Aujourd'hui, 14 février, nous célébrons l'anniversaire d'un bassiste qui a marqué de son empreinte le rock des années soixante-dix. Né le 14 février 1949 à Dallas, au Texas, Jimmie Randall célèbre ses 77 ans. Sur gravebasse.com, il était impensable de passer à côté de cette figure massive du rock américain. Plus qu'un simple remplaçant au sein du légendaire groupe Jo Jo Gunne, Randall a su imposer son propre style, son matériel de prédilection et une présence scénique inoubliable. Plongeons dans la vie et le groove de ce monument de la basse.
Les Racines Texanes et les Premiers Grooves
Les racines musicales de Jimmie Randall s'enfoncent profondément dans le terreau fertile du Texas. Dès le début des années soixante, bien avant de fouler les grandes scènes internationales, le jeune bassiste fait ses armes dans la bouillonnante scène locale. Il affine son jeu et son oreille au sein de diverses formations texanes, notamment des groupes de garage rock comme The Gentlemen et The Beefeaters. Ces années de formation sont absolument cruciales. Elles forgent non seulement sa technique, mais aussi son endurance et sa capacité à s'adapter à l'énergie brute du rock naissant. Ce travail acharné dans l'ombre des petits clubs texans va finalement payer lorsqu'un appel inattendu vient bouleverser sa carrière au début des années soixante-dix.
L'Ère Jo Jo Gunne : Chausser les Bottes d'un Géant
En 1972, le groupe de rock Jo Jo Gunne, fondé par les anciens membres du groupe Spirit, fait face à un défi de taille. Leur bassiste originel, le très respecté Mark Andes, quitte la formation après le succès de leur premier album et du tube "Run Run Run". Remplacer un musicien de cette trempe n'est pas une mince affaire, mais le claviériste Jay Ferguson et sa bande font appel à Jimmie Randall. Loin de se laisser intimider par l'héritage de son prédécesseur, Randall transforme l'essai en un coup de maître. Il intègre le groupe avec une assurance déconcertante et participe activement à la composition et à l'enregistrement des trois albums suivants : le très énergique "Bite Down Hard" en 1973, "Jumpin' the Gunne" à la fin de la même année, et enfin "So... Where's the Show?" en 1974. Sa contribution ne se limite pas à reprendre les parties existantes ; il redessine complètement le paysage sonore de la section rythmique.
Le Matériel et le Son : L'Empreinte de la Rickenbacker 4001
Abordons ce qui passionne véritablement tout amateur de notre instrument : le son et le matériel. L'arrivée de Jimmie Randall marque une rupture totale avec le style très lourd, saturé et poussif de Mark Andes. Randall apporte avec lui une approche radicalement différente, indissociable de son instrument de prédilection. Il arbore fièrement sur scène et en studio une superbe basse Rickenbacker 4001 dans sa finition classique Jetglo (noire).
Cette basse mythique lui permet de sculpter un son beaucoup plus brillant, percussif et incisif, tranchant parfaitement dans le mix riche en guitares du groupe. Les lignes de basse de Randall se révèlent également beaucoup plus complexes et articulées que celles de l'époque précédente. Il n'hésite pas à explorer l'intégralité du manche, apportant une dimension mélodique supplémentaire tout en conservant un groove implacable et moteur. Par ailleurs, son influence se ressent directement sur la puissance de feu de Jo Jo Gunne en concert. On lui attribue en effet l'augmentation significative du volume global du groupe lors de leurs prestations live. Avec sa carrure très imposante, Jimmie Randall ne se contente pas de dominer la scène musicalement ; il s'impose comme une force visuelle incontournable, solidement ancré derrière le design si particulier de sa Rickenbacker.
L'Après Jo Jo Gunne et le Retour aux Sources
Après l'épuisement des tournées incessantes et la séparation définitive de Jo Jo Gunne au milieu des années soixante-dix, Jimmie Randall ne range pas sa basse dans son étui pour autant. Son talent de musicien et de choriste est sollicité par d'autres légendes du rock britannique et américain. Les auditeurs attentifs peuvent notamment retrouver ses lignes de basse distinctives et ses harmonies vocales sur le titre "Crazy Like A Fox", issu de l'album solo "Two Sides of the Moon" de l'iconique et tumultueux batteur des Who, Keith Moon, sorti en 1975.
Par la suite, Randall choisit de s'éloigner de la frénésie de l'industrie musicale californienne pour retourner à ses racines. Il s'installe dans la région d'Alpine, au Texas, et continue de faire vibrer les cordes graves avec passion. Les puristes ont pu le retrouver bien des années plus tard au sein de The Dead Pyrates Society, un groupe de rock percutant formé avec son ancien comparse de Jo Jo Gunne, le guitariste John Staehely, prouvant que l'amour du groove et du rock ne s'éteint jamais vraiment.
En ce 14 février, nous souhaitons un excellent anniversaire à Jimmie Randall. Son parcours rappelle à tous les bassistes qu'assumer la succession d'un grand musicien est l'occasion parfaite pour imposer sa propre voix, son propre son et sa propre identité. Sa maîtrise de la Rickenbacker 4001 reste une source d'inspiration intemporelle pour tous les musiciens qui cherchent à percer le mix avec clarté, attaque et complexité.
Ajouter un commentaire
Commentaires