Né(e)s un 27 août ! Bon anniversaire à...

Publié le 27 août 2026 à 01:52

Tim Bogert – Vanilla Fudge, Cactus, Beck, Bogert & Appice, Bobby and the Midnites (1944 – 2021)

Né John Voorhis Bogert III à Ridgefield, dans le New Jersey, fils unique d'un couple d'employés de banque, il grandit dans une banlieue tranquille qui ne laissait rien présager du vacarme qu'il allait produire. Diplômé de la Ridgefield Memorial High School en 1963, il adopte le surnom de Tim en 1965, au moment précis où sa carrière de musicien professionnel démarre pour de bon. Deux ans plus tard, il fonde Vanilla Fudge avec le batteur Carmine Appice, l'organiste Mark Stein et le guitariste Vince Martell. Le groupe invente une formule qui fera date : ralentir des tubes soul et pop jusqu'à l'hallucination, les gonfler d'orgue Hammond et de basse saturée, transformer « You Keep Me Hangin' On » des Supremes en cathédrale psychédélique. Sur cinq albums entre 1967 et 1970, Bogert impose une conception de la basse rock alors inédite : un jeu en avant, mélodique, mobile, qui refuse le rôle d'accompagnateur et dialogue d'égal à égal avec le guitariste. Il est l'un des tout premiers à faire passer une Fender Precision par une distorsion assumée, à user du glissando, du vibrato et de l'accord de basse comme d'armes expressives, et à chanter en même temps avec une voix haut perchée et puissante. Sa complicité rythmique avec Carmine Appice devient légendaire au point que les deux hommes ne se sépareront plus vraiment : après Vanilla Fudge, ils fondent Cactus en 1970, quatuor de hard rock brut souvent décrit comme le chaînon manquant entre le blues-rock américain et le heavy metal à venir. En 1972, Jeff Beck les rejoint pour former Beck, Bogert & Appice, power trio dont l'album éponyme de 1973 et le légendaire live japonais restent des références absolues de la virtuosité collective. Le groupe implose en 1974, mais Bogert poursuit une carrière de musicien recherché, passant par Boxer, Bobby and the Midnites aux côtés de Bob Weir, et une multitude de sessions. À partir de 1981, il enseigne au Musicians Institute de Hollywood, où il forme des générations entières de bassistes et théorise ce qu'il avait inventé d'instinct. Le Hollywood RockWalk le distingue en 1999. Billy Sheehan, l'un de ses héritiers les plus démonstratifs, l'a désigné comme « probablement la plus grande influence sur mon jeu de basse ». Un accident de moto en 2009 met un terme à ses tournées, mais il continue d'enregistrer jusqu'en 2014, notamment avec le projet Hollywood Monsters. Il meurt d'un cancer le 13 janvier 2021, à 76 ans, laissant derrière lui une conception de l'instrument que le rock n'a plus jamais abandonnée.

À écouter et à retrouver sur le site officiel de Vanilla Fudge : vanillafudge.com

Neil Murray – Whitesnake, Black Sabbath, Gary Moore, Brian May Band, Colosseum II, National Health, Vow Wow, Snakecharmer (1950)

Musicien écossais à la carrière d'une densité rare, Neil Murray commence par la batterie avant de basculer vers la basse à dix-sept ans, un changement de cap décidé presque par hasard et qui va orienter toute une vie. Il étudie le graphisme avant de choisir définitivement la musique, et débute professionnellement en 1973 dans Gilgamesh, formation de jazz-fusion issue de la scène de Canterbury. Ce point de départ explique beaucoup de son jeu : une culture harmonique de jazzman, une souplesse de phrasé et un sens du contrechant qu'il transportera ensuite dans le hard rock sans jamais les renier. Le milieu des années 1970 le voit tourner avec Junior Hanson, puis intégrer Cozy Powell's Hammer avec Bernie Marsden, Colosseum II auprès de Gary Moore et Don Airey, et National Health, l'un des sommets du rock progressif britannique. C'est en 1977 que sa trajectoire bascule : David Coverdale, tout juste sorti de Deep Purple, le recrute comme membre fondateur de Whitesnake. Murray y reste jusqu'en 1986, participe à six albums et grave sa signature sur les classiques du groupe, où sa basse ronde, chantante et remarquablement placée sert de colonne vertébrale à un blues-rock devenu stade-rock. Il s'éclipse brièvement entre 1982 et 1984 pour accompagner Gary Moore, dont il porte les albums les plus incandescents, puis rejoint en 1987 le groupe japonais Vow Wow, expérience qui le fait découvrir une autre culture de la scène. La fin des années 1980 et les années 1990 l'installent dans un rôle de bassiste d'élite que s'arrachent les grands noms du hard rock : il enregistre et tourne avec Black Sabbath à deux reprises, de 1989 à 1990 puis de 1994 à 1995, avant de rejoindre le Brian May Band pour les tournées mondiales du guitariste de Queen. Viennent ensuite les retrouvailles avec ses anciens camarades au sein de The Company of Snakes puis de M3, formations qui rejouent le répertoire historique de Whitesnake, et un passage par le Michael Schenker Group. De 2002 à 2023, il tient la basse dans la comédie musicale We Will Rock You pour plus de trois mille représentations, performance d'endurance qui dit beaucoup de sa fiabilité et de son professionnalisme. Il fonde parallèlement Snakecharmer avec le guitariste Micky Moody, prolongeant l'esprit du Whitesnake des origines. Sa liste de collaborations, qui compte Jeff Beck, Sting, Eric Clapton, les Scorpions ou Joe Satriani, en fait l'un des bassistes britanniques les plus documentés de sa génération, et l'un des plus musicaux.

Son site officiel : neilbass.com

Glen Matlock – Sex Pistols, Rich Kids, Iggy Pop, The Damned, Blondie (1956)

Né à Kensal Green, dans le quartier londonien de Paddington, dans une famille ouvrière, Glen Matlock passe par la St Clement Danes School puis la Saint Martin's School of Art, où il étudie jusqu'en 1974. Ce détail compte : il est probablement le membre le plus mélomane et le plus formé musicalement du groupe qui allait faire exploser le rock britannique. Employé à temps partiel dans la boutique Sex de Malcolm McLaren et Vivienne Westwood sur King's Road, il y croise Steve Jones et Paul Cook, et devient en 1975 le bassiste fondateur des Sex Pistols. Sa contribution est déterminante et longtemps sous-estimée : il est crédité comme coauteur sur dix des douze titres de Never Mind the Bollocks, Here's the Sex Pistols, apportant une science de la structure et des accords héritée de son amour pour les Faces, les Beatles et la pop des années 1960. Sans lui, l'ossature harmonique de « God Save the Queen », « Pretty Vacant » ou « Anarchy in the U.K. » n'aurait pas cette efficacité redoutable qui a permis au punk de dépasser le simple geste de provocation. Son jeu, direct, rebondissant, davantage tourné vers la pop que vers l'abrasion, contredit d'ailleurs le mythe d'un mouvement sans savoir-faire. Il quitte le groupe en février 1977, avant même l'enregistrement définitif de l'album, expliquant plus tard qu'il en avait « assez de toutes ces conneries », version qu'il défend toujours contre le récit d'un renvoi. Il fonde dans la foulée les Rich Kids avec Midge Ure, groupe de power pop new wave dont le single atteint la vingt-quatrième place des charts britanniques et dont l'influence sur le post-punk mélodique reste considérable. Sa carrière prend ensuite la forme d'un long compagnonnage avec les grands noms qu'il admire : il tient la basse sur Soldier d'Iggy Pop, joue sur Not of This Earth des Damned, monte les Spectres et le Philistines, et publie une série d'albums solo où son écriture, franche et pleine de refrains, se déploie enfin en son nom. Il retrouve les Sex Pistols pour les tournées de reformation de 1996, 2002, 2003 et 2007-2008, puis rejoint Blondie comme bassiste de tournée entre 2022 et 2024, avant de publier l'album Consequences Coming en 2023. Ses fils Sam et Louis sont eux aussi musiciens, le premier ayant fondé Wargasm. Auteur de plusieurs livres et interlocuteur toujours disponible pour rétablir les faits sur une histoire que d'autres ont beaucoup romancée, il reste une figure singulière : celle du mélodiste au cœur du chaos.

Son site officiel : glenmatlock.co.uk

Nicolas Thys – Toots Thielemans, Lee Konitz, Bill Carrothers, Metropole Orkest, Alice's 5 Moons (1968)

Contrebassiste et bassiste électrique belge, compositeur, Nicolas Thys appartient à cette génération de musiciens européens qui ont su faire du jazz une langue personnelle plutôt qu'un héritage à réciter. Sa formation est exemplaire de rigueur : il étudie au conservatoire de Hilversum aux Pays-Bas, où il obtient successivement un diplôme de basse électrique en 1993 et un diplôme de contrebasse en 1994, tous deux avec grande distinction, avant d'y enseigner à son tour. Il complète cet apprentissage par un travail privé auprès de trois maîtres absolus de l'instrument, Dave Holland, Marc Helias et Marc Johnson, dont on retrouve chez lui la conception de la contrebasse comme voix mélodique autant que comme fondation. Une bourse du gouvernement néerlandais lui permet de séjourner à New York en 1997, année où il publie également son premier disque à la tête de son groupe Alice's 5 Moons, suivi de The Shell & The Butterfly en 1999. Les distinctions s'accumulent très tôt, du prix du Jazz Rally en 1991 au prix de la Communauté française à Liège en 1992, puis le titre de meilleur contrebassiste acoustique décerné par la critique belge en 1998 et le Django d'Or récompensant un jeune talent en 2001. Sa réputation de sideman idéal lui vaut d'accompagner Toots Thielemans, avec qui la rencontre relève de l'évidence tant les deux hommes partagent le même sens du chant, mais aussi Lee Konitz, Kenny Werner, Mike Stern, Mark Turner et le Metropole Orkest, sur les scènes du North Sea Jazz Festival comme de Montreux. Son association au long cours avec le pianiste américain Bill Carrothers constitue probablement le cœur de son œuvre : une musique de chambre improvisée, faite de silences habités, où la contrebasse est aussi souvent responsable de la couleur harmonique que du tempo. Installé aux États-Unis, il continue de partager son temps entre les deux continents, la scène belge le revendiquant toujours comme l'une de ses plus belles exportations. Son jeu se reconnaît à un son boisé, généreux, à une justesse impeccable dans les registres aigus et à un refus constant de la démonstration : chez lui, la virtuosité sert le morceau, jamais l'inverse.

À écouter : Nicolas Thys sur Spotify

Tony Kanal – No Doubt, Dreamcar (1970)

Tony Ashwin Kanal naît à Kingsbury, dans la banlieue nord-ouest de Londres, au sein d'une famille sindhie dont les parents ont émigré d'Inde et du Pakistan. La famille s'installe en Californie, à Anaheim, alors qu'il a onze ans, et c'est dans cette Orange County du milieu des années 1980, bouillonnante de ska, de punk et de new wave, qu'il trouve sa vocation. En 1987, à seize ans, il rejoint No Doubt comme bassiste sur l'invitation du batteur Chris Webb. Il devient rapidement le pivot musical et organisationnel d'un groupe qui met sept ans à percer, traverse le suicide de son fondateur John Spence, et finit par exploser au niveau mondial avec Tragic Kingdom en 1995. Son jeu est l'une des raisons de ce succès : nourri de ska jamaïcain, de reggae, de funk et de dance, il apporte au rock alternatif américain un sens du groove et une rondeur inhabituels, avec des lignes fortement mélodiques qui portent les chansons plutôt qu'elles ne les soutiennent. Les huit albums studio et compilations publiés entre 1992 et 2004 valent au groupe plusieurs Grammy Awards et une pluie de récompenses MTV. Sa relation amoureuse avec la chanteuse Gwen Stefani, de 1987 à 1994, et la rupture qui s'ensuit, nourrissent directement l'écriture de l'album le plus vendu du groupe, situation d'une rare intensité qu'ils ont l'un et l'autre transformée en matière artistique plutôt qu'en rupture définitive. Pendant la longue pause de No Doubt à partir de 2004, Kanal se réinvente en producteur et auteur-compositeur recherché, travaillant notamment avec Pink, Weezer et Gwen Stefani en solo, signant des remixes et des musiques de films. Le groupe se reforme pour des tournées en 2009 et publie Push and Shove en 2012, avant de se retrouver à nouveau sur scène des années plus tard. En 2014, il fonde Dreamcar avec ses camarades Tom Dumont et Adrian Young, associés au chanteur d'AFI Davey Havok, projet ouvertement tourné vers la new wave des années 1980 dont le premier album paraît en 2017. Marié à la designer Erin Lokitz et père de deux filles, végane engagé et militant de la cause animale, il incarne une figure de bassiste-producteur pour qui la basse n'est pas un poste mais un point de vue sur la chanson.

Son compte le plus suivi : @tonykanal sur Instagram

Luca Sisera – Luca Sisera Roofer, Greg Osby, Irène Schweizer (1975)

Contrebassiste suisse né à Coire, dans les Grisons, Luca Sisera occupe depuis plus de vingt ans une place à part dans le jazz européen, celle d'un musicien qui travaille explicitement, selon sa propre formule, dans le champ électrique entre composition et improvisation. Sa formation se fait à la Haute école de musique de Lucerne, dont il sort entre 1998 et 2004 avec un double diplôme de concert et de pédagogie, gage d'une maîtrise instrumentale complète que l'on entend dans la précision de son archet comme dans la puissance de son pizzicato. Son rythme de travail impressionne : jusqu'à cent concerts par an dans les festivals et clubs européens, et une carrière qui l'a mené bien au-delà du continent, en Égypte, en Jordanie, en Inde, au Guatemala, en Chine, en Russie et aux États-Unis. Une résidence d'artiste de six mois au Caire en 2009 marque durablement sa conception de la forme et du temps musical. Il a participé à plus de trente-cinq enregistrements, dont une large part produite avec la radio suisse SRF 2, et fondé son propre ensemble, Roofer, quintette pour lequel il compose l'intégralité du répertoire. Cette formation, qui a notamment publié Prospect et Starlex Complex, développe une écriture ample et cinématographique où les thèmes s'installent lentement avant de se disloquer dans l'improvisation collective, la contrebasse assumant tour à tour le rôle de narrateur, de moteur rythmique et de contrepoint lyrique. Sisera collabore par ailleurs avec des figures majeures de la musique improvisée, du saxophoniste américain Greg Osby au guitariste Kurt Rosenwinkel en passant par la pianiste suisse Irène Schweizer, et travaille régulièrement hors du champ strictement musical, avec des écrivains, des danseurs, des plasticiens, des metteurs en scène de théâtre et des cinéastes. Soutenu par Pro Helvetia et le canton des Grisons, il représente une conception de la contrebasse profondément européenne, où l'instrument est autant un outil de composition qu'un instrument de scène, et où le son, sombre et charnu, constitue à lui seul une signature.

Son site officiel : lucasisera.com

Edward Pérez – Terraza Big Band, Silkroad Ensemble, Paquito D'Rivera, Afro-Latin Jazz Orchestra (1978)

Contrebassiste, compositeur et chef d'orchestre installé dans le Queens, à New York, Edward Pérez a construit une carrière qui refuse les frontières de genre avec une cohérence assez rare. Originaire du Texas, il commence très tôt la contrebasse et le piano, intègre l'orchestre symphonique de sa ville natale à treize ans, puis rejoint l'Interlochen Arts Academy du Michigan, dont il sort major de promotion et distingué par la National Foundation for Advancement in the Arts pour son jeu de jazz. Il choisit ensuite un parcours atypique en étudiant les mathématiques appliquées à l'université Harvard, où il obtient son diplôme cum laude tout en jouant régulièrement au Wally's Jazz Cafe de Boston, laboratoire historique de la scène locale. Deux années passées à Lima, au Pérou, sont décisives : il y étudie les percussions traditionnelles, se plonge dans le répertoire afro-péruvien et joue avec les meilleurs musiciens locaux, expérience qui irrigue depuis toute son écriture. Installé à New York depuis 2005, il devient l'un des contrebassistes les plus sollicités de la scène, accompagnant Paquito D'Rivera, Ralph Peterson Jr. et l'Afro-Latin Jazz Orchestra, et se produisant au Blue Note, au Lincoln Center, à la Jazz Gallery, au Kennedy Center, au Chicago Symphony Center et jusqu'à l'opéra de Damas. Il codirige avec le saxophoniste Michael Thomas le Terraza Big Band, dont le premier disque One Day Wonder obtient une nomination aux Grammy Awards et révèle un compositeur capable de penser l'orchestre de jazz comme un organisme rythmique complexe plutôt que comme une machine à sections. Son projet afro-péruvien Festejation tourne régulièrement dans le nord-est des États-Unis. Membre du Silkroad Ensemble, il a partagé la scène du Lincoln Center avec Yo-Yo Ma en y interprétant ses propres compositions, et croisé la route du maître libanais du oud Marcel Khalife comme du prodige flamenco Diego Amador. Pédagogue reconnu, il a enseigné à la New School for Jazz and Contemporary Music et à l'Indian Hill Music Center. Sa contrebasse, au son ample et parfaitement centré, se distingue par une compréhension physique des claves et des cycles rythmiques non occidentaux qui en fait un partenaire recherché bien au-delà du jazz.

Son site officiel : edwardperez.com

Adam Met – AJR (1990)

Né Adam Brett Metzger à Bayside, dans le Queens, Adam Met a grandi entre cette banlieue new-yorkaise et Chelsea, à Manhattan, où sa famille s'installe en 2001. En 2005, il fonde avec ses frères Jack et Ryan le groupe AJR, dont le nom réunit simplement leurs trois initiales. Le point de départ tient de la légende urbaine littérale : à partir de 2006, les trois frères jouent dans les parcs de New York, à Washington Square Park comme à Central Park, apprenant leur métier devant des passants et construisant à la force du poignet une esthétique entièrement autoproduite. Le groupe compose, enregistre et mixe depuis le salon de l'appartement familial, méthode artisanale qu'il n'a jamais vraiment abandonnée et qui explique la texture si particulière de sa pop, faite de collages, de cuivres échantillonnés, de ruptures théâtrales et de refrains d'une efficacité redoutable. Adam Met y tient la basse et les chœurs, rôle plus déterminant qu'il n'y paraît dans une musique où la ligne de basse assure souvent la seule continuité harmonique au milieu d'arrangements volontairement fragmentés. Il figure sur l'ensemble des albums du groupe, dont The Click en 2017 et OK Orchestra en 2021, et accompagne l'ascension d'AJR des petites salles vers les arénas. Sa trajectoire parallèle est tout aussi remarquable : titulaire d'une licence de commerce et de philosophie obtenue à l'université Columbia en 2012, d'un master à l'université de New York et d'un doctorat en droit international des droits humains décroché à l'université de Birmingham en 2021, il fonde en 2018 l'organisation Planet Reimagined, consacrée aux énergies renouvelables et à la transformation écologique de l'industrie de la tournée. Professeur associé à Columbia depuis 2023, où il enseigne les politiques climatiques, il figure sur la liste TIME 100 Climate et reçoit l'Earth Award en 2024. Il publie en 2025 Amplify, coécrit avec la journaliste Heather Landy, ouvrage consacré à la construction d'audiences pour les mouvements sociaux. Peu de bassistes de sa génération incarnent aussi nettement l'idée que la scène peut être un levier d'action publique.

Le site officiel d'AJR : ajrbrothers.com

Alessandro Fongaro – CLOD!, Sun-Mi Hong Quintet, Alessandro Fongaro's Pietre (1991)

Contrebassiste et bassiste électrique italien, compositeur, Alessandro Fongaro est originaire de Valdagno, en Vénétie, et s'est imposé aux Pays-Bas comme l'une des voix les plus intéressantes de la jeune scène européenne. Sa formation se déroule au conservatoire de Rotterdam, Codarts, dont il sort avec la plus haute distinction, avant de compléter un master de contrebasse jazz à Amsterdam achevé en 2016. Les récompenses arrivent très vite : le prix Erasmus Jazz en 2014, les prix The Records la même année avec son propre quintette puis en 2015 avec le trio Koeniverse, et la victoire au Dutch Jazz Competition en 2018 au sein du Sun-Mi Hong Quintet, groupe de la batteuse sud-coréenne installée à Amsterdam dont il est un pilier. Entre 2014 et 2017, il dirige l'Alessandro Fongaro 5et, qui publie Neither More Nor Less en 2016 et pose les bases d'une écriture privilégiant les textures et les architectures lentes plutôt que la démonstration soliste. Son projet principal en tant que leader s'appelle CLOD!, ensemble électrique instrumental qui assume le croisement du jazz et de l'indie-rock, avec des boucles, des nappes, une basse traitée et des dynamiques empruntées au post-rock, loin des conventions du club de jazz. Il développe en parallèle Pietre, formation plus intime où la contrebasse retrouve son acoustique et son grain. Programmé comme Artist in Focus du North Sea Round Town en 2024, il y crée notamment le programme Hunters in the Snow, confirmant un statut de compositeur autant que d'instrumentiste. Il enseigne depuis 2017 l'improvisation et le coaching d'ensemble à Codarts, transmettant à son tour une conception de la basse comme instrument de couleur et d'espace. Sa signature tient à cette double compétence, acoustique et électrique, exercée sans hiérarchie : la contrebasse pour la respiration et le bois, la basse électrique pour la matière et le grain, et dans les deux cas une attention obsessionnelle au son.

À écouter : Alessandro Fongaro sur Bandcamp

Maciej Kitajewski – Adam Jarzmik Quintet, Mike Moreno, Ed Cherry (1993)

Contrebassiste et bassiste électrique polonais, Maciej Kitajewski appartient à cette génération de musiciens formés dans les conservatoires d'Europe centrale qui ont su s'approprier le langage du jazz américain contemporain sans en devenir de simples imitateurs. Il se forme à l'Académie de musique de Katowice, l'un des foyers historiques du jazz polonais, sous la direction du contrebassiste Michał Barański, référence majeure de la scène nationale. Son parcours de jeune musicien est jalonné de distinctions : il est lauréat de onze concours de jazz polonais et européens, palmarès qui témoigne autant d'une technique solide que d'une capacité rare à s'adapter à des contextes esthétiques variés. Son ensemble principal, l'Adam Jarzmik Quintet, remporte entre 2016 et 2017 plusieurs des compétitions les plus exigeantes du pays, dont le premier prix du festival Jazz nad Odrą et le Blue Note Jazz Competition, avant de publier l'album On the Way Home enregistré avec le guitariste américain Mike Moreno. Cette collaboration de 2019 marque une étape importante dans sa carrière, tout comme sa rencontre avec Ed Cherry, guitariste du dernier ensemble de Dizzy Gillespie, qui l'inscrit dans une filiation directe avec l'histoire du bebop. Sideman très demandé, il compte sept albums enregistrés à ce titre et une activité soutenue, avec des participations à des disques de Rafał Jackiewicz, Paweł Palcowski ou Karolina Sleziak. Son jeu se caractérise par une assise rythmique très ferme, un son de contrebasse chaud et volontairement peu traité, et une capacité à basculer vers la basse électrique lorsque le répertoire l'exige, sans que le discours musical change de nature. Sur la scène polonaise actuelle, particulièrement riche en contrebassistes, il occupe une place de partenaire idéal, de ceux qui rendent les autres meilleurs et dont on repère la présence à la manière dont un groupe entier semble soudain mieux respirer.

Son compte le plus actif : @mackitaj sur Instagram

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.