Un pionnier du folk-rock californien, un Gallois de l'écurie Apple, un poète punk, un architecte du rock progressif, une superstar planétaire, un maître du groove latin new-yorkais, un pédagogue de l'entourage de Victor Wooten, un pilier du rock suédois et un bassiste du hard rock de l'Oklahoma : le 2 octobre a vu naître une drôle de section rythmique. Tour d'horizon, puis portraits.
Les bassistes nés un 2 octobre
Ron Meagher – The Beau Brummels (1941)
Il y a, dans l'histoire du rock américain, un moment précis où la Californie a cessé de subir la déferlante britannique pour y répondre. Ce moment porte un nom, les Beau Brummels, et Ron Meagher en tenait la basse. Né le 2 octobre 1941 à Oakland, de l'autre côté de la baie de San Francisco, il rejoint le groupe en 1964, lorsque le guitariste Ron Elliott cherche un bassiste par l'intermédiaire d'une connaissance commune. Autour du chanteur Sal Valentino, du guitariste Declan Mulligan et du batteur John Petersen, la formation se forge dans les clubs de la région avant d'être repérée par Autumn Records, le petit label des disc-jockeys Tom Donahue et Bob Mitchell.
Le producteur maison s'appelle alors Sylvester Stewart. Quelques années plus tard, le monde le connaîtra sous le nom de Sly Stone. Sous sa houlette, les Beau Brummels enregistrent « Laugh, Laugh », qui grimpe dans le Top 20 américain au début de 1965, puis « Just a Little », qui entre dans le Top 10. Le son est neuf : des harmonies vocales héritées des Beatles et des Everly Brothers, des guitares carillonnantes, une mélancolie très californienne. Dans ce dispositif, la basse de Meagher joue un rôle discret mais essentiel. Elle avance en notes rondes, souvent mélodiques, et donne au groupe une assise souple qui laisse respirer les voix. Meagher assure aussi les chœurs et chante occasionnellement en lead, comme sur « They'll Make You Cry », sur le premier album, « Introducing the Beau Brummels ».
L'image compte autant que le son. Avec ses cheveux longs coupés à la manière de Liverpool, Ron Meagher est l'un des tout premiers rockers américains à arborer ce look, ce qui vaut au groupe une réputation de « Beatles américains » un peu encombrante. Les Beau Brummels apparaissent au cinéma dans « Village of the Giants » (1965) et ont même droit à une version animée d'eux-mêmes dans « The Flintstones ».
Après la faillite d'Autumn, le groupe passe chez Warner Bros. et se réinvente. « Triangle », en 1967, est un disque psychédélique et littéraire, aujourd'hui tenu pour l'un des sommets discrets de l'époque. Puis vient « Bradley's Barn », enregistré à Nashville en 1968, souvent cité comme l'un des premiers albums de country-rock. Ron Meagher n'aura pas le temps d'y participer pleinement : il est appelé sous les drapeaux avant la fin des sessions. Le cas est rare, car peu de musiciens d'un groupe de premier plan ont effectué leur service en pleine guerre du Vietnam.
Libéré en 1970, il retrouve Declan Mulligan au sein du Black Velvet Band, puis participe à la reformation des Beau Brummels, qui publient un album de retrouvailles chez Warner en 1975. Meagher se tourne ensuite vers une autre vie, faite de photographie, domaine dans lequel il réussit, et d'une carrière de cadre régional chez Xerox, sans jamais renier les années où sa basse accompagnait l'une des aubes du folk-rock.
Écouter les Beau Brummels : open.spotify.com/search/The Beau Brummels
Ron Griffiths – The Iveys, Badfinger (1946)
Certains musiciens entrent dans l'histoire par la grande porte, d'autres par la porte de service, juste avant que la fête ne commence. Ron Griffiths appartient à la seconde catégorie, et il en parle aujourd'hui avec une sérénité désarmante. Né le 2 octobre 1946 à Swansea, au pays de Galles, il grandit dans un foyer qu'il décrit comme très heureux. À Noël 1960, ses parents, qui l'ont surpris à étudier les catalogues d'instruments, lui offrent sa première basse, une Vox Clubman. Il fait ses débuts dans les Jaguars, qui reprennent des instrumentaux des Shadows et des Ventures dans les salles de la région.
Vers 1963-1964, le guitariste Pete Ham le repère lors d'un mariage où il joue et l'enrôle dans son groupe. Après quelques changements de nom, la formation devient les Iveys, du nom d'Ivey Place, une rue de Swansea. Le batteur Mike Gibbins arrive par une rencontre de pub entre les pères respectifs, et le guitariste Tom Evans rejoint la bande. Les Iveys écument le circuit gallois puis londonien, jusqu'à ce que leurs maquettes atterrissent chez Apple Records. En 1968, ils figurent parmi les premiers artistes signés sur le label des Beatles.
Le premier single, « Maybe Tomorrow », produit par Tony Visconti, est accueilli avec enthousiasme. Griffiths se souvient de l'émotion de l'entendre à la radio en route vers la Belgique. L'album qui suit contient « Dear Angie », une chanson qu'il a écrite et qu'il chante lui-même. Elle cumule aujourd'hui plus de trente millions d'écoutes en streaming, une revanche tranquille pour un titre longtemps resté confidentiel. Selon ses propres souvenirs, il est présent lorsque Paul McCartney apporte « Come and Get It » au groupe et glisse sur l'enregistrement un petit remplissage de basse qui n'était pas prévu.
La suite est connue, mais elle s'écrit sans lui. Fin 1969, alors que les Iveys deviennent Badfinger, Ron Griffiths est poussé vers la sortie. Il vient de fonder une famille, et l'ambiance au sein du groupe ne s'en accommode pas. Tom Evans passe à la basse, Joey Molland arrive à la guitare, et Badfinger entre dans ses années dorées. Griffiths reconnaît volontiers qu'il aurait peut-être dû tenir bon, mais ajoute qu'il est heureux de la vie qu'il a menée, loin des drames qui frapperont ensuite Pete Ham et Tom Evans.
Retiré de la scène professionnelle, il n'a jamais coupé le lien avec cette histoire. Il accompagne le travail des archivistes qui publient, volume après volume, l'anthologie des Iveys chez Y&T Music, dont « Miniskirts and Rainbows », consacré aux maquettes de 1966 à 1969. Il a aussi obtenu qu'Apple remette enfin au groupe un disque d'or pour « Come and Get It », oublié pendant des décennies. Une manière élégante de rappeler que Badfinger a commencé avec lui.
Écouter les Iveys : open.spotify.com/search/The Iveys
Richard Hell – Television, The Heartbreakers, Richard Hell & The Voidoids (1949)
Richard Hell n'a jamais prétendu être un grand technicien de la basse. Il a fait mieux, ou autre chose : il a donné au punk une allure, une attitude et un manifeste. Né Richard Meyers le 2 octobre 1949 à Lexington, dans le Kentucky, il quitte l'école et débarque à New York à dix-sept ans avec l'intention d'être poète. Il publie des vers, lance de petites revues, fréquente le Lower East Side et se lie avec un autre exilé du Delaware, Tom Miller, bientôt rebaptisé Tom Verlaine. Les pseudonymes disent tout : on se rêve en poètes maudits français égarés dans le Manhattan des années 1970.
Au début des années 1970, les deux amis fondent les Neon Boys avec le batteur Billy Ficca. Hell apprend la basse sur le tas, pour le groupe plus que pour l'instrument. En 1973, l'arrivée du guitariste Richard Lloyd transforme les Neon Boys en Television. L'année suivante, le groupe convainc Hilly Kristal de lui confier une résidence au CBGB, et le club miteux du Bowery devient le cœur d'une nouvelle scène. Sur scène, Hell attire l'œil : cheveux courts hérissés, t-shirts déchirés, épingles à nourrice. Malcolm McLaren, de passage à New York, repart à Londres avec cette image en tête. On connaît la suite.
Mais Television devient de plus en plus le groupe de Verlaine, qui s'agace du jeu rudimentaire de son bassiste et écarte ses chansons. Hell quitte le navire en 1975 et fonde aussitôt les Heartbreakers avec deux anciens New York Dolls, Johnny Thunders et Jerry Nolan. L'aventure est brève. En 1976, il monte enfin son propre groupe, Richard Hell & The Voidoids, avec les guitaristes Robert Quine et Ivan Julian et le batteur Marc Bell, futur Marky Ramone. L'album « Blank Generation », publié par Sire en 1977, est un classique : guitares anguleuses et bruitistes de Quine, textes existentiels, et une chanson-titre devenue l'hymne d'une génération qui refusait de se définir.
Un second album, « Destiny Street », sort en 1982, dans des conditions difficiles. Hell le réenregistrera partiellement en 2009 sous le titre « Destiny Street Repaired », avec les guitaristes Marc Ribot, Bill Frisell et Ivan Julian. Entre-temps, il tient un rôle dans le film « Smithereens » de Susan Seidelman et forme en 1992 les Dim Stars avec Thurston Moore et Steve Shelley de Sonic Youth et Don Fleming.
Depuis, Richard Hell est avant tout écrivain. Ses romans « Go Now » (1996) et « Godlike » (2005), ses recueils de poèmes, ses essais réunis dans « Massive Pissed Love » et ses mémoires « I Dreamed I Was a Very Clean Tramp » (2013) composent une œuvre littéraire à part entière. En mars 2026, la prestigieuse collection NYRB Classics a réédité « Godlike », avec une postface de Raymond Foye : une consécration pour celui qui voulait d'abord être poète et qui l'est resté.
Site officiel : richardhell.com
Mike Rutherford – Genesis, Mike + The Mechanics (1950)
Dans Genesis, on regarde volontiers le chanteur, qu'il s'appelle Peter Gabriel ou Phil Collins, et le claviériste Tony Banks. Pourtant, du premier au dernier concert, un homme a tenu les fondations : Mike Rutherford. Né le 2 octobre 1950, fils d'un capitaine de la Royal Navy, il est envoyé à la Charterhouse School, dans le Surrey, un internat huppé où la musique pop fait figure d'insolence. Il y fonde Anon avec le guitariste Anthony Phillips, puis, en 1967, s'associe à deux autres élèves, Tony Banks et Peter Gabriel, pour former Genesis.
Le premier album, « From Genesis to Revelation » (1969), passe inaperçu. Le groupe se réinvente avec « Trespass » (1970), puis accueille Phil Collins et Steve Hackett pour « Nursery Cryme » (1971). Suivent « Foxtrot », « Selling England by the Pound » et « The Lamb Lies Down on Broadway », monuments du rock progressif. Rutherford y occupe un poste hybride. Il joue de la basse, notamment sur Rickenbacker, mais aussi de la guitare douze cordes, dont les arpèges entrelacés avec ceux de Banks et Hackett font la signature sonore du groupe. Pour tenir les deux rôles en concert, il adopte des guitares à double manche et le pédalier Moog Taurus, dont les graves profonds soutiennent des pièces comme « Supper's Ready » ou « Firth of Fifth ».
Après le départ de Gabriel en 1975, puis celui de Hackett en 1977, Genesis devient un trio et Rutherford prend en charge la guitare principale sur disque, tout en conservant la basse. Le groupe se rapproche de la pop et conquiert les stades : « Follow You Follow Me », « Turn It On Again », « Invisible Touch », « Land of Confusion », autant de succès dont il est l'un des auteurs. Genesis entre au Rock and Roll Hall of Fame en 2010.
Parallèlement, Rutherford publie deux albums solo, « Smallcreep's Day » (1980) et « Acting Very Strange » (1982), puis fonde en 1985 Mike + The Mechanics, avec deux chanteurs, Paul Carrack et Paul Young. Le succès est immédiat avec « Silent Running » et « All I Need Is a Miracle ». En 1988, « The Living Years », coécrit avec B. A. Robertson et inspiré par la mort de son père, atteint la première place aux États-Unis et vaut au groupe un Ivor Novello Award. Après la disparition de Paul Young en 2000, Rutherford relance le projet en 2010 avec Andrew Roachford et Tim Howar.
Genesis, lui, a fait ses adieux avec la tournée « The Last Domino? », achevée à Londres en mars 2022. Rutherford a raconté sa vie et sa relation avec son père dans les mémoires « The Living Years » (2014). Partagé entre le Sussex et Le Cap, il n'a pas pour autant raccroché : après une tournée anniversaire en 2025 pour les quarante ans du premier album des Mechanics, il a annoncé en septembre 2026 la tournée européenne « Back on Track », de mai à juin 2027.
Site officiel : mikeandthemechanics.com
Sting – The Police (1951)
On l'oublie parfois tant le chanteur a éclipsé l'instrumentiste : Sting est d'abord un bassiste. Né Gordon Matthew Thomas Sumner le 2 octobre 1951 à Wallsend, dans le nord-est de l'Angleterre, à l'ombre des chantiers navals de la Tyne, il grandit dans une famille modeste et devient instituteur. Le soir, il joue dans les formations de jazz de Newcastle. C'est au sein des Phoenix Jazzmen qu'un pull rayé noir et jaune lui vaut son surnom d'insecte piqueur. Avec Last Exit, il affine un jeu nourri de jazz, de rock et de musique populaire.
En 1977, il s'installe à Londres et fonde The Police avec le batteur américain Stewart Copeland et le guitariste Henry Padovani, bientôt remplacé par Andy Summers. En plein punk, le trio détonne. Trois musiciens aguerris, une culture jazz, et une idée fixe : marier l'énergie new wave aux contretemps du reggae. De « Outlandos d'Amour » (1978) à « Synchronicity » (1983), en passant par « Reggatta de Blanc », « Zenyatta Mondatta » et « Ghost in the Machine », The Police devient l'un des plus grands groupes du monde. À la basse, Sting pratique l'art du vide. Ses lignes laissent des silences, jouent sur le premier temps absent hérité du reggae, dialoguent avec les cymbales de Copeland. « Walking on the Moon », « Message in a Bottle » ou « Every Breath You Take » reposent sur des parties d'une simplicité trompeuse, que tout bassiste apprend un jour.
En 1985, Sting lance sa carrière solo avec « The Dream of the Blue Turtles », entouré de jazzmen de haut vol : Branford Marsalis, Kenny Kirkland, Omar Hakim et Darryl Jones, à qui il confie la basse pour mieux se concentrer sur le chant. Suivent « ...Nothing Like the Sun », « The Soul Cages », « Ten Summoner's Tales », « Brand New Day », puis des détours inattendus : les chansons de John Dowland au luth avec Edin Karamazov, la comédie musicale « The Last Ship », un album reggae avec Shaggy. The Police se reforme le temps d'une tournée mondiale en 2007 et 2008. En 1989, il cofonde avec Trudie Styler la Rainforest Foundation.
Depuis 2022, Sting revient à la formule qui l'a fait connaître, le trio. Avec son guitariste de toujours, Dominic Miller, et le batteur Chris Maas, il a créé « Sting 3.0 », qui revisite son répertoire avec une énergie de club. Un album live, « Sting 3.0 Live », est paru en 2026, avec un inédit, « I Wrote Your Name (Upon My Heart) », et une tournée nord-américaine d'automne passe par une résidence de six soirs au Brooklyn Paramount. Et sur scène, entre ses mains, toujours la même Fender Precision, patinée par des décennies de concerts.
Site officiel : sting.com
Lincoln Goines – Dave Valentin, Mike Stern (1953)
À New York, quand un chef d'orchestre cherche un bassiste capable de passer d'un montuno cubain à un chorus de jazz-rock sans perdre le fil, le nom de Lincoln Goines revient souvent. Né le 2 octobre 1953 à Oakland, en Californie, il se forme d'abord à la contrebasse à Vancouver auprès de Sydney Keats, puis prend des leçons avec deux maîtres de l'instrument, Eddie Gómez et Gary Karr. Cette base classique et jazz lui donne une justesse et une sonorité qui ne le quitteront plus, à la contrebasse comme à la basse électrique.
Installé à New York, il devient dès le début des années 1980 l'un des musiciens les plus demandés de la scène jazz, latine et studio. Sa liste de collaborations ressemble à une encyclopédie : Sonny Rollins, Dizzy Gillespie, Michael Brecker, Dave Grusin, Paquito D'Rivera, Gato Barbieri, Tito Puente, Michel Camilo, et même Carly Simon côté pop. Deux fidélités dominent son parcours. Pendant une trentaine d'années, il est le bassiste du flûtiste Dave Valentin, figure du latin jazz. Pendant une vingtaine d'années, il accompagne le guitariste Mike Stern, avec qui il sillonne les scènes du monde entier dans un registre jazz-rock très électrique.
Lincoln Goines est aussi un passeur. Avec le batteur Robby Ameen, il cosigne « Funkifying the Clave: Afro-Cuban Grooves for Bass and Drums », une méthode devenue une référence pour les sections rythmiques qui veulent comprendre la clave sans la caricaturer. Il enseigne à The Collective, à New York, depuis 1986, et il est professeur de basse au Berklee College of Music depuis 2008. Fidèle aux basses Fodera, il a sorti en 2022 chez Origin Records « The Art of the Bass Choir », un projet de leader qui fait dialoguer plusieurs basses dans des arrangements d'une grande finesse, preuve qu'après quatre décennies, il cherche encore.
Site officiel : lincolngoines.com
Dave Welsch – The Victor Wooten Band (1959)
Il y a des musiciens dont le nom figure rarement en haut de l'affiche, mais sans qui l'affiche n'existerait pas. Dave Welsch est de ceux-là. Né le 2 octobre 1959 et installé dans la région de Syracuse, dans l'État de New York, ce bassiste joue de la basse électrique comme de la contrebasse depuis plus de cinquante ans, dans des univers aussi variés que le jazz, la pop, le rock, la country, le folk et la comédie musicale.
Son parcours est indissociable de celui de Victor Wooten. Les deux hommes travaillent ensemble depuis une trentaine d'années, et Wooten le décrit comme un musicien, pédagogue et compositeur de tout premier plan. Au sein du Victor Wooten Band, Dave Welsch ne se contente pas de la basse : il y joue aussi de la trompette et des claviers, et chante. Hors de la scène, il a été régisseur de tournée et chef de projet, et il est l'une des chevilles ouvrières du Center for Music and Nature, le centre fondé par Wooten dans le Tennessee, auquel il est associé depuis les tout premiers stages en 2000. Il y enseigne la basse, la théorie, la lecture et même l'histoire de la musique de film.
Car la musique à l'image est son autre terrain. Compositeur et producteur, il écrit pour le cinéma et la télévision et partage ses pièces sur SoundCloud et YouTube. Chez lui, il se produit en trio ou en quartette de jazz, avec une approche où la basse chante autant qu'elle soutient. Un profil d'artisan complet, qui résume à lui seul l'esprit de la galaxie Wooten : jouer, transmettre, et ne jamais cloisonner.
Site officiel : davewelsch.com
Martin Sköld – Kent (1970)
Hors de Scandinavie, son nom dit peu de chose. En Suède, il est associé à l'un des phénomènes les plus durables de l'histoire du rock local. Martin Sköld est né le 2 octobre 1970 à Sparreholm, dans la province du Södermanland. C'est à Eskilstuna, ville industrielle voisine, qu'il fonde en 1990 avec le chanteur Joakim Berg un groupe qui s'appelle d'abord Jones & Giftet, puis Havsänglar, avant de devenir Kent en 1993, au moment de s'installer à Stockholm. Autour d'eux, le guitariste Sami Sirviö et le batteur Markus Mustonen complètent un line-up qui restera l'un des plus stables de la scène.
Le premier album, « Kent », sort en 1995. Le second, « Verkligen », fait du groupe une star nationale. Suivent « Isola », « Hagnesta Hill », puis « Vapen & ammunition » (2002), qui reste huit semaines en tête des ventes suédoises. Au total, Kent aligne onze albums numéro un, plus de trois millions de disques vendus, vingt-deux Grammis et douze Rockbjörnen. Le groupe tente aussi sa chance à l'international avec des versions anglaises d'« Isola » et de « Hagnesta Hill », sans percer vraiment au-delà du Nord.
Dans cette réussite, Martin Sköld joue un rôle central et double. À la basse, il construit des lignes mélodiques et ténues qui épousent l'atmosphère mélancolique du groupe. Aux claviers, il accompagne la mue de Kent vers des sonorités synthétiques, de plus en plus présentes à partir de « Tillbaka till samtiden » et de « Röd ». Surtout, il est le principal partenaire de composition de Joakim Berg, cosignant une large part de la musique du groupe.
En mars 2016, Kent annonce sa séparation, publie « Då som nu för alltid » en mai et fait ses adieux le 17 décembre 2016 à la Tele2 Arena de Stockholm. Le groupe jure alors qu'il ne reviendra pas. Huit ans plus tard, en octobre 2024, il annonce pourtant des retrouvailles, sans nouvel album ni tournée. En mars 2025, six concerts à la 3Arena de Stockholm réunissent près de 240 000 personnes, un record pour un seul artiste dans cette salle. Martin Sköld était évidemment sur scène, basse à la main.
Site officiel : kent.nu
Mike Rodden – Hinder (1978)
Au milieu des années 2000, les radios rock américaines ont un tube en boucle, une power ballad à la fois sentimentale et musclée : « Lips of an Angel ». Derrière, on trouve Hinder, un groupe d'Oklahoma City, et à la basse Mike Rodden. Né le 2 octobre 1978, il commence par la guitare au lycée avant de passer à la basse quelques années plus tard. Il tourne dans la région avec plusieurs groupes, dont Shade Seven, lorsque Hinder, qui vient de perdre son bassiste d'origine Cole Parker, lui propose de rejoindre l'aventure.
Le timing est parfait. Le groupe signe chez Universal et publie en 2005 « Extreme Behavior », porté par « Get Stoned » puis par « Lips of an Angel », qui grimpe dans le haut du Billboard Hot 100. L'album est certifié multi-platine et propulse Hinder sur les routes aux côtés de poids lourds comme Nickelback, Papa Roach ou Buckcherry. Rodden y impose un jeu direct, efficace, taillé pour les grandes salles, sur des basses Spector équipées de micros EMG actifs.
« Take It to the Limit » (2008) assume un virage glam metal, « All American Nightmare » (2010) et « Welcome to the Freakshow » (2012) prolongent l'aventure. En 2013, le chanteur Austin Winkler quitte le groupe. Hinder aurait pu s'arrêter là. Rodden et ses camarades choisissent de continuer avec Marshal Dutton au chant, publient « When the Smoke Clears » (2015) et « The Reign » (2017), puis reviennent en mai 2025 avec « Back to Life », accompagné d'une tournée américaine. Plus de vingt ans après son arrivée, Mike Rodden est toujours là, à la même place, celle du bassiste qui tient la maison.
Site officiel du groupe : hindermusic.com
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