Richard Bona - Joe Zawinul, Pat Metheny Group, Mandekan Cubano (1967 - )
Bona Penda Nya Yuma Elolo, devenu Richard Bona, naît à Minta, au Cameroun, au sein d'une famille de musiciens : son grand-père est griot et percussionniste, sa mère chanteuse. Il joue du balafon dès quatre ans, chante à l'église de son village à cinq et, faute de moyens, fabrique lui-même ses premiers instruments, dont une guitare de fortune. Installé à Douala, il écume les clubs de la ville et monte un premier orchestre pour un club de jazz tenu par un Français, qui lui fait découvrir le jazz et surtout Jaco Pastorius. C'est la révélation qui le fait basculer vers la basse électrique, sur les traces aussi de ses aînés camerounais Jean Dikoto et Vicky Edimo. À vingt-deux ans, il part étudier la musique à Düsseldorf, puis s'installe en France, où il devient l'un des bassistes les plus demandés de la scène parisienne, aux côtés de Manu Dibango, Salif Keita, Didier Lockwood ou Jacques Higelin, sur l'album duquel, Aux héros de la voltige (1994), il joue basse, contrebasse et synthé basse. En 1995, privé du renouvellement de son titre de séjour, il quitte la France et rebondit à New York, où Harry Belafonte l'engage dans son orchestre, avant d'en faire en 1998 le directeur musical de sa tournée européenne. Le voilà aux côtés de Joe Zawinul, de Larry Coryell, des frères Brecker, de Mike Stern, de George Benson, de Branford Marsalis, de Chaka Khan ou de Bobby McFerrin. Son premier album solo, Scenes from My Life (1999), révèle un chanteur à la voix aérienne autant qu'un bassiste virtuose, et Reverence (2001) accueille Pat Metheny et Michael Brecker. En 2002, il rejoint le Pat Metheny Group pour l'album Speaking of Now et sa tournée mondiale, où il tient la basse, chante et joue de la guitare et des percussions. Suivent Munia: The Tale (2003), Tiki (2005), enregistré au Brésil avec Djavan et nommé aux Grammy Awards, le live Bona Makes You Sweat (2008), Bonafied (2013) ou Heritage (2016), virage afro-cubain avec le groupe Mandekan Cubano sur le label de Quincy Jones. Lauréat des Victoires du jazz en 2004 et du Grand prix jazz de la Sacem en 2012, ancien professeur à l'université de New York, il a aussi tenu à Manhattan le club Bonafide, et n'hésite pas à prendre position, comme avec son single Ngarbuh (2020), écrit après un massacre de civils dans son pays natal.
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Glen Moore - Oregon, Paul Winter Consort, Rabih Abou-Khalil (1941 - )
Né à Portland, dans l'Oregon, Glen Moore prend d'abord des cours de piano classique avant de tenir la contrebasse dans l'orchestre de son école et d'apprendre en autodidacte les bases du jazz et de l'improvisation libre. À quatorze ans, il se produit déjà avec les Young Oregonians, aux côtés du saxophoniste amérindien Jim Pepper. Diplômé en histoire et en littérature de l'université de l'Oregon, où il étudie aussi le violoncelle, il ne commence sa formation formelle de contrebassiste qu'après ses études, auprès de maîtres comme Gary Karr à New York, Ludwig Streicher à Vienne ou François Rabbath à Hawaï. C'est à l'université qu'il rencontre en 1960 le guitariste Ralph Towner, compagnon d'une vie musicale. Installés à New York à la fin des années 1960, les deux amis accompagnent le chanteur folk Tim Hardin puis rejoignent le Paul Winter Consort, où ils croisent le hautboïste Paul McCandless et le joueur de sitar et de tablas Collin Walcott. En 1970, les quatre musiciens fondent Oregon, formation pionnière qui fusionne jazz, musique de chambre, improvisation et musiques du monde bien avant que le terme ne soit à la mode. De Music of Another Present Era (1972) à Distant Hills (1973) et Winter Light (1974), de Together (1976), avec Elvin Jones, aux albums ECM des années 1980, comme Crossing (1984) et Ecotopia (1987), puis aux disques Intuition et CAM Jazz, Glen Moore en reste la colonne vertébrale pendant quarante-cinq ans, avant de quitter le groupe en 2015 pour se consacrer à sa propre musique et à sa famille. Son instrument, une contrebasse fabriquée par Klotz dans le Tyrol vers 1715, qu'il accorde de façon personnelle avec une corde de do grave et une corde de do aigu, lui donne un son immédiatement reconnaissable. En dehors d'Oregon, il a enregistré Trios/Solos avec Towner chez ECM, des duos de contrebasses avec David Friesen, le très beau Dragonetti's Dream (1996) en solo, ou Nude Bass Ascending (1999), avec Carla Bley et Steve Swallow, et il a longtemps tourné avec l'oudiste Rabih Abou-Khalil, le pianiste Larry Karush ou la chanteuse Nancy King.
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Timi Hansen - Mercyful Fate, King Diamond (1958 - 2019)
Bassiste danois, Timi Hansen a contribué à écrire l'une des pages les plus influentes de l'histoire du heavy metal. En 1981, il rejoint à Copenhague Mercyful Fate, aux côtés du chanteur King Diamond, des guitaristes Hank Shermann et Michael Denner et du batteur Kim Ruzz. Le groupe publie en 1982 un premier EP, souvent appelé Nuns Have No Fun, puis deux albums devenus des classiques absolus, Melissa (1983) et Don't Break the Oath (1984) : riffs ciselés, structures à tiroirs, chant en falsetto et imagerie occulte y posent les bases d'un metal sombre et théâtral qui marquera durablement le thrash et le black metal, au point que Metallica en reprendra plusieurs morceaux. Dans ce maelström de guitares, la basse de Timi Hansen, jouée exclusivement aux doigts, apporte assise et rondeur. On le surnomme alors « Grabber », du nom de la Gibson G3 Grabber qu'il utilise, un surnom lancé par un vendeur de magasin de musique, et il se produit un temps sous le nom de Timi Grabber avant de revenir à son nom véritable. Lorsque Mercyful Fate se sépare en 1985, il suit King Diamond et Michael Denner dans le nouveau groupe du chanteur, King Diamond, avec lequel il enregistre Fatal Portrait (1986) et le concept-album Abigail (1987), autre pierre angulaire du metal horrifique, avant de quitter l'aventure. En 1992, il participe à la reformation de Mercyful Fate et enregistre In the Shadows (1993), mais, peu désireux de partir en tournée, il cède sa place à Sharlee D'Angelo. Il retrouve pourtant ses anciens complices à plusieurs reprises : pour réenregistrer des titres du groupe destinés à un jeu vidéo d'Activision, puis le 7 décembre 2011, sur la scène du Fillmore de San Francisco, lors des concerts des trente ans de Metallica. En 2019, alors que Mercyful Fate annonce son grand retour sur scène, Timi Hansen doit renoncer, affaibli par la maladie ; Joey Vera le remplace. Il s'éteint le 4 novembre 2019, une semaine après son soixante et unième anniversaire.
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Kenny Passarelli - Joe Walsh, Elton John, Dan Fogelberg (1949 - )
Né à Denver, dans le Colorado, au sein d'une famille américaine d'origine mexicaine et italienne, Kenny Passarelli apprend d'abord la trompette classique avant de se tourner vers la basse à quinze ou seize ans. Au début des années 1970, il devient l'un des membres fondateurs de Barnstorm, le groupe de Joe Walsh, avec lequel il enregistre Barnstorm (1972), The Smoker You Drink, the Player You Get (1973) et So What (1974). Il cosigne surtout Rocky Mountain Way, l'un des plus grands succès de Walsh, devenu un standard du rock américain avec son riff à la slide et sa talk box. Sa réputation de bassiste au groove solide et mélodique lui ouvre alors les portes des plus grands. En 1975, il succède à Dee Murray dans le groupe d'Elton John et joue sur Rock of the Westies (1975) et Blue Moves (1976), tout en enregistrant avec Stephen Stills, sur Stills et The Live Album (1975). Il accompagne aussi Dan Fogelberg, de Souvenirs (1974) à The Innocent Age (1981) et Windows and Walls (1984), et rejoint en 1978 Hall & Oates pour Livetime et Along the Red Ledge, avant de participer à Sacred Songs (1980), l'album solo de Daryl Hall produit par Robert Fripp. Son carnet d'adresses s'étend jusqu'à l'Italie, puisqu'il joue en 1973 sur Non farti cadere le braccia d'Edoardo Bennato, et jusqu'au parolier d'Elton John, Bernie Taupin, dont il accompagne He Who Rides the Tiger (1980). On le retrouve encore aux côtés d'Eric Carmen ou de Yusuf Islam, l'ancien Cat Stevens, sur Roadsinger (2009). Fidèle à ses premières amours, il n'a jamais rompu avec Joe Walsh, qu'il retrouve en studio sur There Goes the Neighborhood (1981) et Analog Man (2012), ainsi que sur scène au sein du Joe Walsh Band. Musicien complet, il joue également du violoncelle et a publié un single sous son nom chez RSO en 1977.
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Marek Błaszczyk - Funk Factory, Walk Away, Ryszard Rynkowski (1958 - 2020)
Né à Wrocław, Marek Błaszczyk commence le piano à cinq ans à l'école de musique de la ville, avant de mener de front des études d'électronique à l'École polytechnique de Wrocław et une intense activité musicale dans les clubs étudiants. De 1977 à 1982, il joue dans les groupes qui animent le Pałacyk, la Rura ou le centre culturel étudiant Fosa, où il devient ensuite instructeur musical. Il cofonde les groupes Pieprz et Mistake of Spy, présents au festival de Jarocin, berceau du rock polonais, et tient la basse dans Terra, Qubee et Easy Rider. Il est surtout l'un des fondateurs de Funk Factory, formation de jazz moderne dirigée par le trompettiste Tadeusz Nestorowicz, lauréate du concours Jazz Juniors en 1983 et dont les morceaux sont enregistrés par la radio polonaise à Wrocław. Musicien de studio recherché, il participe à de nombreux enregistrements, compose pour le théâtre et joue plusieurs années au sein de Poerox, aux côtés du guitariste Waldemar « Ace » Mleczko. Dans la seconde moitié des années 1980, il intègre le big band d'Aleksander Maliszewski, l'Alex Band, qui accompagne les artistes des grands festivals de la chanson d'Opole et de Sopot et se produit jusqu'au festival international du cirque de Monte-Carlo et au célèbre cirque suisse Knie en 1989, puis plus tard au cirque Krone en Allemagne. Il rejoint ensuite l'orchestre Kukla Band, présent sur une quinzaine d'éditions des festivals d'Opole, de Sopot et de Kołobrzeg, et multiplie les enregistrements pour la radio et la télévision. Au début des années 1990, il passe cinq ans au sein de Walk Away, avec lequel il tourne en Pologne et à l'étranger et assure la première partie de Miles Davis lors d'une tournée allemande. On l'entend aussi dans Jacques de Lousse et Second Line, et il accompagne pendant de longues années le chanteur Ryszard Rynkowski, l'une des grandes voix de la variété polonaise. Il s'éteint le 16 janvier 2020 à Walim, en Basse-Silésie.
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