Né le 13 mars 1963 à Carson en Californie, Michael Quercio n'est pas seulement un bassiste au groove impeccable et un chanteur à la voix unique ; il est le père fondateur et le nommeur d'un des mouvements musicaux les plus fascinants des années quatre-vingt. Bassiste, chanteur, compositeur et leader charismatique, Quercio a su prouver que l'on pouvait tenir les fondations rythmiques d'un groupe tout en étant son visage, sa voix et son principal cerveau créatif.
L'histoire musicale de Michael Quercio débute véritablement à l'orée des années quatre-vingt lorsqu'il fonde le groupe The Salvation Army. Dès 1981, la formation, dans laquelle Quercio assure le chant principal et la basse (parfois sous le pseudonyme de Ricky Start), sort un premier single explosif sur le label New Alliance des Minutemen. À cette époque, Quercio est l'unique compositeur du groupe. Son approche de la basse et de la composition crée un pont inattendu et brillant entre l'énergie brute et urgente de la scène punk de l'époque et les mélodies luxuriantes du renouveau des années soixante. Le groupe sort un premier album éponyme en mai 1982 chez Frontier Records, mais se heurte rapidement à des problèmes juridiques avec la véritable Armée du Salut, ce qui les contraint à changer d'identité. Cet obstacle n'arrête pas le bassiste, bien au contraire, et marque la naissance de The Three O'Clock.
C'est d'ailleurs au cours de cette période foisonnante que Michael Quercio lâche une expression lors d'une interview avec un journaliste musical, presque sous forme de boutade, pour décrire la scène locale émergente qui rejette les synthétiseurs froids des années quatre-vingt pour embrasser les chemises à motifs et les guitares carillonnantes. Il baptise ce mouvement le "Paisley Underground". Ce terme, devenu légendaire, finira par regrouper des formations majeures de Los Angeles comme The Bangles, The Dream Syndicate ou encore Rain Parade. En tant que leader de The Three O'Clock, Quercio devient le fer de lance de ce renouveau psychédélique, maniant sa basse avec une agilité pop redoutable tout en superposant des lignes de chant souvent décrites comme hautes perchées, juvéniles et empreintes d'une délicieuse naïveté assumée.
Le succès d'estime de The Three O'Clock se bâtit sur une série d'enregistrements remarquables. Après l'EP Baroque Hoedown, le groupe sort des albums salués par la critique tels que Sixteen Tambourines, Arrive Without Travelling et Ever After. Sur scène comme en studio, le jeu de basse de Quercio se distingue par sa rondeur et sa capacité à ancrer des mélodies pop sucrées et complexes, soutenant des hymnes de power pop d'une efficacité redoutable. Le talent du groupe finit par attirer l'attention d'un géant de la musique : Prince. En plein âge d'or de sa période "Purple", Sa Majesté Pourpre signe The Three O'Clock sur son propre label, Paisley Park Records, marquant ainsi la rencontre improbable entre le funk de Minneapolis et le rock psychédélique californien.
Cette collaboration aboutit à la sortie du quatrième album du groupe, Vermillion, en 1988. Prince leur offre même un titre, "Neon Telephone", signé sous le pseudonyme de Joey Coco. Malgré cette exposition et l'indéniable qualité des compositions de Quercio, le succès commercial massif échappe au groupe, qui finit par se séparer peu de temps après. Toutefois, l'histoire ne s'arrête pas là pour notre bassiste. Musicien prolifique, Michael Quercio continue d'explorer les scènes indépendantes et prête ses lignes de basse et sa voix à d'autres formations cultes de la côte Ouest, intégrant les rangs de groupes comme Redd Kross, The Tater Totz ou encore le supergroupe Rainy Day. L'héritage de ses premiers groupes se fait également sentir dans les générations suivantes, d'anciens membres de The Three O'Clock poursuivant leur route dans des formations influentes comme Jellyfish ou Game Theory.
La reconnaissance tardive mais méritée de l'impact de Michael Quercio s'est matérialisée en 2013, lorsque The Three O'Clock s'est reformé à la surprise générale pour enflammer la scène du festival Coachella, ravivant la flamme du Paisley Underground pour une nouvelle génération. Aujourd'hui, alors qu'il célèbre ses 63 ans, Michael Quercio incarne le bassiste mélodique par excellence.
Joyeux anniversaire, Monsieur Quercio, et merci pour ces lignes de basse qui continuent de faire vibrer la pop indépendante américaine.
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