Ed Gagliardi, la Rickenbacker derrière les premiers succès de Foreigner (1952-2014)

Publié le 13 février 2026 à 08:40

Aujourd'hui, en ce 13 février, le monde de la basse célèbre la naissance d'une figure historique du rock de stade : Edward John Gagliardi. Né à Brooklyn en 1952, il aurait soufflé ses 74 bougies aujourd'hui. Si ce musicien new-yorkais nous a tristement quittés en 2014, son empreinte sonore, gravée sur les premiers disques multiplatines de Foreigner, résonne encore dans la culture rock. Loin d'être un simple accompagnateur, Ed Gagliardi incarnait une approche passionnelle, mélodique et délicieusement excentrique de l'instrument.

Une Dévotion Totale et une Excentricité Matérielle

L'anecdote la plus fascinante concernant Ed Gagliardi, et celle qui force le respect de nombreux puristes, concerne son rapport physique à l'instrument. Gagliardi était naturellement droitier. Pourtant, mû par une admiration absolue pour Sir Paul McCartney, il a pris la décision radicale de jouer en gaucher. Loin de s'acheter des modèles pour gauchers, il préférait modifier lui-même ses basses droitières, inversant le sillet et les cordes pour les jouer à l'envers.

Son arme absolue sur scène et en studio était la légendaire Rickenbacker 4001, le plus souvent arborant la finition classique Fireglo. En branchant cette Rickenbacker dans d'imposants murs d'amplification comprenant des baffles Hiwatt 4x12, il a forgé un son signature. L'attaque de son médiator, couplée au grain claquant et riche en hauts-médiums de la Rickenbacker, lui permettait de percer le mur de guitares avec une clarté redoutable.

Les Années de Gloire avec Foreigner

L'histoire s'accélère en 1976 lorsque ce talent de Brooklyn est recruté pour compléter une toute nouvelle formation anglo-américaine nommée Foreigner. Le groupe a besoin d'une assise rythmique capable de soutenir des hymnes rock tout en gardant une musicalité pop. Ed Gagliardi remplit ce rôle à la perfection sur les deux premiers albums incontournables du groupe, l'éponyme paru en 1977 et le colossal succès Double Vision en 1978.

Son jeu ne se cantonnait jamais à suivre bêtement la grosse caisse de Dennis Elliott. Gagliardi était un maître de la contre-mélodie.

Des morceaux emblématiques comme Cold As Ice, Feels Like The First Time ou encore les lignes presque progressives de Starrider prouvent son aisance dans les registres aigus. Il offrait un véritable récit parallèle à la voix de Lou Gramm, prouvant que la basse pouvait être l'épine dorsale mélodique du hard rock radiophonique de la fin des années soixante-dix.

L'Après-Foreigner et la Reconnaissance Tardive

L'aventure monumentale avec Foreigner s'achève abruptement pour lui en 1979 en raison de divergences artistiques et d'une personnalité réputée têtue. Toujours animé par le feu de la création, il fonde le groupe Spys au tout début des années 1980 en compagnie d'Al Greenwood, l'ancien claviériste de Foreigner. Le groupe sortira deux albums très appréciés des amateurs de synth-rock avant que Gagliardi ne décide de s'éloigner définitivement de l'industrie musicale pour retourner à une vie plus discrète.

Ed Gagliardi s'est éteint le 11 mai 2014 à l'âge de 62 ans, après un courageux combat de huit ans contre le cancer. Il aura fallu attendre l'année 2024 pour que l'histoire du rock répare un oubli majeur, en l'intronisant à titre posthume au Rock and Roll Hall of Fame en tant que membre originel de Foreigner. En ce 13 février, l'hommage le plus vibrant consiste simplement à poser l'album Double Vision sur la platine, à monter le volume de l'ampli, et à écouter le grondement de cette Rickenbacker inversée qui a marqué son époque.

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.