Aujourd'hui, 7 mars, on célèbre l'anniversaire d'une figure incontournable et pourtant parfois sous-estimée de la pop psychédélique britannique. Né le 7 mars 1943 à Barnet, dans le Hertfordshire en Angleterre, Christopher Taylor White souffle aujourd'hui ses quatre-vingt-trois bougies. Connu à travers le monde pour être le bassiste, chanteur occasionnel et l'un des deux compositeurs principaux du légendaire groupe The Zombies, Chris White a marqué l'histoire de la musique par ses lignes de basse élégantes et sa plume exceptionnelle, devenant une véritable source d'inspiration pour des générations de musiciens.
Fils de Harold, un inspecteur de bus pour la compagnie London Transport, et de Nan, qui tenaient ensemble le magasin général du village de Markyate où il a grandi, le jeune Chris a baigné très tôt dans un environnement musical. Son père était lui-même un joueur semi-professionnel de contrebasse. C'est donc tout naturellement sur cet imposant instrument acoustique que Chris fait ses premières armes, apprenant le métier en jouant avec des orchestres de danse et des formations de jazz. Avant de se consacrer pleinement à la basse électrique, il explore également la guitare et le chant au sein de son propre groupe de rock et d'une formation de skiffle. Ses influences formatrices sont riches et variées, puisant dans l'énergie brute des pionniers du rock comme Bill Haley, Elvis Presley, Chuck Berry et Buddy Holly, tout en absorbant la sophistication du jazz moderne d'artistes tels que Miles Davis.
L'histoire prend un tournant décisif lorsqu'il est appelé à remplacer le bassiste initial des Zombies, Paul Arnold. Pour marquer cette nouvelle étape, Chris White fait l'acquisition d'une basse électrique d'occasion. C'est avec cet instrument, désormais précieusement conservé au Rock and Roll Hall of Fame de Cleveland, qu'il enregistre le tube planétaire "She's Not There". Cette chanson propulse instantanément le groupe au sommet des hit-parades, atteignant notamment la première place des classements Cashbox aux États-Unis, et scelle le destin de ces jeunes musiciens qui ne considéraient initialement pas cette aventure comme une carrière à plein temps.
Au sein des Zombies, le rôle de Chris White dépasse de loin celui du simple accompagnateur rythmique. Aux côtés du claviériste Rod Argent, il s'impose comme l'un des deux piliers créatifs de la formation. S'il signe déjà deux titres sur leur premier album "Begin Here" paru en 1965, c'est véritablement sur le chef-d'œuvre "Odessey and Oracle", enregistré en 1967 aux prestigieux studios Abbey Road et Olympic, que son génie compositionnel éclate au grand jour. Sur cet album mythique, joyau de la pop psychédélique et baroque, Chris White écrit pas moins de sept chansons et apporte une contribution lyricale majeure, prouvant de manière irréfutable que le bassiste était aussi un auteur de tout premier plan.
Pour les passionnés de matériel qui nous lisent assidûment sur GraveBasse, l'évolution de l'équipement de Chris White est une facette fascinante de sa carrière. À ses débuts, on peut notamment l'apercevoir avec une Gibson EB-3 de couleur rouge, un instrument distinctif bien visible lors de certaines performances télévisées où le groupe interprète "She's Not There". Cependant, c'est avec une Fender Precision Bass qu'il entre définitivement dans la légende visuelle du rock lors de la conception d'"Odessey and Oracle". Cette Precision Bass est restée célèbre pour sa finition psychédélique artisanale, arborant de manière audacieuse les inscriptions "THIS IS A PIANO" et "THIS WAY UP". Cet instrument emblématique a d'ailleurs connu une seconde vie discographique en étant prêté par la suite à Jim Rodford, bassiste du groupe Argent et également associé à l'histoire des Zombies. Toujours fidèle à son sens du style, lors de la tournée célébrant le cinquantième anniversaire d'"Odessey and Oracle", Chris White s'est illustré sur une Yamaha BB2004 blanche. Sur cette basse moderne, il a pris soin de faire reproduire les fameuses inscriptions de son ancienne Fender, ajoutant à la courroie sa queue de tigre fétiche, mêlant ainsi héritage historique et touche personnelle.
Après la séparation de la première incarnation des Zombies, l'aventure musicale et créative de Chris White ne s'est pas arrêtée. Bien que se tenant parfois plus en retrait des scènes, il a continué de collaborer étroitement avec Rod Argent, écrivant et produisant des titres pour le groupe Argent. Artiste prolifique et passionné, il a également mené d'autres projets musicaux comme The Chris White Experience, prouvant que la création et l'écriture sont pour lui des moteurs vitaux. Récemment, il a même confié travailler sur un projet de comédie musicale directement inspiré par l'année de création d'"Odessey and Oracle". Son dévouement absolu à la musique durant plus de soixante ans a été couronné par une consécration ultime en 2019 : son intronisation au Rock and Roll Hall of Fame avec les autres membres historiques des Zombies.
En ce 7 mars, la communauté des bassistes lève son verre à Christopher Taylor White. Un musicien accompli qui, en alliant la profondeur d'un héritage jazz à l'effervescence de la pop britannique des années soixante, a su imposer sa marque indélébile tant sur le manche de son instrument que sur les partitions d'une génération. Joyeux anniversaire, Monsieur White, et merci pour la musique.
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