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Publié le 11 mai 2026 à 08:35

Les Chadwick - Gerry and the Pacemakers - (1943 - 2019)

Membre fondateur du célèbre groupe britannique Gerry and the Pacemakers, John Leslie Chadwick a été l'un des artisans du son Merseybeat qui a déferlé sur le monde dans les années 1960. À la basse, il a apporté une assise rythmique incontournable aux hymnes intemporels du groupe, rivalisant un temps avec les Beatles dans les classements et le cœur des fans de la scène de Liverpool.

Né John Leslie Chadwick le 11 mai 1943 à Aigburth, un quartier de Liverpool, ce musicien a grandi au cœur de la plus grande effervescence musicale de l'Angleterre d'après-guerre. Attiré très tôt par la musique, il se lie d'amitié avec Gerry Marsden et forme avec lui Gerry and the Pacemakers à la fin des années 1950. En tant que bassiste, Les Chadwick pose les fondations rythmiques d'un groupe qui va devenir l'un des fers de lance du mouvement Merseybeat, ce courant musical mêlant rock 'n' roll, skiffle et pop qui faisait vibrer les caves humides du fameux Cavern Club. Sous la houlette de leur manager Brian Epstein, qui s'occupait également d'un autre petit groupe local nommé The Beatles, Les Chadwick et ses acolytes connaissent une ascension fulgurante.

Le jeu de basse de Chadwick se caractérise par une efficacité redoutable, un sens aigu de la mélodie sous-jacente et un ancrage rythmique parfaitement synchronisé avec le batteur Freddie Marsden. Cette cohésion permet au groupe de marquer l'histoire de la musique britannique en devenant la toute première formation à placer ses trois premiers singles à la première place des charts britanniques. Les lignes de basse de Chadwick propulsent des titres mythiques comme "How Do You Do It?", "I Like It" et surtout leur légendaire reprise de "You'll Never Walk Alone", devenue l'hymne éternel du Liverpool Football Club. Sur scène, sa présence discrète mais essentielle équilibre l'énergie débordante de Gerry Marsden, offrant au groupe une stabilité musicale indéniable.

Cependant, la folie de la British Invasion finit par s'essouffler vers la fin de la décennie. Face à l'évolution rapide du rock psychédélique et à la baisse de popularité du son Merseybeat, Gerry and the Pacemakers se sépare en 1966. Contrairement à d'autres musiciens de sa génération qui ont lutté pour rester dans la lumière, Les Chadwick choisit de tourner la page de l'industrie musicale. Il s'éloigne des projecteurs, émigre en Australie et ouvre un garage automobile, préférant une vie tranquille loin du tumulte du show-business. Son héritage musical survit pourtant à travers les décennies, ancré dans les enregistrements fondateurs de la pop britannique. Il a paisiblement fini ses jours à l'âge de 76 ans, s'éteignant le 26 décembre 2019 après avoir laissé sa marque indélébile sur les fréquences graves des années soixante.

https://open.spotify.com/intl-fr/artist/3UmBeGyNwr4iDWi1vTxWi8?si=dKT__GY7TeS87NDGwJ-YKQ

Jean Sarrus - Les Charlots, Les Problèmes - (1945 - 2025)

Pilier inébranlable et bassiste historique du groupe français Les Charlots, Jean Sarrus est une figure emblématique de la culture populaire francophone. Avant de devenir une star du cinéma comique et de la chanson parodique, il a été un véritable musicien de l'ombre, posant ses lignes de basse pour de grands noms du rock français des années 1960 et participant activement à l'ébullition musicale de l'époque.

Né le 11 mai 1945 à Puteaux, Jean Sarrus a baigné dans l'émergence du rock 'n' roll en France, bien avant de devenir l'un des visages les plus familiers de la comédie hexagonale. Adolescent passionné par la guitare basse, un instrument encore relativement nouveau et mystérieux dans le paysage musical français du début des années 1960, il écume les scènes parisiennes et notamment le mythique Golf-Drouot. Son indéniable talent de bassiste lui permet de devenir un accompagnateur prisé dans le milieu florissant du rock yéyé. Il met ainsi son groove au service d'artistes pionniers comme Dick Rivers ou encore le rockeur Ronnie Bird au sein du groupe Les Tarés. C'est à cette époque qu'il rencontre le saxophoniste Gérard Rinaldi, avec qui il va forger une amitié et une collaboration qui changeront sa vie.

En 1965, la carrière de Jean Sarrus prend un tournant décisif lorsqu'il fonde le groupe Les Problèmes en compagnie de Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli, Luis Rego et Donald Rieubon. Ils deviennent rapidement le groupe d'accompagnement exclusif du chanteur Antoine, surfant sur la vague de la musique beat et folk-rock française. Sur les enregistrements mythiques comme "Les Élucubrations d'Antoine", la basse de Jean Sarrus se révèle ronde, entraînante et parfaitement dans l'air du temps. Mais l'esprit frondeur et l'humour ravageur des musiciens prennent vite le dessus. Ils se rebaptisent Les Charlots en 1966, s'orientant vers la chanson parodique et humoristique. Malgré le ton léger et burlesque de leurs chansons, les arrangements musicaux restent d'une exigence redoutable. Sarrus y déploie des lignes de basse groovy, influencées par le rhythm and blues et la musique country qu'il affectionne tant, prouvant que l'on peut faire rire tout en jouant parfaitement en place.

Le succès des Charlots devient phénoménal, tant dans les bacs à disques qu'au cinéma où ils enchaînent les comédies populaires à immense succès dans les années 1970. Jean Sarrus se distingue comme le membre le plus fidèle et le point d'ancrage absolu du groupe, participant à toutes ses incarnations pendant plus de soixante ans. Toujours armé de sa basse, il a même composé plusieurs bandes originales de leurs films. Au-delà des pitreries médiatiques, il est toujours resté un authentique amoureux du rock et des basses fréquences. Son parcours atypique montre une dévotion totale à son art et à son groupe, qu'il a maintenu en vie contre vents et marées à travers les décennies. Diminué par la maladie ces dernières années, cet artisan infatigable du rythme et du sourire nous a quittés très récemment, s'éteignant le 19 février 2025 à l'âge de 79 ans, laissant derrière lui le souvenir d'un musicien accompli et d'un artiste généreux.

https://www.youtube.com/playlist?list=PL4B5A568E2F8BB345

Avtar Singh - Cornershop - (1967 - )

Bassiste originel du groupe britannique Cornershop, Avtar Singh a grandement participé à l'élaboration du son unique de cette formation dans la première moitié des années 1990. Sa basse a servi de liant fondamental dans cette fusion novatrice de musique indie rock, de pop britannique et de sonorités traditionnelles indiennes qui a marqué la scène alternative de l'époque.

Avtar Singh, né le 11 mai 1967, est un bassiste britannique d'origine indienne dont le rôle a été crucial dans les fondations d'un des groupes les plus originaux de la scène rock alternative des années 1990. Au début de cette décennie, il s'associe à Tjinder Singh (qui, bien que portant le même nom de famille, n'est pas de sa fratrie) et Ben Ayres pour former Cornershop. L'ambition de la formation est audacieuse : marier l'énergie brute et mélancolique du rock indépendant britannique, la culture de la guitare saturée et les instruments traditionnels indiens tels que le sitar ou le dholak. Au cœur de ce métissage expérimental et politique, la basse d'Avtar Singh s'impose comme un repère fondamental, assurant la cohésion entre des univers musicaux en apparence opposés.

Dans les premières années du groupe, le jeu d'Avtar Singh est profondément marqué par une esthétique lo-fi et post-punk. Il délivre des lignes de basse hypnotiques, souvent répétitives et lourdes, qui servent de colonne vertébrale aux expérimentations sonores de la formation. Sur leurs premiers EPs sortis au début des années 1990 et sur leur tout premier album studio "Hold On It Hurts" paru en 1994, la basse de Singh gronde sous un déluge de guitares noise et de percussions éclectiques. Son style direct, sans fioriture, permet d'ancrer le propos souvent revendicatif du groupe dans une urgence résolument rock, tout en laissant l'espace nécessaire aux mélodies vocales et aux incantations instrumentales orientales.

Bien que Cornershop soit mondialement connu pour son immense succès interplanétaire "Brimful of Asha" sorti plus tard dans la décennie, Avtar Singh a quitté le navire en 1995, juste avant que le groupe n'atteigne le pic de sa gloire commerciale avec l'album "When I Was Born for the 7th Time". Néanmoins, son empreinte musicale sur les années formatrices du projet reste indéniable. En apportant sa rigueur rythmique et sa vision de la basse alternative à une formation en pleine recherche d'identité, Avtar Singh a aidé à défricher le terrain pour le mouvement "Asian Underground" au Royaume-Uni. Son parcours illustre parfaitement le rôle souvent méconnu mais essentiel des bassistes fondateurs dans la création de l'identité sonore brute d'un groupe avant son explosion populaire.

https://open.spotify.com/intl-fr/artist/3Kf7VEIRWquxrNIuyJZnfF?si=E8uDIlMUTEq74i9HHptqbw

Edicson Ruiz - Orchestre Philharmonique de Berlin - (1985 - )

Véritable prodige vénézuélien de la contrebasse, Edicson Ruiz a marqué l'histoire de la musique classique en devenant le plus jeune musicien à intégrer le prestigieux Orchestre Philharmonique de Berlin. Issu du célèbre programme éducatif El Sistema, il est aujourd'hui considéré comme l'un des virtuoses les plus époustouflants de son instrument, repoussant sans cesse les limites techniques de la contrebasse.

Né le 11 mai 1985 à Caracas au Venezuela, Edicson Ruiz représente l'excellence absolue de la contrebasse classique moderne. Son histoire est celle d'un véritable conte de fées musical, rendu possible par son immense talent et par "El Sistema", l'extraordinaire programme d'éducation musicale publique de son pays natal. Il découvre la contrebasse presque par hasard à l'âge de onze ans. Dès les premiers contacts avec l'imposant instrument, une connexion organique s'établit. Sous la tutelle bienveillante de son professeur Felix Petit, sa progression est tellement fulgurante qu'elle défie l'entendement. À peine quatre ans après avoir posé les doigts sur les cordes pour la première fois, il remporte, à l'âge de 15 ans seulement, le premier prix du prestigieux concours international de la Société Internationale des Bassistes organisé à Indianapolis, imposant d'emblée son nom sur la scène mondiale.

La virtuosité d'Edicson Ruiz attire immédiatement l'attention des plus hautes instances de la musique classique. En 2001, il intègre l'Académie d'orchestre de l'Orchestre Philharmonique de Berlin où il se perfectionne auprès du légendaire Klaus Stoll. L'année suivante, l'incroyable se produit : à tout juste 17 ans, il se voit offrir une place de membre titulaire au sein de cette phalange mythique. Il devient non seulement le plus jeune musicien jamais engagé par le Philharmonique de Berlin dans son histoire moderne, mais également le tout premier musicien hispano-américain à rejoindre ses rangs. Son jeu se caractérise par une pureté de son exceptionnelle, une intonation d'une précision chirurgicale et une expressivité émotionnelle qui parvient à faire chanter l'instrument réputé le plus lourd du pupitre des cordes avec la grâce d'un violoncelle.

Au-delà de son travail acharné au sein de l'orchestre, Edicson Ruiz est devenu un soliste extrêmement recherché et un fervent défenseur du répertoire contemporain pour la contrebasse. Insatisfait du répertoire soliste restreint de son instrument, il consacre une grande partie de sa carrière à commander et à créer de nouvelles œuvres, travaillant en étroite collaboration avec de grands compositeurs tels que Heinz Holliger, Paul Desenne ou Arturo Márquez. Ses nombreux enregistrements repoussent les frontières techniques de l'instrument, explorant des textures sonores inédites et des répertoires complexes. En véritable ambassadeur de la contrebasse, il enseigne aujourd'hui à travers le monde, transmettant sa passion et son exigence aux nouvelles générations, et prouvant que les fréquences graves peuvent être le vecteur des émotions solistes les plus délicates.

http://www.edicsonruiz.com/

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