Gary Peacock - Keith Jarrett's Standards Trio, Albert Ayler, Paul Bley (1935 - 2020)
Gary Peacock fut l'un des contrebassistes de jazz les plus influents de sa génération. Reconnu pour sa polyvalence remarquable, il a su naviguer avec maestria entre le jazz d'avant-garde, le free jazz et le post-bop, laissant une empreinte indélébile grâce à un son puissant et une profonde sensibilité harmonique.
Gary George Peacock est né à Burley, dans l'Idaho, et a grandi à Yakima dans l'État de Washington. Son parcours musical débute durant son adolescence avec l'apprentissage du piano, de la trompette et de la batterie. C'est à l'âge de 15 ans qu'il découvre le jazz en assistant à un concert d'Oscar Peterson. L'adoption de la contrebasse survient presque par hasard lors de son service militaire en Allemagne en 1956 : alors qu'il joue du piano dans un trio local, le bassiste quitte le groupe. Peacock décide de le remplacer et se découvre une affinité immédiate et naturelle avec l'instrument. Après avoir quitté l'armée, il parfait son jeu en Allemagne avant de retourner aux États-Unis en 1958, s'insérant rapidement dans la foisonnante scène jazz de Los Angeles.
Il s'impose vite comme une figure de proue de l'avant-garde, collaborant de manière prolifique avec des pionniers tels que le saxophoniste Albert Ayler, les pianistes Paul Bley et Bill Evans, ou encore le batteur Tony Williams. À la fin des années 1960 et au début des années 1970, il s'installe un temps au Japon et met sa carrière entre parenthèses. De retour aux États-Unis, il décroche un diplôme en biologie à l'Université de Washington en 1976. Parallèlement à la musique, il se consacre intensément au bouddhisme zen, allant jusqu'à étudier dans un monastère et organiser des séances de méditation pour les détenus. Sa carrière musicale culmine sur plusieurs décennies grâce à sa participation au légendaire "Standards Trio" du pianiste Keith Jarrett, accompagné du batteur Jack DeJohnette. Ce trio, actif pendant plus de trente ans, ainsi que ses projets en tant que leader (notamment l'album Tales Of Another ou ses disques avec le groupe Tethered Moon), témoignent de son immense héritage. Il s'éteint paisiblement en septembre 2020 à Olivebridge, dans l'État de New York, à l'âge de 85 ans.
https://youtu.be/WRjCA0xm0E4?list=RDWRjCA0xm0E4
Ivan Kral - Patti Smith Group, Blondie, Native (1948 - 2020)
Ivan Kral est un musicien tchéco-américain dont la maîtrise de la basse, de la guitare et de la composition a contribué à façonner le son emblématique de la scène punk et new wave new-yorkaise des années 1970.
Né à Prague, Ivan Kral voit sa vie basculer en 1966 lorsque sa famille fuit la Tchécoslovaquie pour s'installer aux États-Unis en tant que réfugiés. Multi-instrumentiste de talent, il s'immerge rapidement dans la culture musicale de sa terre d'accueil. Son nom commence à résonner sur la scène underground new-yorkaise lorsqu'il intègre brièvement le mythique groupe Blondie à la basse et à la guitare en avril 1975. Cependant, il est rapidement débauché pour rejoindre le Patti Smith Group. Au sein de cette formation fondatrice, Kral ne se contente pas d'être un bassiste et guitariste hors pair ; il s'impose également comme un compositeur majeur, co-écrivant plusieurs hymnes inoubliables du groupe (dont le célèbre Dancing Barefoot).
Par la suite, il explore de nombreux autres horizons musicaux, menant divers projets avec le groupe Native (ou Ivan Kral & His Natives) et la formation Bang Bang Band. Son catalogue discographique personnel est riche de nombreux albums solos ou en collaboration, tels que Nostalgia (1995), Clear Eyes (1998) et Modré Z Nebe (1997). Artiste aux multiples facettes, Ivan Kral s'est également illustré en tant que producteur et réalisateur de films, capturant l'essence brute du rock de son époque. Il s'est éteint en février 2020 dans sa maison du Michigan.
Paul D'Amour - Tool, Ministry, Feersum Ennjin (1967)
Paul D'Amour s'est taillé une place de choix dans l'histoire du metal alternatif et progressif en tant que premier bassiste du célèbre groupe Tool, insufflant une énergie brute et mécanique qui a défini les premières années de la formation.
Né à Spokane, dans l'État de Washington, Paul D'Amour s'installe initialement à Los Angeles avec l'espoir de faire carrière dans l'industrie cinématographique. Bien qu'il soit guitariste à l'origine, son destin change lorsqu'il est présenté à Adam Jones, qui lui propose de prendre la basse pour un nouveau projet musical qui deviendra Tool en 1990. D'Amour développe alors une approche de l'instrument extrêmement distinctive : en utilisant un plectre et en jouant sur des basses Rickenbacker, il produit un son agressif, lourd et tranchant. Ce style percutant devient l'un des piliers sonores du groupe et brille tout particulièrement sur leur premier album studio acclamé, Undertow.
Après avoir quitté Tool en 1995 pour poursuivre d'autres voies créatives, il continue d'explorer les frontières du rock et du metal industriel. Il s'implique dans divers projets, sortant notamment un album éponyme avec le groupe Feersum Ennjin. Son parcours musical prend un nouveau tournant majeur fin mars 2019, lorsqu'il crée la surprise en annonçant qu'il rejoint officiellement les pionniers du metal industriel, Ministry, pour remplacer le bassiste Tony Campos.
Louis-Ronan Choisy - Mal de Cap, IKA (1977)
Aujourd'hui célèbre en tant qu'auteur-compositeur-interprète pop et acteur, Louis-Ronan Choisy a pourtant débuté son parcours artistique en tant que bassiste passionné, évoluant au cœur de la scène rock et punk parisienne.
Né à Paris, il se lance corps et âme dans la musique dès l'âge de 14 ans en fondant son tout premier groupe nommé The Dreams. Fasciné par le rock psychédélique des années 1970, il participe à l'évolution de la formation qui se rebaptise Mal de Cap, s'orientant vers des sonorités plus pop. Il y officie en tant que bassiste et commence à forger son expérience de la scène en enchaînant les concerts dans divers petits clubs de la capitale, tels que le Gibus ou l'Erotika. Son cheminement musical le conduit ensuite vers une période punk-glam-rock intense avec le groupe IKA. Devenu bassiste-chanteur de la formation, il multiplie les prestations live, donnant près de trois cents concerts à travers la France, et participe à la sortie d'un mini-album de sept titres distribué en 1997.
À l'âge de 22 ans, suite à la séparation du groupe IKA, sa carrière prend une nouvelle dimension. Marqué par la lecture de Louis-Ferdinand Céline et l'écoute de Leonard Cohen, il délaisse son jeu de basse exclusif pour repenser totalement son chant et son écriture. Adoptant une voix plus grave et des thématiques profondes, il embrasse une carrière solo naviguant entre pop, new wave (avec l'album Les Enfants du siècle en 2008) et musique électronique. Son talent déborde également vers le cinéma, comme en témoigne son rôle aux côtés d'Isabelle Carré dans le film Le Refuge de François Ozon (2010), pour lequel il signe également la bande originale.
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