Nom : Andrew Patrick Wood Date de Naissance : 8 Janvier 1966 Lieu de Naissance : Columbus, Mississippi (Grandi à Bainbridge Island, WA) Date de Décès : 19 Mars 1990 Groupes Principaux : Malfunkshun, Mother Love Bone Instrument Principal : Basse, Chant, Piano
Avant que le monde ne découvre Nirvana ou Pearl Jam, Seattle avait un roi, et son nom était Andrew Wood. Né dans le Mississippi mais transplanté dans l'État de Washington, Wood était une anomalie dans la grisaille du Nord-Ouest américain. Alors que ses contemporains cultivaient une esthétique sombre et introvertie, Wood rêvait de stades, de paillettes et de "Love Rock".
Le 8 janvier 1966 marque la naissance de celui qui allait devenir l'archétype de la rock star grunge. En 1980, à l'âge de 14 ans, il forme Malfunkshun avec son frère Kevin Wood. C'est dans ce groupe qu'il forge sa légende, non seulement en tant que chanteur charismatique sous l'alter ego "Landrew the Love Child", mais aussi en tant que bassiste inventif.
Malfunkshun était un mélange détonant de glam rock, de heavy metal et de funk psychédélique. Wood dirigeait le groupe depuis la basse, un rôle qu'il abandonnerait plus tard dans Mother Love Bone pour se concentrer sur le chant (laissant la basse à Jeff Ament), mais qui reste central pour comprendre sa musicalité.
Bien que l'histoire retienne surtout sa voix et ses paroles, Andrew Wood était un bassiste accompli dont le style a influencé toute la scène de Seattle.
Contrairement aux bassistes punk de l'époque qui jouaient des croches rapides et linéaires, Wood injectait un groove syncopé dans sa musique. Influencé par Kiss mais aussi par Prince, il n'avait pas peur de laisser de l'espace dans ses lignes de basse. Dans Malfunkshun, la basse n'était pas un instrument de fond ; c'était le moteur principal qui permettait à la guitare "shred" de son frère Kevin de voler au-dessus.
Jouer de la basse tout en chantant des lignes vocales complexes est un défi technique majeur (pensez à Geddy Lee ou Sting). Wood maîtrisait cet art avec une aisance déconcertante. Ses lignes de basse étaient souvent des contre-mélodies à son chant, créant une richesse harmonique surprenante pour un trio rock. Il utilisait la basse pour souligner le drame de ses paroles, alternant entre des passages lourds et des moments plus atmosphériques.
Lorsque Wood a formé Mother Love Bone avec Stone Gossard et Jeff Ament (anciens de Green River), il a posé la basse pour devenir frontman à temps plein. Cependant, son sens du groove a profondément déteint sur Jeff Ament. On retrouve l'ADN musical de Wood dans les lignes de basse fluides et glissantes d'Ament sur l'album Apple de Mother Love Bone, et par extension, sur le premier album de Pearl Jam, Ten.
L'Esthétique 80s
L'équipement d'Andrew Wood dans Malfunkshun était aussi flamboyant que son personnage.
| Catégorie | Équipement | Analyse |
|---|---|---|
| Basse Principale | Kramer Duke | C'est l'instrument le plus emblématique de Wood. Une basse "headless" (sans tête) avec un corps minimaliste en aluminium/bois, typique du début des années 80. Ce choix esthétique futuriste collait parfaitement à son personnage de "Landrew" venu d'ailleurs. Le son de la Kramer Duke était brillant, métallique et tranchant. |
| Basse Secondaire | Steinberger (Copies) | Il a également utilisé d'autres basses sans tête dans le style Steinberger, favorisant la mobilité sur scène. |
| Amplification | Ampeg / Fender Bassman | Pour obtenir ce son lourd mais défini, il utilisait des amplifications classiques à lampes, souvent poussées à fort volume. |
| Effets | Distorsion / Flanger | Wood n'hésitait pas à utiliser des effets pour donner une texture "spatiale" à sa basse, renforçant le côté psychédélique de Malfunkshun. |
Une Fin Tragique et un Héritage Immortel
Le 19 mars 1990, à l'âge de 24 ans, Andrew Wood décède d'une overdose d'héroïne, quelques jours seulement avant la sortie prévue de Apple, le premier album de Mother Love Bone. Sa mort a traumatisé la communauté musicale de Seattle. En son honneur, son colocataire Chris Cornell a formé le supergroupe Temple of the Dog, réunissant des membres de Soundgarden et les futurs Pearl Jam.
Si Wood n'a pas vécu pour voir l'explosion du grunge, il en est l'âme perdue. Sans lui, pas de Pearl Jam, pas de Hunger Strike, et peut-être une scène grunge beaucoup plus sombre et moins lyrique. Il a prouvé qu'on pouvait mélanger l'ironie du glam avec la sincérité du punk, une leçon que le monde a apprise après sa mort.
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