Pat Badger - Extreme, Tribe of Judah (1967)
Pilier rythmique incontournable de la scène hard rock et funk metal de la fin des années 80, Pat Badger s'est imposé comme le socle groovy du groupe Extreme.
Originaire du Massachusetts, d'ascendance irlandaise et hondurienne, Patrick John Badger a très tôt plongé dans l'univers de la lutherie et de la basse. C'est en travaillant dans l'atelier du célèbre luthier Jim Mouradian qu'il a fait la rencontre du chanteur Gary Cherone et du guitariste virtuose Nuno Bettencourt, posant ainsi les fondations d'Extreme. Le jeu de Badger est fondamental dans le son du groupe, assurant le lien parfait entre la batterie percutante et les riffs complexes de Bettencourt. Côté matériel, il est indissociable des basses Mouradian (notamment les modèles CS-74 et Reality Bass), bien qu'il ait aussi utilisé des modèles Spector NS-2 et qu'il possède son propre modèle signature chez Washburn (le PB-1250). Son amplification de prédilection inclut régulièrement des têtes Mesa/Boogie 400+ ou des imposants Ampeg SVT-810E. En dehors d'Extreme, il a brillé par ses chœurs sur les albums de Dweezil Zappa et de Danger Danger, et a exploré d'autres horizons rock avec Tribe of Judah au début des années 2000. Plus récemment, Badger a mené des campagnes fructueuses sur la plateforme PledgeMusic pour financer ses projets solos (comme Time Will Tell et l'album sous le nom de Nasty Ass Honey Badgers). En 2017, profondément marqué par la disparition de Glenn Frey, il a également fondé Dark Desert Eagles, un groupe hommage aux Eagles.
Pour le découvrir : Site officiel d'Extreme
Sam Wilkes - Knower, Sam Gendel (1991)
Baignant dans une esthétique oscillant entre le jazz-funk moderne, l'indie rock et l'ambient, Sam Wilkes incarne la nouvelle génération de bassistes de la foisonnante scène californienne.
Né le 22 juillet 1991 et élevé dans le Connecticut, Sam Wilkes, fils du photographe Stephen Wilkes, a commencé la basse électrique dès son plus jeune âge, très fortement influencé par les longues improvisations de Phish et du Grateful Dead. Après avoir déménagé à Los Angeles pour ses études universitaires, il s'est rapidement imposé comme un acteur clé de la scène locale. Il a d'abord co-fondé le duo indie rock Pratley, avant d'exploser sur la scène jazz-funk en rejoignant le groupe Knower, avec lequel il est parti en tournée en première partie des Red Hot Chili Peppers en 2017. La signature sonore de Wilkes repose sur un "pocket" (le placement rythmique au fond du temps) d'une précision redoutable et une approche expérimentale de l'instrument. Fervent utilisateur d'une Fender Precision Bass, il n'hésite pas à sculpter sa sonorité à l'aide d'un pedalboard très fourni comprenant notamment un Boss OC-2 Octaver, une Strymon Flint, un DOD FX25B ou encore un Electro-Harmonix Attack Decay, le tout souvent propulsé par des têtes d'amplification Ampeg SVT. Outre son approche singulière de la basse, Wilkes est un compositeur prolifique, célébré pour ses nombreuses collaborations avec le saxophoniste Sam Gendel, repoussant les frontières du jazz ambiant sur de multiples albums.
Pour le découvrir : Site officiel de Sam Wilkes
Ray Pohlman - The Wrecking Crew (1930 - 1990)
Véritable pionnier méconnu de la basse électrique en studio, Ray Pohlman a été le moteur rythmique de nombreux immenses succès de la pop américaine au sein du légendaire Wrecking Crew.
Né dans l'Iowa et élevé à Los Angeles, Pohlman a d'abord débuté comme guitariste de jazz dans les années 1940 avant d'opérer une transition instrumentale qui allait changer l'histoire des studios. Dès 1956, il devient en effet le tout premier musicien de session à imposer l'utilisation de la basse électrique (une Fender Precision) lors des enregistrements à Los Angeles, là où la contrebasse régnait encore en maître. Devenu un recruteur incontournable et un pilier du Wrecking Crew, Pohlman a imprimé sa patte sur des chefs-d'œuvre de la musique. Son travail est notamment immortalisé sur le mythique album Pet Sounds des Beach Boys (partageant les sessions de basse avec Carol Kaye). Pour contourner les limites sonores de l'époque, il a abondamment utilisé des basses à six cordes au diapason court, comme la Danelectro UB2 ou la Fender Bass VI, jouées au médiator et systématiquement étouffées avec la paume (palm-muting) sur des cordes à filet plat. Ce son "tick-tack" si singulier offrait une attaque nette qui tranchait dans les mixages denses, devenant essentiel pour le fameux Wall of Sound de Phil Spector. Au-delà de l'instrument, Pohlman a considérablement élargi son champ d'action au cours des années 60 et 70 en devenant un directeur musical et un arrangeur très prisé pour la télévision et le cinéma.
Pour le découvrir : Crédits et discographie de Ray Pohlman sur AllMusic
Thomas Martin - London Symphony Orchestra, English Chamber Orchestra (1940)
Figure magistrale de la contrebasse classique, l'Américano-Britannique Thomas Martin conjugue une immense carrière d'instrumentiste virtuose avec une renommée internationale de luthier et d'enseignant.
Né à Cincinnati, dans l'Ohio, Tom Martin a très tôt développé une passion dévorante pour la contrebasse en fréquentant le "Bass Viol Shop" de sa ville natale. Son parcours académique le place dans la lignée directe des plus grands : il a étudié auprès de géants tels que Harold Roberts, Oscar Zimmerman et Roger Scott, héritant ainsi de la technique de l'archet français, originellement introduite aux États-Unis par le virtuose catalan Antoni Torello. Reconnu pour son immense maîtrise technique de l'archet, Martin s'est illustré au poste de contrebasse solo dans plusieurs phalanges prestigieuses, incluant l'Orchestre symphonique de Montréal, l'Academy of St Martin in the Fields, l'English Chamber Orchestra et, durant plus de vingt ans, le très respecté London Symphony Orchestra. Son nom est également indissociable de l'œuvre du compositeur Giovanni Bottesini, dont il a enregistré une grande partie du répertoire. L'influence de Thomas Martin s'étend bien au-delà de la scène : luthier d'exception cumulant plusieurs décennies d'expérience, il a fabriqué plus de 160 contrebasses jouées aujourd'hui dans les orchestres du monde entier, travaillant désormais en partenariat avec son fils George dans leur atelier de l'Oxfordshire.
Pour le découvrir : Atelier Thomas and George Martin Violin Makers
Jack Holt - TISM (This Is Serious Mum), The Collaborators (1961)
Sous le masque de scène et le pseudonyme improbable de "Jock Cheese", Jack Holt s'est imposé comme le bassiste et le complice indéfectible du mythique groupe alternatif et satirique australien TISM.
Né le 22 juillet 1961, ce musicien de la scène effervescente de Melbourne a commencé son parcours dans les années 70 avec la formation I Can Run, avant de co-fonder TISM en 1982 avec ses amis de lycée. En tant que bassiste, guitariste et chanteur, Holt a été l'un des moteurs créatifs qui ont propulsé TISM depuis les clubs undergrounds jusqu'au succès commercial national. Cette ascension fulgurante a été couronnée par la sortie en 1995 de l'album Machiavelli and the Four Seasons, largement récompensé aux ARIA Music Awards en Australie. Au cœur d'un projet artistique reconnu pour son culte absolu de l'anonymat, ses costumes volontairement ridicules et son mélange corrosif d'électro-pop et de rock indé, les lignes de basse nerveuses de Holt assuraient l'efficacité rythmique des morceaux. S'il a jalousement conservé son identité secrète pendant une grande partie de l'existence du groupe, il a profité des pauses d'activité de TISM pour développer une carrière parallèle, publiant notamment l'album solo Platter en 2003, toujours sous son alias Jock Cheese. Après une première longue séparation de TISM en 2004, il a continué à se produire avec le groupe The Collaborators (2019-2022) pour revisiter son ancien répertoire, avant de participer en chair et en os (mais toujours masqué) à la reformation de TISM pour le célèbre Good Things Festival fin 2022.
Pour le découvrir : TISM sur Bandcamp
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