Nés un 30 septembre : dix-neuf bassistes et contrebassistes, de l'Opéra de Paris au death metal

Publié le 30 septembre 2026 à 00:32

Un contrebassiste de l'Opéra de Paris sous la Restauration, une reine du jazz des années folles, le père de la contrebasse bebop, le pape du yass polonais, un architecte du groove metal… Le 30 septembre a vu naître une drôle de famille du grave. Tour d'horizon, du XVIIIe siècle à la génération des années 1980.

Louis-François Chaft – Orchestre de l'Opéra de Paris, Société des concerts du Conservatoire (1780 – 1856)

Bien avant que le mot « bassiste » ne désigne un musicien branché sur un ampli, il y eut Louis-François Chaft. Né à Bourg-en-Bresse en 1780, il fait ses classes au Conservatoire de Paris… au violoncelle. Ce n'est qu'ensuite qu'il descend d'un étage vers la contrebasse, l'instrument qui va structurer toute sa carrière.

En 1816, il intègre l'orchestre de l'Opéra de Paris, où il tiendra sa place pendant plus d'un quart de siècle, jusqu'en 1842. En 1828, il rejoint la toute jeune Société des concerts du Conservatoire, d'abord comme violoncelliste, avant d'y devenir chef de pupitre des contrebasses en 1833, succédant à Marie-Pierre Chenié. Autant dire qu'il se trouve aux premières loges de la révolution symphonique parisienne, celle qui fait découvrir Beethoven au public français.

Mais c'est comme pédagogue que Chaft laisse une empreinte durable. Nommé professeur de contrebasse au Conservatoire de Paris en 1832, il y enseigne jusqu'à sa retraite en 1853. Il est surtout le premier professeur de l'institution à généraliser l'usage de la contrebasse à quatre cordes accordée en quartes (mi, la, ré, sol), à une époque où les instruments à trois cordes dominaient encore les orchestres français. Un choix technique qui paraît aujourd'hui évident, mais qui a façonné l'instrument tel que le jouent encore les contrebassistes classiques comme leurs lointains cousins jazz et rock. Il s'éteint à Chartres en 1856.

Pour aller plus loin : archives numérisées de la BnF (Gallica)

Thelma Terry – Thelma Terry and Her Playboys (1901 – 1966)

Née Thelma Esther Combes le 30 septembre 1901 à Bangor, dans le Michigan, Thelma Terry grandit à Chicago après le divorce de ses parents. Quand vient le moment de choisir un instrument, elle opte pour la contrebasse, un choix audacieux pour une jeune femme de l'époque, et décroche la place de première contrebasse du Chicago Women's Symphony Orchestra. Le prestige est là, le salaire beaucoup moins : elle se tourne vers le jazz.

Le Chicago des années 1920 est une ville de clubs, et Thelma y trouve sa scène. À partir de 1925, elle joue et chante au Colosimo's, le restaurant associé à Al Capone, parfois en direct à la radio. Un engagement dans un théâtre en 1927 et un article dans Variety attirent l'attention de la Music Corporation of America, qui la rebaptise « Thelma Terry » et lui constitue un orchestre entièrement masculin : Thelma Terry and Her Playboys. Derrière les fûts, un jeune batteur nommé Gene Krupa.

La MCA soigne le marketing à la mode de l'époque : on l'affiche comme « The Beautiful Blonde Siren of Syncopation » ou « The Jazz Princess ». Au-delà des slogans, Thelma Terry, cheffe d'orchestre et contrebassiste à la tête d'une formation entièrement masculine, fait figure de pionnière dans le jazz de son temps, et le groupe tourne aux États-Unis comme à l'étranger jusqu'en 1929.

Cette année-là, elle quitte la musique pour épouser Willie Haar et s'installe à Savannah, en Géorgie. Après leur divorce en 1936, elle tente un retour à Chicago, sans lendemain. Elle deviendra professeure de tricot, renouera dans les années 1950 avec son ancien batteur Gene Krupa, et s'éteindra le 30 mai 1966. Une trajectoire fulgurante, qui mérite d'être redécouverte.

Pour aller plus loin : écouter Thelma Terry sur Deezer

Joe Mudele – Club Eleven, John Dankworth Seven, Tony Kinsey (1920 – 2014)

Joe Mudele voit le jour le 30 septembre 1920 et grandit à Downham, dans le sud-est de Londres. Sorti de l'école à 14 ans, il chante et joue dans des formations locales, mais ne découvre la contrebasse qu'à 17 ans, grâce à un instrument déniché chez un brocanteur. Après la Seconde Guerre mondiale, qu'il passe dans la Royal Air Force, il devient professionnel en 1947 aux côtés du clarinettiste Carl Barriteau et de l'accordéoniste Tito Burns.

En 1948, il fait partie des onze musiciens fondateurs du Club Eleven, club coopératif de Soho qui sera le laboratoire du bebop britannique. Aux côtés de Ronnie Scott et de John Dankworth, dont il tient la contrebasse dans l'un des orchestres maison, Mudele participe à l'acclimatation d'un langage encore neuf de ce côté de l'Atlantique. En 1949, au festival international de jazz de Paris, il partage la scène avec Charlie Parker et Max Roach, un baptême du feu qui en dit long sur son niveau.

Membre fondateur du John Dankworth Seven, il joue aussi avec Tommy Whittle et Tony Kinsey, avant de basculer à partir des années 1960 vers le travail de studio. On l'entend sur les bandes originales de Thunderbirds et de Joe 90, et il est pendant trois décennies un pilier de l'émission de la BBC Sing Something Simple. Installé à Bromley, il dirige ensuite le Bexley Jazz Club, dans le Kent. Il s'éteint le 7 mars 2014, à 93 ans.

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Oscar Pettiford – Duke Ellington Orchestra, Woody Herman, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk (1922 – 1960)

Oscar Pettiford naît le 30 septembre 1922 à Okmulgee, dans l'Oklahoma, d'une mère se revendiquant choctaw et d'un père, Harry « Doc » Pettiford, d'ascendance cherokee et afro-américaine. Il grandit dans l'orchestre familial, une troupe itinérante qui finira par se fixer à Minneapolis. Chanteur et danseur enfant, il passe au piano à 12 ans, puis à la contrebasse à 14.

Adolescent, il impressionne Milt Hinton, mais doute de lui au point d'abandonner la musique en 1941. C'est Hinton lui-même qui le convainc de revenir, cinq mois plus tard. Pettiford assume une approche très personnelle de l'instrument : il n'aimait pas la façon dont on jouait de la contrebasse, alors il a inventé la sienne.

En 1942, il rejoint l'orchestre de Charlie Barnet, puis se fait remarquer en 1943 aux côtés de Coleman Hawkins sur « The Man I Love ». Au Minton's Playhouse, il est de ceux qui façonnent le bebop avec Dizzy Gillespie, Thelonious Monk et Kenny Clarke, et codirige un groupe avec Gillespie dès 1943. Il passe ensuite chez Duke Ellington de 1945 à 1948, puis brièvement chez Woody Herman en 1949.

C'est chez Herman qu'il se fracture le bras. Plutôt que de s'arrêter, il emprunte un violoncelle, l'accorde en quartes une octave au-dessus de la contrebasse et joue le bras en écharpe. Il fait ainsi du violoncelle un instrument soliste du jazz, qu'il enregistre dès 1950. Dans les années 1950, il dirige sextets, big bands et orchestres pour Debut, Bethlehem et ABC-Paramount, n'hésite pas à inviter cor d'harmonie ou harpe, et joue sur les trois premiers albums de Monk pour Riverside.

En 1958, il s'installe à Copenhague et y travaille avec Attila Zoller, Bud Powell ou Kenny Clarke. Il y meurt le 8 septembre 1960, emporté par un virus proche de la poliomyélite. Son « Tricotism » est devenu un passage obligé pour les contrebassistes, de Ray Brown à John Clayton, et ses « Blues in the Closet » et « Bohemia After Dark » sont des standards. Christian McBride le considère probablement comme le contrebassiste le plus important de la génération bebop pour ce qui est de l'invention d'un nouveau langage.

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Piero Montanari – Rino Gaetano, Pino Daniele, Claudio Baglioni, Paolo Conte (1946 – 2023)

Romain de naissance comme de cœur, Piero Montanari voit le jour le 30 septembre 1946. Il débute comme bassiste professionnel en 1964 et devient, au fil des années 1970 et 1980, l'un des musiciens de session les plus sollicités de la variété italienne, au point que certains l'ont présenté à sa disparition comme le plus grand bassiste italien de cette période.

Sa discographie de sideman se lit comme un annuaire de la canzone : Rino Gaetano, Franco Califano, Renato Zero, Claudio Baglioni, Paolo Conte, et Pino Daniele, sur l'album duquel il signe deux titres à la basse. Côté jazz, il accompagne des figures internationales comme Chet Baker et Toots Thielemans, preuve d'une polyvalence rare.

Montanari est aussi compositeur. Entre 1984 et 1987, il écrit de nouvelles musiques pour de nombreux films muets de Laurel et Hardy. Il compose pour des émissions de télévision, des documentaires et des séries d'animation, notamment avec le réalisateur Giancarlo Governi, dont il était l'ami, et avec qui il entretenait une rivalité footballistique passionnée, l'un supporter de la Roma, l'autre de la Lazio. Son travail de musique pour le documentaire industriel lui vaut une reconnaissance de la Confindustria.

Décrit par ses proches comme doux, solaire et ironique, il s'éteint à Rome le 9 février 2023. Comme bien des bassistes de studio, il aura été entendu par des millions de personnes sans que la lumière ne se pose jamais tout à fait sur lui.

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Matthias Bonitz – Westfälisches Sinfonieorchester / Neue Philharmonie Westfalen, Deutsche Bachsolisten (1951)

Matthias Bonitz naît le 30 septembre 1951 à Ellwangen, dans le Bade-Wurtemberg. De 1972 à 1978, il étudie à la Hochschule für Musik de Detmold auprès de Walter Meuter, puis entre la même année à l'orchestre symphonique de Westphalie, à Recklinghausen, devenu depuis la Neue Philharmonie Westfalen. Il y tiendra la contrebasse pendant près de quarante ans, jusqu'en 2016.

À côté de l'orchestre, Bonitz mène une riche activité de chambriste : il se produit en duo avec le violoncelliste Marcio Carneiro et joue au sein des Deutsche Bachsolisten, du Deutsches Bachorchester et de l'orchestre de chambre de Detmold. Pédagogue très investi, il enseigne au lycée Grabbe de Detmold, à l'école de musique de Lüdinghausen, à la Hochschule de Detmold/Dortmund de 1984 à 1996, à l'Université technique de Dortmund depuis 1993, auprès des Junge Sinfoniker OWL de Bielefeld et, dans les années 1990, au Bundesjugendorchester, l'orchestre national des jeunes allemand.

Compositeur, il a mis en musique des poèmes d'Ingeborg Bachmann, d'Annette von Droste-Hülshoff et d'Hermann Hesse, et signé des poèmes symphoniques comme « Le Taureau » ou « Siddhartha », publiés notamment par Universal Edition à Vienne. Le portrait d'un contrebassiste d'orchestre qui a fait de la transmission une seconde vocation.

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Frank Zincavage – Romeo Void (1952)

Frank Zincavage est de ces bassistes qui ont fait naître un groupe autant qu'ils l'ont joué. Étudiant au San Francisco Art Institute à la fin des années 1970, il y rencontre la chanteuse Debora Iyall. Le courant passe immédiatement, les deux discutent de monter un groupe, et quelques semaines plus tard ils recrutent le guitariste Peter Woods et le batteur Jay Derrah. Romeo Void naît officiellement le jour de la Saint-Valentin 1979, un nom qui évoque, selon Iyall, une absence de romance.

Avec le saxophoniste Benjamin Bossi, le groupe impose un post-punk sombre et dansant, porté par la basse de Zincavage et les textes acérés d'Iyall. Un premier single sort sur le label 415 Records, puis l'album It's a Condition, souvent salué comme un chef-d'œuvre du post-punk américain. Le succès du EP Never Say Never et de son morceau-titre, devenu un classique des pistes new wave, vaut au groupe un contrat de distribution avec Columbia. Suivent Benefactor et Instincts, dont est tiré « A Girl in Trouble (Is a Temporary Thing) », entré dans le Top 40 américain.

Zincavage cosigne une large part du répertoire. Le groupe se sépare en 1985, avant quelques retrouvailles ponctuelles. En 2023, le bassiste revenait sur cette histoire dans un podcast britannique consacré à l'indie pop, à l'occasion d'une réédition pour le Record Store Day.

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Mark Izu – United Front, Asian American Jazz Orchestra, Jon Jang & The Pan Asian Arkestra (1954 – 2025)

Mark Izu naît le 30 septembre 1954 à Vallejo, en Californie, dans une famille nippo-américaine de troisième génération. Il grandit entre Seattle et Sunnyvale, puis étudie la musique à la San Francisco State University. Contrebassiste et compositeur, il va consacrer sa vie à faire dialoguer le jazz et les traditions musicales asiatiques, en particulier le gagaku, la musique de cour japonaise.

Figure fondatrice du mouvement du jazz asio-américain, il joue avec le batteur Anthony Brown et le pianiste Jon Jang, au sein de United Front, du Pan Asian Arkestra ou de l'Asian American Orchestra, avec lequel il enregistre une relecture de la Far East Suite de Duke Ellington. Pendant près de deux décennies, il est le principal programmateur de l'Asian American Jazz Festival, organisé à l'Asian Art Museum de San Francisco, et contribue ainsi à donner au genre ses lettres de noblesse. En plus de la contrebasse, il joue du shō japonais et du sheng chinois, deux orgues à bouche à anches libres.

En leader, il signe notamment Circle of Fire (1992), Last Dance (2002), Threading Time (2007) ou Navarasa: Duets for Shakuhachi & Contrabass (2010). Il compose pour l'orchestre, le théâtre, la danse et le cinéma, et sa musique pour Bolinao 52, documentaire sur les boat people vietnamiens, lui vaut un Emmy régional. Compagnon de route artistique et mari de la dramaturge et conteuse Brenda Wong Aoki, il s'éteint à San Francisco le 12 janvier 2025, à 70 ans.

Pour aller plus loin : page officielle consacrée à Mark Izu

Dieter Ilg – Randy Brecker Quintet, Charlie Mariano, Till Brönner, Albert Mangelsdorff (1961)

Dieter Ilg naît le 30 septembre 1961 à Offenburg, en Allemagne. Il commence la musique dès le jardin d'enfants avec la flûte à bec, passe au violon puis à l'alto, avant d'adopter la contrebasse à 13 ans. De 1981 à 1986, il étudie la contrebasse classique à la Hochschule für Musik de Fribourg-en-Brisgau, puis part à New York comme boursier Fulbright pour étudier à la Manhattan School of Music auprès d'Eddie Gomez, Rufus Reid et Miroslav Vitouš. Un trio de professeurs qui résume assez bien son futur son, à la fois lyrique et solidement ancré.

De 1987 à 1989, il tient la contrebasse dans le quintet de Randy Brecker. Il joue ensuite de 1991 à 2004 dans l'ensemble d'Albert Mangelsdorff et Wolfgang Dauner, forme un duo au long cours avec le saxophoniste Charlie Mariano de 2001 à 2009, et collabore étroitement avec le trompettiste Till Brönner. Avec Wolfgang Muthspiel et Steve Argüelles, il revisite aussi le répertoire des chansons populaires.

Sa signature la plus reconnaissable reste sa série d'albums en trio consacrés au répertoire classique : Otello (2011) d'après Verdi, Parsifal (2013) d'après Wagner, Mein Beethoven (2015) et B-A-C-H (2017). Une manière de faire swinguer les monuments sans les trahir, récompensée par plusieurs Echo Jazz (2011, 2014, 2016). Nightfall, son album en duo avec Till Brönner, décroche en 2019 un disque de platine jazz. Depuis 1995, il enseigne la contrebasse jazz à la Musikhochschule de Fribourg.

Pour aller plus loin : site officiel de Dieter Ilg

Lynda Stipe – Oh-OK, Hetch Hetchy (1962)

Lynda Stipe naît le 30 septembre 1962 à Decatur, en Géorgie. Si son nom évoque immédiatement son frère aîné Michael, chanteur de R.E.M., elle a tracé dans la scène d'Athens une route bien à elle, basse à la main.

En 1981, elle fonde Oh-OK avec la chanteuse Linda Hopper et le batteur David Pierce. Le trio commence en répétant dans les fêtes étudiantes, et décroche sa première vraie date quand Michael Stipe a besoin d'une première partie au 40 Watt Club. À peine un mois d'existence et cinq chansons au compteur, Oh-OK part tourner à New York et dans le New Jersey avec Pylon, et remplit le Danceteria. La recette tient dans les textes non linéaires des deux chanteuses, la danse de la batterie et, surtout, les lignes de basse mélodiques et bondissantes de Lynda Stipe, que le critique Robert Christgau salue dans le Village Voice.

Le mini-album Wow (1982) et son titre « Lilting », une minute de pop dansante, tournent sur les radios universitaires. L'arrivée d'un guitariste nommé Matthew Sweet oriente le groupe vers un rock plus classique sur Furthermore What (1983). Après Oh-OK, Stipe fonde Hetch Hetchy, où elle chante et joue de la basse sous le nom de Lynda L. Limner, avec les albums Make Djibouti (1988) et Swollen (1990), plus proches du rock gothique et de la dream pop. Elle joue ensuite avec Flash to Bang Time, fait les chœurs sur Monster de R.E.M. (1994) et apparaît sur Little de Vic Chesnutt. Oh-OK s'est brièvement reformé en 2006 pour l'Athens Popfest.

Pour aller plus loin : écouter Oh-OK sur Deezer

David Barbe – Sugar, Mercyland, Buzz Hungry, The Quick Hooks (1963)

David Barbe naît le 30 septembre 1963 à Atlanta, dans une famille de musiciens de big band. Sa mère, Jane Barbe, est une voix que des millions d'Américains ont entendue sans la connaître : c'était la « Time Lady », la voix des messages enregistrés de l'horloge parlante et des annonces téléphoniques. Son père, John Barbe, était compositeur.

En 1981, il s'installe à Athens pour étudier à l'Université de Géorgie et commence à la guitare chez les punks de Bar-B-Que Killers. En 1985, il fonde Mercyland, dont il est le bassiste, le principal compositeur et le cochanteur jusqu'à la séparation en 1991. Il mène ensuite Buzz Hungry, mais c'est avec Sugar, le power trio de Bob Mould, qu'il gagne une reconnaissance internationale. Aux côtés de l'ancien leader de Hüsker Dü et du batteur Malcolm Travis, il tient la basse sur Copper Blue (1992), Beaster (1993) et File Under: Easy Listening (1994), avant de quitter le groupe début 1995.

En 1997, il cofonde à Athens le studio Chase Park Transduction, où il devient l'un des producteurs de référence du rock du Sud. On lui doit la quasi-totalité des albums des Drive-By Truckers, et son nom figure aussi dans les crédits de Son Volt, Deerhunter, k.d. lang ou R.E.M. Depuis 2011, il dirige le programme Music Business de la Terry College of Business de l'Université de Géorgie, tout en jouant avec son groupe The Quick Hooks. Un parcours complet, de la scène au studio et de la console à l'amphithéâtre.

Pour aller plus loin : écouter David Barbe sur Deezer

Robby Takac – Goo Goo Dolls (1964)

Robert Carl Takac Jr. naît le 30 septembre 1964 à Buffalo, dans l'État de New York, et grandit dans la banlieue de West Seneca. Sa mère est institutrice, son père d'origine irlandaise et hongroise. Diplômé du lycée en 1982, il obtient en 1986 un diplôme en communication au Medaille College de Buffalo. Cette même année, le groupe qu'il a fondé avec le guitariste John Rzeznik, rencontré via un groupe local nommé The Beaumonts, abandonne son nom provocateur de départ pour devenir les Goo Goo Dolls.

Dans les premières années, c'est Takac qui chante, en plus de tenir la basse, dans un registre punk rock énergique. Rzeznik prend progressivement le micro principal, sans que Takac ne quitte jamais tout à fait le devant de la scène : il continue de chanter certains titres sur la plupart des albums. Le succès arrive en 1995 avec « Name », extrait d'A Boy Named Goo, puis explose en 1998 avec « Iris », composé pour la bande originale de La Cité des anges, qui se hisse en tête de plusieurs classements dont le Hot 100 Airplay et devient l'un des grands hymnes rock de la fin des années 1990.

Takac est aussi un entrepreneur culturel profondément attaché à Buffalo. En 2003, il fonde Good Charamel Records, label consacré au rock japonais porté par des groupes à chanteuses. En 2004, il lance le Music is Art Festival, organisation à but non lucratif qui défend l'impact culturel, social et éducatif de la musique dans la communauté, puis ouvre en 2009 le studio GCR Audio. Il cofonde également le collectif électronique Amungus. Près de quarante ans après leurs débuts, les Goo Goo Dolls sont toujours en activité, et Takac toujours à la basse.

Pour aller plus loin : site officiel des Goo Goo Dolls

Gito Baloi – Tananas (1964 – 2004)

Felix Garcao do Rosario Serafim Bernardo Baloi, dit Gito, naît le 30 septembre 1964 à Matola, au Mozambique, et grandit dans la ferme familiale près de Maputo. Musicien autodidacte, il fabrique ses premiers instruments avec des bidons de paraffine, des fûts d'huile et des roseaux. Une débrouille qui en dit long sur une musicalité née de la nécessité et de la curiosité.

En 1987, installé en Afrique du Sud, il fonde le trio Tananas avec le batteur Ian Herman et le guitariste Steve Newman. Bassiste et chanteur, Baloi apporte au groupe ses racines mozambicaines, que le trio mêle au jazz, aux rythmes sud-africains et à la musique acoustique pour créer un son unique. Tananas s'impose rapidement comme l'un des groupes phares de la scène sud-africaine et tourne aux États-Unis, en Australie, en France, au Japon ou en Suède.

En parallèle, Gito Baloi mène une carrière solo avec Ekhaya (1995), Na Ku Randza (1997) et Herbs & Roots (2003). Il enregistre aussi Sweet-Thorn en duo avec le guitariste Nibs van der Spuy, participe au projet Desert Voices et joue avec The Shuttle Band et Mondetta. Il partage la scène avec Paul Simon, Peter Gabriel, Sting, Tracy Chapman ou Youssou N'Dour.

Le 4 avril 2004, alors qu'il rentre d'un concert à Pretoria, il est abattu à Johannesburg. Il avait 39 ans et laissait son épouse Erika Hibbert et leurs deux filles. Son album Beyond paraît à titre posthume en 2008.

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Tymon Tymański – Miłość, Kury, Tymański Yass Ensemble, Tymon & The Transistors (1968)

Ryszard Waldemar Tymański, que toute la Pologne connaît sous le nom de Tymon, naît le 30 septembre 1968 à Gdańsk. Il commence la guitare à 8 ans, fonde en 1984 son premier groupe au nom improbable, Sni Sredstvom Za Uklanianie, puis étudie l'anglais à l'Université de Gdańsk de 1986 à 1988.

En 1988, il fonde Miłość, dont il est le leader, le contrebassiste et le bassiste. Le groupe, qui comptera notamment dans ses rangs un jeune pianiste nommé Leszek Możdżer, devient le fer de lance du « yass », mouvement dont Tymański est à la fois le théoricien et le moteur. Né dans la scène de Trójmiasto, le yass se veut une alternative à un jazz polonais jugé trop conservateur, mêlant free, rock, punk, musiques ethniques et avant-garde. Miłość publie Miłość (1992) et Taniec smoka (1994), remporte à quatre reprises le référendum des lecteurs de Jazz Forum dans la catégorie meilleur ensemble acoustique, et enregistre en 2000 un album avec le trompettiste Lester Bowie, figure de l'Art Ensemble of Chicago. Le groupe se sépare en 2002.

En parallèle, Tymański fonde Kury en 1992, formation plus rock et volontiers satirique, puis à partir de 2004 le Tymański Yass Ensemble et Tymon & The Transistors. Guitariste autant que bassiste, compositeur pour le théâtre et le cinéma, il reçoit un Fryderyk en 1998 et le Paszport Polityki en 2000, l'une des plus prestigieuses distinctions culturelles polonaises.

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Will Rahmer – Mortician, Incantation (1969)

Will Rahmer naît le 30 septembre 1969 à Yonkers, dans l'État de New York. Grand collectionneur de films d'horreur, il en fait le cœur de son projet artistique quand il fonde Mortician en 1989 avec le batteur Matt Sicher et le guitariste Matt Harshner. Il en est le parolier, le chanteur et le bassiste, trois rôles qu'il n'a jamais quittés.

Mortician pratique un death metal ultra-lourd teinté de grindcore, et se reconnaît à ses introductions construites à partir d'extraits de films slasher. Le chant de Rahmer, d'une profondeur caverneuse, inspiré notamment de Kam Lee de Massacre, devient une signature du genre. À la mi-1990, il fait un court passage au micro d'Incantation. Signé chez Relapse Records en 1993, Mortician publie Mortal Massacre, puis The House by the Cemetery, Hacked Up for Barbecue (1997), Chainsaw Dismemberment (1999), Domain of Death (2001), Darkest Day of Horror (2003) et Re-Animated Dead Flesh (2004). Le groupe figure même sur la bande originale de Gummo, le film d'Harmony Korine, avec « Skin Peeler ».

Derrière ce goût assumé pour le gore, AllMusic relève un sens de l'humour, certes morbide, rare dans un genre qui cultive d'ordinaire la menace. Rahmer a également fondé la New York Death Militia et le label Redrum Records, et Mortician, désormais sur son propre label, était annoncé au Maryland Deathfest en 2026.

Pour aller plus loin : site officiel de Mortician

Joe Martin – Mark Turner Quartet, Gilad Hekselman, Chris Potter, Brad Mehldau (1970)

Joe Martin naît en 1970 à Kansas City et grandit à Pella, dans l'Iowa, dans une maison où la musique est partout. Son père, professeur d'histoire de la musique retraité, est clarinettiste au Des Moines Symphony, sa mère, bibliothécaire, joue du violon en amatrice, et son grand-père, pianiste de jazz, lui apprend les standards lors des visites familiales à Joplin, dans le Missouri.

Il commence le violoncelle à 7 ans et la basse électrique à 15. Boursier à l'Université DePaul de Chicago, il y travaille avec Larry Gray, puis poursuit au William Paterson College, dans le New Jersey, auprès de Todd Coolman, Rufus Reid et Harold Mabern. Diplômé avec les honneurs en 1994, il s'installe aussitôt à New York.

Il devient rapidement l'un des contrebassistes les plus demandés de la scène new-yorkaise, apprécié pour sa sonorité chaleureuse, son oreille, sa souplesse harmonique et ses solos lyriques. On l'entend auprès de Brad Mehldau, Chris Potter, Kevin Hays, et surtout dans le quartet de Mark Turner et le groupe du guitariste Gilad Hekselman. En leader, il signe Passage (Fresh Sound New Talent), enregistré en 2001 avec Mark Turner, Kevin Hays et Jorge Rossy, puis Not by Chance (Anzic, 2009) avec Chris Potter, Brad Mehldau et Marcus Gilmore. Il forme aussi The Phoenix Trio avec Mark Turner et Marcus Gilmore, et enseigne à l'Aaron Copland School of Music du Queens College.

Pour aller plus loin : écouter Joe Martin sur Bandcamp

John Campbell – Lamb of God, Burn the Priest (1972)

John Campbell naît le 30 septembre 1972. En 1994, alors étudiant à la Virginia Commonwealth University de Richmond, il fonde Burn the Priest avec le batteur Chris Adler et les guitaristes Mark Morton et Matt Conner. Le line-up bouge beaucoup dans les premières années, mais Campbell, lui, reste. Le chanteur Randy Blythe rejoint l'aventure, Morton revient en 1997, et un premier album paraît en 1999. Avec l'arrivée du guitariste Willie Adler et un contrat chez Prosthetic Records, le groupe change de nom pour éviter d'être confondu avec une formation sataniste : Lamb of God est né.

La suite est l'histoire d'un des groupes majeurs du metal américain des années 2000. New American Gospel (2000) pose les bases d'un groove metal rugueux, As the Palaces Burn (2003) est élu album de l'année par Revolver et Metal Hammer, et Ashes of the Wake (2004) marque l'arrivée chez Epic. Wrath (2009) vaut au groupe deux nominations aux Grammy Awards, suivies d'une troisième en 2016 pour « 512 ». Lamb of God ouvre pour Metallica sur le World Magnetic Tour de 2008 à 2010 et accompagne Slayer lors de sa tournée d'adieux en 2018 et 2019.

Membre de la « New Wave of American Heavy Metal », classé parmi les quatre grands groupes metal des années 2000 aux côtés de Slipknot, Avenged Sevenfold et System of a Down, Lamb of God a vendu près de deux millions d'albums aux États-Unis. Seul membre fondateur présent sans interruption depuis 1994, John Campbell reste le socle discret mais indispensable d'une machine de guerre rythmique. Le groupe a publié Into Oblivion en mars 2026, son douzième album studio.

Pour aller plus loin : site officiel de Lamb of God

İbrahim Gökçek – Grup Yorum (1980 – 2020)

İbrahim Gökçek naît le 30 septembre 1980. Il est le bassiste de Grup Yorum, formation fondée en 1985 à Istanbul et devenue l'un des groupes de musique engagée les plus populaires du pays, mêlant musique traditionnelle anatolienne et chanson protestataire. Il est marié à Sultan Gökçek, également membre du groupe.

Le groupe fait l'objet de nombreuses interdictions de concerts et de poursuites de la part des autorités turques, qui l'accusent de liens avec le DHKP-C, organisation d'extrême gauche classée comme terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les États-Unis, ce que ses membres contestent. Arrêté le 1er mai 2019, İbrahim Gökçek est accusé d'être un cadre de haut rang de l'organisation, sur la base notamment du témoignage d'un témoin anonyme. En juin 2019, il rejoint une grève de la faim entamée par d'autres membres du groupe pour demander la fin de la répression, la libération des musiciens emprisonnés et le droit de se produire en concert. Libéré en février 2020, il poursuit son mouvement.

Le 5 mai 2020, au bout de 323 jours, il met fin à sa grève de la faim et est hospitalisé. Il meurt deux jours plus tard, le 7 mai 2020. Sa disparition a un fort retentissement en Turquie comme à l'étranger ; la cérémonie organisée en sa mémoire à Istanbul est dispersée par la police, et il est finalement inhumé à Kayseri. Son parcours rappelle que, dans certains contextes, tenir la basse dans un groupe peut être un engagement lourd de conséquences.

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George DeLancey – Wynton Marsalis, Houston Person, Tia Fuller, Bria Skonberg (1988)

George DeLancey naît le 30 septembre 1988 à Cambridge, dans l'Ohio, au cœur des Appalaches. Il fait ses premières armes au sein du Columbus Youth Jazz Orchestra, puis rejoint le programme jazz de la Michigan State University, où il étudie auprès du contrebassiste Rodney Whitaker, l'un des grands pédagogues de l'instrument.

Actif dans le Midwest puis à New York, il s'impose comme un contrebassiste de jazz moderne au son profond et à la pulsation solide, ce qui lui vaut de jouer avec Wynton Marsalis, Houston Person, Tia Fuller, Bria Skonberg, Christian Howes, Johnny O'Neal ou les frères Philip et Winard Harper. Il participe aussi aux programmes éducatifs « Jazz for Young People » du Jazz at Lincoln Center.

En leader, il publie en 2013 un premier album à son nom, entièrement composé de ses propres morceaux, avec notamment le pianiste Aaron Diehl et le saxophoniste Stacy Dillard. Suit en 2020 Paradise, avec Caleb Wheeler Curtis, Lawrence Leathers et Tatum Greenblatt. Fidèle à ses racines, il dirige par ailleurs Appalachian Muse, une initiative artistique tournée vers sa région natale.

Pour aller plus loin : site officiel de George DeLancey

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