Le 22 février est une date qui résonne avec une force toute particulière dans le monde des fréquences lourdes, puisqu'elle marque la naissance d'un bassiste au parcours aussi atypique qu'impressionnant : Dave Spitz. En ce jour où il célèbre ses soixante-huit ans, né en 1958 à New York, toute l'équipe de gravebasse.com se devait de rendre un hommage appuyé à celui que la scène a affectueusement et respectueusement surnommé "The Beast". Figure incontournable du heavy metal des années quatre-vingt, Dave Spitz n'est pas seulement un musicien à la frappe redoutable, il est le symbole d'une époque où le hard rock dictait sa loi, tout en prouvant qu'un bassiste de métal pouvait avoir plusieurs cordes à son arc, et pas seulement sur son instrument.
L'histoire musicale de Dave Spitz s'inscrit d'abord dans une authentique dynamique familiale, puisqu'il est le frère aîné de Dan Spitz, le légendaire guitariste soliste du groupe de thrash metal Anthrax. Baignant très tôt dans un environnement new-yorkais bouillonnant, Dave s'oriente vers la guitare basse avec une approche résolument physique et agressive. Avant même d'atteindre les sommets de sa renommée, il fait ses armes au sein de la scène locale et participe notamment aux toutes premières incarnations du groupe White Lion au début des années quatre-vingt, contribuant à façonner les fondations rythmiques d'une formation qui allait bientôt conquérir les ondes, bien qu'il ait quitté le navire avant l'enregistrement de leur premier opus.
La véritable consécration pour Dave Spitz intervient au milieu de la décennie, lorsqu'il est appelé à rejoindre une institution absolue de la musique lourde : Black Sabbath. Intégrer la formation de Tony Iommi en 1985 représente un défi colossal, mais "The Beast" s'impose naturellement par son charisme scénique et son jeu de basse d'une solidité à toute épreuve. Il enregistre les lignes de basse de l'album "Seventh Star", sorti en 1986. Sur ce disque, initialement pensé comme un album solo de Tony Iommi avant que la maison de disques n'impose le nom de Black Sabbath, Spitz déploie un groove lourd, ancrant les riffs sombres du maître Iommi et soutenant les envolées vocales de Glenn Hughes puis de Ray Gillen lors de la tournée. Son surnom de "La Bête" prend d'ailleurs tout son sens sur scène, où son énergie animale et sa présence athlétique captivent le public.
L'anecdote la plus célèbre concernant son passage au sein du légendaire groupe britannique reste sans doute celle de l'album suivant, "The Eternal Idol". Bien que le nom et la photo de Dave Spitz figurent dans les crédits de la pochette de l'album sorti en 1987, il est de notoriété publique qu'il n'a pas enregistré la moindre note sur ce disque. En effet, suite à des bouleversements internes et des changements de line-up, c'est finalement le redoutable Bob Daisley qui a assuré les sessions de basse en studio. Cette curiosité historique n'enlève rien à l'impact de Spitz, qui est resté un membre très apprécié de la famille Sabbath, apportant une stabilité rythmique cruciale durant l'une des périodes les plus tumultueuses de la formation.
Loin de se résumer à son passage chez les pères fondateurs du doom, Dave Spitz a mis son immense talent au service d'autres grands noms du hard rock et du metal. Les amateurs de virtuosité se souviendront de son passage remarqué au sein du groupe Impellitteri, mené par le guitariste ultra-véloce Chris Impellitteri, où la basse de Spitz devait rivaliser de précision et d'endurance pour suivre les tempos effrénés. Il a également croisé le fer avec des pointures du thrash en collaborant avec Nuclear Assault, et a apporté son groove bluesy-metal à la formation Great White. Cette polyvalence, capable de passer du doom traditionnel au thrash teigneux ou au glam metal, témoigne d'une maîtrise absolue de son instrument et d'une oreille musicale hautement adaptable.
Mais ce qui rend le parcours de Dave Spitz véritablement exceptionnel et unique dans le panthéon des bassistes de metal, c'est sa reconversion professionnelle. Derrière le musicien sauvage aux cheveux longs et à la basse tonitruante se cache une intelligence aiguisée qui l'a mené vers de brillantes études de droit. Dave Spitz est en effet devenu un avocat respecté en Floride. Cette dualité fascinante entre "The Beast" arpentant les scènes mondiales et Maître Spitz plaidant dans les prétoires force le respect. Elle détruit avec élégance les clichés tenaces souvent associés aux musiciens de heavy metal, prouvant qu'il est possible de manier avec autant de maestria les codes civils et les amplificateurs à lampes surdimensionnés.
En soufflant ses soixante-huit bougies aujourd'hui, Dave Spitz peut contempler une carrière d'une richesse rare. Pour nous, bassistes et passionnés de la première heure, il incarne l'essence même de la basse heavy metal : une fondation inébranlable, un son massif, et une attitude scénique irréprochable. Ses lignes de basse continuent d'inspirer ceux qui cherchent à allier la puissance brute au service de la chanson. Toute l'équipe de gravebasse.com lève son verre (et monte le volume de ses amplis) pour souhaiter un très joyeux anniversaire à Dave "The Beast" Spitz, un musicien hors norme dont l'empreinte restera gravée à jamais dans les annales du rock lourd.
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