Brad Walst : Le Roc Inébranlable du Post-Grunge Canadien (1977-)

Publié le 16 février 2026 à 06:29

Par la rédaction de GraveBasse.com

Alors que nous célébrons ce 16 février l’anniversaire de Brad Walst, il est temps de rendre hommage à l’un des bassistes les plus constants et efficaces de la scène rock nord-américaine de ces deux dernières décennies. Cofondateur et pilier rythmique de Three Days Grace, Brad Walst incarne cette philosophie selon laquelle la basse n'a pas besoin d'être complexe pour être indispensable. À l'heure où le groupe entame un nouveau chapitre historique avec le retour d'Adam Gontier aux côtés de Matt Walst, revenons sur le parcours, le son et l'influence de celui qui tient la baraque depuis Norwood, en Ontario.

Des sous-sols de l'Ontario aux scènes mondiales

L'histoire de Brad Walst est indissociable de celle de Norwood, une petite ville de l'Ontario où l'ennui adolescent s'est transformé en créativité musicale. Né en 1977, Brad grandit dans un environnement où la musique sert d'échappatoire. C'est au lycée, au début des années 90, qu'il s'associe avec Adam Gontier et Neil Sanderson pour former Groundswell. À cette époque, le grunge de Seattle déferle sur le monde, et le trio absorbe cette énergie brute pour forger sa propre identité.

Si Groundswell n'a connu qu'un succès modeste, la refondation du projet sous le nom de Three Days Grace en 1997 a marqué un tournant décisif. Brad Walst a su, dès ces premières années, définir son rôle avec précision. Il ne cherchait pas à être un virtuose soliste, mais à devenir le moteur vrombissant d'une machine rock agressive. Lorsque l'album éponyme sort en 2003, propulsé par le tube "I Hate Everything About You", la ligne de basse de Brad, lourde et menaçante, devient instantanément reconnaissable. Il prouve alors qu'une basse jouée au médiator, avec une attaque franche et un son légèrement saturé, est l'ingrédient secret du post-grunge.

L'architecture sonore : Simplicité et efficacité

Pour les lecteurs de GraveBasse, il est intéressant d'analyser l'approche technique de Walst. Il est l'antithèse du bassiste "m'as-tu-vu". Son jeu est presque exclusivement centré sur le soutien de la mélodie et le renforcement des riffs de guitare. Il privilégie le jeu au médiator (pick), une technique qui lui permet d'obtenir cette attaque percussive nécessaire pour percer à travers les murs de distorsion des guitares.

Son identité sonore est restée remarquablement stable au fil des ans, fidélisant les amateurs de gros son. Brad est un inconditionnel de la Music Man StingRay. Cette basse, réputée pour son humbucker puissant et son électronique active, lui fournit ce timbre "growl" caractéristique, riche en médiums-bas, qui fait trembler les murs des arénas. Couplée généralement à des amplificateurs Ampeg SVT (la référence absolue pour le rock) et parfois enrichie par des pédales de préamplification type SansAmp ou Darkglass plus récemment, sa chaîne de son est conçue pour une seule chose : l'impact physique. Sur des titres comme "Animal I Have Become" ou "Riot", la basse ne se contente pas de suivre ; elle propulse le morceau, créant une fondation sur laquelle la rage vocale peut s'appuyer en toute sécurité.

Le gardien de la famille et la résilience

La carrière de Brad Walst ne se résume pas à ses lignes de basse ; elle est aussi une histoire de loyauté et de famille. L'année 2013 a marqué la plus grande épreuve du groupe avec le départ soudain du chanteur emblématique Adam Gontier. Pour beaucoup de formations, la perte d'un frontman charismatique signe l'arrêt de mort. C'est ici que la résilience de Brad a joué un rôle crucial.

Plutôt que de laisser le navire couler, il s'est tourné vers sa propre famille, recrutant son frère cadet, Matt Walst, alors chanteur de My Darkest Days. Ce choix, qui aurait pu être perçu comme du népotisme, s'est avéré être une décision stratégique brillante. Brad a non seulement assuré la survie de Three Days Grace, mais il a permis au groupe de continuer à enchaîner les numéros 1 dans les charts rock nord-américains avec l'album Human et les suivants. Cette période a démontré que Brad Walst n'était pas seulement un musicien, mais le véritable garde-fou de l'identité du groupe, assurant la transition entre deux éres sans jamais trahir l'esthétique sonore que les fans adoraient.

Un présent tourné vers l'avenir

Aujourd'hui, alors qu'il célèbre son anniversaire, Brad Walst se trouve dans une position unique et enviable. Avec la récente annonce du retour d'Adam Gontier, transformant Three Days Grace en un monstre à deux têtes avec Matt Walst, le bassiste se retrouve au centre de cette réunion historique. Il est le lien, le point de connexion entre le passé glorieux et le présent dynamique.

Sur scène, Brad reste une force tranquille mais intense. Sa posture, souvent campée solidement sur ses appuis, basse basse, et son headbanging rythmé font partie intégrante du spectacle visuel du groupe. Il ne cherche pas la lumière des projecteurs, laissant volontiers le devant de la scène aux chanteurs, mais son absence rendrait le son du groupe anémique.

En servant la chanson avant son ego, en maintenant une cohésion familiale et musicale à travers les tempêtes, et en délivrant soir après soir ce grondement sismique avec sa StingRay, il a gagné sa place au panthéon des bassistes de rock. Toute l'équipe de GraveBasse lui souhaite un excellent anniversaire et attend avec impatience d'entendre les fréquences basses de cette nouvelle ère de Three Days Grace.

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