Né(e)s un 3 octobre ! Bon anniversaire à...

Publié le 3 octobre 2026 à 00:31

Sept bassistes, sept trajectoires : du rock sudiste au jazz de Washington, du rock japonais aux stades du Super Bowl, en passant par le jazz méditerranéen, l'emo new-yorkais et le reggae brésilien.

Allen Woody – The Allman Brothers Band, Gov't Mule (1955 – 2000)

Douglas Allen Woody est un pur produit de Nashville. Fils d'un chauffeur routier qui écoute du blues, de la country et du rock, il attrape le virus de la basse à quatorze ans, après avoir vu Paul McCartney à l'œuvre avec les Beatles. Ses modèles s'appellent ensuite Jack Bruce et Felix Pappalardi : autrement dit, une basse qui ne se contente pas d'accompagner, mais qui gronde, chante et pousse le groupe devant elle.

Avant la lumière, il y a l'atelier. Woody passe des années dans un magasin de guitares de Nashville, où il croise Artimus Pyle, le batteur de Lynyrd Skynyrd, qui lui offre sa première véritable chance professionnelle. Il fait ses armes dans la formation jazz-rock Montage dans les années 1970, puis rejoint dans les années 1980 le Criss Penridge Alliance de Peter Criss, l'ancien batteur de Kiss.

Le tournant arrive en 1989, lorsque l'Allman Brothers Band se reforme. Woody entre dans la légende sudiste en même temps que le guitariste Warren Haynes, et assure la lourde succession d'un poste marqué par Berry Oakley. Sa sonorité épaisse et chantante porte les albums Seven Turns (1990), Shades of Two Worlds (1991) et Where It All Begins (1994), ainsi que les enregistrements live de cette renaissance du groupe.

En 1994, avec Haynes et le batteur Matt Abts, il fonde Gov't Mule, un power trio qui ressuscite l'esprit de Cream et de Mountain avec une dose de blues gras et d'improvisation. D'abord projet parallèle, le groupe devient l'unique priorité des deux hommes, qui quittent les Allman Brothers en 1997. Suivent Gov't Mule (1995), Dose (1998), Live... With a Little Help from Our Friends (1998) et Life Before Insanity (2000), dans lesquels la basse de Woody tient à la fois le rôle de fondation et de deuxième guitare.

Collectionneur compulsif, Woody possédait plusieurs centaines d'instruments. Avec les Allman Brothers, il privilégie les Gibson Thunderbird et les Alembic ; avec Gov't Mule, il revient volontiers aux Gibson de la série EB. Il imaginait aussi des instruments hors normes, dont des hybrides à double manche, et Epiphone lui a consacré un modèle signature.

Le 26 août 2000, il est retrouvé sans vie dans un hôtel du Queens, à New York. Sa disparition, liée selon les éléments rapportés à une overdose, laisse Gov't Mule orphelin. Le groupe poursuit avec une série de bassistes invités avant de retrouver un titulaire en Andy Hess. Le documentaire Rising Low lui est dédié, et le groupe canadien Big Sugar lui a rendu hommage avec la chanson « Nashville Grass ».

Écouter : govtmule.com (site officiel de Gov't Mule)

Michael Bowie – Betty Carter, Sine Qua Non, BLAST (1961)

Figure respectée de la scène de Washington, Michael Bowie a grandi dans une famille de musiciens de formation classique, au cœur de la communauté jazz et gospel de la capitale américaine. Adolescent, il se nourrit de Stanley Clarke, de Chick Corea et de George Benson, avant d'avoir un véritable choc à l'écoute de Larry Graham, l'inventeur du slap.

Sa formation est solide : lauréat pendant ses études d'une bourse du National Endowment for the Arts en études jazz, il travaille avec Keter Betts et Calvin Jones. Sur les conseils de Ray Brown, il se plonge aussi dans l'étude du répertoire classique, une démarche qu'il revendique encore aujourd'hui pour l'ouverture harmonique qu'elle lui a apportée.

Son véritable conservatoire, pourtant, s'appelle Betty Carter. Auprès de la chanteuse, réputée pour faire éclore les jeunes talents, il participe à Look What I Got, album récompensé aux Grammy Awards. La liste de ses collaborations donne ensuite le vertige : Sarah Vaughan, Abbey Lincoln, Joe Williams, Joe Henderson, Abdullah Ibrahim, Michel Petrucciani, Michel Camilo, Isaac Hayes ou encore Manhattan Transfer. Il tourne avec Dee Dee Bridgewater et assure la direction musicale de Patti LaBelle et de James Ingram. Sa contrebasse a résonné à Carnegie Hall comme aux festivals de Newport et de Montréal.

Leader, Bowie fonde Sine Qua Non, un quintette sans guitare où le steel-drum côtoie saxophone, flûte, batterie et percussions, et qui relit la musique populaire à travers le prisme du jazz et des traditions de la guitare espagnole. L'album Simple Pleasures entre au classement CMJ des musiques du monde. Plus tard, il lance BLAST, présenté comme un « garage band de maîtres du jazz », qui s'amuse à confronter Prince, Stevie Wonder, U2 ou les Foo Fighters à une écriture plus libre.

Transmetteur autant qu'interprète, Bowie a enseigné dans les écoles publiques de Washington et dans plusieurs établissements supérieurs, dont le Shenandoah Conservatory et Bowie State University, et dirige le Blues Alley Youth Orchestra. Avec sa structure Neo Syndicate, il a créé You Haven't Done Nothin', un spectacle mêlant jazz, hip-hop, danse et vidéo autour de la justice sociale. Son credo tient en une phrase : utiliser le don reçu pour raconter une histoire plus grande que soi.

En savoir plus : Michael Bowie sur le site du Kennedy Center

Tetsuya – L'Arc-en-Ciel (1969)

Né à Hikone, dans la préfecture de Shiga, Tetsuya découvre le hard rock au collège, en voyant des élèves plus âgés jouer lors d'une fête d'établissement. Deep Purple et Rainbow deviennent sa bande-son. Quand son ami guitariste Ken lui suggère de prendre la basse, il accepte sans même savoir ce qui distingue les deux instruments. Son premier groupe, Bystonwell, remporte quelques concours avant de se dissoudre à la fin du lycée.

En février 1991, Tetsuya fonde L'Arc-en-Ciel à Osaka avec le chanteur Hyde. Il en devient le leader et l'architecte. Après plusieurs changements de line-up, le groupe publie Dune en 1993, puis Tierra en 1994 sur une major. True, en 1996, est son premier numéro un au classement Oricon et dépasse le million d'exemplaires. L'Arc-en-Ciel s'impose comme l'un des groupes les plus vendus de l'histoire du Japon, avec plus de 40 millions de disques, et devient en 2012 le premier artiste japonais à remplir en tête d'affiche le Madison Square Garden de New York.

Tetsuya n'est pas qu'un bassiste de fond de scène : il signe de nombreux titres majeurs du groupe, parmi lesquels « Driver's High », « Ready Steady Go », « Stay Away », « Link » ou « Pieces », et assure les chœurs. Sur certains morceaux, comme « Neo Universe », c'est sa basse qui porte la mélodie principale.

En parallèle, il mène une carrière solo lancée en 2001 sous le nom de Tetsu69, raccourci ensuite en Tetsu, avant de reprendre son prénom de scène, Tetsuya, en décembre 2009. L'album Stealth paraît en 2021.

Collectionneur passionné, propriétaire de plus de cent vingt basses, il est lié à ESP depuis 1992 par une longue série de modèles signature. Il a aussi joué des Lakland signature et utilise depuis les débuts du groupe la Zon Legacy Elite, dont il possède un modèle à son nom. Il joue principalement en cinq cordes et s'autorise parfois la six cordes. L'entrepreneur n'est jamais loin : il crée la marque de mode Stealth Stell'a en 2019, puis la marque de matériel Stella Gear en 2023. La même année, pour garder la main entre deux campagnes de L'Arc-en-Ciel, il fonde Like-an-Angel, un groupe de reprises de son propre répertoire, qui publie en 2025 son premier titre original, « Angel Beside You ».

Site officiel : tetsuya.uk.com

Pierluigi Balducci – Nuevo Tango Ensamble, Pierluigi Balducci Quartet (1971)

Originaire de Bari, dans les Pouilles, Pierluigi Balducci appartient à cette génération de bassistes italiens pour qui l'instrument électrique est un outil de compositeur autant que d'accompagnateur. Actif depuis 1991, il partage son jeu entre la basse électrique et la basse acoustique, avec une sonorité chaude et chantante qui s'accorde naturellement au lyrisme méditerranéen.

Sa discographie de leader dessine un parcours cohérent : Niebla (2000), Il peso delle nuvole (2003), Leggero (2007), Stupor Mundi (2008), Blue from Heaven (2012), Evansiana (2017) et Electric Wood (2020). Le plus remarqué reste sans doute Blue from Heaven, paru sur le label Dodicilune, enregistré en quartette avec le saxophoniste et hautboïste Paul McCandless, le regretté pianiste John Taylor et le batteur Michele Rabbia. Balducci y signe l'essentiel des compositions, aux côtés de pièces de Brad Mehldau et de Charlie Haden. Son projet récent, Kosmos & Chaos, poursuit cette exploration à la tête d'un ensemble.

Au fil des années, il a partagé la scène ou le studio avec Ernst Reijseger, Gabriele Mirabassi, Luciano Biondini, Javier Girotto ou Michele Rabbia. Membre du Nuevo Tango Ensamble aux côtés de Gianni Iorio et Pasquale Stafano, il a porté le tango contemporain sur les scènes d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Sud.

Son champ d'action déborde le jazz : il a composé la musique du film de Catherine Breillat À ma sœur !, présenté au Festival de Berlin en 2001. Pédagogue, il enseigne au Conservatoire de Matera et a publié en 2009 une transcription de la première suite pour violoncelle de Bach adaptée à la basse électrique, un exercice de haute voltige qui résume bien sa démarche : faire de la basse un instrument de plein droit.

Site officiel : pierluigibalducci.it

Matt Rubano – Taking Back Sunday (1977)

Lorsque Matt Rubano rejoint Taking Back Sunday en 2003, le groupe de Long Island traverse une zone de turbulences : le bassiste Shaun Cooper et le guitariste John Nolan viennent de partir fonder Straylight Run. Rubano arrive en même temps que le guitariste Fred Mascherino et apporte une culture de musicien de studio polyvalent, à l'aise à la basse électrique comme à la contrebasse.

Avec lui, Taking Back Sunday change de dimension. Where You Want to Be (2004) confirme le groupe comme l'un des visages de la vague emo du début des années 2000, puis Louder Now (2006), porté par le single « MakeDamnSure », grimpe à la deuxième place du Billboard 200 et s'écoule à plus de 900 000 exemplaires. Rubano y impose un jeu plus riche qu'il n'est d'usage dans le genre, avec un sens du groove et du son saturé qui épaissit les guitares. Son aventure prend fin en 2010, après l'album live Live from Orensanz, lorsque le line-up originel se reforme.

La suite de sa carrière se joue en studio. Installé à Los Angeles, fort de plus de vingt-cinq ans de pratique professionnelle, Rubano devient un bassiste de session recherché. Son CV traverse les genres : Lauryn Hill, Chrissie Hynde, Mary J. Blige, Angels & Airwaves, Glassjaw, The All-American Rejects, Patrick Stump, sans oublier la bande originale de The Greatest Showman. Il revendique une approche de musicien de section rythmique, au service de la chanson, reconnu pour ses sons fuzz épais comme pour son placement chaleureux dans le temps. Il joue Fodera, s'amplifie en Aguilar et monte des cordes DR.

Réseau social : Instagram @matthewrubano

Junior Ciziniauskas – Mato Seco (1983)

De son nom complet Osvaldo Ciziniauskas Jr., Junior est le bassiste et l'un des membres fondateurs de Mato Seco, formation de São Caetano do Sul, dans l'agglomération de São Paulo. Le groupe naît en 2002 dans le quartier de Santa Maria, de la réunion de sept amis d'enfance : Rodrigo Piccolo au chant, Eric Oliveira à la guitare, João Paz aux claviers, Tiago Rezende à la batterie, Carlos Eduardo Gonçalves et Mauro Peres aux percussions et au chant, et Junior à la basse, pilier d'une musique où tout repose sur le dialogue entre la ligne de basse et la batterie.

Soutenu d'abord par son quartier et le public étudiant, Mato Seco gagne pas à pas le statut de poids lourd du reggae brésilien. La discographie en témoigne : Mato Seco Resistência (2006), Seco Mas Não Morto (2009), Seco e Ainda Vivo (2013), sacré meilleur album reggae aux Dynamite Independent Music Awards, puis Ao Vivo Resistir Sempre Vencerá (2020) et Carta da Humanidade para a Humanidade (2021).

Sur scène, le groupe s'est imposé dans les grands rendez-vous du genre, du festival João Rock à la República do Reggae et au Bob Marley Day ; en 2017, un concert au SESC Itaquera a réuni plus de 20 000 personnes. Mato Seco a également tourné en Europe. Son message, fidèle à la tradition roots, défend l'amour, l'égalité et la lutte contre la corruption, le racisme et toutes les formes de préjugés, et Junior en tient la pulsation, grave et régulière, depuis plus de vingt ans.

Écouter : Mato Seco sur Deezer

Jamareo Artis – Bruno Mars (1989)

Jamareo « Jam » Artis est né à Wilson, en Caroline du Nord, et commence la basse à dix ans. Diplômé du lycée Ralph L. Fike en 2007, il s'est construit sur les épaules des géants : James Jamerson, Willie Weeks, Jaco Pastorius, Ron Carter, Ray Brown, Marcus Miller et Nathan East. Une école qui explique ce mélange de fondamentaux soul et de virtuosité maîtrisée.

Sa carrière décolle en 2009, lorsqu'il remporte Making His Band, l'émission de MTV destinée à constituer le groupe de Sean « Diddy » Combs. Dès 2010, il rejoint Bruno Mars, dont il devient le bassiste de tournée et de studio. Il enregistre sur des titres majeurs de la période et contribue à « Uptown Funk » de Mark Ronson, l'un des tubes funk les plus écoutés de la décennie.

Avec Bruno Mars, il vit deux mi-temps du Super Bowl : en 2014, avec les Red Hot Chili Peppers en invités, puis en 2016, aux côtés de Beyoncé et Coldplay. On le voit aussi dans les clips de Silk Sonic, le duo de Bruno Mars et Anderson .Paak. Son jeu, solide, groovy et spectaculaire quand il le faut, en fait l'un des bassistes pop les plus exposés de sa génération. Hors de ce cadre, il a enregistré notamment pour Keith Urban.

Jam Artis mène également un parcours personnel, avec l'EP Liberation, l'album The Red BoomBox et Infinity: The Soundtrack of a Wandering Mind, où il affirme son identité de compositeur.

Réseau social : Instagram @jamareoartis

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