Né(e)s un 29 août ! Bon anniversaire à...

Publié le 29 août 2026 à 01:06

Chris Copping – The Paramounts, Procol Harum (1945)

Né le 29 août 1945 à Middleton, dans le Lancashire, Chris Copping grandit musicalement à Southend-on-Sea, où il croise très tôt Gary Brooker, Robin Trower et B.J. Wilson. Il tient la basse et la guitare dans les Paramounts, ce groupe de rhythm'n'blues anglais qui reprend Coasters et Leiber-Stoller avec une rigueur peu commune et dont sortira, quelques années plus tard, l'ossature de Procol Harum. La musique n'est alors pas son horizon professionnel : Copping s'inscrit à l'université de Leicester, décroche un diplôme de chimie avec mention en 1966, travaille pour l'administration britannique et entame une thèse de doctorat. C'est Gary Brooker qui vient le rechercher en 1969, dans une situation acrobatique : Procol Harum vient de perdre d'un coup son organiste Matthew Fisher et son bassiste Dave Knights, et Copping accepte de remplacer les deux à lui seul. Sur scène, il joue les parties d'orgue Hammond de la main droite et les lignes de basse au pédalier, une gymnastique qui donne au groupe une couleur plus sombre, plus terrienne, exactement celle qu'appelaient les albums Home et Broken Barricades. Quand Alan Cartwright rejoint la formation à la basse en 1972, Copping se recentre sur les claviers, mais son empreinte de bassiste reste audible dans la manière dont Procol Harum articule alors ses fondations harmoniques, jusqu'au disque enregistré avec l'Orchestre symphonique d'Edmonton, puis sur Grand Hotel, Exotic Birds and Fruit, Procol's Ninth et Something Magic. Sept albums en tout, de décembre 1969 à mars 1977. Il s'installe ensuite en Australie, où il n'a jamais cessé de composer, d'enregistrer pour de courts métrages et de monter sur scène avec des formations locales, revenant ponctuellement auprès de ses anciens compagnons quand l'occasion se présente.

Site de référence : procolharum.com

Meshell Ndegeocello – solo, Maverick / Blue Note, sessions Rolling Stones, Madonna, Herbie Hancock (1968)

Michelle Lynn Johnson naît le 29 août 1968 à Berlin-Ouest, où son père, sergent-major de l'armée américaine et saxophoniste, est en poste. La famille rentre à Washington D.C., et c'est dans le bouillonnement du go-go de la capitale, aux côtés de formations comme Little Benny and the Masters ou Rare Essence, qu'elle apprend le métier : des grooves interminables, une pulsation qui ne retombe jamais, une basse qui tient la salle debout. Elle adopte le nom Ndegeocello, « libre comme un oiseau » en swahili, monte à New York, passe l'audition de Living Colour au départ de Muzz Skillings, ne l'obtient pas, et devient à la place la toute première artiste signée sur le label Maverick de Madonna. Plantation Lullabies paraît en 1993 et impose immédiatement une voix double : une chanteuse-rappeuse au phrasé sec et une bassiste au son rond, profond, volontairement mat, qui refuse le slap démonstratif pour privilégier la place et le silence entre les notes. Le duo avec John Mellencamp sur « Wild Night » lui offre en 1994 un succès commercial considérable, mais elle passe le reste de sa carrière à s'en éloigner méthodiquement, de la ferveur soul de Peace Beyond Passion à la nudité de Bitter, du collage hip-hop de Cookie: The Anthropological Mixtape aux relectures dub, jazz et rock de Comfort Woman, Devil's Halo, Weather ou Ventriloquism. Son hommage à Nina Simone, Pour une âme souveraine, et ses disques plus récents pour Blue Note, The Omnichord Real Book et No More Water: The Gospel of James Baldwin, lui valent une reconnaissance jazz tardive et unanime, couronnée par plusieurs Grammy Awards après une longue série de nominations. Instrumentiste recherchée, elle a enregistré avec les Rolling Stones, Madonna, Alanis Morissette, Herbie Hancock, Chaka Khan, Basement Jaxx, Indigo Girls ou Jason Moran, et reste l'une des rares bassistes dont on reconnaît la signature à la première mesure : une note tenue, très en arrière, qui laisse tout l'espace au morceau.

Site officiel : meshell.com

Nathan King – Level 42, The Blockheads, It Bites, Frost* (1970)

Nathan King naît le 29 août 1970 et grandit dans l'ombre encombrante d'un frère aîné qui a réinventé la basse électrique pour toute une génération : Mark King, chanteur et bassiste de Level 42. Plutôt que de s'installer dans une comparaison perdue d'avance, il construit d'abord une carrière de guitariste et d'auteur, avant de rejoindre Level 42 en 2001, à la reformation du groupe, comme guitariste et choriste — position singulière qui l'oblige à dialoguer chaque soir avec l'un des jeux de basse les plus reconnaissables du monde. Multi-instrumentiste réputé dans le circuit britannique, il travaille aussi avec It Bites et avec le projet prog Frost*, où sa polyvalence fait merveille. Le tournant arrive en 2022 : les Blockheads, la formation légendaire de Ian Dury, cherchent un successeur à Norman Watt-Roy, bassiste du groupe depuis 1977 et l'un des monuments du funk anglais. C'est Nathan King qui reprend le poste, avec la lourde tâche de rejouer des lignes aussi célèbres que celles de « Hit Me with Your Rhythm Stick » sans les singer. Il y apporte un son plus contemporain, un placement rythmique très tendu, et une connaissance intime de la basse anglaise des années 1980 dont il partage volontiers les secrets : sa série de vidéos pédagogiques consacrées à l'instrument, tournée pour la chaîne d'Andertons, l'a rendu familier à un public de bassistes bien au-delà des salles de concert.

Site officiel du groupe : theblockheads.com

Alex Griffin – Ned's Atomic Dustbin (1971)

Alex Griffin naît le 29 août 1971 et se retrouve, à seize ans à peine, au cœur de l'une des idées les plus audacieuses du rock indépendant britannique. Ned's Atomic Dustbin se forme à Stourbridge, dans les West Midlands, en novembre 1987, et prend le parti d'aligner deux bassistes plutôt qu'un : Matt Cheslin verrouille le grave et les fondamentales, pendant que Griffin joue haut sur le manche des lignes mélodiques et saturées qui occupent la place habituellement dévolue à une guitare rythmique. Ce dispositif, souvent imité depuis, donne au groupe une densité et une nervosité immédiatement identifiables, entre indie pop, punk et énergie de dancefloor. Les premiers 45-tours pour Chapter 22 s'installent en tête des charts indépendants britanniques, « Kill Your Television » en tête, et un concert remarqué au festival de Reading en 1990 attire les maisons de disques ; le groupe signe chez Sony en obtenant son propre label, Furtive, gage d'indépendance artistique. God Fodder atteint la quatrième place des charts britanniques en 1991, « Happy » entre dans le Top 20, et la tournée les emmène jusqu'aux États-Unis. Suivent Are You Normal? puis Brainbloodvolume, plus âpre, avant une séparation prononcée à New York en 1995. Griffin, qui assure aussi guitares, claviers et chœurs, participe aux retrouvailles régulières de la formation à partir de 2000, au retour du line-up original en 2008, puis au projet acoustique lancé en 2017, où le double jeu de basses se reconfigure dans un format dépouillé qui en révèle, curieusement, toute la logique contrapuntique.

Site officiel du groupe : nedsatomicdustbin.com

David Desrosiers – Reset, Simple Plan (1980)

Né le 29 août 1980 à Sept-Îles, sur la Côte-Nord québécoise, David Desrosiers entre dans la musique par la porte du chant : en 1999, il rejoint Reset comme chanteur, en remplacement de Pierre Bouvier, qui vient de quitter le groupe. Six mois plus tard, le mouvement s'inverse et c'est lui qui rejoint Bouvier au sein de Simple Plan, cette fois à la basse et au chant. Le pari est payant : sa voix haute, placée une tierce au-dessus de celle du chanteur, devient l'une des marques de fabrique du groupe, au point qu'on lui confie régulièrement des lignes de lead vocal complètes. À la basse, il pratique un jeu au médiator dense, très en avant dans le mixage, taillé pour les tempos rapides et les refrains massifs du pop-punk nord-américain. No Pads, No Helmets… Just Balls en 2002 puis Still Not Getting Any… en 2004 vendent des millions d'exemplaires et font de Simple Plan l'une des formations canadiennes les plus exportées de la décennie, avant Simple Plan, Get Your Heart On! et Taking One for the Team. Végétalien et engagé de longue date pour la cause animale, notamment auprès de la SPCA de Montréal, il s'écarte de la scène entre mai 2017 et juin 2019 pour des raisons de santé mentale, remplacé en tournée par Chady Awad, avant de revenir brièvement. En juillet 2020, à la suite d'accusations d'inconduite sexuelle rendues publiques sur les réseaux sociaux, il quitte définitivement le groupe, qui poursuit sans lui.

À écouter : simpleplan.com

Chris Taylor – Grizzly Bear, CANT, Terrible Records (1981)

Chris Taylor naît le 29 août 1981 et occupe dans Grizzly Bear une position rare : bassiste, mais aussi clarinettiste, flûtiste, saxophoniste, claviériste, choriste et, surtout, producteur et ingénieur du son du groupe. Il rejoint la formation new-yorkaise après Horn of Plenty, le premier disque largement solitaire d'Ed Droste paru en 2004, et transforme aussitôt le projet : à partir de Yellow House en 2006, c'est lui qui façonne cette esthétique de chambre, ces réverbérations profondes et ces basses rondes, presque acoustiques, qui ont fait la réputation de Veckatimest, Shields et Painted Ruins. Son jeu privilégie les contre-chants et les renversements plutôt que les fondamentales, si bien que la basse y fonctionne souvent comme une seconde voix, en dialogue avec les harmonies vocales à quatre du groupe. En 2009, il fonde avec Ethan Silverman le label Terrible Records, plateforme new-yorkaise devenue rampe de lancement pour Blood Orange, Empress Of ou Solange, et y publie en 2011 Dreams Come True, premier album de son projet solo CANT, plus électronique et plus abrasif que son travail de groupe. Producteur très demandé, il a signé les disques de Dirty Projectors, Department of Eagles, Twin Shadow, The Morning Benders, Kishi Bashi, Miles Benjamin Anthony Robinson ou Nat Baldwin, imposant une signature sonore où le bas du spectre est toujours pensé comme une matière, jamais comme un simple soutien.

À écouter : terrible.today/CANT

Truls Mörck – Graveyard (1985)

Truls Mörck naît le 29 août 1985 à Göteborg, ville suédoise dont la scène rock rétro allait bientôt s'exporter dans le monde entier. Il fait partie des fondateurs de Graveyard en 2006, groupe né des cendres de Norrsken aux côtés de Joakim Nilsson, Rikard Edlund et Axel Sjöberg, et y tient d'abord la guitare et le chant. Il participe à l'enregistrement du premier album éponyme, puis quitte la formation au début de 2008, remplacé à la guitare par Jonatan Ramm, tandis que Graveyard s'impose comme l'un des fers de lance du revival hard blues avec Hisingen Blues et Lights Out. Son retour, en 2015, se fait à un autre poste : il reprend la basse laissée vacante par Rikard Edlund et enregistre Innocence & Decadence, disque où le grave prend une place nouvelle, plus élastique, très inspirée du jeu au doigt et du son vintage des années 1970 — amplis à lampes, cordes filées plat, attaque douce et sustain généreux. Lorsque le groupe annonce sa séparation en septembre 2016 puis se reforme dès janvier 2017, c'est autour de lui : Mörck reste le bassiste titulaire pour Peace en 2018, pour l'album 6 en 2023, et pour la nouvelle production du groupe. Chanteur également, il apporte des harmonies vocales qui élargissent le spectre du trio vocal, et son passage de la guitare à la basse explique sans doute son goût pour les lignes très mélodiques, souvent conçues comme un riff parallèle plutôt que comme un doublage de la guitare rythmique.

À écouter : Graveyard sur Nuclear Blast

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