Né(e)s un 28 août ! Bon anniversaire à...

Publié le 28 août 2026 à 01:04

Joe Osborn – The Wrecking Crew, la Nashville A-Team, le groupe de Ricky Nelson (1937 – 2018)

Joseph Osborn naît le 28 août 1937 à Mound, en Louisiane, dans une région rurale où la country et le rockabilly tiennent lieu d'éducation musicale. Il commence par la guitare et gagne ses premiers cachets dans les orchestres de bals du Sud avant qu'un engagement à Las Vegas ne change le cours de sa vie : embauché par le chanteur Bob Luman, il accepte un poste de bassiste sans avoir jamais touché l'instrument, achète une Fender Precision et apprend directement sur scène, soir après soir. Ce hasard fait de lui l'un des musiciens les plus enregistrés de l'histoire de la musique populaire. Installé à Los Angeles au début des années soixante, il rejoint le groupe de scène et de studio de Ricky Nelson, puis devient l'un des piliers du collectif informel de musiciens de séance que la postérité baptisera The Wrecking Crew. Sa Fender Jazz Bass de 1960, jouée au médiator et branchée sans compression excessive, produit un son clair, chantant, très défini dans le haut du spectre, aux antipodes du grondement feutré alors dominant. Cette signature sonore devient celle des disques californiens de la décennie : The Mamas & the Papas, The 5th Dimension, Glen Campbell, Simon & Garfunkel, dont il tient la basse sur Bridge Over Troubled Water, et surtout The Carpenters, dont il accompagne l'intégralité des albums. Sa manière de glisser d'une note à l'autre, de répondre à la ligne de chant par de petits contrepoints mélodiques plutôt que de se contenter de fondamentales, a durablement modifié la façon dont on conçoit une partie de basse pop. En 1974, il quitte la Californie pour Nashville et devient l'un des membres de la A-Team, la garde rapprochée des studios de Music Row, jusqu'à sa retraite en 1988 ; on lui attribue cinquante-trois numéros un et près de deux cents titres classés au Top 40 country. Homme discret, allergique à la vedettisation, il résumait son métier d'une formule restée célèbre auprès des bassistes de studio : donner cent vingt pour cent à chaque prise, que le morceau ait ou non l'étoffe d'un tube. Il s'éteint le 14 décembre 2018 à l'âge de 81 ans.

À écouter : Joe Osborn sur Spotify

 

Pete Turner – Elbow (1974)

Pete Turner naît le 28 août 1974 à Bury, dans le Grand Manchester, et grandit dans une famille adoptive au sein d'une ville ouvrière du nord de l'Angleterre. Adolescent, il se nourrit d'Adam and the Ants, de Duran Duran et de Public Enemy ; c'est le jeu de John Taylor, tout en lignes mélodiques et en groove blanc dansant, qui le décide à choisir la basse plutôt que la guitare, un choix dont on entend encore la trace dans sa façon de faire chanter l'instrument sans jamais encombrer le morceau. Il fonde à la fin des années quatre-vingt un premier groupe, RPM, avec le batteur Richard Jupp et le guitariste Mark Potter, puis rencontre en 1991 au Bury College un chanteur bavard et charismatique nommé Guy Garvey. La formation change plusieurs fois de nom — Mr. Soft, Soft — avant d'adopter en 1997 celui d'Elbow, emprunté à une réplique du feuilleton The Singing Detective où le mot est décrit comme le plus beau de la langue anglaise. Turner en est le bassiste depuis le premier jour et n'a jamais quitté le poste. Après des années de contrats avortés, Asleep in the Back paraît en 2001 et impose un groupe à contretemps de l'époque : lent, orchestral, sentimental sans mièvrerie. Suivront Cast of Thousands, Leaders of the Free World, puis en 2008 The Seldom Seen Kid, qui remporte le Mercury Prize et vaut au groupe le Brit Award du meilleur groupe britannique l'année suivante. Le jeu de Turner y est exemplaire d'une certaine école anglaise : des rondes tenues très longtemps, des notes graves posées comme des fondations sous les nappes de claviers de Craig Potter, et de brusques montées mélodiques qui déclenchent les refrains. Sur scène, il assure également les chœurs. Installé un temps au centre de Manchester, puis à Chorlton depuis 2008, il a accompagné le groupe sur dix albums studio, tous classés dans le Top 15 britannique, jusqu'à Audio Vertigo en 2024.

Site officiel : elbow.co.uk

 

Raul Ruutu – Sunrise Avenue (1975)

Ilkka Ruutu, que le public connaît sous le prénom de scène de Raul, naît le 28 août 1975 en Finlande. Il se forme dans le tissu très dense des groupes de rock de la région d'Helsinki, où l'anglais est la langue de composition par défaut et où l'ambition européenne est admise sans complexe. En 2002, il rejoint à la basse une formation d'Espoo née dix ans plus tôt sous l'impulsion du chanteur Samu Haber et du guitariste Jan Hohenthal, qui vient tout juste de se rebaptiser Sunrise Avenue. L'arrivée de Ruutu coïncide avec le départ de Hohenthal et avec la stabilisation progressive d'un son : un rock mélodique, chaleureux, taillé pour les grandes salles, dans lequel la basse assume un rôle moteur plutôt que décoratif. Il faut attendre 2006 et On the Way to Wonderland pour que le succès arrive, porté par « Fairytale Gone Bad », qui s'installe durablement dans les classements allemands, autrichiens, suisses et finlandais. Suivent Popgasm en 2009 et son titre « Welcome to My Life », Out of Style en 2011 avec « Hollywood Hills », Unholy Ground en 2013 et Heartbreak Century en 2017. Sur ces disques, Ruutu privilégie une basse ronde et charpentée, jouée le plus souvent aux doigts, très soudée à la grosse caisse, avec un goût marqué pour les lignes qui montent en octave dans les ponts et relancent l'énergie sans jamais brouiller le chant. Il est aussi, sur scène, l'un des pivots visuels d'un groupe devenu l'une des plus grosses machines à concerts de l'Europe germanophone. En décembre 2019, Sunrise Avenue annonce sa séparation ; après plusieurs reports, la tournée d'adieu se déroule en 2022 et s'achève le 18 septembre à Düsseldorf. Raul Ruutu aura tenu la basse pendant vingt ans, du club d'Espoo au dernier rappel devant plusieurs milliers de personnes.

Site officiel du groupe : sunriseave.com

 

Dan Perdue – Sleeping at Last (1981)

Dan Perdue naît le 28 août 1981 aux États-Unis et grandit dans la banlieue ouest de Chicago, à Wheaton, dans l'Illinois. C'est là qu'il fonde en 1999, avec les frères Ryan et Chad O'Neal, un trio baptisé Sleeping at Last dont il tient la basse et une partie des claviers. Le groupe s'inscrit dans une esthétique de rock atmosphérique à guitares réverbérées, plus proche du post-rock lettré que de l'emo qui domine alors les scènes du Midwest, et publie en 2000 un premier album autoproduit, Capture. La réputation locale se construit à la scène, en première partie de Kill Hannah ou des Plain White T's, jusqu'à ce qu'un auditeur inattendu s'y intéresse : Billy Corgan, des Smashing Pumpkins, prend le trio sous son aile et facilite en 2002 sa signature chez Interscope. Ghosts paraît l'année suivante et donne à Perdue son terrain de jeu le plus large, entre lignes de basse en tapis harmonique et interventions de claviers qui épaississent les arrangements sans les alourdir. Le passage par une major tourne court, comme souvent, et le groupe reprend son indépendance pour publier Keep No Score en 2006 puis Storyboards en 2009, deux disques dans lesquels sa section rythmique gagne en sobriété : moins de notes, davantage d'espace, un placement volontairement en retrait qui laisse respirer la voix de Ryan O'Neal. Cette économie de moyens correspond à un projet qui, peu à peu, se tourne vers la miniature et l'orchestration de chambre. Le 22 mai 2011, Perdue annonce qu'il quitte le groupe pour se consacrer à d'autres activités ; Sleeping at Last devient dès lors le projet solo de Ryan O'Neal, dont la musique connaîtra une seconde vie considérable grâce aux séries télévisées et aux plateformes de streaming. Les douze années de Perdue restent celles de la période « groupe » du projet, la seule où Sleeping at Last a été une véritable formation à trois.

À écouter : Sleeping at Last sur Bandcamp

 

Joey Brobeck – The Cab (1989)

Joey Brobeck, qui se produit sous le nom de Joey Thunder, naît le 28 août 1989 aux États-Unis. Bassiste et graphiste, il appartient à cette génération de musiciens formés dans l'écosystème du rock alternatif américain des années deux mille, entre tournées estivales, réseaux sociaux naissants et esthétique très travaillée. En 2009, il rejoint The Cab, groupe de Las Vegas fondé cinq ans plus tôt autour du chanteur Alexander DeLeon, en remplacement du bassiste et cofondateur Cash Colligan. Le groupe sort alors d'un premier album, Whisper War, publié en 2008 chez Decaydance et Fueled by Ramen après avoir été repéré par les membres de Panic! at the Disco, et se trouve à un tournant : il quitte peu après sa maison de disques et fait le pari de l'autoproduction. C'est dans cette configuration que Brobeck participe à Symphony Soldier, paru en 2011 et financé sans label, disque de pop-rock ambitieux dans lequel la basse tient un rôle plus soul qu'il n'y paraît, avec un jeu souple, très en place derrière la caisse claire, et un goût pour les lignes syncopées qui tirent le répertoire du côté du groove plutôt que de la pure énergie punk-pop. En parallèle, il devient l'un des bassistes de tournée et de studio recherchés de la scène de Los Angeles, accompagnant notamment Shane Harper, More Amor et Halsey. Son autre vie est graphique : illustrateur et directeur artistique, il fonde en 2014 le studio The Graveyard Club et signe pochettes, identités visuelles et merchandising pour des artistes de la même mouvance, ce qui explique la cohérence esthétique de ses propres projets. Après une longue mise en sommeil du groupe à partir de 2015, The Cab revient en 2025 avec l'EP Road to Reign: A Prelude, puis publie en avril 2026 l'album Chasing Crowns ; Brobeck y figure toujours comme bassiste de la formation.

Réseau : Joey Brobeck sur LinkedIn

 

Aldana Aguirre – DARUMAS, Karol G (1990)

Aldana Aguirre naît le 28 août 1990 à Buenos Aires, dans une famille de musiciens où l'instrument fait partie du mobilier. Elle prend la basse à quinze ans et entre très vite dans le circuit professionnel argentin, un milieu exigeant qui impose de savoir tout jouer : rock national, tango revisité, folklore, pop de variété. Sa carrière débute réellement en 2011 auprès du claviériste Ciro Fogliatta, figure historique du rock argentin, avant qu'elle n'accompagne Facundo Arana, Lito Vitale ou encore Javier Zuppi. Cette polyvalence lui ouvre les portes de la grande machinerie latino-américaine : elle devient bassiste de tournée de Karol G, l'une des artistes les plus exposées du continent, où le poste réclame autant de rigueur métronomique face aux séquences que de présence scénique devant des stades entiers. Son jeu, très ancré dans le slap et le groove funk mais toujours au service du chant, se nourrit de cette double école : la précision du studio et l'ampleur du live. En parallèle, elle se forme à la production et à la réalisation, ce qui la place dans une position rare pour une bassiste de sa génération, à la fois interprète et architecte du son. C'est cette compétence qui donne naissance à DARUMAS, trio qu'elle forme après s'être rencontrée sur les réseaux sociaux avec la Cubano-Américaine Ceci León, chanteuse et guitariste, et l'Haïtienne Vedala Vilmond, chanteuse. Le groupe, dont le nom renvoie à la poupée japonaise daruma, symbole de persévérance, enregistre ses premiers morceaux en Argentine et publie en 2024 un premier album éponyme de sept titres, mélange de funk, de pop et de rythmes latins où la basse d'Aguirre occupe le premier plan. La formation est nommée dans la catégorie Meilleur Nouvel Artiste aux Latin Grammy Awards 2024, se produit au Latin Alternative Music Conference de New York, puis joue en 2025 à Rock in Rio et au Lollapalooza Argentina.

Réseau : Aldana Aguirre sur Instagram

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