Les Bassistes et Contrebassistes nés un 27 octobre

Publié le 27 octobre 2026 à 07:00

Garry Tallent - E Street Band (1949 - )

Garry Wayne Tallent grandit à Neptune City, sur la côte du New Jersey, et commence la musique au tuba avant de passer à la basse. Au lycée de Neptune, il côtoie deux futurs compagnons de route, le chanteur Southside Johnny et le batteur Vini Lopez, et se forge un jeu nourri de ses trois modèles : James Jamerson, Donald « Duck » Dunn et Paul McCartney. En 1971, il commence à jouer avec un jeune songwriter du coin nommé Bruce Springsteen, au sein de deux premières formations, puis devient en 1972 membre fondateur du E Street Band. Pendant plus d'un demi-siècle, sa basse sobre, chaleureuse et toujours placée au cœur du groove porte les grandes épopées rock de Springsteen, de Greetings from Asbury Park, N.J. (1973) à Born to Run (1975), Darkness on the Edge of Town (1978) ou Born in the U.S.A. (1984), et des marathons scéniques de trois heures devenus légendaires. Surnommé « The Tennessee Terror » depuis une simple traversée de l'État en voiture, il nourrit aussi une passion pour la country et le rockabilly. En 1987, il produit Crying, Waiting, Hoping de Marshall Crenshaw pour la bande originale de La Bamba. Pendant la mise en sommeil du E Street Band dans les années 1990, il s'installe à Nashville, où il ouvre le studio MoonDog, participe au lancement du label D'Ville Record Group et produit des artistes comme Jim Lauderdale, Kevin Gordon ou Steve Forbert. Le groupe reformé, il retrouve sa place et entre avec ses camarades au Rock and Roll Hall of Fame en 2014. Deux ans plus tard, à soixante-six ans, il publie enfin son premier album solo, Break Time, sur son propre label. Sa fidélité est telle qu'il a fallu attendre décembre 2020 et un passage au Saturday Night Live, auquel il renonce par précaution en pleine pandémie, pour le voir manquer pour la première fois un concert du E Street Band.

Lien web : Site officiel de Bruce Springsteen & The E Street Band

Barre Phillips - The Trio, London Jazz Composers Orchestra (1934 - 2024)

Né à San Francisco, Barre Phillips étudie brièvement la contrebasse en 1959 auprès de S. Charles Siani, contrebassiste solo adjoint du San Francisco Symphony, avant de devenir musicien professionnel l'année suivante. Installé à New York en 1962, il enregistre au fil des années 1960 avec Eric Dolphy, Jimmy Giuffre, Archie Shepp, dont il est le contrebassiste sur New Thing at Newport (1965), Lee Konitz, Attila Zoller ou Marion Brown, avant de traverser l'Atlantique en 1967. L'Europe devient alors son terrain d'aventure, et la France sa terre d'adoption : on l'entend sur Magick Brother de Gong (1969), aux côtés de Nino Ferrer ou de Colette Magny, et c'est sur le label Futura qu'il publie en 1968 un enregistrement d'improvisations en solo, connu sous les titres Journal Violone, Unaccompanied Barre ou Basse Barre, généralement considéré comme le tout premier disque de contrebasse seule. En 1971, Music from Two Basses, gravé avec Dave Holland pour ECM, est sans doute le premier disque de duos improvisés pour deux contrebasses. Au sein de The Trio, avec le saxophoniste John Surman et le batteur Stu Martin, il marque le jazz européen des années 1970, avant de devenir un pilier du London Jazz Composers Orchestra de Barry Guy dans les années 1980 et 1990. Installé dans le sud de la France à partir de 1972, il a croisé à peu près toutes les grandes figures de l'improvisation, de Derek Bailey, Evan Parker, Peter Brötzmann et Joëlle Léandre à Paul Bley, Joachim Kühn, Mal Waldron, Bobby McFerrin, Manu Dibango ou le joueur d'oud Munir Bachir. En 1994, il fonde avec le contrebassiste japonais Tetsu Saitoh, né comme lui un 27 octobre, le quartette Fifth Season. Sa discographie chez ECM, de Mountainscapes (1976) à End to End (2018) et Face à Face (2022), témoigne d'une recherche sonore inlassable, faite d'archet, de textures et de silences. Compositeur pour le cinéma, il signe notamment des musiques pour Jacques Rivette (Merry-Go-Round), Robert Kramer (Route One/USA) et David Cronenberg (Le Festin nu, avec Ornette Coleman). Père de la chanteuse Claudia Phillips, dont Quel souci la Boétie fut un tube en 1987, il fonde en 2014 le European Improvisation Center et s'éteint le 28 décembre 2024, à quatre-vingt-dix ans.

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Arild Andersen - Jan Garbarek Quartet, Masqualero, Radka Toneff (1945 - )

Né à Strømmen, près d'Oslo, Arild Andersen est considéré comme le bassiste norvégien le plus célèbre de la scène jazz internationale. Il débute pourtant à la guitare, au sein du Riverside Swing Group de Lillestrøm, de 1961 à 1963, avant d'empoigner la contrebasse en 1964 et de s'imposer très vite au cœur du jazz d'Oslo, dans le trio de Roy Hellvin puis dans l'orchestre maison du festival de Kongsberg. Élu meilleur bassiste par la revue Jazznytt dès 1967, il entre la même année dans le quartette de Jan Garbarek, aux côtés de Terje Rypdal et Jon Christensen, l'une des formations fondatrices du son nordique popularisé par ECM, où il reste jusqu'en 1973. Devenu musicien professionnel en 1968, il joue avec Karin Krog, George Russell et Don Cherry, mais aussi avec les Américains de passage, de Dexter Gordon, Phil Woods et Johnny Griffin à Sonny Rollins, Sheila Jordan, Hampton Hawes ou Chick Corea. Après un séjour mouvementé aux États-Unis durant l'hiver 1973-1974, il dirige ses propres groupes, accompagne la chanteuse Radka Toneff de 1975 à 1981 et grave chez ECM une longue série d'albums en leader, de Clouds in My Head (1975) et Shimri (1977) à Lifelines (1981), avec Kenny Wheeler et Paul Motian, If You Look Far Enough (1992), avec Ralph Towner et Naná Vasconcelos, ou Hyperborean (1997). Il fonde aussi Masqualero, formation saluée par trois Spellemannprisen, et explore le folklore norvégien avec la chanteuse Kirsten Bråten Berg sur Sagn (1990) et Arv (1993). Son jeu, d'une rare beauté de son, mêle lyrisme mélodique et maîtrise de l'archet, et Live at Belleville (2008) a été salué par la critique comme l'un des disques majeurs de sa carrière. Récompensé du titre de musicien européen de l'année 2008 par l'Académie du Jazz, puis de l'Ella Award du festival d'Oslo en 2010, il a enregistré en 2022 Pure and Simple avec le batteur Bob Moses et le guitariste Samo Salamon, et continue de se produire avec son groupe sur les scènes norvégiennes.

Lien web : Site officiel d'Arild Andersen

Dave LaRue - Dixie Dregs, Steve Morse Band, Flying Colors (1956 - )

Bassiste américain d'une précision redoutable, Dave LaRue s'est imposé comme l'un des piliers du rock instrumental et progressif, compagnon de route fidèle du guitariste Steve Morse. Dans les années 1980, il se fait d'abord remarquer aux côtés du claviériste T Lavitz, avec qui il enregistre Extended Play (1984), Storytime (1986) et From the West (1987). En 1988, il rejoint les Dixie Dregs, formation culte où le jazz-rock, le bluegrass, le classique et le rock sudiste se mêlent à grande vitesse, et devient ensuite le bassiste attitré du Steve Morse Band, avec lequel il grave Southern Steel (1991), Coast to Coast (1992), Structural Damage (1995), StressFest (1996) ou Major Impacts (2000). Avec les Dregs, on l'entend sur Bring 'Em Back Alive (1992), Full Circle (1994) et California Screamin' (2000). Son jeu, qui allie la rigueur rythmique nécessaire aux métriques complexes à un groove profond, lui ouvre les portes de la galaxie Dream Theater : il enregistre avec le guitariste John Petrucci, notamment sur Suspended Animation (2005) et Terminal Velocity (2020), avec le claviériste Jordan Rudess (Rhythm of Time, 2004) et au sein de Planet X, le projet de Derek Sherinian, pour Live From Oz (2002), ainsi qu'avec le guitariste Vinnie Moore. De mars à septembre 2006, il accompagne Joe Satriani sur la tournée Super Colossal, immortalisée par Satriani Live!. En 2012, il participe à la naissance du supergroupe Flying Colors, aux côtés de Steve Morse, du batteur Mike Portnoy, du claviériste Neal Morse et du chanteur Casey McPherson, qui publie Flying Colors (2012), Second Nature (2014) et Third Degree (2019). Fidèle aux basses Music Man, il joue des StingRay à cinq cordes avant de passer principalement à la gamme Bongo, à la conception de laquelle il a activement contribué, en versions frettées comme fretless. Il a également signé un album solo, Hub City Kid (1992).

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Alik Granovsky - Aria, Master (1959 - )

Né à Moscou, Alexandre « Alik » Granovsky fait partie des pères fondateurs du heavy metal russe. Enfant, il étudie le violon, le piano et la contrebasse, puis découvre le rock vers treize ans et apprend seul la basse électrique. En 1980, il fonde avec le guitariste Andreï « Kruster » Lebedev le groupe Smeshcheniye, formation largement improvisée dans l'esprit de Rush, Led Zeppelin ou King Crimson, puis rejoint en 1983 le groupe Alfa, où il rencontre le guitariste Vladimir Kholstinine. Les deux hommes rêvent de heavy metal et se retrouvent dans l'ensemble Poyushchiye Serdtsa, dirigé par le producteur Viktor Vekshtein, où arrive bientôt un chanteur nommé Valeri Kipelov. En 1985, ils en tirent un nouveau groupe : Aria. Son premier album, Mania velitchiya, paraît le 31 octobre 1985, et Granovsky signe, seul ou avec Kholstinine, la musique de la plupart des morceaux, posant les bases de ce qui deviendra l'un des groupes de metal les plus populaires de Russie. Mais l'emprise de Vekshtein, qui va jusqu'à exiger qu'il coupe ses cheveux longs, lui devient insupportable. Avec le guitariste Andreï Bolchakov et une partie des musiciens, il quitte Aria et fonde en décembre 1986 Master, groupe de thrash et de heavy metal plus rugueux, dont Mikhaïl Serychev devient le chanteur à l'automne 1987. Après le départ de Bolchakov en 1994, Granovsky devient le leader unique de Master, dont il est aujourd'hui encore le seul membre présent depuis l'origine. Il garde toutefois des liens avec ses anciens compagnons : en 1997, il tient toutes les parties de basse de Smutnoye Vremya, le projet de Valeri Kipelov et du guitariste Sergueï Mavrine, et en 2001, il joue la plupart des basses de la bande originale instrumentale enregistrée par Aria pour le jeu vidéo Dalnoboïchtchiki 2. Il publie en 2004 un album solo, Bolchaïa progoulka, puis en 2006 un disque de Master conçu avec la parolière Margarita Pouchkina, figure historique d'Aria.

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Helmut Nadolski - Sesja 72, Grupa Niemen, Andrzej Przybielski (1942 - 2026)

Né à Gdynia, Helmut Nadolski étudie au lycée de Sopot puis à l'école de musique de Gdańsk-Wrzeszcz, où il passe de la clarinette à la contrebasse. Il fait ses premières armes à la fin des années 1950 dans le bouillonnement artistique de la Tricité, accompagnant le cabaret To Tu et le cirque Tralabomba de Jerzy Afanasjew au club étudiant Żak, où naît son amitié avec Czesław Niemen. En 1969, au sein du quartette du trompettiste Andrzej Przybielski, il décroche le deuxième prix du festival Jazz nad Odrą de Wrocław. Les années 1970 en font l'une des figures de l'avant-garde polonaise : cofondateur de l'ensemble de free jazz Sesja 72, il participe à l'aventure de la Grupa Niemen, sur Strange Is This World (1972) et les deux volumes de Niemen (1973), joue au Jazz Jamboree, au festival de l'Automne de Varsovie et dans les galeries d'art de Pologne, d'Autriche, de Norvège et d'Allemagne de l'Ouest. Il enregistre Four Dialogues with Conscience (1973), avec Sesja 72 et l'actrice Iga Cembrzyńska, puis Meditation (1974), capté dans l'église Saint-Georges de Sopot avec Niemen et le comédien Olgierd Łukaszewicz, et compose pour le cinéma, notamment pour Janusz Kondratiuk (Dziewczyny do wzięcia) et Grzegorz Królikiewicz (Kronika polska). En 1980, il fonde avec Andrzej Mitan, Andrzej Przybielski, Andrzej Bieżan et Janusz Trzciński la Super Grupa Bez Fałszywej Skromności, dont le spectacle Księga Hioba est créé au Théâtre national de Varsovie lors du Jazz Jamboree 1981 ; la représentation prévue aux chantiers navals de Szczecin le 14 décembre est empêchée par l'instauration de la loi martiale. Au Teatr Instrumentalny de Ryszard Misiek, à Gdynia, il est l'interprète principal, le compositeur et le coréalisateur de Proces, spectacle dédié à Kafka et créé en mars 1982. Installé à Brême au milieu des années 1980, il développe des performances mêlant sculptures sonores mobiles, improvisation et méditation, et publie Muzyka morza (2010) et Kiedy umiera człowiek (2011). Pour ses soixante-dix ans, célébrés à Sopot en 2012, il reçoit le prix culturel de la ville de Gdańsk et met le feu à sa contrebasse sur scène, avant d'être décoré de la médaille d'argent Gloria Artis. Il s'est éteint à Brême le 8 juin 2026.

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Tetsu Saitoh - Fifth Season, Contrabajeando, Masahiko Togashi (1955 - 2019)

Contrebassiste japonais d'une curiosité sans frontières, Tetsu Saitoh débute en autodidacte avant d'étudier, à la fin des années 1970, auprès de Keizo Mizoiri et de Nobuyoshi Ino. Il se forge au club Gaya de Tokyo, aux côtés des saxophonistes Kazutoki Umezu et Shoji Ukaji, puis rejoint en 1984 le groupe du batteur Masahiko Togashi et, quelques mois plus tard, celui du guitariste Masayuki Takayanagi, figure majeure du free japonais. En 1986, la découverte du tango bouleverse son parcours : membre d'un orchestre qui joue à Buenos Aires avec Osvaldo Pugliese, il publie la même année son premier disque solo, Tokio Tango, puis Tetsu Plays Piazzolla avec le groupe qu'il fonde en 1989, et crée en 1995 Contrabajeando, formation pour deux contrebasses, bandonéon et piano. Directeur musical de la compagnie théâtrale TAO à partir de 1986, il compose pour des mises en scène de García Lorca, de Shakespeare ou de Heiner Müller. Il s'immerge aussi dans les musiques traditionnelles : en 1990, il fonde le String Quartet of Tokio avec koto, shamisen et guitare, puis réunit sept joueuses de koto dans Blue Poles of Lear. En 1992, une tournée en Corée avec Kazutoki Umezu lui fait rencontrer le musicien chamanique Kim Suk Chul, dont l'art le marque profondément, et il lance la série de concerts Eurasian Echoes, qui fait dialoguer musiciens coréens, japonais et européens. En 1994, il fonde Fifth Season avec le contrebassiste Barre Phillips, né comme lui un 27 octobre, le percussionniste Alain Joule et le saxophoniste Michel Doneda, et tourne en France, en Belgique et en Suisse ; la même année, il est invité en soliste au festival international de contrebasse d'Avignon. On le retrouve en duo avec Joëlle Léandre, avec le saxophoniste Joseph Jarman, avec le Kanagawa Philharmonic, dans les festivals de contrebasse d'Hawaï et des États-Unis ou, en 2013, avec l'ensemble Bassmasse de Sebastian Gramss. Il s'éteint en mai 2019, laissant une œuvre où la contrebasse se fait tour à tour voix de tango, instrument rituel et matière d'improvisation.

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Sonny Dallas - Lennie Tristano, Lee Konitz, Claude Thornhill (1931 - 2007)

Francis Dominic Joseph Dallas, dit Sonny, naît à Rankin, en Pennsylvanie, et se produit comme chanteur dès l'âge de huit ans. Il étudie la contrebasse auprès de Herman Clements, contrebassiste solo de l'Orchestre symphonique de Pittsburgh, qui compta aussi parmi ses élèves Ray Brown et Paul Chambers. Au milieu des années 1950, il tourne avec les orchestres de Charlie Spivak, Ray Eberle et Claude Thornhill, avant de s'installer à New York, où il devient l'un des contrebassistes les plus appréciés de la scène cool et post-bop. On le croise aux côtés du guitariste Sal Salvador, sur Shades of Sal Salvador et Tribute to the Greats (1957), du clarinettiste Tony Scott, de Chet Baker, de Buck Clayton, de Phil Woods et Gene Quill, de Zoot Sims et Al Cohn, de Mary Lou Williams, de Bill Evans ou de George Wallington. Mais c'est à l'école de Lennie Tristano que son nom reste attaché : contrebassiste de confiance du pianiste, il joue sur plusieurs de ses enregistrements, dont Continuity et Note to Note, et accompagne ses disciples Lee Konitz et Warne Marsh. Avec Konitz, il enregistre You and Lee (1959) puis Motion (1961), album en trio avec le batteur Elvin Jones, considéré comme l'un des sommets de la discographie du saxophoniste : sa ligne de basse imperturbable, d'une justesse et d'une souplesse remarquables, y sert de fil d'Ariane aux longues improvisations de Konitz face au jeu polyrythmique de Jones. À la fin des années 1960, il s'installe à Long Island, obtient un master en pédagogie musicale et enseigne au Suffolk County Community College et au Dowling College, transmettant à plusieurs générations d'étudiants l'exigence harmonique héritée de Tristano. Le magazine DownBeat l'a cité parmi les dix plus grands contrebassistes de jazz. Il s'éteint à Long Island en juillet 2007.

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Avi Belleli - Nikmat Hatraktor (1963 - )

Né à Givatayim, dans la banlieue de Tel Aviv, Avi Belleli grandit au carrefour des diasporas méditerranéennes : son père, Moshe, est né à Alexandrie dans une famille de Juifs italiens originaire de Corfou, et sa mère, Luna Akunis, native de Thessalonique, parle le ladino comme langue maternelle. Cette mémoire plurielle irrigue toute son œuvre. En 1988 naît à Tel Aviv Nikmat Hatraktor, connu à l'international sous le nom de Tractor's Revenge, dont il est depuis l'origine le chanteur et le bassiste. Le groupe s'impose comme l'une des formations les plus singulières du rock israélien et publie sept albums, pour la plupart certifiés disque d'or en Israël. Au fil des années, Avi Belleli devient aussi un compositeur recherché pour la scène et l'écran. Il écrit pour la Batsheva Dance Company, la plus célèbre compagnie de danse contemporaine du pays, et pour le théâtre de Haïfa, et signe les musiques du film Broken Wings ainsi que des séries BeTipul, dont l'adaptation américaine deviendra In Treatment, et Shtisel, devenue un phénomène mondial. Il prolonge ce dialogue avec la danse dans Strawberry Cream and Gunpowder, pièce de la chorégraphe Yasmeen Godder dans laquelle il joue en direct sur scène, au milieu des danseurs. Chanteur autant que bassiste, il a aussi prêté sa voix à des soirées consacrées au patrimoine poétique hébraïque, notamment aux poèmes d'Ibn Ezra, prolongeant un parcours qui fait de lui l'une des voix les plus personnelles de la musique israélienne contemporaine.

Lien web : Site officiel d'Avi Belleli

Ken Filiano - Vinny Golia, Anthony Braxton, Bill Dixon (1952 - )

Né à Patchogue, dans l'État de New York, Ken Filiano commence par la trompette, qu'il étudie encore à l'université de Syracuse, avant de basculer vers la contrebasse à la fin de son cursus et d'obtenir en 1978 un diplôme d'interprète sur l'instrument. Il complétera bien plus tard sa formation par un master à l'université Rutgers, en 1997, auprès notamment de Larry Ridley, Ted Dunbar et Kenny Barron. Professionnel dès 1974, contrebassiste solo de l'orchestre de l'université de Syracuse, il passe par Boston, où il joue de 1980 à 1983 au sein du quartette Search, puis s'installe en 1983 à Los Angeles. Il y mène une double carrière dans les studios classiques et sur la scène jazz, et noue une complicité durable avec le multi-instrumentiste Vinny Golia, avec qui il sillonne l'Amérique du Nord et l'Europe et fait ses débuts discographiques en 1985. Les années 1990 sont d'une fécondité impressionnante : plus de cinquante albums, avec Golia, Richard Grossman, Steve Adams, Anthony Coleman, Bill Perkins ou Joëlle Léandre, des concerts du festival de Bergame au Blue Note de Fukuoka, mais aussi du tango et de la musique de chambre, en tournée avec l'ensemble du clarinettiste Giora Feidman ou au Hollywood Bowl. Installé à Brooklyn, il enchaîne au XXIe siècle plus de soixante-dix enregistrements, avec Roswell Rudd, Dom Minasi, Rodrigo Amado, Jason Kao Hwang ou Marco Cappelli, et participe à Envoi, ultime disque du trompettiste Bill Dixon, ainsi qu'à des projets d'Anthony Braxton, de Taylor Ho Bynum, de Nate Wooley ou de la pianiste Connie Crothers. Membre du Fictive Five, le quintette du saxophoniste Larry Ochs, il s'est produit au Knitting Factory comme dans les festivals de Vancouver, du Cap-Vert ou de Moers. Pédagogue engagé depuis 1980, il a enseigné à Rutgers, au Hunter College et à l'université de Californie du Sud, et transmet aujourd'hui son art de la contrebasse et de l'improvisation à la New School de New York.

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Klavs Hovman - Marilyn Mazur, Makiko Hirabayashi Trio (1957 - )

Né à Aarhus, Klavs Hovman est l'un des piliers discrets du jazz danois, aussi à l'aise à la contrebasse qu'à la basse électrique. Dès 1979, il accompagne la chanteuse Etta Cameron, l'une des grandes voix du jazz au Danemark, et joue avec le guitariste Pierre Dørge et le saxophoniste Jens Søndergaard. En 1989, il tourne en Allemagne au sein du quartette Principal Life, aux côtés du contrebassiste Peter Kowald, de la chanteuse Jeanne Lee et de la percussionniste Marilyn Mazur, sa compagne. La même année, il entre dans Future Song, le groupe de Marilyn Mazur, ancienne collaboratrice de Miles Davis et de Jan Garbarek, avec lequel il enregistre plusieurs albums et explore un jazz ouvert aux rythmes du monde et aux textures orchestrales. Il est aujourd'hui encore membre de son quartette, avec le saxophoniste Fredrik Lundin et le guitariste Krister Jonsson. Depuis 2005, il forme aussi, avec Marilyn Mazur, la section rythmique du trio de la pianiste japonaise installée au Danemark Makiko Hirabayashi, avec laquelle il a enregistré trois albums et tourné en Europe comme au Japon, dans un registre poétique et lyrique où sa sonorité ronde fait merveille. Musicien très demandé, il a joué avec l'Almost Big Band d'Ernie Wilkins, Toots Thielemans, Lee Konitz, John Abercrombie ou le violoniste Svend Asmussen, et figure sur des disques de Savage Rose, de Putte Wickman, de Harry Beckett, de Horace Parlan ou de Helle Hesdorf. Pédagogue reconnu, il enseigne au Rytmisk Musikkonservatorium de Copenhague, où il transmet son expérience de près d'un demi-siècle de scène à la jeune génération du jazz danois.

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Tomáš Liška - Druhá tráva, Invisible World (1979 - )

Né à Rakovník, en Bohême, Tomáš Liška est l'un des contrebassistes les plus inventifs de la scène tchèque, à la croisée du jazz, du blues, des musiques du monde, de l'improvisation et du folk. Il étudie la contrebasse de 2000 à 2004 au conservatoire Jaroslav Ježek de Prague, auprès de Petr Kořínek, puis poursuit jusqu'en 2007 avec le saxophoniste Jaromír Honzák, avant de rejoindre en 2012 le Jazz Institut de Berlin pour un master auprès du contrebassiste Greg Cohen et du batteur John Hollenbeck. Ses albums en leader ont tous été nommés aux Anděl, les principales récompenses musicales tchèques, dans les catégories jazz et blues ou musiques du monde. Invisible World (2009) remporte le Tais Award, et Hope (2020) décroche l'Anděl du meilleur album de jazz, la même année où il reçoit un second Anděl, dans la catégorie folk, pour Díl první, enregistré avec le chanteur Robert Křesťan et le groupe Druhá tráva. C'est d'ailleurs au sein de cette formation phare du bluegrass et du folk tchèques qu'il mène aujourd'hui une grande partie de son activité, aux côtés de Robert Křesťan et du banjoïste Luboš Malina. En 2017, il fonde le quartette Invisible World, qui réunit l'accordéoniste serbe Nikola Zarić, le violoniste turc Efe Turumtay et le percussionniste tchèque Kamil Slezák, formation cosmopolite construite autour de sa contrebasse mélodique. On l'entend également aux côtés du guitariste David Dorůžka, de la pianiste Beata Hlavenková, de la chanteuse Lenka Dusilová, du guitariste Mark Aanderud ou du collectif Eternal Seekers, sur les scènes de festivals du monde entier. Pédagogue, il transmet à son tour son approche de l'instrument, faite de lyrisme, de rigueur et d'une grande liberté stylistique.

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Carlo DeRosa - Cross Fade, Ray Barretto, Amir ElSaffar (1970 - )

Originaire de New Paltz, dans l'État de New York, Carlo DeRosa s'installe à New York en 1993 et s'impose rapidement comme l'un des contrebassistes les plus polyvalents de sa génération, salué par Jack DeJohnette pour son excellent jeu d'ensemble et ses solos mûrement réfléchis. Sa carte de visite couvre un spectre impressionnant, du jazz latin au post-bop le plus aventureux : il joue aux côtés du percussionniste Ray Barretto, du saxophoniste Ravi Coltrane, du guitariste portoricain William Cepeda, du pianiste Hilton Ruiz, du tromboniste Steve Turre, du saxophoniste Miguel Zenón, du trompettiste Ralph Alessi, du pianiste Jason Moran, mais aussi de vétérans comme le batteur Ed Thigpen, le saxophoniste Nick Brignola ou le batteur Mickey Roker. Il participe à plusieurs projets marquants du jazz new-yorkais des années 2000, notamment Two Rivers (2007) et Inana (2011), du trompettiste Amir ElSaffar, qui mêlent jazz et maqâm irakien, ainsi que Kinsmen (2008), rencontre du saxophoniste Rudresh Mahanthappa avec la musique carnatique. En leader, il fonde le groupe Cross Fade, avec le saxophoniste Mark Shim, le batteur Justin Brown et le pianiste Vijay Iyer, et publie en 2011 l'album Brain Dance sur le label Cuneiform. Musicien de l'écoute et de l'interaction, il incarne cette génération de contrebassistes new-yorkais capables de passer sans heurt de la clave afro-cubaine aux formes ouvertes du jazz contemporain.

Lien web : Site officiel de Carlo DeRosa

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