Né(e)s un 30 août ! Bon anniversaire à...

Publié le 30 août 2026 à 01:14

Placide Adams – Onward Brass Band, Original Dixieland Hall Jazz Band, Heritage Hall Jazz Band, Preservation Hall Jazz Band (1929 – 2003)

Placide Adams Jr. naît le 30 août 1929 à La Nouvelle-Orléans, dans l'une de ces familles créoles où la musique se transmet comme un patronyme. Le clan Adams fournit à la ville plusieurs musiciens de métier, dont le guitariste Justin Adams, et Placide grandit au milieu des fanfares de rue, des parades et des enterrements en musique qui constituent le tissu sonore de la Crescent City. Il apprend la contrebasse mais aussi la grosse caisse de brass band, double compétence qui lui permettra plus tard de circuler entre le répertoire de danse et celui des défilés.

Sa première décennie professionnelle, de 1949 à 1959, se déroule pourtant loin du jazz traditionnel. Adams tourne alors dans le circuit rhythm and blues du Sud, accompagnant des artistes de premier plan comme B.B. King ou Chuck Berry, à une époque où la basse doit tenir la baraque debout dans des salles bruyantes et des orchestres à cuivres. Cette école du groove, du tempo implacable et du son puissant restera audible dans son jeu jusqu'à la fin : Adams n'a jamais eu la contrebasse timide.

À partir des années 1960, il opère un virage décisif et consacre les quarante années suivantes à jouer et à promouvoir exclusivement la musique authentique de sa ville natale. Il travaille avec les grandes figures du jazz néo-orléanais — le clarinettiste George Lewis, l'héritage de Papa Celestin, le clarinettiste Louis Cottrell — et devient un pilier des institutions locales. En 1964, il part au Japon avec George Lewis, contribuant à la ferveur internationale pour le jazz de La Nouvelle-Orléans. En 1974, il monte sur la scène du Carnegie Hall. Il joue avec le Preservation Hall Jazz Band, dirige l'Original Dixieland Hall Jazz Band et enregistre avec le Heritage Hall Jazz Band, formation qui portera son nom et sa signature rythmique sur disque.

En 1978, il prend la direction de l'Onward Brass Band, l'une des plus anciennes et des plus prestigieuses fanfares de la ville, fondée au XIXe siècle et relancée successivement par Paul Barbarin puis Louis Cottrell. Ce rôle fait de lui bien davantage qu'un instrumentiste : un gardien de répertoire, un employeur pour des générations de jeunes souffleurs, un ambassadeur d'une tradition qu'il défend contre la folklorisation. Sa contrebasse, à la fois profonde et souple, sert de socle à un style collectif où la ligne de basse ne se contente pas de marquer les temps mais dialogue avec le tuba, le banjo et la batterie.

Placide Adams meurt le 29 mars 2003, trois semaines avant la date à laquelle il devait se produire au New Orleans Jazz & Heritage Festival, événement auquel il avait participé pendant des décennies. Sa disparition prive la ville d'un de ses derniers passeurs directs entre l'ère du R&B itinérant et celle du jazz patrimonial.

À écouter : New Orleans Heritage Hall Jazz Band sur Deezer

 

Chuck Colbert – The American Breed, Rufus (1939)

Charles « Chuck » Colbert naît le 30 août 1939 à Chicago. Il se forme dans le bouillonnement musical de la ville, entre soul, doo-wop et rock naissant, et joue jusqu'en 1964 avec les Daylighters tout en tenant la basse au sein de Gary & The Knight Lites, un groupe de bar de la banlieue de Cicero mené par le chanteur Gary Loizzo. La formation enregistre cinq singles sous ce nom sans percer nationalement.

Tout bascule en janvier 1967 lorsque le groupe signe chez Acta, filiale de Dot Records. Le label juge le patronyme démodé ; les musiciens tirent au sort un nouveau nom dans un chapeau et en sortent The American Breed. La formation présente une particularité rare pour l'époque : elle est racialement mixte, Colbert étant afro-américain aux côtés de musiciens blancs, dans une industrie encore largement segmentée. Fin 1967, leur reprise de « Bend Me, Shape Me » explose et grimpe jusqu'à la cinquième place du Billboard Hot 100, écoulant plus d'un million d'exemplaires. Sur ce disque comme sur les albums qui suivent, la basse de Colbert apporte une assise soul, mobile et mélodique, très éloignée du jeu strictement fonctionnel du garage rock de l'époque : on y entend déjà l'oreille d'un musicien nourri de rhythm and blues.

L'American Breed ne parvient pas à transformer l'essai et se disloque autour de 1970. Colbert refuse d'abandonner. Avec le batteur Lee Graziano, le claviériste Kevin Murphy et la chanteuse Paulette McWilliams, il reforme une nouvelle entité baptisée d'abord Smoke, puis Ask Rufus, rapidement abrégé en Rufus. Il pose ainsi, avec ses partenaires, la première pierre de l'un des groupes de funk les plus importants de la décennie : quand Chaka Khan remplace Paulette McWilliams au chant, Rufus s'envole et décroche en 1974 son premier grand succès avec « Tell Me Something Good ». Colbert n'accompagnera pas le groupe jusqu'au sommet des charts, mais son rôle de cofondateur est établi.

Sa carrière prend ensuite un tour singulier. Colbert devient producteur publicitaire chez Proctor & Gardner Advertising, agence pionnière détenue par des Afro-Américains, où il travaille quatorze ans sur des campagnes pour Sears, Kraft Foods ou Schlitz. Il continue en parallèle à enregistrer comme choriste de studio sur des disques de jazz et de soul dans les années 1970 et 1980. Élu président de la section de Chicago de la NARAS, l'académie qui décerne les Grammy Awards, il siège une décennie au conseil d'administration national de l'organisation. Il produit également des programmes radio et télévision pour l'Ethnic Communications Outlet entre 1981 et 1989, et signe en 1985 « Rap to the Wise », un projet de rap éducatif mené avec Kurtis Blow. Son parcours, du club de Cicero au conseil des Grammy, est aujourd'hui célébré par l'Illinois Rock & Roll Museum on Route 66.

À écouter : The American Breed sur Spotify

 

Horace Panter – The Specials, General Public, The Dirt Road Band (1953)

Stephen Graham Panter, universellement connu sous le nom de scène Horace Panter — ou « Sir Horace Gentleman » sur les pochettes 2 Tone —, naît le 30 août 1953 à Croydon, dans la banlieue sud de Londres. Rien ne le destine au statut de bassiste emblématique : il s'inscrit en beaux-arts au Lanchester Polytechnic de Coventry, dont il sort diplômé en 1975. C'est là qu'il rencontre un étudiant nommé Jerry Dammers, puis le guitariste Lynval Golding. De cette rencontre naît en 1977 un groupe qui deviendra The Coventry Automatics, puis The Special AKA, enfin The Specials.

Le contexte est celui d'une ville industrielle sinistrée par le chômage et traversée par les tensions raciales de l'Angleterre thatchérienne. Les Specials y répondent par un geste musical et politique simultané : accélérer le ska jamaïcain des années 1960 à l'énergie du punk, réunir sur scène des musiciens noirs et blancs, et fonder le label 2 Tone dont le damier noir et blanc deviendra un symbole. Panter y tient une place centrale. Sa basse, jouée le plus souvent sur une Fender Precision au son rond et sec, définit le vocabulaire du genre : lignes marchantes très mélodiques héritées du rocksteady, walking bass ramassées, contretemps qui laissent respirer les cuivres, et surtout une lisibilité rythmique qui permet à sept musiciens de tenir ensemble sans jamais saturer.

L'album Specials, produit par Elvis Costello en 1979, puis More Specials en 1980, imposent le groupe. Suivent sept singles consécutifs dans le top 10 britannique, dont deux numéros un : l'EP Too Much Too Young et surtout « Ghost Town » en 1981, complainte hantée sur une Angleterre en ruines dont la ligne de basse rampante est devenue un cas d'école. Le morceau atteint la première place au moment même où des émeutes éclatent dans plusieurs villes anglaises. Au sommet, le groupe se fracture : Terry Hall, Neville Staple et Lynval Golding partent former Fun Boy Three.

Panter rebondit en rejoignant General Public, monté par Dave Wakeling et Ranking Roger de The Beat, avec qui il enregistre notamment All the Rage en 1984. Il participe ensuite à Special Beat, au collectif The Uptown Ska Collective et à des formations de blues comme Box of Blues et Blues 2 Go. Dans les années 1990, il opère un pas de côté radical : il se forme à l'enseignement et devient professeur d'arts plastiques auprès d'enfants en situation de handicap à la Corley Special School, dans le North Warwickshire, où il exerce de 1998 à 2008.

Cette même année 2008, les Specials se reforment pour leur trentième anniversaire, sans Jerry Dammers. La seconde vie du groupe s'avère bien plus qu'une tournée nostalgique : l'album Encore se hisse en 2019 à la première place des charts britanniques, un sommet que le groupe n'avait plus atteint depuis 1980, et Protest Songs 1924–2012 paraît en 2021. La mort de Terry Hall en décembre 2022 met un terme à l'aventure, Panter déclarant lui-même qu'il serait absurde de tourner sans lui.

Parallèlement, Panter mène depuis 2010 une carrière de plasticien professionnel, avec une première exposition à la Proud Gallery de Londres puis des accrochages au Royaume-Uni, à Los Angeles, New York et Singapour. Son travail, entre iconographie pop et sensibilité britannique, revisite les cassettes audio, les diners américains et les paysages urbains dans des aplats de lumière franche. Il a publié une autobiographie, Ska'd for Life, récit de l'intérieur de l'épopée 2 Tone, et continue de jouer de la basse au sein du Dirt Road Band aux côtés de Steve Walwyn et Ted Duggan.

Site officiel : horacepanterart.com

 

Detlev Beier – Hamburg Jazz Quartet, Joe Viera Sextett, Uli Beckerhoff Group (1957 – 2016)

Detlev Beier naît le 30 août 1957 à Lunebourg, en Basse-Saxe. Il vient tard à la contrebasse — vers quinze ans — mais s'y consacre avec une rigueur d'instrumentiste classique, suivant une formation académique à Hambourg avant de basculer vers le jazz. Cette double origine explique son son : une justesse et une tenue d'archet de conservatoire mises au service d'un swing souple, jamais démonstratif.

Dès 1978, il intègre le sextette du saxophoniste et musicologue Joe Viera, l'une des figures structurantes du jazz allemand d'après-guerre. En 1980, il rejoint le groupe du trompettiste Uli Beckerhoff, dans un registre plus contemporain et ouvert aux couleurs européennes. Il cofonde ensuite le Hamburg Jazz Quartet avec le pianiste Vladyslav Sendecki, le batteur Gerry Brown et le trompettiste Ingolf Burkhardt, formation qui deviendra l'une des références de la scène hanséatique.

Sa réputation professionnelle tient à une qualité que les Allemands résument d'une formule : il passait pour l'accompagnateur idéal. Aussi à l'aise à la contrebasse qu'à la basse électrique, capable de porter une section rythmique sans jamais l'encombrer, Beier devient le bassiste que l'on appelle quand un soliste de passage a besoin d'un socle immédiatement fiable. Il joue ainsi avec Michel Petrucciani, John Scofield ou Cassandra Wilson, parmi bien d'autres artistes de stature internationale accueillis en Allemagne.

La transmission occupe la seconde moitié de sa carrière. Après avoir enseigné à Hambourg, il est nommé en octobre 2000 professeur à la Hochschule für Künste de Brême, où il forme une génération de contrebassistes allemands. Detlev Beier meurt le 18 juin 2016, à cinquante-huit ans. La scène jazz allemande salue alors la disparition d'un musicien discret dont la valeur se mesurait moins au nombre de disques signés en leader qu'à la quantité de grande musique qu'il aura rendue possible.

À écouter : Detlev Beier sur Spotify

 

Dave Brockie – GWAR, Death Piggy, X-Cops, Dave Brockie Experience (1963 – 2014)

Dave Brockie naît le 30 août 1963 à Ottawa, au Canada, et grandit en Virginie, aux États-Unis. Adolescent dans la scène punk hardcore de Richmond au début des années 1980, il fonde Death Piggy, groupe dans lequel il tient à la fois la basse et le chant. C'est là que s'invente sa méthode : une agressivité musicale doublée d'un humour absurde et scatologique, le refus de la posture sérieuse du hardcore de l'époque.

En 1984, Brockie et une bande d'artistes plasticiens réunis autour du collectif Slave Pit, dont Hunter Jackson, transforment un projet de film inachevé en groupe de scène. Ce sera GWAR : des guerriers extraterrestres barbares échoués sur Terre, costumés en latex et mousse, arrosant le public de faux sang et de fluides divers. Brockie y incarne Oderus Urungus, le chanteur au casque cornu, personnage qu'il portera trente ans durant. Au sein du groupe, il commence à la guitare — instrument sur lequel il se jugeait lui-même médiocre —, passe à la basse, puis s'installe définitivement au chant, tout en continuant d'enregistrer lui-même des parties de basse sur certains morceaux, dont « Eat Steel » et « Fight ».

La discographie de GWAR est aussi abondante que son cahier des charges scénique est délirant : Hell-O! en 1988, puis Scumdogs of the Universe en 1990, considéré comme le sommet du groupe, America Must Be Destroyed en 1992, This Toilet Earth, Ragnarök, Carnival of Chaos, Violence Has Arrived, War Party, Beyond Hell, Lust in Space, Bloody Pit of Horror ou encore Battle Maximus en 2013. Le long métrage musical Phallus in Wonderland vaut au groupe une nomination aux Grammy Awards en 1993, distinction que Brockie n'a jamais cessé de trouver hilarante.

Parallèlement, il reprend la basse dans deux projets où il redevient instrumentiste à part entière. Avec X-Cops, parodie de punk policier lancée en 1994, il se glisse dans le costume du patrouilleur « Cobb Knobbler ». Avec le Dave Brockie Experience, il signe un rock garage volontairement grossier, sans maquillage ni prothèses, où l'on entend enfin sa voix et son jeu sans le filtre du personnage. Il apparaît aussi hors musique, notamment dans la sitcom Holliston et comme « correspondant intergalactique » sur une chaîne d'information américaine, propageant Oderus bien au-delà du public metal.

Dave Brockie meurt le 23 mars 2014 à Richmond, en Virginie, d'une overdose d'héroïne, à cinquante ans. GWAR poursuit son activité, mais la scène metal a perdu l'un de ses rares véritables inventeurs de forme : un bassiste devenu monstre de scène, qui aura passé trois décennies à démontrer qu'on pouvait être simultanément ridicule, féroce et profondément sérieux sur la musique.

Site officiel du groupe : gwar.net

 

Reza Saleh – carrière solo, Peter White, Ray Parker Jr. (1976)

Reza Saleh naît le 30 août 1976 en Indonésie. La musique entre chez lui par la porte familiale : à douze ans, les séances de jam à la maison avec son père et son frère pianiste tiennent lieu d'école. Son père lui lance un défi qui définira son approche de l'instrument — décliner un blues en autant de variations que possible, exercice qui l'oblige très tôt à penser la basse comme une voix mélodique et harmonique plutôt que comme un simple soutien rythmique.

Un concert d'Earth, Wind & Fire achève de le convaincre de faire de la musique son métier. Installé à Los Angeles, il se construit une réputation dans le circuit du jazz contemporain et du smooth jazz de la côte Ouest. En 2006, il remporte le Jazz Star Search du Long Beach Jazz Festival, tremplin qui lui ouvre les scènes du réseau californien. Il accompagne ensuite des artistes établis du genre, parmi lesquels le guitariste Peter White et Ray Parker Jr.

Son écriture privilégie les enchaînements harmoniques, les riffs et les couleurs d'accords plutôt que la démonstration technique. Son album First Step, paru en 2012, en donne la mesure : le morceau « Bassment » y déploie un funk énergique, aux lignes à la fois souples et incisives, salué par la critique spécialisée. Fidèle à ses débuts, il joue toujours sur la basse Yamaha de ses premières années. Présent au NAMM Show et actif sur les réseaux, il partage aujourd'hui son temps entre la scène, l'enseignement et la composition.

Réseau social principal : @rezasaleh.art sur Instagram

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