Reggie Workman - John Coltrane Quartet, Art Blakey's Jazz Messengers (1937 - )
Né à Philadelphie, Reginald "Reggie" Workman s'est imposé comme l'un des contrebassistes d'avant-garde et de hard bop les plus doués et influents de l'histoire du jazz. Il se fait d'abord remarquer au début des années soixante en remplaçant Steve Davis au sein du légendaire quartette de John Coltrane. Sa participation aux sessions mythiques du Village Vanguard et sa capacité à dialoguer musicalement avec le saxophoniste ont redéfini la place de la contrebasse dans le jazz moderne. Après son départ du groupe de Coltrane, il apporte son jeu robuste et profondément ancré chez les Jazz Messengers d'Art Blakey, remplaçant Jymie Merritt. Tout au long de sa prolifique carrière, il a croisé le fer avec des figures tutélaires telles que Thelonious Monk, Wayne Shorter, Freddie Hubbard et Alice Coltrane. Véritable scientifique du son et explorateur infatigable, il continue de transmettre sa passion et son savoir en tant que professeur, veillant à ce que l'histoire du jazz soit préservée tout en encourageant ses élèves à développer leur propre voix artistique. Son apport incommensurable à la musique américaine lui a valu de multiples récompenses, dont la prestigieuse bourse Guggenheim pour la composition.
Larry Taylor - Canned Heat, John Mayall & the Bluesbreakers (1942 - 2019)
Né Samuel Lawrence Taylor à New York, celui que l'on surnommait affectueusement "The Mole" a laissé une empreinte indélébile dans l'histoire du blues et du rock. Petit frère du batteur Mel Taylor, il s'est d'abord illustré comme musicien de studio particulièrement prisé, accompagnant notamment The Monkees et Jerry Lee Lewis, avant de trouver sa véritable famille musicale au sein du groupe Canned Heat. Sa ligne de basse bondissante et son sens inné du groove ont été le moteur de performances légendaires, marquant les esprits lors des festivals de Monterey en soixante-sept et de Woodstock en soixante-neuf. Après son aventure avec Canned Heat, il est devenu le collaborateur fidèle de John Mayall, explorant avec lui les racines du blues, puis a mis son talent au service du génie cabossé de Tom Waits, apportant une texture acoustique et chaleureuse à ses albums grâce à sa maîtrise de la contrebasse. Malgré la maladie qui a assombri la fin de sa vie, Larry Taylor a continué de jouer avec une dévotion absolue jusqu'à son dernier souffle, laissant derrière lui le souvenir d'un instrumentiste magistral et d'un pilier inébranlable du blues rock américain.
Colin Greenwood - Radiohead (1969 - )
Originaire d'Oxford en Angleterre, Colin Charles Greenwood est le socle rythmique patient et l'artisan discret du son si singulier du groupe Radiohead. Alors que l'attention se porte souvent sur les envolées vocales de Thom Yorke ou les expérimentations guitaristiques de son propre frère cadet Jonny, Colin Greenwood déploie des lignes de basse sinueuses, mélodiques et d'une précision redoutable, souvent inspirées par son amour profond pour la soul, le dub et le rhythm and blues. Des lignes lancinantes des premiers albums aux textures complexes et synthétiques de leurs œuvres les plus récentes, il a su faire évoluer son instrument pour qu'il devienne le liant organique essentiel aux expérimentations du groupe. Son approche de la basse n'est jamais démonstrative mais toujours au service absolu de la chanson, créant un espace vital où la mélancolie et la tension propres à Radiohead peuvent pleinement s'exprimer. Aujourd'hui, il continue d'explorer de nouveaux horizons musicaux, célébrant chaque nouvelle décennie avec la même passion humble pour la musique et l'art du groove sous-jacent.
Wayne Dockery - Art Blakey's Jazz Messengers, Archie Shepp Quartet (1941 - 2018)
Né à Camden dans le New Jersey au sein d'une famille de pasteurs, Wayne Dockery s'est imposé par la force de son jeu profond et sa capacité d'écoute exceptionnelle comme un accompagnateur de premier plan dans le monde du jazz. Arrivé sur la scène new-yorkaise au début des années soixante-dix, son talent de sideman lui a rapidement ouvert les portes des formations les plus exigeantes de l'époque. Il a prêté son swing charnu et sa rigueur rythmique à des légendes absolues telles que Sonny Rollins, Freddie Hubbard ou encore Elvin Jones, démontrant une polyvalence rare. Dans les années quatre-vingt-dix, il fait le choix de s'installer en France, à Paris, où il devient rapidement le pilier du quartette du saxophoniste Archie Shepp, entamant une collaboration artistique fusionnelle qui durera près de deux décennies. Figure chaleureuse et paternelle de la scène jazz européenne, il a soutenu et propulsé un nombre incalculable de solistes jusqu'à sa disparition, laissant le souvenir d'un musicien d'une générosité immense dont la contrebasse battait comme un cœur au centre de l'orchestre.
Laurie McAllister - The Runaways, The Orchids (1957 - 2011)
Née sous le nom de Laurie Hoyt à Eugene dans l'Oregon, Laurie McAllister a traversé l'histoire tumultueuse du rock de la fin des années soixante-dix avec une attitude punk farouche et une énergie débordante. Elle est recrutée à l'âge de vingt et un ans pour tenir la basse au sein de The Runaways, devenant ainsi la dernière bassiste du groupe mythique avant leur dissolution définitive au printemps soixante-dix-neuf. Bien que son passage au sein de cette formation pionnière fut bref, il lui a permis de s'affirmer sur scène avec un charisme brut et une aisance naturelle. Peu après la séparation des Runaways, elle est contactée par leur ancien producteur Kim Fowley pour rejoindre The Orchids, un nouveau projet entièrement féminin où elle a pu continuer à déployer son jeu de basse lourd et direct. Retirée par la suite de l'industrie musicale pour retourner à une vie plus paisible dans son Oregon natal, elle a travaillé comme technicienne vétérinaire, gardant un attachement discret mais profond à ses années de rébellion rock jusqu'à sa disparition prématurée, laissant le souvenir d'une pionnière qui a osé prendre sa place dans un milieu alors largement dominé par les hommes.
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