Aujourd'hui, en ce 14 février 2026, la communauté des bassistes a une excellente raison de faire trembler les amplis : nous célébrons le cinquante-et-unième anniversaire de Scott Bradley Owen, l'incontournable contrebassiste du groupe australien The Living End. Sur Grave Basse, il est essentiel de mettre en lumière ces musiciens hors norme qui repoussent les limites de notre instrument. Il est rare de croiser un artiste ayant réussi à imposer une contrebasse acoustique au beau milieu d'un déluge punk-rock et psychobilly avec autant de panache. C'est l'occasion rêvée de se plonger en détail dans la carrière, le style et le matériel de ce pilier de la scène australienne.
Des Touches Noires et Blanches aux Cordes Imposantes
Né à Melbourne en 1975, Scott Owen n'a pas immédiatement jeté son dévolu sur les quatre cordes graves. Son aventure musicale a d'abord commencé sur les touches d'un piano. L'appel du rockabilly et l'énergie brute de la scène ont cependant rapidement modifié sa trajectoire. Formant un duo redoutable avec son ami d'enfance, le guitariste et chanteur Chris Cheney, il réalise très vite qu'un clavier manque cruellement de prestance visuelle et de mobilité pour le style de musique survitaminé qu'ils souhaitent livrer en concert.
La transition vers la contrebasse s'impose alors comme une évidence esthétique, mais elle devient surtout une révélation sonore. Scott Owen apprend à dompter ce mastodonte de bois, délaissant la rigueur du piano pour embrasser une approche beaucoup plus physique, percussive et sauvage de la musique.
Le Son et la Fureur : Le Slap Bass au Cœur du Punk
Si la contrebasse est traditionnellement associée aux clubs de jazz feutrés ou aux orchestres classiques, Scott Owen l'a transformée en un véritable moteur rythmique implacable. Son jeu est indissociable de la technique du slap, héritée du rockabilly originel mais poussée ici à des tempos vertigineux. Il ne se contente pas de pincer les cordes ; il les tire et les fait claquer violemment contre la touche, créant une attaque percussive qui rivalise de puissance avec la batterie.
Sur scène, son instrument devient un prolongement de son corps, voire un partenaire de voltige. Ses impressionnantes cascades le voient régulièrement escalader sa contrebasse, se tenir debout sur ses éclisses, ou la faire tournoyer en plein morceau sans jamais perdre l'intensité du groove. Cette physicalité extrême apporte une dimension visuelle unique aux concerts de The Living End et redéfinit la place du contrebassiste, qui passe de l'arrière-plan à la position de véritable showman.
Le Matériel : Dompter la Contrebasse sur Scène
Pour nos lecteurs les plus passionnés par la technique, le dispositif de Scott Owen est une brillante leçon d'ingénierie sonore d'urgence. Amplifier un instrument acoustique doté d'une immense caisse de résonance sur une scène rock où les amplis de guitare hurlent est un défi majeur, le larsen étant l'ennemi absolu.
Pour contourner ce problème, Scott a perfectionné une approche méticuleuse axée sur un système de double captation. Un premier capteur est dédié à la prise des fréquences basses profondes et de la note fondamentale, garantissant une assise solide au mix du groupe. Un second capteur, souvent placé de manière stratégique près de la touche, est exclusivement destiné à capter le fameux clic du slap. Ces deux signaux sont ensuite subtilement mélangés pour obtenir ce son signature, à la fois lourd et extrêmement tranchant.
En complément, il n'hésite pas à utiliser des parades physiques, comme l'insertion de mousse dense dans les ouïes de sa contrebasse pour étouffer les résonances indésirables avant même qu'elles n'atteignent le système d'amplification. Du côté de ses pédales, il privilégie une chaîne très épurée, cherchant avant tout à conserver la dynamique organique et l'attaque de son jeu sans noyer le signal sous des effets superflus. Ses cordes, choisies pour résister à une tension extrême et à des agressions répétées, sont le dernier maillon crucial pour obtenir ce claquement distinctif soir après soir.
L'Héritage d'un Pionnier du Psychobilly Moderne
Avec plus de trois décennies de carrière ininterrompue, Scott Owen a inspiré toute une génération de bassistes électriques à se tourner vers les bois massifs, prouvant qu'il est possible d'allier l'élégance d'un instrument traditionnel à la fureur du punk contemporain. Sa contribution à l'identité sonore de The Living End reste un modèle absolu du genre, symbolisant une fusion parfaite entre respect des racines rockabilly et adrénaline moderne.
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