximatives. Nous nous en tenons ici au récit officiel de l'atelier.
La philosophie : l'acoustique d'abord
Avant les micros, avant le préampli, avant la chaîne de signal, l'instrument lui-même doit fonctionner.
C'est le cœur du discours Blasius, et il est cohérent d'un bout à l'autre de la fabrication. Le choix et la combinaison des bois, les méthodes d'assemblage et les matériaux visent d'abord à obtenir un corps résonant, naturellement équilibré, doté d'un caractère propre. L'électronique vient ensuite, avec une mission précise : préserver cette voix naturelle tout en offrant au musicien la liberté de la modeler, des sons organiques et transparents jusqu'aux timbres franchement modernes.
Deuxième pilier : l'ergonomie. Formes et galbes de la caisse, profil du manche, équilibre, accès aux aigus — tout est pensé pour les longues sessions de studio, les répétitions et les concerts. L'atelier le formule ainsi : un bon instrument ne doit jamais se mettre entre le musicien et ses idées.
Troisième pilier, plus rarement mis en avant par les fabricants : la durabilité. La finition est conçue pour protéger le bois tout en laissant son caractère visible, et chaque décision, du choix des planches au réglage final, est prise en pensant aux décennies de jeu à venir. On verra plus loin que cela se traduit par un détail technique rarissime : la tige de réglage remplaçable.
En 2019, l'équipe expliquait aussi à Bass Player privilégier autant que possible les essences poussant en Hongrie, par souci environnemental, plutôt que les bois exotiques, et intégrer de la fibre de carbone laminée entre les couches de bois pour rigidifier les manches. Elle décrivait également une politique de porte ouverte : le client peut suivre la construction de sa basse, de la sélection des bois au choix de l'électronique.
Anatomie d'une Blasius
Si le catalogue compte plusieurs formes de caisse, toutes partagent un socle technique commun, détaillé avec une précision appréciable sur le site de la marque. C'est là que se lit vraiment la personnalité de l'atelier.
Configurations
Les instruments existent en 4, 5 et 6 cordes, en manche vissé (bolt-on) comme en manche traversant (neck-through). Outre les diapasons traditionnels, Blasius propose deux options multiscale (frettes en éventail) : 36–34" et 37–34". Des versions headless complètent l'offre pour les amateurs d'approches plus radicales.
Corps multilaminés
Les caisses peuvent être construites en plusieurs couches d'essences différentes, assemblées autant pour leurs qualités mécaniques et sonores que pour l'effet visuel. Cette stratification permet de régler le caractère, la réponse et le poids de l'instrument. Les formes existantes sont elles-mêmes adaptables : version single-cut, galbe retouché pour une question de confort, tout est discutable.
Un manche incliné, pensé pour le slap
Le manche est monté avec un angle étudié par rapport au corps. Résultat annoncé : une sensation plus ferme et plus tenue sous les doigts, et des cordes plus proches de la table en fin de touche. Un détail qui parlera aux slappeurs, pour qui cette proximité offre un point d'appui naturel au pouce et aux doigts.
Profil fin, radius composé
Blasius revendique des manches minces et une action basse. Les cotes sont publiées : 19 mm d'épaisseur à la première case, 22 mm à la douzième. La touche adopte un radius composé qui évolue de 400 mm au sillet à 500 mm à la 22e case — plus bombé dans les positions basses pour le confort de la main, plus plat dans les aigus pour les passages rapides et les bends.
Manche multiplis renforcé carbone et jonction profonde
Tous les manches sont multilaminés et renforcés de fibre de carbone, pour la rigidité, la stabilité et la transmission des vibrations. Sur chaque modèle, le talon pénètre profondément dans le corps, jusqu'à la zone des micros. Les points de fixation peuvent ainsi être reculés, dégageant l'accès à toute la longueur jouable du manche. Une solution qui combine une partie des avantages du manche traversant (surface de contact, accès aux aigus) avec la modularité du vissé.
La tige de réglage remplaçable
C'est peut-être le détail le plus intéressant de toute la fiche. Sur la plupart des basses, une tige de réglage cassée ou foirée impose de décoller la touche : une réparation lourde, coûteuse et invasive. Chez Blasius, le canal de la tige est fraisé jusqu'au bout du manche, malgré la jonction profonde, ce qui permet de retirer et remplacer la tige sans démonter le manche. Une assurance-vie pour l'instrument, cohérente avec le discours sur la longévité.
Sillet : frette zéro ou « Single Nut »
Au sillet, deux options. Soit une frette zéro classique, soit le système maison Single Nut, dans lequel la hauteur de chaque corde est réglable individuellement. L'intérêt : ajuster finement le premier tiers du manche selon le tirant des cordes, l'attaque (doigts ou médiator) et la dynamique du jeu, là où un sillet traditionnel impose un compromis figé.
Accastillage
L'atelier reste ouvert à toute demande, mais sa combinaison de prédilection associe des mécaniques Hipshot Ultralite à des chevalets ETS réalisés sur mesure, retenus pour leur fiabilité, leur précision et leur légèreté. Les instruments plus anciens recensés dans la presse montrent aussi des mécaniques Schaller et un chevalet de type 3D.
Électronique « sans limites »
Côté électronique, Blasius peut monter pratiquement n'importe quelle configuration de micros et de préampli. Au fil des années, on a croisé dans ses instruments des micros Bartolini, Woodhead ou Sublime, et une électronique Noll. Mais l'option phare reste un préampli Zolkow développé spécifiquement pour Blasius. Sa particularité : un système de balance active qui conserve clarté et définition lors du mélange des micros, et un réglage indépendant du niveau de sortie de chaque micro. De quoi rééquilibrer finement deux capteurs de natures différentes, un humbucker et un simple bobinage par exemple.
Les bois
La palette va des essences traditionnelles aux bois torréfiés, à la fibre de carbone et aux constructions hybrides. Les instruments documentés dans la presse spécialisée témoignent de combinaisons ambitieuses : frêne, érable et noyer pour une caisse en huit pièces ; amarante et érable pour un manche en neuf plis ; érable, padouk et noyer en sandwich ; bubinga, érable flammé, ébène, ovangkol.
Fiche technique commune
- Cordes : 4, 5 ou 6
- Construction : manche vissé ou traversant, versions headless
- Diapasons : traditionnels + multiscale 36–34" et 37–34"
- Manche : multiplis, renfort carbone, jonction profonde jusqu'aux micros, angle de manche
- Profil : 19 mm (case 1) / 22 mm (case 12)
- Radius : composé, 400 → 500 mm (case 22)
- Tige de réglage : démontable et remplaçable
- Sillet : frette zéro ou Single Nut réglable corde par corde
- Accastillage préféré : Hipshot Ultralite + chevalet ETS sur mesure
- Électronique préférée : préampli Zolkow custom, balance active, niveau réglable par micro
Les modèles : chaque forme a son histoire
Le catalogue Blasius compte huit formes de caisse. Particularité notable : plusieurs d'entre elles ont été dessinées avec, ou par, des bassistes de la scène hongroise. L'atelier ne se contente pas de signer des endorsements, il fait des musiciens des co-concepteurs.

Bali — là où tout a commencé
Le Bali est la toute première forme originale de la marque. Caisse légèrement réduite pour limiter le poids, corne supérieure allongée pour un équilibre stable dans toutes les positions, debout comme assis. C'est aussi le modèle qui a fait connaître Blasius hors de Hongrie. MusicRadar a testé un Bali cinq cordes équipé de micros Bartolini, vendu alors un peu moins de 2 500 £, et l'a jugé excellent : son organique et vibrant, résonance perceptible dans le corps, bon sustain et grande jouabilité, avec un léger penchant vers la tête comme seule réserve. No Treble a de son côté présenté un Bali fretless quatre cordes à caisse en huit pièces (frêne, érable, noyer), manche vissé en neuf plis amarante/érable, touche ébène, micros Woodhead et électronique Noll à cinq potentiomètres.

Kata — le vaisseau amiral
Le Kata vise une esthétique boutique contemporaine sans sacrifier le confort : courbes fluides, caisse soigneusement galbée, équilibre dans toutes les positions et accès libre à toute la touche. Il existe notamment en version headless, que No Treble a décrite : manche traversant en cinq plis érable/padouk/noyer, ailes en bubinga, érable et érable flammé, touche ébène avec filets padouk et érable, 22 frettes inox, humbuckers Sublime sur mesure, préampli Zolkow trois bandes et chevalet-accordeur ETS. Le bassiste budapestois Vince Bartók, diplômé de l'Académie Franz-Liszt, compte un Kata 5 cordes parmi ses instruments principaux.

Berci — l'outil du musicien de session
Développée autour des idées de Berci Temesi, ami de longue date de l'atelier, cette basse répond aux besoins d'un musicien professionnel qui doit tout jouer. Et Temesi a de quoi parler : deux Fonogram Awards, un prix Artisjus, le prix spécial de la Fédération hongroise de jazz, et une discographie revendiquée de 134 albums et plus de 1 400 enregistrements publiés. Il siège aussi au conseil de surveillance du Conseil international de la musique (IMC), basé à Paris. Son modèle est compact, léger, avec une caisse aux galbes très travaillés pour rester confortable pendant les longues sessions.

AKM — l'offset et la quête du si grave
Dessinée par Miklós Anga-Kis, membre fondateur de Subscribe — groupe phare du rock et du metal moderne hongrois, récompensé d'un Fonogram en 2008 —, puis initiateur du projet pop-rock USEME, l'AKM part d'une silhouette inspirée de la Jaguar pour la transformer en basse moderne. Longue corne supérieure qui s'étire vers la jonction pour l'équilibre, corne inférieure courte pour libérer les dernières cases. Surtout, l'AKM a joué un rôle clé dans l'histoire de l'atelier : la recherche obstinée de Miki pour un si grave le plus tendu, puissant et articulé possible a directement poussé Blasius vers ses premiers instruments multiscale et des diapasons plus longs. C'est aussi lui qui a dessiné la tête utilisée sur les modèles multiscale de la marque.

KT — le croisement Kata × Bali
Bassiste de Wellhello, Magashegyi Underground et Zóra, enseignant et auteur de musique originale sous le nom Koroes Collective, Tamás Kőrös collabore avec Balázs Mihályi depuis 2017. De ce dialogue est né en 2023 le KT, qui fusionne les formes Kata et Bali. Cornes fines et relevées pour une silhouette dynamique et un poids réduit, découpes sur le bord inférieur pour alléger encore et mieux épouser le corps, appui d'avant-bras surélevé pour le jeu au médiator, et galbe inférieur plus profond pour une position assise naturelle. Une basse de musicien polyvalent, très pensée.

Oldstone — le Jazz Bass revu par Blasius
Créée à la demande des clients, l'Oldstone reprend la silhouette familière d'une basse de type Jazz pour ceux qui ne veulent pas renoncer à ce look et à cette sensation. Sous le classicisme apparent, on retrouve toute la panoplie maison : jonction profonde, renfort carbone, options multiscale, électronique haut de gamme et bois choisis.

Oldstone G — l'Oldstone qui montre les dents
Imaginée par Gergő Gajer, bassiste et technicien guitare, cette variante allonge subtilement la caisse et retouche ses courbes. Deux objectifs : améliorer l'équilibre en position assise et accueillir plus naturellement le chevalet d'un diapason de 37 pouces. L'ADN « J » est toujours là, mais avec une allure plus affûtée et plus agressive.

Adam — entre tradition et ergonomie
Conçu avec Adam Zdosek, ami et proche collaborateur de l'atelier, le modèle Adam réunit la philosophie ergonomique du Berci et le caractère plus classique de l'Oldstone. Chaque courbe a été placée pour l'équilibre et le confort, tout en conservant une silhouette immédiatement familière.
Commander une Blasius
Blasius ne passe pas par un réseau de revendeurs : on traite directement avec l'atelier, par e-mail (blasiusguitars@gmail.com) ou via le formulaire du site, disponible en anglais et en hongrois. Presque tout est personnalisable : construction, diapason, ergonomie, bois, accastillage, micros, électronique et finition.
Côté budget, l'atelier annonce que la plupart de ses instruments se situent entre 3 000 et 4 000 €, le prix final dépendant des bois, de l'électronique, de l'accastillage et de la finition retenus. Pour une basse entièrement sur mesure, conçue par un atelier de cette expérience et intégrant des solutions comme la tige remplaçable ou le Single Nut, c'est un positionnement très raisonnable face aux grands noms de la lutherie boutique occidentale. La page « In Stock » du site permet de repérer d'éventuels instruments finis disponibles immédiatement ; elle était vide à la date de rédaction de cet article.
Notre regard
Ce qui frappe chez Blasius, c'est la cohérence. Le discours sur l'acoustique, l'ergonomie et la longévité n'est pas un vernis marketing : il se traduit en cotes publiées, en choix de construction défendables et en quelques idées réellement originales. La tige de réglage remplaçable sans démontage de la touche est le genre de détail que l'on n'apprécie qu'au bout de vingt ans, et c'est précisément pour cela qu'il en dit long sur l'état d'esprit de l'atelier. Le Single Nut et le préampli Zolkow à niveaux indépendants témoignent d'une même obsession du réglage fin.
L'autre singularité, c'est l'ancrage dans une communauté. Une large partie du catalogue est née de conversations avec des bassistes en activité, et l'évolution de la gamme — le multiscale né de la quête d'un si grave parfait, le KT né de six ans de collaboration — raconte une lutherie qui avance avec ses musiciens plutôt que contre eux.
Reste une marque encore confidentielle en France, éclipsée par les grands noms allemands, britanniques ou américains. Pour le bassiste qui cherche un instrument sur mesure, techniquement sérieux et à un tarif contenu, la Hongrie de Balázs Mihályi mérite largement le détour. Et pour les amateurs de fretless, l'histoire elle-même est un clin d'œil : tout a commencé par une touche sans frettes qu'il fallait sauver.
Sources
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Blasius Guitars, site officiel — pages Accueil, About us, Our instruments, In Stock, Contact : blasiusguitars.com
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Hywel Davies, « Bass of Tomorrow », Bass Player (UK), février 2019
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« Blasius Bali review », MusicRadar
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« Bass of the Week: Blasius Bali Fretless 4-String », No Treble
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« Bass of the Week: Blasius Guitars Kata 4 Headless », No Treble
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Fiche Blasius Guitars, guitar-list.com (adresse de l'atelier)
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Profil de Vince Bartók, SoundBetter
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